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Critiques sur Les heures souterraines (360)
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Marple
  09 avril 2012
Un livre magnifique et vrai.

Au-delà du harcèlement moral en entreprise ou de l'anonymat dans la grande ville, ce livre parle avant tout de la difficulté de vivre dans notre monde exigeant, difficile et parfois cruel, de la solitude, de ces moments d'épuisement où même les actes les plus anodins paraissent insurmontables...

Les deux personnages sont attachants, ils résonnaient fortement en moi, j'avais l'impression de les comprendre :
Mathilde, sa situation professionnelle pourrie, la honte qu'elle ressent et qui l'empêche de parler plus tôt, pourquoi c'est plus difficile pour elle de gérer l'attitude mesquine et sournoise de son chef que de se relever après la mort de son mari 10 ans plus tôt, l'amour de ses fils qui essaient de la protéger...
Thibaud, sa fatigue, son refus de cette relation amoureuse bancale, son désenchantement face à un métier qui ne lui permet pas réellement d'aider ses patients et où il passe 1/3 de son temps à chercher un stationnement, sa persévérance malgré tout, sa révolte aussi devant Lila qui ne l'aime pas, sa sensibilité qu'on ressent tout le temps...

Je rêvais donc pour eux d'une happy end, pour qu'ils puissent enfin poser leur fardeau et goûter un peu de douceur. L'auteure n'a pas choisi cette option, peut-être parce qu'elle la trouvait trop facile.
Mais elle a glissé quelques notes discrètes d'espoir, ça et là : le Défenseur de l'Aube d'Argent, la gentillesse de la collègue ou du patron du bar, les projets de Thibaud pour le week-end. Pour moi, elles sont capitales dans un récit par ailleurs très sombre.
Sinon, vraiment, notre monde est trop déprimant, et je refuse de croire ça !
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Ziliz
  28 juin 2011
Une journée parisienne dans la vie d'une femme et d'un homme qui ne se connaissent pas. Deux histoires parallèles...
Lui, c'est Thibault, médecin urgentiste. Il vient de quitter Lila qu'il aime profondément mais dont l'indifférence le fait souffrir depuis trop longtemps. On accompagne sa journée harassante de médecin, il ne cesse de côtoyer la misère, la détresse humaine.
Elle, c'est Mathilde, la quarantaine, elle élève seule ses trois fils. On lui a prédit qu'en ce 20 mai, elle ferait une rencontre. Elle a en effet consulté une voyante parce qu'elle est à bout, nerveusement épuisée. Depuis près d'un an, elle est rongée par les insomnies, minée par son travail et la pression que lui fait subir son supérieur hiérarchique.
Inexorablement, elle s'enfonce, elle se noie, sans requérir l'aide de personne. le harcèlement moral va crescendo. Heureusement il lui reste l'amour de ses enfants, les paroles d'une collègue compréhensive, le soutien (tardif) de la DRH...
Tous deux semblent sur le fil du rasoir, parvenus à un point de non-retour : "Il arrive un moment où le prix est devenu trop élevé. Dépasse les ressources. Où il faut sortir du jeu, accepter d'avoir perdu. Il arrive un moment où l'on ne peut pas se baisser plus bas." (p. 282)...
Voilà un beau roman fort, très émouvant, poignant. On le lit le coeur serré avec un sentiment de révolte croissant. J'ai été touchée par le courage de cette femme qui va travailler coûte que coûte, et bouleversée par la cruauté du supérieur qui la harcèle de manière insidieuse...
Delphine de Vigan est une auteur que j'apprécie beaucoup, son écriture est douce même lorsque le sujet est violent, comme ici. Elle sait se renouveler de livre en livre. J'ai particulièrement aimé "No et moi" et "Jours sans faim", un peu moins "Les jolis garçons" et "Un soir de décembre".

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daniel_dz
  27 novembre 2017
J'aime beaucoup ces livres qui continuent à m'occuper la tête après la dernière page. C'était le cas avec celui-ci, quand j'ai commencé à me demander pourquoi l'auteure avait mis sous une même couverture deux récits qui à première vue n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Pourquoi les avoir rassemblés ?

Un des deux récits raconte comment une femme se fait harceler par son patron. Il s'agit ici d'un harcèlement moral. Elle a osé le contredire en public, il va la casser. La réduire à un meuble, la privant de travail, fermant toutes les portes de sortie. C'est glaçant, c'est horrible. Cela se passe dans la vraie vie, malheureusement. le portrait est criant de vérité, l'analyse est remarquable. On en sort marqué.

C'est le récit dominant.

On en oublie presque l'autre récit, celui d'un homme qui, la mort dans l'âme, met fin à la relation qu'il a avec une femme dont il est éperdument amoureux. Elle l'aime aussi, probablement. Mais elle ne le lui dit pas avec les mots qu'il attend. Elle n'exprime pas ses sentiments. Alors, pour lui, cela devient insupportable et il décide de rompre. Elle le remercie pour tous les bons moments et elle part, calmement, sans rien dire d'autre. Elle reste elle-même. Et lui se noie dans son travail de médecin pour ne plus penser à elle…

À côté du premier récit, celui-là paraît presque doux.

Et donc, pourquoi avoir rassemblé ces deux récits-là ? Dans les deux cas, j'y ai vu une personne qui fait du mal en voulant rester elle-même. le patron du premier récit veut préserver son autorité et il casse celle qui s'y oppose; la femme du second récit reste fermée dans son mode d'expression, au désespoir de son amoureux. Mais le premier casse par méchanceté tandis que la seconde casse, je dirais par maladresse. Dans le premier cas, il n'y a pas solution pour contrer la violence, si ce n'est la violence. Dans le second cas, il pourrait y avoir une solution si on laissait à la confiance le temps de s'installer.

On pourrait aussi se placer du point de vue des autres personnages: dans le premier récit, on pourrait dire que la femme fait du mal à son patron, sans en imaginer l'ampleur; dans le second récit, on pourrait dire que l'homme fait du « chantage affectif », qui n'est pas des plus sains.

Dans le premier récit, le harcèlement est explicite et violent. Dans le second, le harcèlement est, pour autant qu'on puisse parler de harcèlement, plus insidieux.

Lisez donc ! Et faites-vous votre scénario ! Ou bien lisez sans vous poser de questions: pourquoi faudrait-il tout s'expliquer ? Ce livre n'en sera pas moins prenant…
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ginnyzz
  20 avril 2016
Il est difficile de parler de ce livre et dire ce que j'en ai pensé sans dévoiler l'issue de l'histoire.

Tous les jours, Mathilde prend le métro et le RER, emprunte le même chemin, les mêmes couloirs, monte dans le même train bondé. Chaque jour, elle va pointer, à la même heure, dans une entreprise où elle n'est plus la bienvenue. Où elle n'est plus attendue, où elle n'a plus rien à faire. Parce que depuis quelques mois, insidieusement, son responsable a décidé de l'enterrer.

Thibault, lui, est médecin aux Urgences Médicales. Chaque jour, il monte dans sa voiture et parcourt Paris. Chaque jour, il affronte la ville pour venir au secours des autres. Chaque jour, il se confronte aux petites ou grandes maladies, aux solitudes. Thibault est pris dans le marasme d'une relation dans laquelle il ne peut s'épanouir.

Tout au long de ce récit, on assiste à la lente descente aux enfers de ces deux personnages tellement attachants. Leur quotidien se délite, devient tellement pesant qu'ils suffoquent. Tout au long de ce récit, on attend la rencontre qui, se dit-on, est inévitable; ces deux destins doivent forcément se percuter à un moment. Parce que ces deux solitudes, ces deux douleurs doivent se confronter, on attend qu'ils partagent leurs angoisses et leurs attentes. Deux êtres au bord de la dépression, harassés, presque terrassés par leur vie, dans l'attente de cette petite étincelle d'espoir qui ravivera la vie, le bonheur, le désir.

Cette attente soutient et porte tout le récit. J'ai attendu impatiemment de savoir comment et ce qui en découlerait. Bien sur je n'en dirai pas plus, sinon la lecture de ce livre riche et passionnant n'aurait plus d'intérêt.

Un joli roman, très bien écrit. J'aime beaucoup l'écriture fine de Delphine de Vigan. Très vite lu tellement il est difficile de s'en arracher.

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zazimuth
  08 juillet 2013
L'héroïne, Mathilde, est mère de famille. Elle élève seule ses enfants depuis la mort de son mari. Elle travaille en banlieue parisienne dans une entreprise de marketing ou quelque chose comme ça, un domaine dans lequel elle est très compétente. Mais on comprend très rapidement au fil des pages que sa vie a changé ces derniers mois et qu'elle vit désormais un enfer à cause de son supérieur dont elle était le bras droit mais qu'elle a eu le malheur de contrarier sans le vouloir. Il s'agit d'une description vraiment explicite de ce qu'est le harcèlement moral au travail, comment insidieusement il peut détruire une vie...
Mathilde revient sur ses souvenirs et analyse la situation qu'elle nous aide à bien nous représenter en mettant en comparaison le « avant » et « après ».


Les chapitres alternent également avec la vie d'un médecin urgentiste dans le même secteur parisien qui dépeint au fil de son quotidien le profil de personnes malheureuses, en souffrances, désabusées ou broyées par la ville. On s'attache à ces deux héros, leurs fragilités et on espère une amélioration dans leur vie. Ils vont se croiser mais...
Lien : http://toutzazimuth.eklablog..
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AnnieCecile
  07 octobre 2017
Un roman contemporain qui nous plonge dans des
thématiques d'aujourd'hui : la face sombre du monde du travail - ce cauchemar absolu qu'est le harcèlement moral- mais aussi, la solitude urbaine, les relations fragiles et superficielles , la quête d'amour et de stabilité sentimentale dans ce monde âpre et pressé ; et au milieu de tout ce fatras, deux personnages, Mathilde et Thibault, pris dans leurs propres spirales, qui ne vont cesser de se croiser et dont on se demande avec angoisse s'ils vont finir par enfin se rencontrer !
C'est fluide, finement décrit, très réussi !
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Lve
  17 janvier 2016
C'est mon premier livre lu de Delphine de Vigan et j'ai trouvé ce livre bon.
Je ne m'attendais pas à autant de noirceur. C'est un récit à deux voix.
Une employée se retrouve au plus mal. Elle n'a plus envie d'aller travailler.
Et l'autre personnage vie une peine de coeur tout en soignant les maux que l'être humain peu subir. Il est médecin pour les urgences médicales.
C'est un livre bien ancré dans notre époque. Sombre.
Pourtant, je trouve qu'il manque un petit quelque chose à la fin, que je trouve trop rapide et décevante.

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cedratier
  14 septembre 2015
"LES HEURES SOUTERRAINES" Delphine de Vigan (Poche, 240 pages).
Delphine de Vigan suit dans des chapitres alternés deux personnages perdus, écrasés, fatigués de ce qu'ils vivent.
Thibaut, la quarantaine, sans enfant, médecin de ville dans un service d'urgences à domicile, vient de réussir à quitter celle qu'il aime éperdument, parce qu'il se sentait prisonnier d'une histoire sans issue, avec une femme qui ne lui rendait rien ; une femme qui, au-delà des plaisirs partagés, était incapable de lui offrir son mal-être, et comment peut-on se sentir aimé quand l'autre est inapte à partager sa douleur la plus intime, qu'elle se la garde dans une zone inaccessible ? L'auteur décrit minutieusement ce fossé brûlant que jamais Thibaut n'a réussi à franchir, la souffrance que cela provoque chez ce médecin qui s'est enfermé de plus en plus dans une pratique qui conduit au burnout.
Mathilde, veuve depuis des années, trois jeunes enfants, cadre dans une entreprise commerciale, a eu le tort un jour de contredire son boss. Commence alors de la part du chef un lent processus de harcèlement infernal, insidieux, étouffant, maîtrisé avec une intelligence diabolique et perverse. Peu à peu, en même temps qu'elle est dépossédée par étapes de toutes ses responsabilités professionnelles, qu'elle est systématiquement isolée, Mathilde perd ses repères, sa confiance en elle, sa dignité. La dépression l'envahit, elle est prisonnière du piège machiavélique. Tout est décrit par Delphine de Vigan avec une minutie exceptionnelle, rigoureuse, le mécanisme d'humiliation est rendu de manière implacable, on voudrait tendre la main à Mathilde, car ne va-t-elle pas aller jusqu'à… ?
On a parfois du mal à terminer un livre parce qu'il est vraiment insignifiant. On peut aussi au contraire avoir du mal à avancer dans un roman dont l'écriture, exceptionnellement efficace, raconte une histoire terrible qui noue les tripes, et ce fut pour moi le cas ici. Parfois j'ai voulu refermer le livre, je me sentais piégé avec Mathilde, à d'autres moments j'ai sauté quelques lignes pour connaitre plus vite la suite, la fin. Je ne sais pas si c'est de la « grande littérature » ( ??!) mais ça touche vraiment très très juste.
Pour moi, la belle découverte d'un auteur dont j'ai envie de poursuivre la lecture.
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Peluche0706
  03 mars 2014
Lu dans le cadre du challenge ABC 2013/2014

Delphine de Vigan nous fait le portrait croisé de 2 personnages, Mathilde et Thibault, qui sont dans une impasse. Ce 20 mai 2009 est un tournant dans leur vie, Mathilde, cadre commerciale, est victime de harcèlement moral au travail et Thibault, médecin à domicile, vient de quitter sa petite amie qui n'avait pas le moindre intérêt pour lui.

Toute l'intrigue se situe à Paris. Elle, elle prend les transports en commun et nous parle de la vie souterraine, dans lequel les gens se croisent sans se voir et Thibault, lui, parcourt les rues de Paris en voiture pour ses visites.

C'est un roman très sombre que j'ai lu d'une traite. L'auteur réussit à nous raconter le harcèlement moral en entreprise par ses petits détails qui font un tout, et qui rend bien le ressentiment de Mathilde et le piège dans lequel elle est s'enfermée malgré elle.

Lien : https://letempsdelalecture.w..
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Delphine-Olympe
  01 septembre 2013
Avec talent, Delphine de Vigan dépeint la face la plus sombre du monde du travail, la menace que peut représenter l'entreprise et l'oppression qui peut naître de la ville tentaculaire.

A travers le cheminement de deux personnages étrangers l'un à l'autre, Delphine de Vigan nous parle de notre société dans ce qu'elle peut avoir de plus dur et de plus destructeur pour les individus. Elle nous parle d'une violence feutrée, particulièrement dangereuse, car difficilement perceptible.

J'ai envie surtout de m'arrêter sur le personnage de Mathilde, parce qu'elle incarne vraiment ce que peut être aujourd'hui la souffrance au travail. Thibault, lui, est un personnage plus classique, un être souffrant de solitude, alors même qu'il est inséré socialement. Mais il a surtout la malchance, finalement, d'être tombé amoureux de la mauvaise personne.

Lorsqu'on fait la connaissance de Mathilde, au début du roman, elle est à un point de rupture. On comprend qu'un mal insidieux la ronge chaque jour un peu plus, la prive du sommeil réparateur de la nuit, lui ôte tout appétit de vivre, la réduit au néant.
Très vite, on comprend qu'elle est victime de harcèlement moral sur son lieu de travail.

En raison de la précision et de la justesse avec laquelle l'auteur dépeint la détresse de son personnage, on imagine sans peine qu'elle a dû vivre elle-même une situation comparable : l'incompréhension face à l'attitude subitement devenue hostile de son supérieur hiérarchique ; la torpeur qui l'enveloppe peu à peu et qui agit comme un dernier rempart pour ne pas sombrer et continuer malgré tout à effectuer les gestes du quotidien, tels que prendre le métro, réveiller les enfants le matin, travailler ; le désir fou d'être atteinte d'une maladie terrible qui la sauverait en lui permettant de ne plus retourner sur le lieu qui la détruit chaque jour un peu plus ; la fatigue, la confusion qui la gagnent ; l'impossibilité à expliquer l'intensité de cette violence qui est faite de brimades et de mesquineries qui, prises isolément, semblent anodines, mais qui ravagent par accumulation. Et l'impression constante, qu'elle surmonte pourtant quotidiennement, qu'elle «ne va pas y arriver».

Parce qu'elle s'en est manifestement sortie, Delphine de Vigan parvient à raconter cette expérience sans complaisance et en en soulignant toute l'absurdité :
«A trente ans, elle a survécu à la mort de son mari.
Aujourd'hui elle en a quarante et un connard en costume trois pièces est en train de la détruire à petit feu.» (p.144 éd. du Livre de poche) dit-elle par exemple.
Surtout, elle dépeint l'oppression que peut représenter l'univers professionnel, spécialement en ces temps de crise où, le travail se faisant rare, on tente de faire croire aux salariés qu'ils doivent tout accepter.
«Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir. Sans tenter d'y remédier.»(p.46)

Ce livre, au-delà de ses incontestables qualités narrative et littéraire, peut sans doute aider ceux, aujourd'hui trop nombreux, qui connaissent une telle situation. Car alors on se sent souvent seul, on perd sa confiance en soi, on doute, on essaie de tenir envers et contre tout, alors qu'il faut au contraire parler, se confier, dès le début, dès les premiers dérapages, avant de se perdre, avant qu'il ne soit trop tard.

Lien : http://delphine-olympe.blogs..
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