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ISBN : 2707322946
Éditeur : Editions de Minuit (07/03/2013)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 203 notes)
Résumé :
Du jour où j'ai décidé d'écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d'une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s'appellerait Dwayne Koster, qu'il enseignerait à l'université, qu'il aurait cinquante ans, qu'il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu'il détestait.
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Critiques, Analyses et Avis (67) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  09 février 2017
Voici une parodie de roman américain, écrite du point de vue de l'auteur, français, qui se regarde écrire une histoire à la manière d'un auteur américain. J'ai trouvé l'exercice à la fois brillant et lassant.
J'aime pourtant les récits dits d'auto-fiction, ou d'exofiction, ou de docu-fiction... bref j'aime la fiction du réel, ces histoires dans lesquelles l'auteur fait son apparition dans la narration de manière opportune, parce que cela apporte du sens au récit. Pour exemples : « l'adversaire » de Carrère, ou « l'imposteur » de Cercas, dans lesquels les auteurs se mettent en scène, parce qu'ils sont partie prenante de l'histoire. Dans « l'adversaire », Carrère a interrogé sa relation à Roman, et c'était passionnant. Dans « l'imposteur », idem. Sans oublier la référence en la matière, « de sang froid », de Truman Capote (Et aussi l'excellent « Le journaliste et l'assassin » de Janet Malcolm).
Mais ici, l'on se demande ce que fait dans le récit Tanguy Viel : quel rapport avec Jim Sullivan (personnage réel), quel lien avec l'histoire ? Aucun, si ce n'est qu'il est écrivain, qu'il écrit un roman, et qu'il a décidé de pasticher les romans américains en décryptant leur genèse, et en l'intégrant à son récit. Il en fait même son point de focalisation. L'exercice est certes réussi, brillant même, mais il m'est vite apparu lassant malgré la rapidité du récit, et surtout gratuit. Une sorte de nombrilo-fiction qui manque terriblement de sens à mon goût.
La critique semble avoir apprécié. Moi pas vraiment. Je me demande du reste (comme brumaire ici), pour qui ce genre de livre peut bien être écrit : pour le public, ou pour l'intelligentsia ?
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sandrine57
  26 avril 2013
A 50 ans, Dwayne Koster avait tout : une femme, deux enfants, une belle maison dans un quartier chic de Detroit, un poste d'enseignant à l'université, des voisins et amis. Une liaison avec une de ses étudiantes plus tard, Dwayne a tout perdu. Il en est réduit à noyer son chagrin dans l'alcool et à surveiller les fenêtres de son ex-femme derrière le volant de sa vieille Dodge de 1969. Susan s'est installée dans une nouvelle maison avec les enfants et, entre tous les hommes de la ville, elle a choisi d'avoir une liaison avec Alex Dennis, un collègue de Dwayne, celui qu'il déteste tout particulièrement. Il n'en faudrait pas beaucoup pour que Dwayne accepte la proposition de son oncle Lee : régler le "problème Alex Dennis" en échange d'un service pas très légal...

Non, ceci n'est pas le résumé d'un roman américain écrit par un écrivain américain mais le roman américain d'un écrivain français qui veut donner à son récit une dimension internationale. Et pour cela, rien de plus simple, il suffit d'appliquer quelques recettes qui ont fait leurs preuves! D'abord, il faut planter le décor -dans son cas ce sera Detroit-, décrire la ville et ne pas oublier d'en rappeler l'histoire. Ensuite, il faut un héros américain, lui choisir un nom qui sonne bien, faire des retours en arrière sur son enfance, raconter ses ancêtres, lui trouver un traumatisme lié à la guerre du Vietnam et, pour finir, le mettre dans une situation difficile. Après, l'histoire roule toute seule entre des description des grands espaces américains, des références obligées à la guerre en Irak et aux attentats du 11 septembre, un zeste d'intrigue policière avec un agent du FBI (mais pas trop si on ne veut pas écrire un thriller), de l'amour, du sexe (hors mariage bien sûr), des motels, des bars (avec une serveuse prénommée Milly), des voisins sympathiques, des barbecues le dimanche, etc, etc.
Cette mise en abyme d'un écrivain qui raconte comment il écrit son roman américain est une réussite totale! On se plaît à décrypter avec lui les codes de la littérature américaine et on se prend à se souvenir de tous les livres qu'on a lus et qui les utilisaient. Et cerise sur le gâteau, on se prend au jeu! Tanguy VIEL a bel et bien écrit un roman américain! On s'attache à son Dwayne Koster si plein de clichés et on veut savoir ce qui lui arrive, ce qu'il va devenir.
Un livre frais, drôle et léger qui remet les pendules à l'heure pour le plus grand plaisir du lecteur.
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carre
  03 février 2017
Voilà un bouquin qui se lit d'une traite. Tanguy Viel explique son choix d'écrire un roman américain. C'est fait avec une malice et un humour bienvenus. Ces personnages sont un prétexte pour jouer avec les mots, les phrases, s'amuser avec les codes du roman dit "international". Mais sous cette plume en apparence légère, c'est bien un talentueux auteur qui se cache derrière ce roman. Intelligent et surtout jubilatoire.
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Piatka
  09 mai 2013
Et voilà ! J'ai ouvert ce livre blanc et bleu en début d'après-midi d'un beau jour de mai ( quelle folie ), un peu par hasard ; et au lieu de partir en balade, j'ai rapidement voulu savoir qui était ce Jim et pourquoi il avait disparu. Impossible de lâcher le bouquin avant d'en connaître la fin ! Vous êtes prévenus.
Ce roman concis, brillant, m'a permis de passer deux bonnes heures dépaysantes dans le Michigan, en compagnie du héros Dwayne Koster, prof de fac de littérature américaine ( bien sûr ), 50 ans, divorcé, amant d'une de ses étudiantes, Milly, et fan de Jim Sullivan, chanteur disparu étrangement 40 ans plus tôt ; de son ex-femme Susan Fraser, maîtresse du collègue détesté de Dwayne ; sans oublier une myriade de personnages secondaires qui pimentent le récit.
L'Intrigue principale peut se résumer ainsi : Dwayne veut se venger de l'amant de son ex-femme et finit par organiser une expédition punitive contre lui. Mais c'est bien trop réducteur. En effet, pour en arriver là, Tanguy Viel , tout en disséquant régulièrement les clichés du roman américain avec ironie, nous entraîne dans une histoire saisissante où se mêle avec brio les personnages de fiction et les événements récents de l'histoire américaine - il nous prévient même " Ce n'est pas dans nos habitudes à nous, Français, de mélanger les vrais personnes avec les personnages de fiction ". Clin d'oeil à Forrest Gump ?
En 150 pages seulement s'agence un récit étonnant à l'écriture racée qui finit par nous faire sortir de la route bien balisée à l'américaine qu'il semblait avoir emprunté au démarrage.
Suspense et originalité donc pour un très bon moment de lecture.
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tynn
  14 juillet 2016
C'est le livre qui explique le livre.
Lassé peut-être de faire du roman français, Tanguy Viel veut faire un livre américain...avec des personnages américains dans un décor américain.
Pour ce faire, il nous dévoile tous les clichés, tous les codes qui accompagnent le roman américain, décortiquant cette image standardisée que nous nous faisons du pays et de ses habitants.
Histoire d'amour et d'adultère, de vie explosée par des choix improbables, fuite en avant pour finir en thriller, toutes les ficelles d'une certaine littérature outre-Atlantique sont exploitées.
Une histoire stigmatisant cette attitude typiquement américaine de se regarder vivre et de n'être intéressé que de soi.
L'auteur a pris le parti d'écrire comme on parle. Cette lourdeur de plume est, au départ, assez déstabilisante, on a l'impression d'assister à une conférence explicative.
Mais après quelques pages on savoure cette construction très inventive, mélange ironique de fiction et de commentaires; on est même complètement accroché, s'amusant du talent de Tanguy Viel, concoctant un roman de 150 pages là où un auteur américain en aurait fait 500.
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critiques presse (6)
Actualitte   21 juin 2013
De superbes ellipses qui en disent bien plus long qu'un texte plus complet, plus élaboré. Une histoire merveilleusement suggérée. Qui laisse à l'imagination toute la place pour faire son chemin. J'ai été surpris et conquis.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique   09 avril 2013
Un intelligent et réjouissant roman de Tanguy Viel où il se met lui-même en scène. “La disparition de Jim Sulivan” démonte les recettes du roman américain. [...] Dans cette mise en abîme du roman lui-même et de ses techniques, c’est comme si le roman français dansait le tango, ou plutôt le rock, avec son homologue américain.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Lexpress   09 avril 2013
Dans son sixième roman, Tanguy Viel reprend à son compte tous les clichés du roman américain contemporain, qu'il confronte à la conception française du genre. Entre plaisir du récit et critique malicieuse: un pur régal.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   25 mars 2013
De tout cela surgit un véritable petit joyau littéraire. Assurément le livre le plus enlevé de Tanguy Viel, formidable exercice d’écriture et de lecture critique. [...] Tanguy Viel ou l’art d’accommoder les poncifs à la grande sauce littéraire.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Bibliobs   15 mars 2013
Un zeste d'ufologie, des barbecues géants, des routes toutes droites témoignent d'un sens aiguisé du détail qui fera reconnaître au lecteur qu'il est dans un authentique roman américain. On ne sait bientôt plus si la parodie se joue de l'intrigue, ou l'inverse. Ecrire, c'est mystifier. Chapeau, the artist !
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   11 mars 2013
Ceci n’est pas tout à fait un roman, même si c’en est aussi un, mais le making of du roman, son atelier d’écriture à la lumière de la question.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
yv1yv1   20 mai 2013
Je ne dis pas que tous les romans internationaux sont des romans américains. Je dis seulement que jamais dans un roman international, le personnage principal n'habiterait au pied de la cathédrale de Chartres. Je ne dis pas non plus que j'ai pensé placer un personnage dans la ville de Chartres mais en France, il faut bien dire, on a cet inconvénient d'avoir des cathédrales à peu près dans toutes les villes, avec des rues pavées autour qui détruisent la dimension internationale des lieux et empêchent de s'élever à une vision mondiale de l'humanité. Là-dessus, les Américains ont un avantage troublant sur nous : même quand ils placent l'action dans le Kentucky, au milieu des élevages de poulets et de des champs de maïs, ils parviennent à faire un roman international" (p.10)
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keishakeisha   18 août 2013
Les Américains ont un avantage troublant sur nous : même quand ils placent l'action dans le Kentucky, au milieu des élevages de poulet et des champs de maïs, ils parviennent à faire un roman international.
Même dans le Montana, même avec des auteurs du Montana qui s'occupent de chasse et de pêche et de provisions de bois pour l'hiver, ils arrivent à faire des romans qu'on achète aussi bien à Paris qu'à New York. Cela, c'est une chose qui m'échappe. Nous avons des hectares de forêts et de rivières, nous avons un pays qui est deux fois le Montana en matière de pêche et de chasse et nous ne parvenons pas à écrire des romans internationaux
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VALENTYNEVALENTYNE   27 novembre 2013
Est ce qu’au fond de lui il sait déjà qu’il va la détruire? Non, ce n’est pas possible, n’est-ce-pas, on ne peut pas se mettre au volant d’une voiture et se dire déjà, consciemment, qu’on va la détruire, sous prétexte qu’une pensée en lui, une seule pensée en lui est allée vers ça, parmi cinquante pensées possibles de lui au volant de sa Dodge Coronet blanche, et dans toutes ces pensées, il choisirait celle où il va partir dans le fossé, où il va donner un coup de volant pour aller dans le fossé, non, bien sûr que non , il ne se dit pas ça consciemment.
Au contraire, consciemment il se met au volant et il se concentre, il accélère doucement, très doucement et il se dit que c’est juste comme d’habitude, et d’une certaine manière c’est vrai, elle accélère et elle freine comme d’habitude, avec les cent vingt chevaux à l’arrière, se dit-il, comme d’habitude, se dit-il,, mais s’il commence à penser à ça, se dit il aussi, alors il est foutu, parce qu’alors c’est comme si il était poursuivi par une horde en furie qui lui dit que ce n’était pas lui qui décide, mais eux, les cent vingt chevaux, les cents vingt pur-sang qui galopent juste derrière lui.
Lui, donc, dans son cerveau ça a fait ça, ça a cogné bizarrement, de sorte que les pur-sang derrière, il a eu l’impression qu’il le rattrapaient, qu’ils allaient lui passer dessus, il a eu cette impression très vive dans la ligne droite, qu’il fallait qu’il accélère parce qu’ils allaient lui passer dessus et le piétiner, et que plus il accélérait plus ils s’encoléraient juste derrière lui. Il a essayé de dire des choses, il a essayé de se dire qu’il faudrait ralentir un peu, là mais lui, l’autre en lui qui conduit ne lui répond pas, il ne sait même pas s’il l’écoute à ce moment là, il entend seulement les chevaux enragés qui lui collent au train et qui piétinent son cerveau, et alors je ne sais pas s’il accélère encore mais c’est sûr qu’il ne ralentit pas, que peut être le compteur, il marque quelque chose comme cent vingt ou cent trente miles, et bien sûr la ligne droite à un moment c’est très clair, elle va s’arrêter d’être une ligne droite.
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ATOSATOS   17 février 2017
Détroit ressemble à une sorte de Pompéi moderne , dont la lave ne proviendrait pas d'une roche incandescente, plutôt des crédits et es dettes, poussant à cet exode urbain dont la question se pose d'où ils sont allés, tous ces gens, laissant leurs chiens et leurs poubelles pleines, les balançoires dans les jardins qui la nuit avant le vent laisseraient croire que les enfant reviennent.
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brumairebrumaire   03 février 2017
C'est vrai, disait Dwayne, notre histoire ressemble à un roman, on dirait du Jim Harrison, tu ne trouves pas ? Et elle lui répondait que non, que c'était une histoire pour une femme, une histoire pour Laura Kasischke ou Joyce Carol Oates. Ou bien du Richard Ford, songeait-il en regardant un papillon nocturne s'agacer sur le plafonnier. Peut-être Alice Munro pensait-elle. Non, je sais, reprenait-il, c'est du Philip Roth. Et il disait ça à cause des bruits d'orage que faisait son cerveau, que d'un côté il était l'homme de raison qui enseignait à l'université, de l'autre il était comme cette bête sauvage et concupiscente qui découvrait sur le tard la sexualité - ça oui , c'est du Philip Roth, disait Dwayne. Mais elle,comme elle n'aimait pas trop Philip Roth et qu'elle voulait absolument avoir le dernier mot,alors elle disait le seul nom qui était hors du jeu, le seul nom qui les laisserait forcément silencieux et rêveurs, elle disait William Faulkner.
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Videos de Tanguy Viel (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tanguy Viel
À l'occasion du festival 2019 "Oh les beaux jours !" de Marseille, rencontre avec Christian Garcin autour de son ouvrage "Travelling : un tour du monde sans avion" écrit avec Tanguy Viel aux éditions Lattès.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2310683/christian-garcin-travelling-un-tour-du-monde-sans-avion
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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