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Critiques sur Les heures souterraines (364)
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lagi
  29 juin 2018
Comme souvent dans ses romans, Delphine de Vigan s'attache à un fait social.
Cette fois il est question de harcèlement moral et de solitude.
Pendant une journée, on suit en parallèle les trajectoires de Mathilde et Thibault dans une grande ville, Paris.
Elle est cadre travaillant dans la publicité. Il est médecin aux urgences.
Du jour au lendemain, Mathilde se retrouve mise au placard par son supérieur hiérarchique, après avoir connu une vie professionnelle plutôt épanouissante et cette situation provoque une profonde souffrance chez elle. Lui sillonne la ville depuis dix ans, il en connaît ses moindres recoins, ses moindres fêlures et une certaine lassitude s'est installée. "Il lui semble qu'à force de promiscuité, et parce qu'il connaît mieux que quiconque son haleine empesée, la ville attend son heure pour le vomir ou le recracher comme un corps étranger". Il vient de mettre fin à une relation avec une femme qui ne l'aimait pas.
Tous les deux sont confrontés à la solitude urbaine, à l'impitoyable monde du travail qui broie les êtres et les déshumanise .
C'est un roman à l'atmosphère sombre, oppressante, comme peut l'être la vie dans une grande ville. Et à cet égard, je me suis fortement retrouvée dans les descriptions de Delphine de Vigan et ma propre expérience de citadine. Ce roman colle fortement à la réalité. A ma réalité. A la réalité de millions de citadins et de travailleurs. Cependant, je n'ai pas pu m'évader à travers cette lecture, c'est sans doute ce qui m'a déplu un peu, car l'univers du livre se rapprochait beaucoup de mon propre univers. En même temps, l'identification est au rendez vous. Et le mécanisme du harcèlement moral est bien décrit (la disqualification, l'isolement de la victime, les brimades,...)
Et il y a cette lueur d'espoir qui ouvre le roman. Le 20 mai, quelque chose va changer dans la vie de Mathilde, grâce à un homme. C'est une voyante qui lui a fait cette prédiction. Les trajectoires de Mathilde et Thibault vont-elles se rencontrer ? L'amour sera-il au rendez vous, une amitié, un soutien ? Ce qui aidera Mathilde à tenir au cours de cette longue journée de travail, c'est la pensée de ses trois fils et la carte que l'un d'entre eux lui a donné, le défenseur de l'aube d'argent. Cela amène une note de légèreté, de poésie dans ce roman difficile.
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CVgr
  10 juin 2018
Tout est dit, merveilleusement écrit, ce sont les heures des vraies vies.
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estellebl
  28 mai 2018
Delphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française née en 1966. Elle est l'auteur de 9 romans, dont le dernier Les loyautés vient de paraître. Elle dit vouloir écrire des livres qu'on ne lâche pas et c'est pari tenu! Son écriture est d'une très grande fluidité, on est immédiatement happé par l'histoire même si ses univers sont souvent rudes et très réalistes.

Je l'ai découverte avec No et Moi, où une adolescente croise la route d'une SDF qu'elle recueille comme sa soeur, puis j'ai enchaîné avec D'après une histoire vraie, Prix Renaudot et prix Goncourt des Lycéens 2015, histoire autobiographique (?) d'une écrivain sous l'emprise d'une de ses lectrices, hommage à Stephen King, Misery.

Je viens de terminer la lecture des Heures souterraines. Mathilde, excellente professionnelle, bras droit de Jacques, directeur marketing, s'oppose à lui lors d'une réunion avec un fournisseur. Ce n'est rien, et pourtant c'est le début de la descente infernale, du harcèlement. Thilbault, médecin, de son côté, vient de rompre avec Lila. Tous deux sont épuisés, essaient de tenir coûte que coûte, confrontés chaque jour à la trop crue réalité de la vie parisienne. Voici un extrait pour le plaisir "Lila parlait dans le noir, une fois la nuit tombée, ou dans le frottement que lui offrait l'alcool, après quelques verres. Lila parlait comme elle aurait chanté une chanson écrite par d'autres, pour le plaisir de l'allitération ou de la rime, étrangère au sens. Des mots sans conséquences, volatils."
Lien : http://partageonsnoslectures..
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yann72000
  09 mai 2018
J'avais bien aimé "No et moi" et été très déçu par "Les loyautés" je me suis donc dit que j'essaierai une nouvelle fois De Vigan.
Cette fois je suis très partagé. La placardisation et le harcèlement au travail est bien décrit, on suit attentivement la descente de Mathilde vers l'enfer où l'envoie son patron. Même si on essaye de comprendre comment elle peut être aussi soumise et tenir autant à sa zone de confort qui n'en est plus une. Parallèlement on suit aussi le médecin et là par contre on n'en comprend pas la raison.
De Vigan me paraît vraiment très inégale. Elle peut écrire des histoires vides (Les Loyautés), elle peut s'intéresser à de jolies rencontres (No et moi) même si il aurait été intéressant qu'elle creuse cette relation et son dénouement. Et elle peut ici fignoler le portrait de Mathilde et rater celui de Thibault. J'espère qu'en prenant de l'expérience et en s'octroyant plus de temps pour aller en profondeur et imaginer, oser on aura un roman d'un plus haut niveau
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Neneve
  05 mai 2018
Ajouté à ma PAL parce que c'est De Vigan, et pioché par un membre, je me suis plongée dans cette histoire, sans avoir tout d'abord lu le résumé... mais quelle histoire touchante et triste.. D'abord Mathilde, cadre, mère de famille, veuve... étoile montante, mais qui tombe, et tombe encore, lentement, lorsque son patron décide qu'il en marre d'elle et qui fait tout pour lui détruire l'estime, la confiance, la santé... Et puis, Thibault, médecin, seul, qui large Leila, parce que cette dernière est incapable d'aimer.. Il voit les patients le jour, et se morfond le soir venu, isolé dans son appartement... Deux histoires qui se ressemblent, et qui ne se croisent qu'une fois... J'ai beaucoup aimé, beaucoup beaucoup même... Même si c'est triste, même si c'est sombre...
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Wyoming
  06 avril 2018
Roman qui conte l'histoire de deux solitudes qui ne se rencontreront pas, même si elles passeront très près l'une de l'autre. Une double lecture donc dans ce texte bien écrit : elle, paumée dans les couloirs du métro, enfermée dans l'enfer de l'éviction dont elle est victime dans son entreprise; lui, médecin débordé par son activité au service des autres au point qu'il ne voit plus rien autour de lui, même pas elle avec qui il aurait pu peut-être construire autre chose. Beau roman, souvent émouvant, plein de précision, notamment sur le monde ingrat de l'entreprise, écrit avec le style qui convient pour perdre le lecteur dans le désarroi de ces deux solitudes si différentes et pourtant si proches.
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Christkin
  30 mars 2018
Style admirable avec l'utilisation d'images qui rendent l'univers décrit palpable, on y est ! Belle construction. Grande finesse d'analyse. Et, cerise sur le gâteau, il y a une vraie fin (pas le truc du style "le lecteur peut imaginer la suite"). J'ai beaucoup aimé ce livre assez court.
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Fabh64
  13 mars 2018
Mathilde et Thibault , la quarantaine, ne se connaissent pas, mais se sont déjà croisés sans se voir dans l'immensité de la capitale.
Ils vivent chacun à sa manière la même chose oppressante : la violence silencieuse.
Elle, au sein de son entreprise, par son chef et ancien mentor qui la dénigre sans forcer à petit feu.
Lui, médecin urgentiste, dont les visites à domicile ou en entreprise amoindrissent sa fougue de ses prémices.

Très beau roman.

Le film TV sorti en 2015 est bien également, mais il m'a semblé plus balourd que le roman.

Ma note : 7,5 / 10
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Lune93
  08 mars 2018
Le film n'est pas mal.
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Agoaye
  28 février 2018
J'ai beaucoup aimé ce roman…
Des histoires de souffrances, mais pas que… Des récits de solitude, mais pas seulement…
Les sentiments des deux personnages principaux sont minutieusement et élégamment disséqués et ce n'est ni mielleux ni niais.
J'ai particulièrement apprécié la fin et toute ma méthode d'écriture autour d'elle.

Un bon moment !
Lien : http://www.agoaye.com/mes-le..
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