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ISBN : 2847207201
Éditeur : Gaïa (17/08/2016)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 14 notes)
Résumé :
«J'aurais pu me douter qu'en revenant je t'aurais trouvé là. Sans réfléchir, j'ai levé la poignée au lieu de la pousser vers le bas, c'est drôle, ma main avait gardé la mémoire de son installation à l'envers. Dans l'escalier, sur la première marche, les deux tomettes descellées ont fait leur bruit d'assiettes. C'était il y a cinq mois et quelques poussières, dans la lumière de l'hiver.»La première fois dans la Grande Villa, c'était comme si je la connaissais depuis ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
JOE5
  01 octobre 2016
Masse critique de Babelio. Encore une petite merveille de délicatesse. Une écriture vivante, sensible qui épouse la souffrance du deuil, qui l'allège. Chacun trouve ses outils pour faire face, la marche, comme dans « Inventer le jour « de Fabienne Thomas, la nage et l'écriture ici, pour moi, sans doute ces lectures. Un très bel hommage aux disparus, aux sillons qu'ils ont creusés sur le terrain de nos vies, à leur présence devenue absence. Une très belle évocation du vécu sensible et profond du manque, de la prise de conscience du non-retour, et un très beau ressenti sur l'écriture, sa difficulté et son pouvoir libérateur. Ce livre s'écrit au fil des jours, des humeurs changeantes mais toujours adombré par « la grande villa » devenue sous la plume de Laurence Vilaine un personnage vivant dont on sent le souffle vivant et dont on entend les palpitations.
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cedratier
  20 juin 2018
« La Grande Villa » Laurence Vilaine (79p, Gaïa).
Un très court roman ; c'est écrit dessus. Mais si un roman nous raconte une histoire, comme les aiguilles à tapisser finissent par dessiner un paysage cohérent, alors peut-être est-ce autre chose qu'un roman, et même pas exactement un récit ; on a l'impression que LV tire sur la pelote emmêlée, défait les noeuds du fil d'une vie comme ils lui viennent à la mémoire, à partir d'un évènement très précis et douloureux, celui de la perte, du deuil.
J'ai eu un peu de mal dans les vingt premières pages, car je n'ai pas vu où l'auteur voulait m'emmener ; comme s'il y avait une intention délibérée de brouiller les pistes, de retenir quelque chose (et dans ces situations de lecture, je résiste à lâcher prise, à me laisser guider sans savoir où l'on va). Malaise assez vite dissipé, car le voile se lève petit à petit sur l'objet de ce texte, et on est, alors, gagné par la bouleversante intensité qui s'en dégage.
Les observations, fines, font mouche : le malaise du vieil homme et ses stratégies pour masquer ses ignorances ; le moment, poignant, où il prend conscience de ses égarements de plus en plus importants. Et quand LV file la métaphore, c'est très parlant ; telle celle de l'enfant qui préfère les fraises aux cerises pour camoufler sa crainte de monter à l'arbre. Et puis il y a l'écriture comme exigence absolue, qui s'abreuve ici pour Laurence Vilaine de la perte et du manque, de la souffrance ; ou l'écriture comme violence lorsque, tel un amant lassé, elle se refuse, et il n'y a plus qu'impuissance.
Et dès les premières lignes, j'ai été saisi par une langue très soignée, poétique et vivante, très imagée aussi, et c'est sans doute là que ce livre prend toute son épaisseur. Pas de démonstration, juste quelques citations :
« - (…) la chaleur, ramassée dans les murs et entre les lattes du vieux parquet, assoupie dans les grands rideaux épais ou juste posée sur les tomettes grâce à elle toujours tièdes… »
« - Peut-être que je combats des tourments qui ne sont pas les miens et que je pleure à éplucher les oignons des autres. »
« - Ecrire n'est plus à ma portée (…) Pas un mot. Que je gratte à sa porte, ou que je cogne, l'écriture ne répond pas, et quand je cours et la rattrape, elle change de trottoir et chausse les lunettes noires. Je perfore mes pages de blancs, de « peut-être « et de « sans doute ». Ça répond absent. »
« - Peut-être faut-il des nuits comme celles-ci qui ne veulent pas du matin, parce qu'elles donnent aux mots le temps de dormir un peu, et la chance de renaître. »
Un livre de la souffrance, celle de perdre l'être cher ou de se heurter aux mots qui ne veulent pas, de la difficulté de « faire littérature », mais un livre aussi où la nature est évoquée avec une très belle sensualité.
Intense, très bien écrit, et très émouvant, c'est une belle petite pépite.
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yaki
  11 octobre 2016
La Grande Villa, c'est la villa dans laquelle retourne la narratrice après le décès de son père. C'est seulement la deuxième fois qu'elle y va mais ce retour est un prétexte pour faire revivre ses souvenirs. Elle profite de son séjour pour aller se baigner à la piscine ou à la mer, encore un prétexte pour se plonger dans ses pensées et se replonger dans ses souvenirs.
C'est plus un récit qu'un roman. C'est court et ça se lit d'une traite mais c'est intense. Il y a de très beaux passages, émouvants et poétiques… C'est un texte qui reste…
A découvrir !
Merci aux éditions Gaïa et à Babelio pour cette belle découverte ! Laurence Vilaine m'avait déjà conquise avec "Le silence ne sera qu'un souvenir", je vais continuer à la suivre avec intérêt...
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larubriquedolivia
  25 août 2016
Ce roman est composé de courts textes dévoilant beaucoup d'émotions, de chaleur et de nostalgie. La narratrice cherche son père décédé dans tous les recoins de la Grande Villa, une résidence d'écriture à Marseille. Elle se remémore tous ses souvenirs passés en sa compagnie, et elle les couche sur le papier en parlant à son père et à cette maison comme si elle avait une âme.
La Grande villa est comme une grande dame qui console, la narratrice lui fait ses adieux ainsi qu'à son père à travers ce récit, c'est une lettre d'amour pour ne pas oublier.
Ce roman est vraiment très agréable à lire, on ressent bien les sentiments profonds entre la narratrice et cette maison où la lumière a une odeur. La plume de l'auteure, Laurence Vilaine, est poétique, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à découvrir et à lire ce livre.
Lien : http://larubriquedolivia.ove..
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LecturesGourmandes
  06 octobre 2016
La Grande Villa est avant tout un travail de mémoire fait par l'auteure : elle se rappelle de la moindre pièce de cette villa (en y séjourna une seconde fois), et la villa fait remonter en elle des souvenirs, ceux d'un être cher maintenant disparu : son père.
Mais, cette oeuvre est aussi un travail sur soi-même : travail face au devoir d'écrire, travail du deuil…
Et un travail de questionnement pour le lecteur : Qu'est-ce que réellement l'écriture ? Comment continuer à vivre après la mort d'un parent ?
« Est-ce donner de soi-même que d'écrire ou est-ce de l'amour qu'on recherche »
« Tu sais, peut-être qu'écrire, c'est comme aimer »
« L'écriture c'est alors comme un baiser sur le papier, et on veut fermer les yeux, on veut que la rencontre dure »

La Grande Villa est le personnage central du roman, un intime de l'auteure. C'est un lieu qui permet la montée d'un souvenir : « Tu n'es plus là, et il n'y a qu'elle, la Grande Villa, qui sache tout ça » et qui a permis l'écriture de ce magnifique roman !

La plume de Laurence Vilaine est vraiment belle et touchante ! C'est de la douceur et de la sincérité dans chaque mot, chaque phrase, chaque page.... C'est à la fois une oeuvre pour le père et un hommage à cette villa.

Lien : http://voldelivre.canalblog...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
larubriquedolivialarubriquedolivia   17 août 2016
En nageant je t’ai parlé. Des mots à toi comme une
évidence, un flux de mots au rythme de mes gesticulations
dans l’eau, puis je les ai égarés – peut-être
parce que je nage vite, oui, je me dépêche et je nage
en désordre. Mes mâchoires restent soudées, et mes
poumons dans leur étau. Je suis presque nue, mais
une cuirasse écrase ma poitrine et pour flotter il me
faut batailler. J’alterne les nages, je tourne la tête, je
l’immerge, je cherche l’oxygène – juste respirer parfois
fait mal.
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larubriquedolivialarubriquedolivia   17 août 2016
Je te parle comme on écrit une lettre, ou peut-être
est-ce l’inverse. Aura-t-elle l’épaisseur d’un cahier, j’en
serais heureuse, cela signifiera peut-être que j’aurai
réussi à tenir la conversation, à dire ce que j’ignore,
là, maintenant du haut de cette page vierge. J’ai écarté
mon clavier pour un crayon, et quand d’habitude je
préfère les feuilles sans marges ni carreaux, hier leur
blancheur m’a donné le sentiment que j’allais m’y
noyer – j’ai acheté un cahier avec des lignes. Cette fois,
je travaillerai dans la grande chambre
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eckmuhleckmuhl   04 juillet 2016
Je nage entre les lignes comme j'écris sur celles de mon cahier, sans pause et en levant à peine la pointe de mon crayon - et comme on ne rebrousse pas chemin dans le désert, je ne fais pas de ratures, je les garde tous, les mots et leurs silences, qui peut-être, conduiront au plus juste.
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JOE5JOE5   01 octobre 2016
Oh non, bien sûr que non, cette lettre n'est pas un procès, elle est une simple adresse, comme une urgence, un souci de consolation que je t'envoie, ou est-ce un besoin de réparation que je guette ? Un post-scriptum qui veut te dire, ce n'était pas grave ? Peut-être devrait-on installer des boîtes postales à la grille des cimetières, pour les nota bene, les errata, un sorte de lettre au Père Noël sans secrétaire pour la réponse - s'il vous plait, pour les non-dits quand vous n'étiez pas morts, un dernier mot, promis et on vous laisse mourir en paix.
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larubriquedolivialarubriquedolivia   17 août 2016
Il fait silence dans la Grande Villa, et aussi tout autour.
Mais je t’entends.
J’éteins la lampe.
Et je fais comme si de rien n’était.
Une enjambée me sépare de mon lit, je m’y allonge.
Et je rabats le drap sur ma tête – les moustiques ne
m’auront pas, et au cas où le téléphone sonnerait, peut-
être qu’ainsi je ne l’entendrai pas.
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Videos de Laurence Vilaine (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurence Vilaine
Interview de Laurence Vilaine, journaliste-enquêtrice et romancière, auteur d'un premier livre intitulé Le Silence ne sera qu'un souvenir. Dans cette première oeuvre elle aborde la condition du peuple Rom à travers l'histoire d'une communauté vivant en Slovaquie et dont elle nous a fait part lors d'un "café littéraire" de l'Institut Français de Valencia
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