AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 236914386X
Éditeur : Libretto (07/09/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Jeanne et Toussaint, jeune couple d'ouvriers parisiens soudé par l'amour en dépit des aléas de la vie, voit son quotidien déchiré par la déclaration de guerre de 1914. Toussaint part au front tandis que Jeanne, ouvrière fleuriste, élève seule leur petite fille dans un climat de pénurie. L'absence est combattue par des lettres qui ouvrent sur une forme de communication jusque-là inconnue, maladroite parfois, bouleversante souvent. Fin 1916, Toussaint est blessé à Ver... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
  27 juin 2015
Attention pépite ! J'avais déjà fortement apprécié le style d'Angélique Villeneuve dans Grand Paradis mais là, je dois dire que je me suis pris une claque magistrale. Vous savez, c'est ce livre que l'on referme en disant "waouh !" ; ce livre qui a fait une telle impression que l'on est obligé de lire un petit roman léger derrière car tout nous paraît fade, sans saveur littéraire.
Avec une écriture ciselée, un ton intimiste, poétique parfois, la romancière nous livre ici un épisode douloureux, conséquence de la Première Guerre Mondiale : le retour au domicile des gueules cassées. Elle ose montrer le quotidien, étaler les ressentis que l'on se gardait bien de montrer car trop honteux. La famille se devait d'être exemplaire envers ces hommes qui avaient combattu pour la Patrie. Pourtant, bien souvent, face à celui qui ne ressemblait plus à l'homme parti quelques années auparavant, qui n'avait plus aucune similitude avec le faciès d'un être humain d'ailleurs, le cercle familial éprouvait de la crainte, du dégoût, allant même jusqu'à préférer la disparition du soldat. Puis venait l'apprivoisement... apprivoisement d'un visage, d'un corps pour l'un, d'un individu pour les proches.
Ce qui me marque d'autant plus, c'est le fait que la beauté des mots met en relief la laideur, la noirceur du vécu des personnages. J'aime beaucoup ce genre et ces auteurs pas suffisamment connus à mon goût. Un grand bravo pour ce petit chef-d'oeuvre !
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          787
Annette55
  16 février 2015
Jeanne et Toussaint forment un jeune couple au début des années 1910: lui est ouvrier dans la chaussure, elle est fleuriste. Août 1914 déchire leur quotidien, Toussaint part au front,Jeanne se retrouve seule, à élever leur petite fille Léonie. Aprés quatre ans de guerre, dont deux passées à l'hôpital du Val de Grâce , service "des gueules cassées"et un message adressé à Jeanne: "Je veux que tu viennes pas....", clair, sans appel,douloureux pour elle, et son portrait en soldat,accroché sur le mur qu'elle ne pouvait plus regarder, Toussaint retourne enfin chez lui...
L'homme que Jeanne retrouve est changé, retiré en lui- même, muet, le visage partiellement dissimulé sous un bandeau....
Le couple doit vivre dorénavant en cohabitation avec un nouvel élément : le silence, celui de Toussaint, défiguré et traumatisé par la guerre...
Aprés l'absence et ses douleurs, La peur et les privations durant quatre ans,commence pour Jeanne , un combat , une rude bataille contre cet ennemi invisible afin de renouer les liens perdus: un chemin infiniment plus cruel que les privations, à parcourir ensemble et séparément....L'auteure explore l'indicible avec une sensibilité à fleur de peau, elle nous plonge dans la vie de ces êtres meurtris, détruits dans leur propre corps, le silence et les non- dits de Toussaint, le bandeau, une barrière insurmontable derrière laquelle il cache sa souffrance et sa peur d'affronter les autres..... A l'aide d'une plume ciselée et subtile, riche de métaphores visuelles et sonores, un regard sensible, et retenu, tendre et émouvant, Angélique Villeneuve nous donne aussi , sans pathos, de maniére poétique,un aperçu de la société française d'aprés guerre entre commémorations, célébrations des héros, traumatismes des soldats revenus du front, dureté des conditions de vie et immense solidarité entre les gens humbles.
Au final,un beau roman féminin, pudique ,fin et délicat.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          470
Tostaky61
  19 mai 2016
Je ne sais plus laquelle de mes amies « Babéliotes » m'a donné l'envie, dans une critique enthousiaste, de lire ce petit bijou, mais je ne l'en remercierai jamais assez et j'espère à mon tour transmettre ce plaisir de lecture au plus grand nombre.
1914, Mobilisation générale, Toussaint, jeune père de famille, part au front.
Jeanne, son épouse et Léonie, sa fille, l'attendront.
1918, après des mois de convalescence, Toussaint, grièvement blessé est de retour.
Vous trouverez sans doute que mon résumé est bien succinct, mais pas la peine d'en dire plus…
En 150 pages, Angélique Villeneuve fait vibrer chaque corde sensible de son lecteur.
On vit le quotidien de ses personnages au ralenti.
Chaque pas, chaque geste, chaque regard, chaque sentiment, chaque émotion sont ressentis.
On est dans la maison avec Jeanne, on est Jeanne. C'est à travers ses yeux et ses pensées que l'on vit cette histoire.
J'ai du mal à trouver les mots pour retranscrire les sentiments qui m'ont animé tout au long de ma lecture. Je voudrais simplement dire combien j'ai été touché par ce récit, par sa lenteur, par un style particulier ou l'auteur sort parfois d'une narration classique. (Ah ! le chapitre où s'alternent fabrication d'une fleur et reconstitution d'un visage, quelle idée de génie…).
Mais, là où l'auteure est au sommet, c'est dans le suspens qu'elle met, le temps qu'elle prend, pour faire découvrir à Jeanne, et au lecteur donc, le visage abimé de Toussaint.
Parce que le sujet du livre, c'est la guerre, bien sûr, la Première Guerre mondiale, comment elle est vécue, par ceux qui attendent, par ceux qui combattent, et comment on en revient, ou pas….
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          425
Ydamelc
  26 juin 2016
Ce livre, je l'ai reçu pour mon anniversaire...
Ce livre, quand je l'ai déballé, je savais que c'était plus qu'un cadeau que je recevais !
Ce livre, la personne qui me l'a offert, l'a lu et m'en a parlé...
Sa voix, ses mots, les expressions sur son visage... C'était fort ! C'était grand ! Tellement beau, rayonnant, touchant !
J'avais vraiment trop hâte de le découvrir à mon tour et de le ressentir moi aussi avec une telle intensité !
Il y a des livres qui se dévorent et d'autres, comme celui-ci, qui se savourent...
Lentement, délicieusement !
Afin de sentir chaque saveur, chaque senteur...
La guerre s'achève... Toussaint rentre chez lui après 4 années d'absence, dont de longs mois de convalescence dans un service de gueules cassées...
Sa femme, Jeanne et sa fille, Léonie, ont dû s'organiser sans lui et vont devoir (ré)apprendre à vivre avec lui, auprès de lui.
Le (re)découvrir avec ses blessures et ses traumatismes.
Avec pudeur, délicatesse, lenteur et subtilité, Angélique Villeneuve, nous livre un récit poignant, saisissant !
Minutieusement, le visage dissimulé de Toussaint se dévoile...
Des effleurements, des murmures, des silences, des gestes lents, patients, sensibles, légers...
Chaque nouveau chapitre vient orner d'une nouvelle fleur, le bouquet, d'un geste habile et délicat.
Le résultat est resplendissant !
Arrivé à entremêler la création d'une composition florale et la chirurgie d'une reconstruction faciale, comme s'il s'agissait d'une même opération, c'est juste du grand art ! Quelle maîtrise !
Vous l'avez compris ! Ce livre est une pure merveille que je vous encourage à lire au plus vite !... Mais en prenant tout votre temps...
Merci encore pour ce "bouquet de fleurs" qui m'a ravie au delà de mes espérances !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Palmyre
  13 juin 2018
Toussaint rentre enfin chez lui, après avoir passé un long moment à l'hôpital du Val-de-Grâce. Sa femme, Jeanne, est impatiente de le revoir.
Mais après avoir reçu un éclat d'obus, dans les tranchées de la guerre, Toussaint a le visage abimé. Alors comment reprendre une vie commune, une vie normale après cet accident d'autant que Toussaint ne parle pas.
Jeanne, elle, a continué à travailler, chez elle, pendant les combats sur le front. Elle a subvenu à ses besoins et à ceux de sa petite fille. Ouvrière fleuriste, elle confectionne des fleurs puis va les livrer.
Jeanne est courageuse. Elle essaie tant bien que mal de s'approcher de Toussaint, même si lui ne veut pas. Elle essaie de l'amadouer, de le faire sortir de son silence. Elle va jusqu'à le suivre dehors dans les rues parisiennes. Elle invente un nouveau dialogue entre eux pour renouer avec les liens qui les unissent.
Comment décrire l'indicible... Angélique Villeneuve a su brillamment choisir les mots et embellir la noirceur. En adoptant le point de vue de l'épouse, le récit est chargé d'émotions et de réalisme. Se mettre à la place des femmes ouvre un angle du vue différent de ce que nous sommes habitués à lire dans ce genre de récit, sur les gueules cassées.
Je vous invite vivement à découvrir cette auteure à la plume subtile, poétique et réaliste. Ce court roman est intense et marque les esprits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   27 juin 2015
Tout lui revient.
C'est sa peur à lui qui est différente. Et pourtant.
Pourtant.
La peur.
Ici, rue de la Lune, ou avant, à Belleville, il n'a jamais eu peur. Pas peur d'elle, pas comme ça.

Il pense soudain au fromage. Là, dans sa musette, le gros morceau sec et d'un bel orangé qu'il garde depuis des jours. Le fromage, il se dit, le fromage pourrait être un laissez-passer, un cadeau de roi mage. sous sa paume, le renflement du havresac l'aide à se mettre en mouvement.
Il pose la main à plat sur le bois, et puis s'appuie, d'abord faiblement puis, prenant sa respiration, avec une belle ampleur.
C'est fait.
Il a poussé le battant mais reste sur le palier , bien droit, dans l'obscurité. Alors Jeanne, subitement, lève la tête, les yeux encore trempés du rouge des dahlias.

Si on leur demandait, maintenant, à l'un et à l'autre, il est probable qu'ils ne sauraient pas. Ce qui s'est passé. Ce qu'ils ont pensé, ressenti, à ce moment-là.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
YdamelcYdamelc   26 juin 2016
Le premier soir, il leur faut rouvrir le lit-cage qui, depuis la dernière et si lointaine permission, gît contre le mur du fond.
Dans ce lit dont les montants de fer ne servaient plus qu'à faire sécher le linge derrière la table de travail, Léo s'endort mal, décollée de sa mère, et leurs chairs pareillement douces, leurs tiédeurs par le passé si souvent confondues s'appellent sans fracas, en un imperceptible grésillement qui persiste au- delà de la nuit. Elles se manquent.
Dans le grand lit partagé, malgré l'ampleur du corps qui prend une place immense et lourde, Jeanne a plus froid, se sent plus seule qu'avant le retour du soldat.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Annette55Annette55   16 février 2015
"Elle voudrait pouvoir approcher Toussaint, lever vers lui un visage clair, elle voudrait n'avoir qu'un seul sentiment et ne rien inventer, et puis voilà que tout s'embrouille , rien n'est comme elle a prévu et elle n'a rien prévu, pas voulu y penser, pas pu croire qu'un jour ça allait vraiment arriver...."
Commenter  J’apprécie          140
AproposdelivresAproposdelivres   23 mai 2014
Elle n'entend rien. Ne pressent rien. ça lui arrive d'un coup.
La petite est étendue sur le lit, elle fait la morte et Jeanne, à genoux, trempe le bord du torchon dans un fond d'eau, attrape un bras.
Comme chaque fois, Léonie tente d'échapper à la toilette. Inerte, aussi lourde que son jeune corps le lui permet, elle cligne des yeux, son nez se plisse et sa lèvre, légèrement tirée vers le haut et découvrant deux dents écartées, laisse jaillir la pointe brillante d'une langue piquetée de blanc.
Jeanne se redresse et examine l'enfant dans la semi-obscurité de la pièce.
Léonie.
Léo.
Ce qui lui reste.

Les mains de Jeanne sont étourdies d'ouvrage, son dos lui tire. Et tandis qu'elle ferme les yeux, relâche les épaules et la tête, tout l'air retenu lui sort d'un jet, en un cri rauque dont, à l'écouter, on ne saurait dire s'il est d'aise ou de douleur.
Au sol, à travers l'étoffe épaisse de la jupe, un mince objet sous sa rotule roule de droite et de gauche, sans doute la tige tordue d'un cep avec lequel, rentrant de l'école un peu plus tôt, la petite a joué distraitement.
Il va falloir allumer la lampe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
MimekoMimeko   25 octobre 2015
Des infirmes, des mutilés, on en a vu, et par dizaines. Mais celui-là, avouez, c'est quelque chose. Ah oui. Sans prothèse. Sans fausse joue, sans faux nez ni fausse moustache couvrante. Sans œil de verre. Sans foulard, sans bandage.
Commenter  J’apprécie          150
Video de Angélique Villeneuve (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Angélique Villeneuve
La chronique de Mélanie - Le doudou des bois
autres livres classés : gueules casséesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frMomox






Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1303 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
. .