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ISBN : 2757842242
Éditeur : Points (25/09/2014)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 12 notes)
Résumé :

Les canons de la beauté ont varié selon les époques: ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps: allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d'embellissement repensés. L'imaginaire y prend part au même titre que les valeurs d'une époque. La beauté n'a ces... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
sybou
  04 février 2013
Il est des livres qu'il fait bon lire et celui-ci rappelle que la lecture-plaisir n'appartient pas au seul genre du roman. le tout à fait sérieux Histoire de la beauté: le corps et l'art d'embellir De La Renaissance à nos jours nous permet d'apprécier la plume fluide et simple de l'auteur, et c'est avec joie que j'ai pu voir la petite histoire et la grande histoire se rencontrer. Ainsi, les traités de beauté se mêlent à la correspondance, les magazines permettent les comparaisons entre les normes de telle ou telle époque et la publicité confirment une nouvelle manière de penser le beau.
Rapports au corps et entre homme et femme y sont évoqués, mais aussi rapport à l'artificiel. Si au début, la beauté est don divin, elle devient au fur et à mesure des révolutions dans la pensée le résultat d'un contrôle de soi. On passe alors en cinq siècles d'une beauté subie et centrée sur le visage et le buste à une beauté choisie où le corps prend toute sa place. Petit à petit, le corps se personnifie, le mouvement s'autorise et le désir s'affirme. Plus le temps passe, plus on le modèle.
Sans forcément aller plus loin dans le déploiement de la thèse de Vigarello, on constate déjà une évolution lente et significative de la beauté innocente et voulue naturelle du Moyen-âge à celle soumise au contrôle de soi et à l'obligation de correspondre aux canons de beauté actuelle associée à l'idée d'un certain bien-être. Les stéréotypes sont déconstruits au fur et à mesure, notamment le regard posé sur l'obésité ou sur les contours du corps. Grosse surprise, la cellulite n'a posé souci qu'à sa découverte en 1924. le corps s'observe de plus en plus, dans sa vie mais aussi comme reflet de ce que la société attend des hommes et des femmes.
C'est un livre qui continue après l'avoir fermé. Il se prolonge forcément dans le temps et pose la question de la beauté telle qu'elle sera vue tout au long de notre siècle (comment évoluer maintenant?) mais surtout interroge sur notre rapport au corps et à l'esthétique aujourd'hui, sur notre façon de voir le monde et le concevoir. Au delà du corps, c'est la place que l'on se donne qui devient sujet. D'une beauté noble, on passe à une beauté « accessible » donc exigée de toutes et tous. Ainsi, il n'est pas rare d'entendre: « prend une tenue qui te valorise et prend soin de toi pour devenir belle et donc heureuse ». Entre normes, hypocrisie et culpabilité.. bienvenue à notre époque.
A lire, pour comprendre et apprendre. A partager aussi, pour mieux saisir comment nos complexes sont construits, et comment ils traduisent ce que la société attend de nous.
Lien : http://sybabulles.wordpress...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JehanneDDJehanneDD   11 octobre 2017
~ La beauté au XIXe siècle

Les visages s'approfondissent avec la beauté romantique, les yeux, comme la pâleur, accentuent l'appel à l'âme, l'allusion à l'insondable. [...]Un trait domine cette esthétique du lointain : l'intériorité.
Une lente subversion de formes s'avère pourtant plus importante encore dans la beauté du XIXe s . Le "bas" acquiert, graduellement avec le siècle, une place qu'il n'avait pas. Les lignes physiques s'autorisent plus de présence : le corps insensiblement impose le "dessous". [...]Les formes féminines s'animent, affleurant les étoffes, dictant, au bout du compte, fût-ce tardivement, leur dessin au tissu.
[...]
Un autre changement [...] concerne la femme, ses libertés "nouvelles" ou supposées. Une figure le montre : la Parisienne, objet d'interminables commentaires et réflexions. [...] La capitale fabriquerait des êtres plus inventifs, plus attirants, assure aussi Balzac, alors que l'ennui de la province ferait "perdre à la femme sa beauté". [...] Les conséquences physiques sont notables : un contraste opposerait d'abord légèreté et lourdeur, vivacité et torpeur.
[...]
La "Gibson girl", jeune femme dont les tenues actives, les poses aériennes ont provoqué aux Etats Unis une intense identification. [...]Exemple décisif parce qu'il est aussi l'illustration de la progressive ascendance du modèle américain : sa diffusion en Europe, l'insensible correspondance entre succès économique et succès esthétique.
[...]
Il faut une image nouvelle de la femme encore pour ue le profil en S longtemps recherché apparaisse brusquement contrant ou désaccordé. La "fin" de la cambrure et du corset, au début du XXe siècle, est aussi la fin d'une femme "décor".
[...]
Un objet, en particulier, a gagné en importance dans la culture bourgeoise des toutes dernières décennies du siècle, aidant insensiblement à renouveler les gestes 'observation et de correction de soi : l'armoire à glace. Le meuble pénètre le salon, la chambre, le cabinet de toilette ou de bain ...
[...]
Un large marché de la beauté s'est constitué. Ce qui étend toujours davantage le thème de l'artifice, banalisant avec la fin du siècle l'image d'une beauté construite.[...]
Le grand magasin a créé ce cadre en révolutionnant le commerce des "nouveautés" à partir des années 1860.
[...]
Une institution inédite naît enfin avec le début du XXe siècle, confirmant cette vision plus unifiée de l'embellissement : l'institut des soins de beauté.
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JehanneDDJehanneDD   11 octobre 2017
~ La beauté au XXe siècle

Aucune définition de la beauté physique n'est possible assurent les traités d'aujourd'hui, trop sensibles à l'ascendance des préférences et des goûts individuels. [...]Une intense psychologisation des comportements associe toujours davantage esthétique physique et perception de soi. [...] Le corps mettrakt lui-même en scène sa propre liberté.
[...]
C'est sur un changement de silhouette que s'inaugure la beauté du XXe siècle : (...) lignes étirées, gestes allégés. [...] L'(...)allule glisse de l'image de la fleur à celle de la tige, de la lettre S à la lettre I. [...] Cette gracilité [...] prétend révéler l'autonomie dans les lignes du corps, illustrant une profonde transformation de la femme.
[...]
Le corps féminin intègre pour la première fois le signe physiologique de l'activité : le muscle visible, élastique, exercé, propriété jusque-là exclusive du masculin.
Plus profondément, c'est la référence au nu avec ses profils effilés qui devient dans l'entre guerres le critère dominant. Le dessous comme vérité du dessus.
[...]
Le recours au chiffre, l'insistance sur le moindre écart, pourraient avoir favorisé la vogue des concours de beauté. Les "reines" et les "miss" se multiplient dans l'entre-deux-guerres : Miss America en 1921, Miss France en 1928, Miss Europe en 1929, Miss Univers en 1930. L'adoption du mot "MIss" confirme au passage la progressive ascendance américaine dans ce qui devient culture de masse, diffusion à grande échelle de l'image, du film, du son.
[...]
Une chirurgie esthétique "pure" rejoint la chirurgie "réparatrice" réinventée avec la Première guerre mondiale.
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JehanneDDJehanneDD   11 octobre 2017
~ La beauté au XVIIIe siècle

Les Lumières, plus profondément, ont disjoint la vision de la beauté humaine de toute vision divine. [...] Non que le surnaturel soit nié, mais un réalisme s'est imposé. [...]Un aléatoire peut même s'installer, que souligne Voltaire jugeant difficile sinon illusoire toute tentative d'un traité du beau : "Demandez à un crapaud ce que c'est que la beauté... ? Il vous répondra que c'est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortis de sa petite tête, une gueule longue et plate, un entre jaune, un dos brun."

La beauté se révèle plus que jamais appartenir à un groupe, à ses gestes, à ses mœurs. Elle pourrait plus que jamais alors, comme l'éducation, varier avec les habitudes et les savoirs. Elle pourrait croître et se cultiver collectivement, comme décroître et péricliter par abandon. [...] L'idée d'une dégradation des formes humaines correspondant à la modernité. [...]La certitude nouvelle croise l'histoire naturelle : "L'espèce humaine dégénère en Europe". [...] L'Encyclopédie s'attarde au constat d'un abâtardissement des races. [...]D'où la nécessité, tuile à tous, d'un nouvel investissement sur la beauté. [...]
Les formes corporelles se perdraient par manque d'usage, par défaut de régime ou de tension. Le triomphe ici encore de la fonction : seuls les gestes efficaces pourraient favoriser la beauté; les autres, ceux des artifices et des cités, pourraient à l'infini la contrarier.
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JehanneDDJehanneDD   10 octobre 2017
~ La beauté au XVIe siècle

Logique toute vertueuse, elle met en évidence les membres honorables et met hors du regard les membres dépréciés. "La nature induit les femmes et les hommes à découvrir les parties hautes et à cacher les parties basses, parce que les premières comme propre siège de la beauté doivent se voir, et il n'en est pas ainsi des autres étant seulement le fondement et la base et le soutien des supérieures".
(Le triomphe du haut)

La différence sociale s'imprimerait dans les formes mal dissimulées, le lourd, l'habit mal contrôlé. [...] Une différence marquante porte sur la ceinture et son resserrement. [...] La priorité donnée au haut du corps ne peut ainsi être dissociée d'une autre attention plus large : celle protée à la l'allure d'ensemble, à la légèreté et à la lourdeur.

Un usage du cosmétique se diffuse à la Renaissance, quoiqu'il en soit, malgré les réticences et les refus.

Le brusque développement poétique des "blasons du corps", dans les années 1520-1550, les poèmes consacrant des parties séparées, l'oreille, l'ongle, le nombril, le genou, confirment tout autant une esthétisation du dessous. [...] La démarche du blason révèle une culture libertine, ironique et érudite à la fois, raffinée même, élaborée aux marges du quotidien.
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oranoran   19 juin 2016
La beauté démocratisée - Approcher les stars
Le cinéma a joué avec les corps, la lumière, l'écran, ses sens du spectateur portant au plus loin les attentes et les désirs du temps. Il a servi les réel par l’irréel, projetant ses silhouettes en "messagères de beauté".
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Videos de Georges Vigarello (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Vigarello
"La première occurrence du surmenage, c?est au début de la 2e moitié du XIXe siècle. Aux environs des années 1860-1870, la société s?est considérablement accélérée."
Quelles leçons le surmené d?aujourd?hui pourrait-il recevoir du surmené d?hier ? L'historien du corps et des perceptions Georges Vigarello travaille actuellement à un ouvrage consacré à l'histoire du surmenage et du burn-out. Il déconstruit l'évolution de l'individu qui se joue dans le rapport actuel au burn-out, et le rôle clé de l'accélération au XIXe siècle.
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