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EAN : 9782757833995
432 pages
Points (25/04/2013)
3.92/5   24 notes
Résumé :
Carnets de route d'une expédition au Groenland du célèbre explorateur, entre 1934 et 1937. Embarqué sur le Pourquoi-pas ? du commandant Charcot, le jeune P.-E. Victor évoque la vie des Esquimaux, les chasses, les chiens, la beauté des paysages, la rudesse du climat et son histoire d'amour avec Doumidia.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Boréal est le premier livre que fait paraître Paul-Emile Victor, et la première partie du récit (la seconde est Banquise, publiée l'année suivante) de son expédition de 1937 pendant laquelle il séjourne pendant plus d'un an seul au sein d'une famille Inuit, vivant au plus près la vie inuit d'alors.
Un livre intéressant, où il se passe peu de choses, sinon attendre que les glaces prennent, que les animaux saisonniers arrivent, tenter sans relâche d'éviter la condensation… Paul-Emile Victor décrit son quotidien, ses conversations, sans effet de manche, et cela donne un livre un peu pointilliste, qui forme lorsque l'on s'en éloigne et que l'on regarde l'ensemble de ces petits moments, de ces petites anecdotes, un tableau complet de la vie de la famille qui l'accueille. Tous les aspects sont évoqués, la vie et la mort et les traditions qui accompagnent ces passages, l'alimentation, les contes et les croyances, les techniques de chasse, la propriété et le don, l'amour, les chiens.
Un document qui n'a de valeur que pour le témoignage qu'il est. Pas de généralisation, pas de théorie anthropologique, seulement un homme parmi les hommes, une expérience comme même Paul-Emile Victor en vivra peu, celle de vivre ainsi au long cours dans une société humaine qu'il apprécie mais qui lui est étrangère, trouver la bonne distance entre partager tout et rester soi (pas facile de se laver si peu par exemple…).
Un livre très intéressant, tant pour le témoignage d'une expérience et d'une époque révolue, mais aussi pour ce qu'il dit de la relation à soi et à l'autre. Un livre que l'on peut lire comme le récit d'une aventure ou qui peut susciter des questions et des réflexions que je n'avais pas prévues. Un bon cru pour tout lecteur du genre.
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Ce n'est pas un roman, c'est un relevé de notes d'un ethnologue ....

Passionnant pour qui souhaite assouvir ses connaissances sur le peuple esquimau de la côte ouest du Groenland, (car nous apprendrons qu'ils sont différents de ceux de la côte est), sur la colonisation et les contacts avec les kratouna (hommes blancs).
C'est le récit d'une immersion dans un monde mystérieux d'août 1936 à août 1937. Nous découvrons le détail des habitants de la hutte avec cette famille élargie qui vit ensemble .... il est à noter l'importance qu'il y est donnée aux chiens de cette communauté ... chiens qui sont tous répertoriés de la même façon que les humains avec leurs caractères, leurs rôles .... dans ces latitudes ils sont si importants à la fois comme un des seuls moyens de transport avec l'oumiak (bateau), et comme compagnons pour affronter les campagnes de chasse ou de pêche.

Amusant de nous confronter à une autre vision de la vie, si vous cherchez un remède de l'ancien temps pour soigner nos petits bobos, PEV vous rappelle ... que pour les maux de tête, certains serraient violemment une courroie autour du crâne à la hauteur des tempes ... que pour les saignements de nez, il suffit de tirer le patient par les cheveux jusqu'à ce que la peau se décolle du crâne ... quand on était atteint d'ophtalmie (on pourrait parler d'une conjonctivite) il suffit d'inciser le front au dessus des sourcils avec un couteau de femme pour faire couler le sang.
Vous voulez réciter une prière, PEV vous propose : Adâdarpout Kridamiousoudit ... notre père qui êtes aux cieux.
Si vous voulez savoir ce qui compose un morceau de glace de quatre centimètres d'épaisseur, si vous le laissez tomber de la hauteur d'un homme, celui de glace d'eau douce se brise comme un morceau de verre, celui de glace d'eau de mer s'écrase.
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Pour ceux qui ont lu "Les derniers rois de Thulé", le grand classique de Jean Malaurie sur les Inuits du nord du Groenland, le livre de Paul-Emile Victor offre un bon contrepoint.
L'action se situe dans la communauté d'Ammassalik, à l'Est et vingt ans plus tôt. Les Inuits ont déjà des contacts avec les Danois (ces contacts remontent aux années 1880), ils échangent leurs peaux de phoques, d'ours contre des ustensiles (bassines, outils), des fusils… Ils sont vaguement christianisés, ils ont abandonné certaines de leurs pratiques cultuelles (rites funéraires simplifiés) mais vivent encore de façon traditionnelle.
La vie est rude, les chiens de traîneau parfois s'entretuent et leur peau est prélevée avant que leur cadavre ne soit raidi par le froid.
L'hiver avant la formation de la banquise est une période de soudure où l'on mange les phoques chassés pendant l'été, à la viande faisandée et stockés sous des pierres (les idiwitsi).
le style de Victor contraste avec celui plus littéraire de Malaurie : c'est un journal où les faits sont consignés avec simplicité et pudeur, sans lyrisme et sans analyse ethnologique.
Un mysticisme profond imprègne cette communauté, peuplée de fantômes, d'êtres monstrueux et légendaires.
C'est enfin une communauté, à la limité de la survie, où la propriété privée n'existe pas : cela fait réfléchir !
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Kristian me dit :
- Combien de papiers rempliras-tu pendant notre long hiver, si tu veux noter tout ce que nous te raconterons ? Nous te raconterons beaucoup. Mais il faudra que tu nous racontes aussi ton pays, et les autres pays, et les hommes noirs, et tous les autres, et nous écrirons aussi tout ce que tu nous diras.
(p. 109, Chapitre 2, “En ce réduit, que de félicité”).
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La chair de Requin fraîche est nocive pour les chiens et pour les hommes, elle cause une paralysie de l'arrière train, et une diarrhée intense chez les chiens, des maux de tête et des étourdissements chez les hommes.
Après quatre ou cinq jours, elle est bonne pour les chiens.
Quant aux hommes, ils ne la mangent que très fortement faisandée crue, ou après une cuisson très lente de vingt quatre à quarante huit heures.
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Si une femme enceinte rêve de coquilles de mer, de crevettes, de diables de mer, de saumons, d'angélique, elle attend un garçon. Si elle rêve de moules, d'algues marines, de myrtilles, d'aiguilles à coudre, elle attend une fille.
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On dit d'un homme qui parle trop : "sa langue a des muscles durs comme de l'os."
Ou bien encore : "celui là, un bavard qui a la bouche toute de muscles."
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Videos de Paul-Emile Victor (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul-Emile Victor
Issu de l'école Louis Lumière, Jean-Jacques Languepin se forme au métier de réalisateur lors du tournage de Karakoram (1937) de Marcel Ichac. Suite à cette expérience, il va réaliser des films éloignés des thématiques néo-coloniale et nationaliste, comme Terre de glace (1948) et Groenland : vingt mille lieues sur les glaces (1952), sous la houlette de l'explorateur Paul-Emile Victor. À travers ses films, « il cherche à être un acteur des pays en reconstruction, au sortir de la Seconde Guerre mondiale ». Son cinéma se veut à la fois curieux et bienveillant sur le monde de l'extérieur, à la manière du cinéaste anglais John Noël. Son rôle de cadreur est à dénoter dans le film À l'assaut de l'Himalaya, où il alterne des plans serrés et des plans larges de paysages montagneux. L'ascension est racontée dans son ouvrage Himalaya, passion cruelle (1955) où figure notamment un poème testament de Roger Duplat, alpiniste disparu au cours de l'expédition.
Retrouvez sur notre webmagazine Balises, le dossier "Le documentaire part à l'aventure" : https://balises.bpi.fr/dossier/le-documentaire-part-a-laventure/
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