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Paul Viallaneix (Éditeur scientifique)Lyne Limouse (Illustrateur)
ISBN : 2110807873
Éditeur : Imprimerie nationale (01/04/1983)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Les Destinées est un recueil posthume de poèmes d'Alfred de Vigny (1797-1863), publié en 1864.
Il se compose de onze poèmes, écrits entre 1839 et 1863, marqués chacun par un profond pessimisme, où l'on retrouve le désenchantement des récits de Stello (1832) ou du drame de Chatterton (1835).
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ThierryCABOT
  28 novembre 2012
Dans son "Anthologie de la poésie française", Georges Pompidou, un fin lettré, résume fort bien le sentiment que m'inspire l'oeuvre poétique d'Alfred de Vigny : "Il est un de ces poètes que la grâce ne touche que par moments, mais avec quel éclat !"
Certes le mauvais goût, l'enflure, certaines facilités d'écriture, ne sont pas totalement absents de ses vers. Plusieurs pièces même souffrent de procédés rhétoriques un peu éculés et sonnent de manière laborieuse.
N'importe ! Alfred de Vigny n'est pas du tout un écrivain de second rang. Dès que l'inspiration soudain le porte, dès qu'il descend profondément en lui-même, il égale sans peine les meilleurs.
J'en veux pour preuve notamment la qualité exceptionnelle de trois longs poèmes tirés du recueil intitulé : "Les destinées". Là son talent déjà incontestable prend les dimensions du génie, et avec un souffle aérien, défilent tout à coup sous nos yeux ébahis des alexandrins sublimes qui de "La mort du loup" et de "La Colère de Samson" à "La Maison du Berger" viennent nous chavirer le coeur.
Ce dernier texte allégé de quelques strophes inutiles, constitue d'ailleurs à lui seul un monument de notre littérature. Tel un cadeau du ciel, de nombreux septains inouïs de beauté aimantent le lecteur par leur charme irrésistible, confondant, des vers où comme le dit si bien Georges-Emmanuel Clancier, "l'amour, la solitude, le monde, la passion et la mélancolie scintillent en une seule longue lueur à la fois somptueuse et retenue".
Au fil de cet hymne divin, Alfred de Vigny rend hommage à la femme aimée : Eva. C'est peut-être ici le sommet de son oeuvre, le bouquet suprême de sa poésie. D'une voix tour à tour altière et frémissante, il adresse à son inspiratrice tout ce qu'une vie avait accumulé en lui de clair et de profond, tout ce qu'il n'avait jamais osé dire, tout ce qu'il devait exprimer avant de mourir…
Vous l'avez bien entendu compris. J'aime infiniment Alfred de Vigny.

Lien : http://www.p-o-s-i-e.over-bl..
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JacobBenayoune
  19 octobre 2013
De tous les poètes romantiques français, le plus original est sans doute Vigny. Ce petit recueil qui porte bien son sous-titre "Poèmes philosophiques" regroupe des poèmes d'une grande spiritualité. de sa lecture, on gardera un très beau souvenir de certaines pièces comme "La Mort du Loup" ou "La Bouteille à la Mer" ou même "La Maison du Berger" qui nous fera sans doute oublier quelques vers (ou passages) ennuyeux ou qui ne sont pas du goût de l'homme moderne du XXI° Siècle.
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frandj
  23 juin 2017
J'ai lu, ou du moins j'ai essayé de lire "Les Destinées", un recueil de poésies écrites par Alfred de Vigny entre 1838 et 1863. Ils portent la mention « poèmes philosophiques ». En effet, ce livre développe des questions métaphysiques et religieuses ("Le mont des Oliviers"), mais aussi éthiques ("La mort du loup") ou politiques ("Les oracles")...
Pour dire la vérité, j'ai trouvé l'ensemble "rasoir". Les poèmes sont beaucoup trop longs, emphatiques (il y a trop de majuscules données aux noms communs !), terriblement sérieux et parfois lugubres, sans aucune trace d'humour.
Par exemple, "La maison du berger" qui est parfois considéré comme un chef d'oeuvre m'a laissé de glace. Cependant, on trouve par ci par là des vers très classiques et bien tournés, qui sont devenus célèbres.
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Darkcook
  19 mars 2013
Coup de coeur pour cet auteur à la lecture de "La Mort du loup" il y a quelques années. Je m'étais alors jeté sur Les Destinées, couplées au Poèmes antiques et modernes, et ce fut un immense plaisir de lecture, sur quasiment chaque poème.
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lendiobene58
  14 octobre 2019
Vigny le poète idéal ❤️❤️❤️❤️❤️❤️
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
DarkcookDarkcook   16 août 2013
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l'homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C'est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.

Extrait de "La Mort du loup".
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tamara29tamara29   18 juillet 2015
Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le sien, sur son aile asservie,
Tout le monde fatal, écrasant et glacé ;
S’il ne bat qu’en saignant par sa plaie immortelle,
S’il ne voit plus l’amour, son étoile fidèle,
Eclairer pour lui seul l’horizon effacé. […]

Je verrai, si tu veux, les pays de la neige,
Ceux où l’astre amoureux dévore et resplendit,
Ceux que heurtent les vents ; ceux que la neige assiège,
Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit.
Nous suivrons du hasard la course vagabonde.
Que m’importe le jour ? Que m’importe le monde ?
Je dirai qu’ils sont beaux quand tes yeux l’auront dit...

(La Maison du Berger)
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MirpointMirpoint   12 octobre 2014
Le fils de l'Homme alors remonte lentement.
Comme un pasteur d’Égypte il cherche au firmament
Si l'Ange ne luit pas au fond de quelque étoile.
Mais un nuage en deuil s'étend comme le voile
D'une veuve et ses plis entourent le désert.
Jésus, se rappelant ce qu'il avait souffert
Depuis trente-trois ans, devint homme, et la crainte
Serra son cœur mortel d'une invincible étreinte.
Il eut froid. Vainement il appela trois fois :
"Mon Père ! - Le vent seul répondit à sa voix..
Il tomba sur le sable assis et, dans sa peine,
Eut sur le monde et l'homme une pensée humaine.
- Et la Terre trembla, sentant la pesanteur
Du Sauveur qui tombait aux pieds du Créateur.
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JacobBenayouneJacobBenayoune   01 décembre 2013
Solitudes que Dieu fit pour le Nouveau Monde,
Forêts, vierges encor, dont la voûte profonde
A d’éternelles nuits que les brûlants soleils
N’éclairent qu’en tremblant par deux rayons vermeils
(Car le couchant peut seul et seule peut l’aurore
Glisser obliquement aux pieds du sycomore),
Pour qui, dans l’abandon, soupirent vos cyprès ?
Pour qui sont épaissis ? ces joncs luisants et frais ?
Quels pas attendez-vous pour fouler vos prairies ?
De quels peuples éteints étiez-vous les patries ?
Les pieds de vos grands pins, si jeunes et si forts,
Sont-ils entrelacés sur la tête des morts ?
Et vos gémissements sortent-ils de ces urnes
Que trouve l’Indien sous ses pas taciturnes ?
Et ces bruits du désert, dans la plaine entendus,
Est-ce un soupir dernier des royaumes perdus ?
Votre nuit est bien sombre et le vent seul murmure.
Une peur inconnue accable la nature.
Les oiseaux sont cachés dans le creux des pins noirs,
Et tous les animaux ferment leurs reposoirs
Sous l’écorce, ou la mousse, ou parmi les racines,
Ou dans le creux profond des vieux troncs en ruines.
— L’orage sonne au loin, le bois va se courber,
De larges gouttes d’eau commencent à tomber ;
Le combat se prépare et l’immense ravage
Entre la nue ardente et la forêt sauvage.
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   16 juin 2015
La Maison du berger

Si ton cœur, gémissant du poids de notre vie,
Se traîne et se débat comme un aigle blessé,
Portant comme le mien, sur son aile asservie, 

Tout un monde fatal, écrasant et glacé ; 

S'il ne bat qu'en saignant par sa plaie immortelle, 

S'il ne voit plus l'amour, son étoile fidèle,
Éclairer pour lui seul l'horizon effacé
[…]
Pars courageusement, laisse toutes les villes ; 

Ne ternis plus tes pieds aux poudres du chemin ; 

Du haut de nos pensers vois les cités serviles 

Comme les rocs fatals de l'esclavage humain. 

Les grands bois et les champs sont de vastes asiles, 

Libres comme la mer autour des sombres îles. 

Marche à travers les champs une fleur à la main. 



La Nature t'attend dans un silence austère
[…]
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Vidéo de Alfred de Vigny
Alfred de Vigny – La passion de l'honneur Documentaire de 1972.
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