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Critiques sur Les heures souterraines (364)
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lilicrapota
  03 janvier 2010
Après" un soir de décembre" et "No et moi", le talent de delphine de vigan se trouve amplement confirmé.Elle a une façon bien à elle de nous faire littéralement pénétrer la peau des personnages, avec un style brut, des phrases courtes et simples, mais ô combien vraies, pleines d'écho, d'émotions traversées, parcourues dans lesquelles on ne fait pas que se projeter mais que l'on vit en même temps que les protagonistes. En plus d'avoir ce talent inné pour travailler la psychologie de ses personnages, elle joue de l'intrigue comme d'une partition dans laquelle on croit se voir répéter les mêmes thèmes toujours avec des variations différentes, rien ne se répète, et pourtant la souffrance de cette femme, cette descente aux enfers progressive mais inéluctable, pourrait facilement être source de redondance, mais non : delphine de vigan a su ne pas tomber dans le piège, ni dans celui, qu'on attendait pourtant, de la rencontre salvatrice (peut-être) entre Mathilde et Thibault, l'autre protagoniste, qui vit une souffrance similaire bien que n'ayant rien à voir avec le monde de l'entreprise et d'un harcèlement moral. Thibault, lui, est enferré dans un amour qu'il ne peut, dont il ne veut plus, le monde autour de lui tranquillement poursuit sa course folle alors qu'en lui, tout s'effondre, tout lui devient insupportable. Au fil du roman ces deux protagonistes se croisent, dans le fil du récit (1 chapitre l'un, 1 chapitre l'autre), comme dans le fil de leurs vies (dans le métro, encore dans le métro) ; la similitude des sentiments qui les anime laisserait croire à une rencontre essentielle, c'est vraiment très beau, très juste, j'ai eu exactement les mêmes impressions que dans no et moi. Arriver à se couler comme ça dans la peau de gens aussi différents c'est fantastique!!!! A lire absolument.
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VanessaV
  21 octobre 2009
Le roman de Delphine de VIGAN, « Les heures souterraines » apporte une vision pertinente et noire du monde de l'entreprise. Moi qui ai quitté la mienne et lui trouvais des failles de communication et une violence souterraine (et aérienne), j'ai été servi par le récit.
Mathilde et Thibault sont deux personnages en prise à deux autres, désincarnés et si présents, si source de violence : Paris et le monde de l'entreprise.
Mathilde était, il y a encore 6 mois, une femme épanouie dans son travail avec un poste à responsabilité. Thibault avait choisit de ne pas rester médecin de campagne et était arrivé très vite dans la capitale pour se confronter à la misère et aux humeurs physiologiques. Il était passionné par cette ville grouillante et cet accaparement par le travail.
Et puis soudainement, ou par un déroulement du temps anodin, la situation devient plus grave, la violence du quotidien, sourde au départ, devient réelle. « Les heures souterraines » prennent consistance pour donner une pesanteur.
L'entreprise brise peu à peu Mathilde. Ce système de fonctionnement, clos, aux conventions de communication, l'enserre comme élément perturbateur à la productivité. L'efficacité professionnelle et l'hypocrisie confortable ont, un jour, trouvé une faille humaine et un chef va l'utiliser pour anéantir ce qui a fait revivre Mathilde. Les pertes de repères professionnels se suivent, de détails, ils deviennent un engrenage déshumanisant où le silence et la honte sont les premiers maillons.
De son côté, Thibault se retrouve confronté aux misères, isolements, petits et grands maux des hommes en ville. Toujours sur la brèche, en action ou dans les embouteillages, entouré de bruit, il sillonne Paris : réseaux de routes, logements en pagaille et pourtant solitude. Avec le temps et ce rendement horaire obligatoire, les relations humaines lui manquent, de celles qui stabilisent, apaisent, soutiennent. Son amour du moment manque de cette consistance, l'échange de fluides ne règle pas ce qu'il aurait pu prendre pour un décalage de rythme, de langage. Il reste maladroit de n'être pas incarné en dehors d'un lit.
La ville et l'entreprise ne permettent plus cette récupération corporelle qui donne envie d'un autre jour. le temps défile comme les jeux de cartes personnifiés que s'échangent les mômes et au fur et à mesure, Mathilde et Thibault se perdent.

l'avis complet sur le lien
Lien : http://iam-like-iam.blogspot..
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livr-esse
  08 octobre 2009
L'histoire:
L'histoire se déroule à Paris, ville qui apparait comme une sorte de personnage très angoissant.

Il y a d'un côté Mathilde, une jeune veuve qui élève seule ses 3 enfants.
Quand son mari est décédé, dix ans plus tôt, Jacques l'a recrutée comme son adjointe à la tête du Service marketing d'une grande entreprise.
Depuis, elle avait repris pied, réappris à vivre, différemment, mais à vivre tout de même.
Un jour le système se grippe, Jacques est blessé par un comportement de Mathilde et n'aura de cesse de lui faire payer.
Débute alors pour elle, une longue descente aux enfers.

De l'autre côté, il y a Thibault, médecin urgentiste d'une quarantaine d'années qui passe ses journées dans sa voiture, coincé dans les embouteillages, pour aller d'un patient à un autre.
Thibault vient de passer un cap, il a enfin réussit à quitter cette femme qu'il aimait tellement mais qui ne lui donnait rien d'autre que du sexe.

On va suivre ses deux vies en parallèle et attendre que peut-être elles se rencontrent ....

Mon avis:
Un grand coup de chapeau pour le personnage de Mathilde et toute la description de l'usure morale infligée par son chef de service(...)
Lien : http://www.livr-esse.com/art..
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Mia
  04 octobre 2009
Après "No et moi", Delphine de Vigan nous emmène dans une autre forme de violence exercée par la société sur l'individu.
Le monde de l'entreprise, ses névroses et abus de pouvoir qui vont briser une personne et la laisser comme une coquille vide, c'est l'itinéraire de Mathilde. Parallèlement, nous suivons le quotidien de Thibault, médecin urgentiste à domicile, confronté aux petites misères, à la solitude et aux angoisses de ses patients comme autant de SOS qui entrent en résonance avec les siennes.
C'est admirablement bien écrit, l'auteure parvient à nous faire percevoir l'intimité de ses personnages, leurs fêlures, leurs limites. Par delà, les destins de Mathilde et Thibault, c'est tout le poids de nos villes et de leurs aspects les plus déstructurant, déshumanisant qui apparaissent en toile de fond, les violences souterraines faites aux individus que nous sommes par une société que nous avons construite.
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