AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

André Gabastou (Traducteur)
EAN : 978B08BPFTX8D
195 pages
Actes Sud (02/09/2020)
3.47/5   19 notes
Résumé :
Plagiat, hommages, subterfuge et autobiographie se mêlent pour démontrer que tout est fiction et que seul le roman permet une certaine mise à distance, une "dédramatisation" de la vie. Telle est la ligne de conduite d’un écrivain qui écrit comme il respire.
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
3,47

sur 19 notes
5
2 avis
4
5 avis
3
2 avis
2
2 avis
1
0 avis

Pirouette0001
  09 octobre 2020
Ma libraire m'avait annoncé : "Le dernier Vila-Matas n'est pas son meilleur, mais il faut le lire pour la dernière phrase".
Et bien, je ne partage pas cet avis. C'est un opus bien représentatif de ce que nous offre cet auteur depuis tant d'années, même si "Le Docteur Pasavento" et ensuite "Dublinesca" restent, à mes yeux, ses chefs d'oeuvre.
Avec cette douceur et cette langueur teintées d'humour pour dépeindre le mal être de son héros, qui n'en est forcément pas un, mais plutôt le contraire et qui n'est sauvé que par la littérature, en se plongeant dans l'imaginaire d'autrui et en retenant leurs trouvailles pour continuer d'avancer sur le drôle de chemin que souvent nous offre la vie.
Le tout replacé dans le contexte politique de la Catalogne d'aujourd'hui. C'est bien la première fois que Vila-Matas nous laisse entendre ce qu'il en pense, me semble-t-il.
Et la dernière phrase ? Et bien lisez le livre et, à votre tour, vous me direz !
Commenter  J’apprécie          204
lau2201
  23 septembre 2020
Hermétique ! J'aurais dû me méfier, tout était dans le titre. C'est brumeux, et ça n'a pas beaucoup de sens (pour moi du moins).
C'est le genre de livre qui tourne en rond autour de la littérature et de la théorie littéraire. La trame romanesque est ténue. Elle tourne autour d'un grandécrivain américain d'origine catalane, qui se cache du public (à la manière d'un Pynchon ou d'un Salinger, à qui il est explicitement fait référence), et dont le frère resté à Cadaquès a participé secrètement au succès en l'approvisionnant en citations (car il en est collectionneur). Ils ne se sont pas vus depuis 20 ans, et voilà qu'ils se rencontrent à Barcelone au lendemain de la déclaration d'indépendance de la Catalogne.
Ce roman est un prétexte à une théorisation du roman moderne, de l'écriture, de la place de l'écrivain, de l'autofiction, et à sa mise en oeuvre. Soit c'est génial et je n'ai pas les ressources intellectuelles ni les références littéraires pour comprendre (et donc c'est vexant), soit c'est complètement dispensable. Je peux adhérer à ce genre de projet s'il y a de l'humour, mais là, même si l'autodérision pointe quelquefois le bout du nez, je n'ai pas pu accrocher (j'ai failli abandonner plusieurs fois, ce qui n'est pas dans mes habitudes). A réserver aux amateurs de l'auteur ou de théorie littéraire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          53
pasiondelalectura
  20 novembre 2020
Le titre du livre fait partie d'une belle phrase de Raymond Queneau… »cette brume insensée où s'agitent des ombres, comment pourrais-je l'éclaircir? » Déjà Georges Perec s'en était servi dans l'épigraphe de W ou le souvenir d'enfance.
Voici un autre ouvrage dans le style facilement repérable de Vila-Matas devenu le Pape de la méta-littérature avec citations et auteurs à tire-larigot.
La teneur du livre ne comporte pas beaucoup d'action, à part la longue promenade réflexive de Simon Schneider Reus à Cadaquès qui va durer 130 pages sur les 309 qui comporte le livre (digressions fort intéressantes sur la littérature et autres sujets mineurs).
L'espace temporel est donné par les manifestations catalanes de fin octobre 2017 au sujet de l'indépendance. C'est pendant ces 3 journées (27 au 29 octobre) que l'action de ce roman se déroule, mais la partie politique n'est pas abordée ici, c'est juste une toile de fond temporelle.
Nous avons deux frères, Rainer Schneider Reus connu comme Grand Bros (comme la Warner Bros?), un ancien écrivain catalan médiocre jusqu'à son exil, il y a 20 ans, à New York où il deviendra un best seller après 5 romans et un auto-marketing comme écrivain fantôme à la façon d'un Pynchon.
Grand Bros a un frère, Simon, aussi médiocre écrivain qui a arrêté l'écriture pour devenir son nègre, son ghost writer. Non seulement c'est le fournisseur en citations en tout genre, mais aussi il lui refile de la méthodologie en style et des suggestions structurales pour ses livres.
Pour un travail que dure (et qui marche !) depuis 20 ans, Grand Bros le paye des clopinettes et en plus, le maltraite, le snobe et lui colle tous les épithètes existants pour le traiter de médiocre.
Au bout de 20 ans Grand Bros va solliciter une rencontre à Simon, à Barcelone, afin de « parler affaires ».
Ces retrouvailles n'auront rien de chaleureux. Simon ne reconnait pas son frère, (et s'il s'agissait de Pynchon?). En tout cas, la première chose que Grand Bros abordera, ce sera de savoir si le père, décédé depuis peu, ne lui a pas laissé quelque chose en héritage…Ils ne parleront pas de grand chose et Rainer poussera le culot jusqu'à demander à son souffre douleur de frère d'écrire un livre sur cette rencontre.
J'ai eu l'impression que ces deux frères étaient le pile et face d'une même monnaie. Comme si l'auteur se projetait tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre. Parce que à tous les deux, ils incarnent si bien tout l'univers « vilamatiano » et ses antagonismes : anonymat et célébrité, se montrer et disparaitre.
Le fil conducteur du livre se situe autour de la question: continuer d'écrire ou arrêter? Avec cette oscillation entre deux consciences, celle qui a la foi de l'écriture et celle qui s'incline vers un certain mépris et un arrêt radical.
Les personnages féminins dans le livre sont inexistants, non approfondis. Aucune personnalité féminine n'émerge du brouillard, même celle de la tante Victoria, annoncée comme un summum d'intelligence.
Encore un livre consistant de cet auteur catalan qui a maintenant un style propre et reconnaissable, une fine ironie moqueuse envers le lecteur qui, disons-le, sort KO de la lecture.

Lien : https://pasiondelalectura.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
gromit33
  02 février 2021
Un nouveau texte de Vila Matas. Ai l'impression que cela faisait un moment que cet auteur nous a écrit.
j'ai beaucoup aimé certains de ces textes précédents et j'ai donc replongé dans ses mots.
Un homme Simon vient d'enterrer son père et va devoir abandonner cette maison au bout du monde, à Cap Creus à Cadaqués, car d'ailleurs elle est très proche du précipice. Simon est un homme de l'ombre de l'écriture, il est collecteur de citations, traducteur et nègre de son frère. Ce frère est parti à New York où il est devenu un auteur à succès, mais qui vit caché, comme le grand Salinger ou Pynchon. Il y a un accord entre eux. Mais ce grand frère lui donne rendez vous à Barcelone, après 20 ans de vie new-yorkaise. Rendez vous à Barcelone, le jour où la Catalogne revendique son indépendance.
Vila Matas va nous parler à travers ce personnage de Simon, de l'écriture, de la lecture, des "existences moindres"., des écrivains secrets.
C'est un livre à tiroirs, à miroirs et un hommage à l'écriture, à des auteurs, que ce soit Salinger, Pynchon, Toibin, des écrivains "disparus", secrets.
Des lecteurs qui se perdent dans des textes et qui ont l'impression que leur vie a déjà été écrite.
Foisonnant, l'auteur nous perd quelquefois dans les méandres des pensées de son personnage mais il est aussi dans la vie actuelle, avec des descriptions de la ville de Cadaqués, de la situation politique de Barcelone et à travers plusieurs personnages : Simon et son frère, la tante barcelonaise, le vieux peintre de Cadaqués ..
Et ce roman récit rend hommage aux écrivains qui écrivent dans l'ombre : ceux qui ne veulent pas apparaître, que ce soit Salinger et Pynchon, que ce soit les traducteurs qui nous transmettent les oeuvres, que ce soit les écrivains, collecteurs de citations (est ce que en fin de compte on n'écrit pas et on ne lit pas toujours le même livre) ou ceux qui écrivent pour d'autres.
Un texte foisonnant et qui nous incitent à découvrir d'autres auteurs, que ce soit les textes de Salinger et ceux de Pynchon, en autre.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  28 décembre 2020
Simon Schneider, fasciné depuis toujours par le pouvoir polysémique des mots, décide de devenir “fournisseur de citations littéraires”. Un métier invraisemblable et poétique qu'il exerce seul dans la propriété familiale délabrée de Cadaqués. Son frère Rainer, parti à New-York vingt ans plus tôt, est quant à lui devenu auteur de romans à succès après plusieurs tentatives littéraires ratées en Catalogne. Alors que tout semble les opposer, Simon et Rainer sont ainsi indéfectiblement liés par la littérature. le succès fulgurant de Rainer ne cesse pourtant de questionner Simon. Est-il lui-même à l'origine de ce succès ? Ou est-ce Dorothy, la femme de Rainer, dont l'existence même reste à prouver ? Simon espère percer ce mystère en acceptant le rendez-vous que lui propose son frère à Barcelone suite au décès de leur père. L'occasion pour Simon de s'interroger sur le sens de sa vie, sur fond de révolte indépendantiste.
A travers le portrait de Simon, qui vit dans l'ombre d'un frère qui lui-même reste volontairement caché, Enrique Vila-Matas brille à nouveau par sa faculté à explorer les profondeurs de la création littéraire, mais aussi à écrire l'échec, la fragilité, le déséquilibre imminent, toujours sublimés par un savant mélange de mélancolie, d'humour et de sensibilité.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00


critiques presse (3)
LaCroix   12 octobre 2020
Dans une très belle fiction, le grand romancier Vila-Matas fait entendre les interrogations de l'écrivain aux prises avec les pièges et les enjeux du monde d'aujourd?hui.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LesInrocks   22 septembre 2020
Enrique Vila-Matas dresse le portrait fascinant et vertigineux d’un auteur aussi célèbre qu’invisible, qui pourrait bien être Thomas Pynchon himself.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeMonde   21 septembre 2020
Nouveau roman et nouvelle profession de foi en la littérature de l’écrivain espagnol.

Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   04 octobre 2020
"Que ne tairais-je pas ? L'angoisse de la mort, l'angoisse que nous mourons absolument seuls et que le reste du monde continue à vivre allégrement sans nous. N'est-ce pas ce dont parle, en fait, la meilleure littérature que nous ayans connue ? La grande prose ne tente-t-elle pas d'aggraver la sensation d'enfermement, de solitude et de mort et cette impression que la vie est comme une phrase incomplète qui à la longue n'est pas à la hauteur ?".
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   13 septembre 2020
Le monde, tel que nous l’imaginons, n’est pas plus gros qu’une noix.”
Quelle bonne phrase ! pensai-je, pour atténuer l’adrénaline de la tragédie. Mais celle-ci n’accorda aucune importance à ma résistance et commença à me rappeler que, même s’il ne s’agissait pas de quelque chose de très connu, à tout moment une goutte brillante au milieu de l’azur sempiternel pourrait ne pas geler un jour et glisser dans les ténèbres du jamais plus et tomber le long d’une falaise éternelle, non comme une boule de neige ou un nuage mort, non comme une vieille bâtisse en ruine et perdue dans une langue de terre pénétrant dans la mer tout en haut de la Costa Brava mais comme une simple noix vide : voilà de quoi il s’agissait, d’une simple coquille de noix creuse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   13 septembre 2020
Ce qui dut jouer un rôle quand Rainer rompit définitivement avec Père en allant vivre le plus loin possible de la Catalogne, influencé, m’a-t-il toujours plu de penser, par cette phrase de Raymond Chandler qui clôt Adieu, ma jolie et pour laquelle j’avais passé une après-midi à lui demander de remarquer comme elle était bizarre. Il l’avait reconnue aussitôt comme une phrase d’une extrême beauté à tel point que, des années plus tard, il l’avait incluse comme conclusion de A New Future Is Good Business : “Il faisait beau et clair. On y voyait très loin, mais pas jusqu’où Velma était partie.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   08 septembre 2020
M’enliser dans une phrase me faisait toujours connaître un moment horrible parce que j’en vivais. Mon champ d’action étaient les versions en espagnol de livres français et portugais. C’était mon gagne-pain auquel je n’avais jamais vraiment réussi à m’habituer, parce que je n’étais pas un traducteur au sens précis du terme, mais un “traducteur préalable”, anticipant les difficultés du texte pour le “traducteur star” qui en définitive signait la traduction après que je lui avais ouvert la voie et suggéré les diverses alternatives à ces difficultés.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
rkhettaouirkhettaoui   08 septembre 2020
À l’exception de quelques journalistes – n’arrêtant jamais d’importuner amis et proches, croyant que nous détenions des informations leur permettant de le localiser à New York –, sa première étape d’écrivain, disons la très poussiéreuse étape barcelonaise, s’effaça peu à peu. Il laissa une ribambelle de personnes insultées et d’ennemis en tout genre dans sa ville natale, mais son œuvre initiale – un fatras dont, en Amérique, il s’opposa à la réédition pour qu’elle ne lui porte pas trop préjudice – disparut de la circulation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Enrique Vila-Matas (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Enrique Vila-Matas
L'écrivain espagnol Enrique Vila-Matas vient partager au Collège de France sa vision toute singulière de l'écriture.
Radicalement pas original (Bastian Schneider) Extrait de la grande conférence du 24 mars 2017 avec la participation de Dominique Gonzalez-Foerster
Plus d'information : https://www.college-de-france.fr/site/grandes-conferences/Enrique-Vila-Matas.htm
Le dernier livre d'Enrique Vila-Matas, Mac et son contretemps, vient de sortir aux éditions Christian Bourgois.
Enrique VILA-MATAS est né à Barcelone en mars 1948. Son oeuvre a été presque dans sa totalité publiée chez Christian Bourgois Editeur : Abrégé d'histoire de la littérature portative, Suicides exemplaires, Enfants sans enfants, Bartleby et compagnie, le Mal de Montano, Paris ne finit jamais, Docteur Pasavento, Explorateurs de l'abîme, Journal volubile, Dublinesca, Perdre des théories, Impressions de Kassel, Marienbad électrique, Mac et son contretemps. Elle a été traduite en 37 langues et couronnée par de nombreux prix littéraires : le prix Médicis étranger, le prix Rómulo Gallegos, le prix Rulfo, le prix Ennio Flaiano, le prix Elsa Morante, le prix Mondello, le prix Gregor von Rezzori, le prix Formentor, le prix national de Catalogne Chevalier de la Légion d'honneur en France, membre du convulsif Ordre des Chevaliers de Finnegans', fondateur de la Société de "Réfractaires à l'abrutissement général" (Nantes), et recteur (inconnu) de l'Université inconnue de New York. Divers ouvrages critiques ont été publiés sur son oeuvre ainsi qu'un livre d'entretiens avec son traducteur français actuel.
Découvrez toutes les ressources du Collège de France : https://www.college-de-france.fr
Suivez-nous sur : Facebook : https://www.facebook.com/College.de.France Instagram : https://www.instagram.com/collegedefrance Twitter : https://twitter.com/cdf1530
+ Lire la suite
autres livres classés : réflexionsVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Littérature espagnole au cinéma

Qui est le fameux Capitan Alatriste d'Arturo Pérez-Reverte, dans un film d'Agustín Díaz Yanes sorti en 2006?

Vincent Perez
Olivier Martinez
Viggo Mortensen

10 questions
77 lecteurs ont répondu
Thèmes : cinema , espagne , littérature espagnoleCréer un quiz sur ce livre