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EAN : 9782757848418
570 pages
Points (20/11/2014)
4.02/5   33 notes
Résumé :
Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués. Où l'on retrouve Victor B., le photographe de presse qui aime tant les chats, héros nonchalant des romans noirs de Jean-François Vilar.
Victor rentre à Paris, après trois années de captivité à l'étranger. Nous sommes en novembre 1989 et le mur de Berlin commence à s'écrouler. Son compagnon de détention, Alex Katz, est tué quelques jours plus tard sous les yeux de Victor qui ne croit pas une seconde à la t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
monromannoir
  31 août 2018
Que ce soit dans les médias, sur les réseaux sociaux ou sur les blogs, il n'est plus question que de rentrée littéraire qui débarque de plus en plus tôt sur les étals de nos librairies avec une cohorte d'ouvrages grands formats reléguant les collections de livres de poche dans les rayonnages. Si vous n'êtes pas encore enfiévré par cette quête des nouveautés et si vous fouinez un peu, peut-être aurez-vous la chance de dénicher un roman de Jean-François Vilar. Peu importe le titre, prenez-le. Vous ne le regretterez pas car il s'agit de romans noirs d'une grande envergure tant au niveau de l'écriture qu'au niveau de l'intrigue où l'on perçoit l'engagement politique de l'auteur comme militant trotskiste. Durant les vingt-et-une dernières années de sa vie, Jean-François Vilar n'a publié que deux nouvelles et on peut se dire qu'avec un roman comme Nous Cheminons Entourés de Fantômes Aux Fronts Troués, publié aux éditions du Seuil en 1993,il n'avait peut-être plus rien d'autre à ajouter en parvenant au sommet de son art. Evoquant notamment l'écrasement du Printemps de Prague, dont on "célèbre" les 50 ans, Nous Cheminons Entourés de Fantômes Aux Fronts Troués aborde, avec une certaine forme de désenchantement empreint de nostalgie, plusieurs époques révolues comme la lutte des proches de Trotski qui doivent survivre à Paris en 1938 ainsi que l'effondrement du mur de Berlin en 1989 et cette fameuse révolution de Velours qui précipita la chute du Parti communiste tchécoslovaque.
En 1989, après trois ans de captivité, le photographe Victor Blainville débarque à Paris avec son compagnon d'infortune Alex Katz. On parlerait bien de cette libération des deux otages, mais l'actualité se trouve soudainement chamboulée avec l'annonce de la chute du mur de Berlin. Déboussolé, Victor peine à retrouver ses repères, ceci d'autant plus que son appartement a été complètement vidé. Tant bien que mal, la vie reprend son cours lorsque survient la mort d'Alex. Un malheureux accident ? Une exécution ? Qui peut le dire ? Victor trouvera peut-être la réponse dans le mystérieux journal du père d'Alex qu'on lui a confié. Rédigé en 1938, il découvre les événements d'une autre époque qui semblent faire écho à cette période chamboulée. Et si l'histoire n'était qu'un éternel recommencement ? Un adage funeste où les fantômes se rappellent aux bons souvenirs de ceux qui survivent.
Il s'agit bien d'une balade à la fois funèbre et poétique dans ces rues de Paris qui deviennent des lieux ou plutôt des liens de transition pour passer d'une époque à l'autre en déterrant les secrets enfouis dans les méandres de l'histoire. Bâtiments, monuments, tout est prétexte pour suivre les pérégrinations hasardeuses de Victor Blainville ce photographe presque désinvolte dont on ignore les circonstances de sa captivité qui l'a éloigné de Paris durant trois années. Un mystère de plus pour ce guide étrange, presque las de tout, dont le nom rend hommage à Marcel Duchamp qui fait partie de ce courant surréaliste que l'auteur affectionne tant. Il en sera d'ailleurs constamment question tout au long du récit où nous aurons l'occasion de croiser André Breton, Salvatore Dali, Paul Delvaux et bien d'autres notamment au cours de cette première exposition internationale du Surréalisme se déroulant en 1938. Une année charnière de l'intrigue puisqu'il s'agit également de la période où Lev Sedoy, le fils de Trotsky, meurt dans d'étranges circonstances qui seront évoquées sous la forme d'un mystérieux journal qui ne recèle que la « vérité » de son auteur mais qui va offrir à Victor une espèce d'échappatoire salutaire. Engagements et trahisons, Jean-François Vilar met en scène avec une belle intensité tous les aléas d'une lutte dévoyée qui n'a plus rien de révolutionnaire mais dont l'inspiration reste éternel. Texte érudit mais complètement accessible, c'est par le prisme de cette littérature noire que l'auteur parvient à secouer l'histoire dans le choc des circonstances et des rencontres improbables. de l'audace des surréalistes aux conflits larvés entre staliniens et trotskistes, des étreintes dans un hôtel que fréquentait Burrough et Kerouac à l'effervescence de cette Révolution de Velours, Jean-François Vilar romance l'histoire avec le talent de celui qui en maîtrise toutes les arcanes dans un entrelacs d'époques qu'il nous projette au travers d'intrigues qui ne doivent pas forcément apporter toutes les réponses. Dans ce labyrinthe de rues et de passages obscurs, le lecteur s'égare ainsi dans l'incertitude de personnages refusant de livrer tous leurs secrets et va cheminer, parfois en vacillant, entourés de fantômes et de regrets mais avec la conviction d'avoir découvert un grand roman noir que l'on ne pourra pas oublier.
Jean-François Vilar : Nous Cheminons Entourés de Fantômes Aux Fronts Troués. Editions du Seuil 1993. Edition Points 2014.
A lire en écoutant : Body And Soul de John coltrane. Album : Coltrane's Sound. 1964 Atlantic Records.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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Patsales
  30 août 2018
Le titre est sublime, non?
Un photographe retenu comme otage pendant trois ans est libéré en 1989, pendant que tombe le mur de Berlin. L'homme avec qui il avait été fait prisonnier meurt dans un "accident" et Victor va enquêter sur lui. Son père, Katz, militant trotskyste, poète adoubé par Breton lui-même, tient un journal qui va servir de fil conducteur: L Histoire se mêle à la fiction, les luttes entre trotskystes et staliniens font écho à l'élection de V. Havel en Tchécoslovaquie, les amours de Victor renouent avec la passion d'André Breton pour Nadja. Faux polar languissant saturé de références littéraires, ce roman carbure au mystère et à l'onirisme. C'est parfois long, souvent envoûtant et patatras voici, 100 pages avant la fin, qu'adviennent les Explications. Les twists se succèdent, après Nadja, c'est Harry Quebert qui se radine; adieu poésie, bonjour platitude. Tour de force littéraire pour signaler la fin des illusions lyriques? Si seulement...
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cedratier
  18 mars 2021
« Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués » : Jean-François Vilar (Points, 560 pages)
En refermant cet extraordinaire roman, roman noir comme le titre plus que véritable polar, j'ai compris pourquoi il avait conquis si peu de lecteurs. Car c'est sans doute un roman qui s'adresse à quelques « happy few », et qui peut dérouter nombre de bibliophiles.
Si l'on n'apprécie guère les flâneries historiques guidées très pointues dans le Paris des années trente (avec même quelques incursions à l'époque de la Commune, voire de la Révolution Française), ou dans un Paris beaucoup plus récent de 1989 au moment de l'effondrement des dictatures de l'Europe centrale, ou dans Prague au même moment de l'implosion du joug stalinien, alors on risque d'être un peu décontenancé. Paris en particulier est un des personnages essentiels de ce roman foisonnant à plus d'un titre.
Si l'on est vite dépassé par la plongée dans le monde si particulier et si déroutant des minuscules courants trotskystes de la fin des années d'avant-guerre, dans leurs querelles personnelles et politiques apparemment si baroques, et dans la chasse mortelle que leur ont livrée les organisations staliniennes, alors là j'imagine qu'on peut se noyer très vite ; car il y en a des références dans ce roman très ancré dans une réalité historique à la vielle de la catastrophe, un vocabulaire, des noms et des anecdotes qui, lorsqu'on les connait un peu, aident à s'accrocher à la lecture, et à suivre Victor dans sa quête.
Victor donc, photographe de presse pigiste, qui jusque-là n'était guère sorti d'un Paris qu'il s'est fait une spécialité d'arpenter dans tous les sens appareil en bandoulière, a été enlevé avec un autre Français à son arrivée dans une ville du Moyen-Orient, à peine débarqué pour un reportage improbable qu'il avait accepté comme par défi, et retenu en otage pendant trois ans. le roman commence quelques jours après sa libération, au moment où il sort de l'hôpital après le checkup médical… et le débriefing des services secrets français. Or on est en Novembre 1989, c'est la chute du mur de Berlin, l'effondrement du bloc soviétique, qui secoue non seulement les équilibres stratégiques, mais aussi bien des consciences.
Alex, son compagnon de captivité, personnage énigmatique, est tué dans un étrange accident de voiture quelques jours après leur libération. Meurtre ? Victor se retrouve en possession d'un carnet de bord d'Alfred, le père d'Alex, jeune militant d'extrême-gauche disparu fin 1938. Découvrant page à page les notes de son auteur, Victor suit sa trace dans les rues de Paris, dans le milieu engagé des artistes surréalistes, d'où émerge (outre Breton, Man Ray et d'autres), la figure de Mila, jeune femme libre, fantasque et lumineuse dont Alfred tombe éperdument amoureux. Mais il n'est pas seul à ce moment-là à s'intéresser au carnet. le policier chargé de « veiller » sur Victor, la fille d'Alex, une journaliste tchécoslovaque immigrée à Paris, chacun avec ses préoccupations, son point de vue, tous cherchent une vérité improbable, en suivant Victor. Impossible d'en dire plus sur le scénario, évidemment in-résumable. Mais palpitant.
La construction quasiment sans chapitre de ces 560 pages ne laisse guère souffler le lecteur. J-F Vilar jongle avec brio entre les époques et les lieux. Et plus on avance dans le récit, plus Victor, le narrateur, s'identifie à Alfred, le trouble se fait à décoder qui est le « je » qui parle. On suit Victor dans sa quête, mais que cherche-t-il vraiment si ce n'est une part de sa propre vérité de désabusé chronique, de désillusionné qui pourtant ne parvient pas à rentrer dans le moule d'une société d'injustice et d'individualisme ? Les phrases de ce genre : « Sa tirade n'avait pas été vindicative. Désabusée plutôt. Nous ressemblions à quoi ? A rien d'autre que deux pauvres types lessivés » sont nombreuses. On vit ainsi tout à la fois les désillusions (et les défaites) dramatiques d'une génération d'avant-guerre qui rêvait de justice et de fraternité. Une génération qui n'a pas voulu tourner le dos à l'histoire, mais que l'histoire a si violemment éjectée de sa course, en l'écrasant. Puis celle d'après 68 qui s'est enfoncée dans la compromission facile et la consommation. C'est d'ailleurs la voie qu'a choisie Marc, ami de jeunesse et directeur du journal pour lequel Victor travaille (Marc qui m'a fait penser à un Serge July). Et si le roman se clôt sur le souffle de liberté de d'espoir qui nait de l'effondrement des dictatures de l'Est, en particulier à Prague, Victor et sans doute d'autres ne sont pas totalement dupes, ce ne sera pas le grand soir, l'annonce d'un monde plus fraternel. D'ailleurs, à Prague, Irina, jeune femme tchécoslovaque engagée dans la Révolution de Velours en marche, dit à Victor : « Tu es plein d'une amitié qui vient de loin. C'est bien. Nous avons été victimes, c'est vrai. Mais n'oublie jamais une chose. Même les victimes ont à rendre des comptes. Depuis 1939, depuis 1948, depuis 1969, les nôtres ne sont pas nettes. »
Oui, c'est un grand et beau roman, qui n'est pas que noir, très touchant, même si, par son contenu, il n'est pas simple d'accès.
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AMR_La_Pirate
  01 mai 2021
Quel beau titre pour ce roman de Jean-François VilarNous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués… Cette phrase-titre provient d'une citation de Natalia, la femme de Léon Trotsky et fait référence aux militants assassinés par la police de Staline.
Une histoire de chemins parcourus et de souvenirs en marge de l'Histoire avec un grand H…
Les quelques 1021 jours et nuits d'intimité forcés entre deux hommes qui ne se connaissaient pas mais qui sont devenus otages ensemble : Victor et Alex…
Tout un univers de roman noir, des flics déguisés, des agents doubles, des femmes mystérieuses, des fausses-pistes… Une enquête en forme de déambulation, paradoxale pour Victor qui déteste l'idée même de voyage, deux intrigues qui se télescopent au gré d'un croisement du passé et du présent et du hasard.
Une belle plongée dans l'entourage d'André Breton et de Man Ray et dans le quotidien de jeunes militants trotskystes pleins d'idéaux, épris de liberté… Une histoire d'amour et de trahisons avec la menace nazie en filigrane…
Des personnages sombres, auréolés de mystère et de non-dits, dont un médecin-flic, une journaliste d'origine tchèque et un vieil homme, réalisateur de télévision à la retraite…
Un café parisien…
Une écriture à la première personne, sans concession, désabusée. C'est Victor qui raconte ou plutôt, s'il s'écoutait, qui ne voudrait rien dire… Il a tout de l'anti-héros, photographe pigiste sans grande envergure. C'est par pur hasard qu'il a vécu trois ans de détention à l'autre bout du monde… À son retour, en novembre 1989, il ne reconnaît plus Paris à l'heure où tombe le mur de Berlin et où s'effondre l'Europe de l'Est et il ne comprend pas la surveillance policière dont il fait l'objet.
Alors, pour éviter de nous ennuyer avec la gestion de son stress post-traumatique, il se plonge et se réfugie dans la lecture d'un journal intime rédigé en 1938, entre surréalisme et révolution… Ce journal est celui d'Alfred Katz, le père de son camarade de captivité, mort à son retour dans de drôles de circonstances.
Les dialogues sont savoureux, les descriptions à la fois détaillées et évocatrices. La personnalité du photographe transparait dans le récit, dans la transcription de la lumière ou des contre-jours, dans le rendu des physionomies.
Jean-François Vilar nous balade et nous captive dans ce roman introspectif, didactique, historique et très humain.
Ce roman est le dernier volet d'une trilogie très remarquée qui met en scène Victor Blainville, photographe de presse et enquêteur, flâneur, dilettante, au regard aiguisé ; c'est par pur hasard que si j'ai commencé par la fin ; je vais me procurer rapidement les deux premiers : C'est toujours les autres qui meurent et les Exagérés.


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Pat0212
  07 mai 2018
Ce livre est difficile à classer, c'est un thriller atypique ou un roman, difficile à dire.
Le livre commence en novembre 1989, Alex et Victor viennent de passer plus de trois ans, précisément mille vingt et un jours aux mains de ravisseurs aux revendications inconnues. Ils ont enfin été libérés et se trouvent dans l'avion militaire qui les ramène en France où ils vont passer quelques jours à l'hôpital. le héros du livre est Victor un photographe. le docteur Laurent lui annonce qu'il va le suivre un certain temps pour l'aider à se réacclimater à la vie normale, surtout qu'en plus du reste, son appartement a été cambriolé et presque complètement vidé de son contenu.
Victor comprend vite que Laurent est plus flic que médecin et il le croise souvent dans ses balades nocturnes, leur relation est tantôt cordiale, tantôt tendue. Victor peine a retrouver ses repères, son patron lui envoie Solveig, une journaliste pour l'interviewer sur sa captivité, il choisit de rester dans les banalités, refusant d'entrer dans le détail et surtout dans le ressenti de sa vie d'otage. Alex lui donne un rendez-vous secret, mais Laurent devine sans peine le lieu. Alex est victime d'un accident de circulation un peu bizarre et on ne saura jamais si c'est un accident ou un meurtre, Victor se demande ce qu'il avait de si important à lui dire alors qu'ils ont choisi de ne partager que des banalités durant leur détention.
Lors de l'enterrement, Victor dépose sa rose non sur la sépulture d'Alex, mais sur celle de Léon Sedov (le fils de Trotsky). le geste touche Gaïl la maîtresse d'Alex, très en colère qu'Alex n'ait jamais tenu parole et divorcé comme il le lui avait promis. Par dépit, elle demande à Victor de coucher avec elle et lui offre le carnet d'Alfred Katz, le père d'Alex. Ce journal va du premier janvier au mois de novembre 1938. Ce carnet est au coeur du livre, Victor veut découvrir le secret d'Alfred, il en est obsédé, il devient Alfred par moment. Il erre dans Paris, souvent la nuit, souvent en compagnie de Solveig et suivi à distance par Laurent, à la poursuite d'Alfred.
Que dire de ce roman étrange ? Tout d'abord il est écrit dans une langue belle, riche et poétique, les phrases sont musicales. Il y a ensuite un énorme, immense travail de documentation. La première parution de ce livre date de 1990 et je pense qu'à ce moment il était intéressant. Il a malheureusement très mal vieilli, car le monde a beaucoup changé en un quart de siècle. La thématique principale est le communisme, et surtout les bisbilles entre trotskystes et staliniens. L'année 1938 est présentée en détail à travers Alfred, militant trotskyste et Félix militant stalinien. L'autre thème est Prague et l'histoire de la Tchécoslovaquie, aussi vue au travers de l'histoire du communisme local. Vilar mêle habilement les personnages fictifs et historiques, malheureusement le sujet a vraiment pris la poussière et le lecture de ce gros pavé est vraiment très ennuyeuse si l'on n'est pas un passionné de l'histoire du communisme et de ses tendances. de plus il y a peu d'action, tout au long de cette interminable lecture j'ai attendu quelque chose qui n'est jamais arrivé. Et même la révélation des dernières pages sur le carnet n'est pas un vrai coup de théâtre, il me semble que Victor finit par retrouver Alfred, mais je n'en suis pas sûre et c'est tellement sans importance.
A réserver aux seuls lecteurs désireux de tout savoir sur Trotsky, Staline, le printemps de Prague et la crise des Sudètes, pour les autres à éviter comme la peste. Toutefois, je suis sûre qu'à sa première publication, ce livre valait la peine d'être lu, mais le monde a trop changé pour que son sujet central garde un intérêt pour nous.
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critiques presse (1)
LeMonde   15 décembre 2014
De la relecture du prodigieux Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués – initialement publié en 1993 –, où se télescopent les événements de 1989 (la chute du mur de Berlin, la révolution de velours en Tchécoslovaquie) et ceux de 1939 (le triomphe du nazisme, la toute-puissance du stalinisme, le recul des idées révolutionnaires), on sort groggy.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
michdesolmichdesol   18 mai 2019
Je m'appliquais à regarder la télévision, à compulser les journaux. Malgré tous mes efforts de concentration je ne parvenais pas à organiser les titres, les séquences. Des dirigeants mondiaux inquiets des changements d'interlocuteurs se concertaient à Paris, se verraient à Malte bientôt. Un certain Modrow manœuvrait en RDA. Plusieurs centaines de milliers de Berlinois avaient profité du week-end pour faire un petit tour à l'Ouest. Des commentaires insupportables de condescendance moquaient leurs Trabant, leur appétit pour les bananes, leurs sacs en plastique bourrés de mauvais achats, les pauvres petites gens. Il y avait des manifestations à Sofia, à Prague. Plusieurs papiers étaient consacrés à la Roumanie, à l'Albanie, ces retardataires, et à leurs régimes complètement verrouillés. Un total méli-mélo. Le monde avait attendu mon retour pour accélérer furieusement sa course. C'était suspect.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   07 janvier 2015
Je fis plusieurs cabines téléphoniques avant de comprendre que les combinés n'étaient pas déglingués, qu'ils n'acceptaient pas ma monnaie, que ma carte de crédit n'était pas la télécarte que réclamait la fente. Au tabac du coin, la buraliste me prit pour un gentil demeuré. Elle m'expliqua le nouveau fonctionnement des cabines publiques et me vendit la précieuse télécarte, inventée pendant que j'avais eu le dos tourné, pour mettre en échec les pillards et les vandales.
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PatsalesPatsales   24 août 2018
Tout le monde savait que les Staliniens ne se privaient pas de régler leurs comptes, au front et à l’arrière. Profits et pertes. C’est bien L’énigme: tout le monde sait toujours tout, de tous les crimes. Ça empêche très peu de personnes de consentir.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   20 décembre 2014
A peine quittions-nous la cour de l'hôpital du Val-de-Grâce que les premières gouttes tombèrent. Une belle pluie parisienne, fine, froide, oubliée.
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deuxquatredeuxdeuxquatredeux   07 janvier 2015
On s'attache à des details. Il n'y avait plus une seule de ces bonnes vieilles machines à écrire dans cette putain de rédaction. Bradées les Remington mythiques, les Underwood romanesques. Rien que des ordinateurs.
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