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Cancie
  17 décembre 2020
Avec le plongeon, j'ai découvert un splendide album tout en sensibilité avec, déjà, une couverture magnifique !
Écrire un livre sur la vieillesse, les personnes âgées en EPHAD , il fallait se lancer. Séverine Vidal a osé et peut être fière du résultat. Il faut dire que Victor L. Pinel a merveilleusement accompagné son récit par des dessins délicats et épurés. Les visages et les corps sont vraiment très expressifs et Yvonne, cette grand-mère octogénaire, est on ne peut plus actuelle et vivante.
L'histoire de cette dernière démarre avec la vente de sa maison avant d'être admise à l'EPHAD « Les mimosas ». Elle pense aux soixante années ou presque, passées dans cette maison avec son mari Henri, décédé depuis peu. « Je n'aurai plus rien ici, aucune fête, aucune chute, plus aucune nuit d'amour. Je n'ouvrirai plus les volets sur le matin frais. Je ne m'assiérai plus, un verre à la main pour contempler le soleil se coucher. Je pars. »
Mais ne nous laissons pas aller à la mélancolie car Yvonne a encore des ressources et de l'énergie ! Preuve en est lorsqu'elle intervient dans une partie de scrabble ou encore lors de sa création personnelle à l'atelier poterie. Quant à son dernier pied de nez à la monotonie de cette vie en EPHAD, un véritable soleil, on peut le considérer comme un dernier plongeon dans l'eau fraîche, mais je vous laisse le soin de le découvrir.
Néanmoins, les coups de « moins bien » sont également bien présents quand, par exemple, une visite attendue avec tout le soin apporté à se préparer, à se faire belle, se désiste au dernier moment. Plus grave, ces instants où maintenant, Yvonne s'éclipse, c'est à dire perd le fil de la réalité et qui lui font peur.
Heureusement, tout n'est pas perdu et l'amour peut être encore possible, grâce à la connivence et à la complicité de cet infirmier si compréhensif et si humain !
C'est une BD de toute beauté que j'ai eu le privilège de découvrir grâce aux Éditions Grand Angle et à Babelio. C'est une BD où le scénario et le dessin sont particulièrement complémentaires. Les expressions du visage d'Yvonne doivent correspondre à chaque sentiment exprimé dans l'action et ils sont nombreux. La mélancolie, la tristesse, la colère, l'étonnement, la moquerie, l'amour, la joie de même que la douceur ou la dureté doivent être rendus dans les dessins et Victor L. Pinel les a restitués à merveille. Quant aux couleurs, le bleu de la couverture, couleur de l'eau, plus pastel, à l'intérieur, il colle bien avec les émotions d'Yvonne.
J'ai lu et même relu une deuxième fois le plongeon, tant j'ai été séduite et émue à sa lecture. J'ai pu avoir les larmes aux yeux, quelques fois, mais j'ai aussi jubilé avec Yvonne à ses facéties, et j'ai avant tout apprécié la poésie qui règne tout au long de cet album.

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Fandol
  29 décembre 2020
Quelle BD délicieuse et émouvante en même temps, empreinte d'une infinie tristesse et d'une joie de vivre communicative !
Yvonne, Madame Lhermitte, a quatre-vingt ans et c'est décidé : elle va quitter sa maison pour l'EHPAD, la maison de retraite comme on disait avant… C'est le début de cette histoire : le plongeon dont le scénario est signé Séverine Vidal alors que les dessins sont de Victor L. Pinel.
Une tristesse infinie se dégage de ces premiers instants avec la visite de l'agent immobilier et du couple intéressé par l'achat des lieux. Leurs remarques font mal à Yvonne : « de beaux volumes… Mais tout à refaire ! »
Il faut se séparer de Bellouche, sa chienne fidèle, voir vider sa maison et partir avec enfants et petits-enfants pour l'EHPAD, Les Mimosas.
Là, Yvonne ne se sent pas bien, n'aime pas sa chambre mais peu à peu, se lie d'amitié avec quelques résidents dont Paul-François que tout le monde appelle P-F et avec qui elle partage à nouveau l'amour.
Alors, il y a le scrabble, les ateliers, la poterie mais pour Yvonne, ce n'est pas la vie. Elle taquine, fait des siennes, redonne le sourire à ses amis au cours d'une soirée bien arrosée, dans sa chambre. Elle qui s'occupait d'un domaine viticole, près de Libourne, avec Henri, son mari, avait gardé quelques bonnes bouteilles…
Youssef, infirmier attentionné, comprend mieux que quiconque les désirs de liberté d'Yvonne et de ses six amis, même s'il essaie de les retenir lorsqu'ils entreprennent une fameuse fugue qui se terminera par le plongeon.
Tout est remarquablement dessiné par Victor L. Pinel. Certaines planches sont d'une éloquence impressionnante qui en dit plus long que les plus beaux discours. Victor L. Pinel a bien dessiné vieilles et vieux et n'a pas hésité à les représenter nus lorsqu'il le fallait. Il a osé et c'est bien fait.
Enfin, accompagnant une histoire pleine d'enseignements, sur ce monde clos des EHPAD et des relations avec la famille, les textes de Séverine Vidal sont toujours bien choisis, percutants, terriblement tristes quand il le faut.
L'humour et la joie de vivre les dernières années d'une vie imprègnent cet album qui offre non seulement un bon moment mais une belle occasion de réfléchir au sort que nous réservons aux personnes les plus âgées.

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Yendare
  21 janvier 2021
Il y a 30 jours déjà je recevais le plongeon dans ma boîte aux lettres. le temps passe si vite, ce n'est pas ma grand-mère qui aura bientôt 83 ans qui dira le contraire. le temps passe vite, la vie défile jusqu'à ce que peu à peu la vieillesse fasse son effet, que vivre seul devienne trop compliqué.

Quitter sa maison où on a vécu une bonne partie de sa vie, son foyer, se voir peu à peu décliner ne doit pas être évident. Que cela soit pour intégrer un EHPAD comme c'est le cas d'Yvonne dans cette BD où allez vivre chez l'un de ses enfants les choses ne sont pas évidentes. C'est un changement de vie, de rythme, d'habitude, une perte d'indépendance. Cependant malgré cela la vie continue avec ses joies et ses peines. La vieillesse est là en effet mais il y a aussi l'envie de vivre encore de nouvelle expérience, de se faire des amies, de rire, d'être aimé et d'aimer.

J'ai trouvé cette BD vraiment très touchante, j'ai été triste lors de cette lecture mais où j'ai aussi de nombreuses fois souris. Je l'ai relu le lendemain avec ma grand-mère dont la santé ces dernières semaines se détériore de plus en plus de façon inquiétante. Un moment de lecture et d'échange singulier ou ont été abordé des souvenirs passés joyeux et tristes, le présent et l'avenir. Je sais que je vais conserver cette BD toute ma vie, j'ignore cependant si je la relirai un jour attachant désormais à cette lecture l'un de ses rares moments un peu hors du temps que l'on peut avoir en compagnie de nos proches.

Merci à Babelio et à Bamboo Edition pour l'envoi de cette BD.
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marina53
  18 avril 2021
Des décennies qu'Yvonne Lhermitte habite la même maison. Elle y a vécu de nombreux moments inoubliables, fêté de nombreux anniversaires. Mais aujourd'hui, maintenant que son mari, Henri, n'est plus là depuis quelques mois, elle ne sent plus capable de rester là, seule, sachant que plus rien ne l'attend. À 80 ans, elle décide alors de vendre sa maison et de s'installer dans un EHPAD. C'est, évidemment, le coeur serré et les larmes aux yeux qu'elle referme, pour la dernière fois, la porte de sa maison. Accompagnée de ses enfants et petits-enfants, elle part s'installer aux Mimosas, où la directrice l'accueille et lui fait découvrir son nouveau lieu de résidence mais aussi ses futurs compagnons. D'emblée, rien ne lui plaît ici, ni la directrice trop bavarde, ni sa chambre monacale. Mais, Yvonne n'a d'autre choix que de s'adapter si elle veut continuer à vivre, tout simplement...

Quel bouleversement pour Yvonne de quitter toute la vie qu'elle s'est construite dans sa maison, son mari à ses côtés depuis tant d'années. Mais maintenant qu'elle est seule, qu'aucun rire ne résonnera, qu'aucune larme ne sera versée, qu'aucune fête ne sera célébrée, elle sait que l'EHPAD est la seule solution. Et c'est aux Mimosas que sa vie va continuer, et certainement se finir. En compagnie, notamment de PF, de Thérèse ou encore d'Angelina Jolie, elle va vivre des moments inoubliables... avant le plongeon ! Séverine Vidal nous offre un album touchant et intimiste au coeur duquel elle dépeint les bouleversements que doit affronter et surmonter Yvonne maintenant qu'elle est seule. de par sa fougue, son humour, son entrain, Yvonne est un personnage vraiment attachant et permet d'avoir un autre regard sur les personnes du 3ième, voire 4ième âge, mais aussi sur les EHPAD. L'auteure dépeint aussi bien les relations entre les résidents, les moments collectifs comme les ateliers ou les repas, les moments de solitude mais aussi, inévitablement, les moments de déchéance. de par les témoignages récoltés et les échanges, cet album fait montre d'une profonde sincérité et d'une tendre humanité. Graphiquement, le trait réaliste tout en finesse et les couleurs douces de Víctor L. Pinel apportent eux aussi tendresse et bienveillance.
Un album émouvant...
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ithaque
  27 décembre 2020
Une couverture intrigante et attractive. Et c'est le grand plongeon pour Yvonne qui part pour l'EHPAD, malgré un jeu de jambes encore très honorable. Une case du jeu de l'oie qu'on ferait tout pour éviter, quitte à faire quadruple ventouse comme bernique sur rocher.


EHPAD, 5 lettres qui font frémir, exploser le tensiomètre, avec des flashs de couverture marron-moche tirée à 4 épingles et de fenêtres calfeutrées ( pur cauchemar pour ceux qui dorment la fenêtre ouverte toute l'année !).


Et pourtant, demandez aux éléphants, chez eux c'est bien la matriarche qui régente sa troupe au petit trot et à coups de trompe bien sentis. Forcément, elle connaît tous les coins à champignons depuis le temps. Et les baleines, pareil, les vieux sont intarissables dans le répertoire chants de marins, c'est eux qui mettent l'ambiance. Sous d'autres cieux plus étoilés, l'arbre à palabres connaît également une prédilection notoire pour les cuirs tannés.
Mais non, chez nous, l'iPAD n'aime pas la tremblote, direction l'EHPAD , allez ça dégage.

Établissement (in)Hospitalier Pour Adultes Décatis, les affinités et inimitiés y font leurs choux gras comme partout ailleurs mais y sont amplifiés par la cohabitation forcée, l'étrécissement des lieux et des interlocuteurs. La Bd de Séverine Vidal et Victor Pinel le montre bien , adouci par le coup de foudre d'Yvonne pour Paul, ça s'est vu et j'y ai cru.

On admire les animateurs qui soufflent sur la petite braise pour dérider quelques boyaux et faire grésiller les neurones désoeuvrés. On se fige par contre devant les détestables infantilisations qui rabotent uniformément puits de culture, crêtes rebelles, absences en tous genres. Et pilonnent toute une vie à la mèche à béton de 8, avec la nonchalance écoeurante d'une jeunesse condescendante.

Un dessin qui met le paquet sur les expressions des visages, autant dire qu'on en profite par les temps qui courent.

En écho à la couverture, il m'a quand même manqué quelques tunnels de rêverie antique, des plongées dans l'imaginaire d'Yvonne, des échappées de peloton sous le soleil des enfances disparues, des chiens bondissants, toujours là, bien sûr, sous les paupières. Un peu plus d‘imaginaire pour échapper au rase motte de la charentaise.

Et puis cette pensée persistante à chaque page, une envie irrésistible de mort esquimau, laissez nous crever sur la glace quand on sera trop vieux pour mâcher la peau de phoque ; avec la pensée magique que le vieux morse va se réincarner tout prochainement dans un dodu bébé aux yeux plissés et se riant de la glace, les fesses au frais à tout jamais.

Merci à Babelio et aux éditions Grand Angle pour cette bd sur un thème qui mérite d'être sorti des abysses et discuté avec plus d'empressement sur la place publique.

Car comment se contenter de la formule actuelle de ces ghettos pour vieux quand tout un chacun a connu son pépé François bricolant à 94 ans son éolienne de jardin devant la mer, son potager mirifique, son merveilleux foutoir, ses éternels yeux bleus , ou sa mémé Jeannette revenant de la crevette à vélo, moulinant de ses 92 printemps dans la côte ?
Qui les a connus, jamais n'enviera le mol oreiller beige ni l'écran blafard et tonitruant donnant d'obscures nouvelles de lointaines contrées dépourvues même de rivage.
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Pancrace
  23 décembre 2020
Dès les premières bulles, les premiers dessins j'ai aimé Yvonne. Sa lucidité, sa détermination.
Son nez à la retroussette et sa silhouette confortable. Sa clairvoyance aussi. Quitter une vie alerte de son plein gré vers un EHPAD dépersonnalisé, standardisé c'est une prouesse quand la plupart de nos ainés sont dans le déni et ne peuvent ni ne veulent accepter leur naufrage.
S'attendait-elle à ce qu'elle allait trouver ?
C'est exactement ce que propose de développer S.Vidal et V.Pinel dans cet album aux dessins dynamiques, dans ces textes à l'humour toujours présent avec un éclairage que l'on aimerait être celui qui dans ce contexte, illuminerait nos fins de vie.
Dans un EHPAD, les résidents parlent et racontent mais bien souvent personne n'écoute. Yvonne partage, Yvonne s'émeut et s'insurge. S'ennuie aussi. Les questions des résidents sont plus importantes que les réponses données, souvent toutes faites.
Pour les résidents les visites sont courtes et denses mais fréquemment longues et vides pour les autres. Elles sont généralement de plus en plus espacées tel un constat que l'on se cache et qui n'échappe à personne et surtout pas à Yvonne. Comme il ne reste plus qu'un passé glacé à digérer sur les pages d'un album jauni par le temps Yvonne s'attendrit et, vivante se rapproche à la douce flamme d'un homme chaleureux pour vivre un reste d'ardeur à deux.
Yvonne devient le lien d'un petit groupe de résidents sous les regards bienveillants d'un infirmier très conciliant comme on en rencontre ordinairement dans cet environnement.
Cette BD est attendrissante mais pas apitoyante, comique parfois mais jamais grotesque.
Yvonne est surtout attachante, elle pourrait être notre mère d'ailleurs, quand un fils vient voir sa mère, il a au moins dix mères, et souvent pas la sienne. Il devient vite le fils universel, celui qui apaise les attentes de toutes avec des sourires déconcertés. Les hommes ? Il y en a deux sur dix et souvent bien plus cabossés et beaucoup moins remarqués.
Et puis pour être sympa pour Noël, n'offrez plus de chocolat car avec, ils mangent le papier d'alu. C'est hilarant un instant mais déroutant tout le temps.
Yvonne m'a plu, sa force, sa verve, ses choix et sa folle escapade. Et pour les autres, ceux qui stagne dans l'attente inévitable, si d'aventure vous les regardez de plus près, vous vous en apercevrez, c'est dans vos yeux qu'ils voyagent.


Merci infiniment aux éditions Grand Angle pour l'envoi de cet album somptueux autant à regarder qu'à lire.
Merci encore à Babelio de cette Masse Critique privilégiée.

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thimiroi
  13 janvier 2021
Bienvenue aux Mimosas !

Le plongeon de Séverine Vidal (scénario) et Victor L. Pinel (dessins et couleurs) est une bande dessinée qui se déroule dans un lieu tout à fait original puisqu'il s'agit… d'un EHPAD !
Yvonne, 80 ans, est obligée de quitter sa maison, la maison où elle a vécu heureuse pendant 60 ans avec son mari et ses enfants.
Mais son mari est décédé, ses enfants l'ont quitté et elle « avance en manquant de tomber à chaque pas » (p.12) ; il lui faut donc aller en EHPAD et elle ressent ce changement de vie comme une « chute », un « plongeon » : l'illustration de première de couverture est d'ailleurs tout à fait saisissante, puisqu'on y voit Yvonne assise avec tristesse dans un fauteuil au fond de l'eau !
Cette nouvelle vie alterne les moments de détresse, de colère et de bonheur : détresse quand par exemple elle se retrouve seule pour la première fois dans sa chambre (superbe illustration en plongée représentant Yvonne, assise sur son lit, dans une chambre impersonnelle où abondent les lignes verticales qui semblent l'emprisonner) ; colère quand elle est traitée comme une gamine par la jeune directrice de l'EHPAD ; mais bonheur aussi, car Yvonne, dont la fantaisie rompt avec la morosité ambiante et la fait apprécier des autres résidents, va prendre des initiatives inattendues...
Un scénario qui fait se succéder les moments d'émotion, des dessins expressifs : cette bande dessinée originale est une réussite.
Merci à Babelio et à Bamboo Edition pour l'envoi de ce livre.
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sylviedoc
  01 janvier 2021
Mon premier billet de l'an 2021 porte sur une BD reçue grâce à une Masse Critique privilégiée, à laquelle j'avais d'ailleurs hésité à répondre parce que le thème me faisait peur. Eh oui, quand on flirte avec la soixantaine, certains sujets effraient, notamment la vieillesse et l'abandon possible de son "chez-soi" quand les bobos empêcheront de rester autonome.
Pour Yvonne, à l'aube de ses 80 ans, le temps est venu de quitter sa maison où elle a vécu tant de bons moments, mais où elle demeurait seule avec sa chienne Bellouche depuis le décès de son mari Henri. Dès les premières pages, j'ai eu les larmes aux yeux, à cause des moments poignants où Yvonne fait visiter sa maison à de jeunes futurs acheteurs, et où ceux-ci ne se rendent absolument pas compte du caractère blessant de leurs remarques ("de beaux volumes...mais tout à refaire", qu'Yvonne va reprendre à son compte en contemplant son corps nu devant son miroir).
Et puis la décision concernant Bellouche, re-flot de larmes...et encore au moment du départ vers l'Ehpad, les souvenirs qui remontent, j'ai du faire une pause.
Je me rends compte que je suis en train de décourager les lecteurs potentiels là ! Non, ne partez pas, cette BD comporte certes quelques instants pas très joyeux, mais il y a pleins de sourires aussi, parce qu'Yvonne possède une personnalité pleine d'humour, et ne va pas se priver de mettre son grain de sel pour rendre les ateliers plus "ludiques" à sa manière, ou pour inciter sa bande de nouveaux copains à enfreindre les règles ! Ce qui m'a également ravie, c'est la façon dont elle refuse de se laisser infantiliser par la directrice des "Mimosas", une femme qui sous des dehors avenants semble considérer que tous les résidents sont gâteux.
L'auteure, Séverine Vidal, a su marier de façon optimale des textes courts dans les cases, parfois un peu plus longs quand Yvonne évoque ses souvenirs, et laisser de temps à autre des pages entières sans texte, accordant toute la place au dessin évocateur de Victor L. Pinel. Celui-ci explique dans une interview jointe à l'album qu'il n'avait jamais dessiné "des vieux", et qu'il craignait de ne pas parvenir à dessiner une Yvonne "belle, douce, mais aussi marquée par les années". Pari réussi, les visages et les corps sont réalistes et non pas idéalisés. Les couleurs sont également bien choisies, avec ces dominantes tantôt vertes ou jaunes, tantôt orangées ou mauve, suivant la tonalité du texte. Et bien sûr il y a ces touches bleues, notamment la couverture que je trouve particulièrement réussie. Beaucoup de douceur, de tendresse dans cet album, on appréhende mieux comment se déroule la vie en Ehpad, le dévouement et la compassion dont font preuve certains membres du personnel sont également évoqués, mais aussi la rigidité d'autres encadrants. L'établissement décrit ne fait certainement pas partie des "mouroirs" qui hélas existent encore à certains endroits, mais n'est pas trop idéalisé non plus. L'auteure a fréquenté des Ehpad pour y mener des ateliers d'écriture, elle sait de quoi elle parle. On sent qu'elle ne s'est pas contentée de "faire son boulot", elle a noué des liens avec quelques résidents, et certaines anecdotes sont tirées de ses échanges avec eux.
La BD compte 80 pages, j'en aurais aimé un peu plus, mais à part ça je n'ai pas de reproches à faire. On y trouve de l'émotion, de l'amour, de l'humour et des personnages qui nous parlent, pour peu que nous ayons déjà mis les pieds dans une maison de retraite. La fin est douce-amère, mais pas triste.
Je ne regrette absolument pas d'avoir donné suite à cette proposition de MC, j'ai passé un beau moment avec Yvonne et ses potes !

Bonne année à tous ceux et celles que je n'ai pas encore croisés depuis ! Je souhaite vraiment qu'elle nous fasse oublier les moments pénibles de 2020...
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Croquignolle
  19 mai 2021
Faire confiance à un ami précieux et plonger dans les yeux d'Yvonne pour le plus intense des voyages...
Le plongeon a été lumineux, triste, heureux, douloureux, paisible, joyeux, tendre... Immensément tendre.

Yvonne ressemble à ma maman, lorsque son regard parfois perdu, cherchait mon aide, mon soutien et un coin de ciel bleu et serein.
Yvonne ressemble à mon papa, luttant pour garder sa dignité sous les yeux parfois trop envahissants des visiteurs et du personnel soignant.
Yvonne ressemble à Madame Jeanne, qui, malgré sa maladie n'a rien perdu de son dynamisme, de son humour et de sa liberté.
Yvonne ressemble à un oiseau en cage quand elle voit son quotidien chamboulé, quand le règlement de la maison de retraite la limite dans sa liberté, quand son intimité se résume à une pièce de quelques mètres carrés.
Yvonne ressemble à chacun d'entre nous, lorsqu'elle sourit sous les regards aimants, lorsque son grain de folie entraîne les autres à sa suite, lorsque sa tendresse déborde et fait le bonheur de ceux qui l'entourent, lorsqu'elle est inquiète face au temps qui passe et qui lui enlève ses facultés.

Le plongeon, c'est l'aventure d'une vie !

Une vie pleine de douceur, d'indépendance et d'amour.
Une vie épanouie riche de souvenirs, d'êtres aimés et de tendresse.
Une vie pétillante qui fleurit de toutes les plus belles manières.
Une vie qui a connu la souffrance, le deuil, le silence et la solitude.
Une vie bien remplie qui entame sa dernière étape de voyage.
Une vie qui lâche prise sur les facultés physiques pour laisser libre cours à la Sagesse et aux qualités lumineuses du 4ème âge.

Cet album est un trésor qui s'épanouit sous l'imagination bienveillante de Séverine Vidal et le coup de crayon talentueux de Victor L. Pinel.
Sous leurs yeux, la vieillesse devient tendre... Immensément tendre.
Et devant la tendresse, je ne résiste pas.
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Emylit23
  15 février 2021
Quel magnifique album traitant de la vieillesse!
On a la gorge serrée quand Yvonne décide de se séparer de son chien car elle vend sa maison pour aller vivre dans une maison de repos. Elle plonge chaque jour davantage vers la vieillesse et pourtant, malgré ses quatre-vingts ans, tout n'est pas terminé. de nouvelles amitiés se créent, l'esprit espiègle de certains persiste, le désir de s'amuser subsiste,... une envie de profiter de la vie tout simplement.
Plusieurs thèmes sont abordés ( quitter sa maison pour une maison de repos, perdre un peu de sa liberté, s'adapter à un nouvel environnement, accepter de vieillir, retrouver l'amour et une sexualité, les souvenirs qui risquent de s'effacer, les visites qu'on espère,...).
Les dessins très réalistes enrichissent cette histoire tendre et très émouvante.
Cet album a provoqué un arc-en-ciel d'émotions. À ne pas rater !
Belle lecture!
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