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EAN : 9782707319418
138 pages
Éditeur : Editions de Minuit (02/02/2006)

Note moyenne : 3.27/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Sam est le frère de Lise.
Du moins c'est ce que tout le monde croit quand Lise se marie avec Henri. Mais c'est surtout Henri qui doit le croire, pour que Sam et Lise puissent réussir leur mauvais coup. Seulement Henri aussi a un frère, un vrai cette fois, et qui s'appelle Edouard. Or même vrai on peut être un faux frère.

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Faut-il priver le lecteur du bonheur de découvrir, détail après détail, le fin mot - s'il ex... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  08 juillet 2019
Court mais dense, Insoupçonnable est un roman qui se déguste plus qu'il ne se lit, qui se regarde comme un film, en raison de l'aptitude de Tanguy Viel à planter le décor avec pour horizon l'océan, à découper les scènes à la manière de Claude Chabrol, à restituer une atmosphère ou analyser un détail infinitésimal, créer des clairs-obscurs, des fondus enchaînés ou au noir. Peu importe l'intrigue banale face à l'économie de mots pourtant si riches et évocateurs, au rythme lancinant, au suspense étouffant. Une fois encore, l'auteur choisit un thème qui pourrait servir de socle à un roman policier sans policiers, une arnaque, un coup facile élaboré par deux amateurs, pour s'enrichir rapidement et modifier leur avenir, de l'autre côté de l'eau, là-bas aux States où quelques billets verts leur seront utiles.

Quatre personnages : Lise, entraîneuse dans un bar de nuit, qui n'accepte que de se saôuler et rien de plus ; Sam, son faux-frère et vrai amant, qui comate devant la télé toute la journée. Ces deux-là échafaudent un plan et harponnent Henri et Edouard Delamare, commissaires-priseurs associés, notables provinciaux dévergondés, qui s'encanaillent dans des nuits houleuses et titubantes. Il y a un risque à prendre, et même si tout rate, Lise et Sam auront au moins essayé d'échapper à leur médiocre destin. Mais envisager l'échec n'est-il pas une manière de le provoquer ? Et voilà Lise mariée à Henri, deux fois son âge.

La quatrième de couverture, une fois encore pipelette, en dit beaucoup trop. Il suffit de savoir que les commissaires-priseurs ne sont pas des enfants de choeur ni de coeur, qu'ils savent compter, estimer un prix à payer indépendant d'une quelconque valeur, possèdent des Jaguar et surtout jouent très bien au golf. Ah ! La scène finale du golf, d'une sobriété d'anthologie... qui entre deux trous, et grâce à un cynique et élégant swing, inverse savoureusement et amoralement le mouvement de la mécanique de précision créée par l'auteur.
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CasusBelli
  19 juillet 2019
Un court roman à l'atmosphère atypique, notamment en raison d'un style narratif particulier puisqu'intégralement raconté à la première personne.
Le décor est planté avec maîtrise de façon habile et fait monter la pression crescendo, le scénario proposé tient la route avec une crédibilité que j'apprécie particulièrement, c'est à dire sans outrance ni invraissemblance.
Comme tout est vu et observé de la fenêtre d'un seul narrateur, nous allons ressentir au premier degré les doutes, les interrogations, la jalousie, le mépris de Sam, auxquels s'ajoutent les dialogues avec lui-même et ceux qu'il s'invente avec Lise ou Henri.
En fait, toute la gamme des émotions issues d'un cerveau tourmenté car embarqué dans une spirale d'événements qui ressemblent fortement à une "fuite en avant" sans espoir de retour.
Pour l'histoire je dirais que l'on se retrouve au coeur d'un fait divers orchestré par des amateurs et que dans ce cas tout peut arriver, surtout le pire.
Côté style c'est une découverte car je ne suis pas coutumier de ce type de narration, les dialogues et observations vus d'une seule "lorgnette" sont forcément subjectifs, et j'ai eu le sentiment que l'on suivait autant une histoire d'arnaque que l'histoire intime de Sam.
Si je dois mettre un petit bémol, il concernera les descriptions que j'ai trouvées un peu nombreuses (je ne suis pas fan de descriptions...).
En conclusion, j'ai aimé ce roman noir qui se lit très vite (130 pages en numérique) et je remercie nameless en passant pour sa critique enthousiaste qui m'a convaincu de commencer cette lecture.
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Malaura
  16 juin 2011
Une belle nappe blanche, des serveurs en livrée, un paysage de mer au loin... Une belle fête que ce mariage entre Henri Delamare, riche commissaire-priseur quinquagénaire et Lise, si jeune et si jolie Lise rencontrée dans un bar à hôtesse.
Et pui il y a Sam, le narrateur, qui se demande ce qu'il fait là. Il le sait bien pourtant ce qu'il fait là, à jouer le frère de Lise alors qu'en réalité il est son amant ! Car tout ça - le mariage, les parties de golf avec Henri - fait partie d'un plan "insoupçonnable", un coup à 1 million d'euro pour changer de vie et partir aux "States" avec sa Lise.
Un couple organise une arnaque pour rafler le pactole et recommencer une nouvelle vie.
Un sujet qui semblerait plutôt convenu de prime abord mais que Tanguy Viel développe avec tout ce qu'il faut de force, de talent narratif et de suspense pour susciter, dans ce court roman noir, une tension et un intérêt accrus. L'auteur a même l'audace de nous signifier dès le début l'échec du coup monté mais son écriture, en longues phrases amples, écumantes, swinguées, avivent la tension dans une ambiance électrique.
Un bon putt, dirait-on au golf !
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Enroute
  05 avril 2017
On plisse les yeux avec suspicion comme un acteur de série B qui en ferait trop tout au long de la lecture de ce polar qui en fait trop... en si peu de pages... une musique cliché, un peu de vent pour inquiéter le spectateur, le bruit des vagues, des effets de lumière inquiétants, de l'amour, des manigances... de l'argent bien sûr... on n'y croit pas du tout, mais qu'est-ce qu'on s'amuse de ne pas y croire ! Car ces effets de suspens abandonnés le long de la narration sans que le narrateur semble y prendre garde comme les morceaux de terre de ses semelles sont bien séduisants... il faut beaucoup d'intelligence pour atteindre ce degré de détachement...
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Warrenbismuth
  19 octobre 2019
Je vous présente le bord de mer, puis Sam le narrateur, frère de Lise, elle-même mariée à Henri Delamare, frère d'Édouard. C'est limpide et simple. Trop peut-être. Car en fait Lise et Sam s'aiment, ne sont pas de la même famille, Lise est une prostituée qu'Henri a décidé d'épouser. C'est à ce moment-là qu'il a fallu lui faire croire que Lise et Sam étaient frères et soeurs, pour qu'ils puissent continuer à s'aimer sans qu'Henri s'alerte. Alors Sam joue au golf tranquilou avec Henri et Édouard, les frangins, des vrais ceux-ci, tous deux commissaires-priseurs associés (ce qui aura une conséquence majeure sur l'histoire, n'oubliez donc pas ce détail). le Henri propriétaire d'une rutilante Jaguar, qui expose sa fortune, ce qui donne envie de vomir à Sam.
La situation est devenue intenable pour Lise et Sam. Ils décident d'exterminer le bel Henri, mais avec talent et discrétion, pour ainsi devenir insoupçonnables aux yeux des enquêteurs. Sam va kidnapper Lise, anonymement, puis va demander une forte rançon à Henri qui paiera, bien entendu, puisqu'il aime Lise. Henri doit porter une valise, seul, dans un lieu isolé indiqué par Sam, qui sera présent en loucedé avec « sa » Lise afin de vérifier si Henri dépose bien l'argent. Certes Henri se pointe avec la valoche, mais tout à coup… « Il a trébuché, Henri ».
Comme souvent chez Tanguy VIEL, le récit est haletant et empli de suspense. Il oscille entre grosse farce, roman noir et polar. L'écriture est bien sûr impeccable, bien calée dans de longues phrases. le scénario est parsemé d'imprévus, rien ne se déroule jamais comme souhaité, de rebondissements en poisses, le roman est vif. D'un côté on désire le lire lentement pour bien s'imprégner des petites pépites diffuses, d'un autre nous voilà pressés d'atteindre la chute (pas celle d'Henri hein) tellement le suspense est mis redoutablement en place par VIEL.
Puis son style tout cinématographique nous sort les vers du nez, nous impose tous les détails, donc lecture confortable et sourire d'allégresse devant les explications humoristiques de l'auteur : « Peut-être il était trois heures, quatre heures du matin sur la nappe grise et violette de taches, et les quelques tasses qui signalaient ici et là des buveurs de café ou d'eau-de-vie, dont l'odeur, mélangée à celle du tissu vineux, à celle des mégots froids qui se mouraient écrasés dans les soucoupes, à celle de la mer descendante qui semblait elle aussi avoir quitté la table, dont l'odeur donc aurait pu écoeurer les convives si tous, les uns après les autres, n'étaient déjà partis se coucher ». Il a régulièrement été comparé à SIMENON. C'est encore vrai dans ce roman, auquel il faut ajouter une pincée de scénario à la Columbo, ou plutôt des tics du lieutenant, son côté gaffeur qui peut ici être retrouvé.
VIEL possède un certain génie à déjouer le balisage, à nous faire glisser dans un fossé, à nous prendre à contre-pieds. On se laisse avoir avec délectation. Ce roman de 2006 est court, donc forcément indispensable pour passer une ou deux soirées succulentes avec des personnages bien dépeints, très crédibles et modernes. Oui VIEL c'est SIMENON qui se serait coincé un doigt dans une porte, se serait badigeonné le ventre de poil à gratter, l'essayer c'est l'adopter. Ce roman est une petite merveille pétillante et sombre à la fois, savant dosage pour un auteur très talentueux dont la plupart des ouvrages sont sortis aux Éditions de Minuit.
https://deslivresrances.blogspot.fr

Lien : https://deslivresrances.blog..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   07 juillet 2019
Tout est en trop au golf, ai-je souvent pensé, les Mercedes sur le parking, les chaussettes sur les pantalons, et jusqu'à ces heures passées dans leur club house, leur infâme club house à boire des bières irlandaises et regarder sur l'écran de télévision, regarder n'importe quel sport diffusé en boucle sur une chaîne spécialisée.
p. 44
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BMRBMR   02 décembre 2007
[...] Je listais chaque détail comme au supermarché on raye une par une les courses faites.

Disparition du corps, fait.

Vêtements sur la plage, fait.

Nettoyage de la voiture, fait.

Ramassage des billets blancs, fait.

Alors est-ce que c'est aussi comme au supermarché quand, même avec une liste et la meilleure volonté, on rentre chez soi et il manque obstinément quelque chose ?
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ZephirineZephirine   09 mai 2020
Une fois, quelqu'un m'a raconté, a t-elle dit, il avait un billet de un dollar et dessus il avait fait un dessin, un cœur ou quelque chose comme ça et bien sûr, il l'a donné dans un magasin. Mais dix ans plus tard, il était loin dans un autre pays, on lui rend la monnaie dans une station essence et sur quoi il tombe à l'autre bout du monde, son billet de dix ans plus tôt avec le dessin. C'est incroyable, non?
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isabelledesageisabelledesage   24 juillet 2019
Parce qu'il y avait toutes ces soirées où même sobres, ils arrivaient à s'amuser, eux, les professions libérales et les chefs d'entreprises, les vendeurs de voiture et les banquiers souriants, ces soirées où les filles tournaient vers chacun d'eux, et le plaisir pris par eux à les rendre presque esclaves, des coupes de champagne offertes le premier soir en échange d'une main sur leur cuisse, aux nuits inavouées qui n'en finissaient pas, certaines, de fatiguer leurs corps.
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BMRBMR   02 décembre 2007
[...] Cela, je ne sais pas ce qui t'a pris, Lise, ce qui a traversé d'un point à un autre ton esprit ce jour où tu m'as présenté Henri, quand au lieu de tout ce qui était prévu et parfait elle a dit : Je te présente mon frère. Elle ne devait pas dire ça, elle devait dire «je te présente un ami», elle a dit «mon frère».
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Vidéo de Tanguy Viel
À l'occasion du festival 2019 "Oh les beaux jours !" de Marseille, rencontre avec Christian Garcin autour de son ouvrage "Travelling : un tour du monde sans avion" écrit avec Tanguy Viel aux éditions Lattès.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2310683/christian-garcin-travelling-un-tour-du-monde-sans-avion
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
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