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ISBN : 284876144X
Éditeur : Philippe Rey (20/08/2009)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 34 notes)
Résumé :
A la mort en 1946 du vieux marquis d'Argentières, ses héritiers se voient contraints de renoncer au train de vie qui fut le leur durant des siècles. Ils vont désormais s'appliquer à en conserver l'essentiel - un château en Anjou et un hôtel particulier à Paris - alors que, pendant plus d'un demi-siècle, la France connaît des bouleversements : guerres d'Indochine et d'Algérie, Mai 68, loi IVG, années Sida, crises économiques, etc. Ces événements, les Argentières les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Tricia12
  23 septembre 2014
Enfant, j'avais beaucoup aimé le feuilleton «Au plaisir de Dieu», adapté de la «saga familiale aristocratique» de Jean d'Ormesson.
C'est un peu le même plaisir que l'on prend ici et, dès les premières pages du roman, je n'ai pu m'empêcher de faire le rapprochement.
Certes, la période couverte n'est pas tout à fait la même car «les insomniaques» débute en 1946 pour s'achever en fin des années 90 mais la construction et les ambitions me paraissent se rejoindre: A travers la vie de différents personnages d'une même famille et sur plusieurs générations, il s'agit de comprendre ce qui constitue l'essence même et l'évolution d'un milieu social, en l'occurrence une certaine noblesse française.
On traverse la deuxième moitié du XXeme siècle à travers une vingtaine de personnages et différents événements de la période y sont évoqués: la Shoah, la guerre d'Indochine, puis d'Algérie, l'avortement, l'émancipation des femmes...Il y des «personnages» secondaires à part entière comme le château d'Argentières et ses terres, l'Eglise et la religion, éléments indissociables de cette «caste sociale».
Comme dans toutes les familles, certains vont s'adapter à leur époque voire seront précurseurs (tel le personnage de l'artiste Antoinette trop tôt disparue) et d'autres, ancrés dans leur certitude de supériorité innée et de condescendance vont connaitre la déchéance.
L'écriture de Camille de Villeneuve est très maitrisée, classique et me fait penser à celle d'Anne-Marie Garat que j'ai beaucoup de plaisir à lire également.
Le parti pris de Camille de Villeneuve a été de ne pas avoir véritablement de héros (même si il apparait que ce sont plutôt les femmes qui s'en sortent le mieux). C'est la seule chose qui m'a un peu gênée: l'auteur reste parfois un peu trop en surface de certains personnages qu'on aurait voulu mieux connaitre.
Reste que «Les insomniaques» est un premier roman brillant à l'écriture résolument acérée sur la déliquescence d'une certaine «vieille France».
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mamansand72
  12 mars 2014
C'est une grande fresque familiale qui nous est racontée dans ce premier roman très abouti à l'écriture parfaitement maîtrisée…qui pourrait aussi faire l'objet d'une adaptation télévisée. La présence de l'arbre généalogique en début d'ouvrage permet de toujours s'y retrouver parmi les liens de parenté de cette famille que l'on suit.
On traverse la seconde partie du vingtième siècle à travers l'évolution des relations d'une famille bourgeoise qui a du mal à s'adapter aux changements de la société française. le roman se concentre sur les relations familiales, les ruptures entre les différentes générations, opposant sans cesse le côté « avant-gardiste » de certains personnages au côté « vieille France guindée » des autres membres de la famille. Les événements historiques et les grands changements de la société française sont évoqués sans être détaillés ou expliqués : le propos se concentre sur les relations familiales et leur évolution dans le temps.
L'auteur nous emmène au coeur d'une famille provinciale bourgeoise qui essaie de maintenir son influence, son train de vie, sa prestance en dépit de revers de fortune : comment évoluer sans renier ses origines, les traditions familiales ? L'évolution, l'adaptation à la société moderne et à ses changements radicaux passent-elles forcément par une rupture radicale avec le passé ?
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rabanne
  24 octobre 2015
On pourrait aisément comparer cette fresque familiale à la célèbre série "Downton abbey", en la transposant en France, au lendemain de la seconde guerre mondiale, sur trois générations.
La famille d'Argentières tentera de sauver tant bien que mal son patrimoine immobilier et de préserver l'héritage moral de ses ancêtres. Mais chez les "aristo" comme chez tout le monde, "la vie n'est pas un long fleuve tranquille"... n'est-il pas ?! ;)
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Fantasio
  08 novembre 2009
Ce gros roman est une chronique familiale assez classique dans la forme. le récit démarre au lendemain de la deuxième guerre mondiale et dès le départ on assiste à une certaine décadence d'une famille aristocratique qui a bien du mal de garder et son train de vie et une cohésion entre ses membres. On assiste au déroulement des générations, aux malheurs et rares bonheurs, aux petites révoltes de personnages finalement désabusés et pour la plupart assez médiocres. Camille de Villeneuve nous donne à observer des êtres à la morale rigide et aux convictions conventionnelles. On est vite fasciné par cette famille si distendue qui ne s'intéresse qu'à sa propre continuité et qui traverse ce demi-siècle en ignorant royalement les changements de la société.
Vanessa de Saint Léger dans une lucidité amère explique même à son frère :
- »...Non... Notre décadence économique n'est qu'une apparence dont notre pudeur, ou notre fierté, habille notre décadence morale. Nous mourons, vois-tu, de la haute idée que nous avons de nous-mêmes, de notre supériorité intellectuelle que rien ne saurait entamer. Pourtant nous ne sommes ni cultivés ni curieux, nous ne sommes capables ni d'un sentiment spontané ni de réelle affection... »
Puis plus loin :
- »... Nous mourons de notre peu de recul historique, nous qui nous regorgeons tant d'histoire... nous sommes les otages de l'idée que nous nous faisons de notre mission... Nous vivons avec plus de plaintes et moins de profondeur que nos voisins. Nous qui voulons transformer le monde, sans penser que c'est nous qui avons besoin d'être transformés... »
Il faut ajouter que l'écriture de Camille de Villeneuve est admirable de finesse et sa plume très acérée. LES INSOMNIAQUES est un gros roman (602 pages) qui se lit d'une traite. L'intérêt de cette chronique ne faiblit jamais au fil des chapitres et il est impressionnant par sa valeur littéraire
Un livre passionnant, extrêmement bien écrit que je vous conseille sans réserve.

Lien : http://lefantasio.fr
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sorennes
  28 décembre 2009
Jean-André d'Argentières meurt en 1946 après une chute de cheval. Il laisse le domaine d'Argentières à ses deux enfants, André et Marguerite. André, fils unique écrasé par la figure paternelle, s'est marié sur le tard et par défaut avec Jeanne, une jeune femme rigide et peu aimante. Marguerite est quant à elle une veuve au fort caractère, mère de deux filles déjà adultes. La soeur d'André et Marguerite, Antoinette, est décédée bien des années auparavant dans des circonstances tragiques, mais l'ombre de la jeune femme, artiste libre et fantasque, pour laquelle leur père n'a jamais caché sa préférence, plane encore sur la famille... de 1946 aux années 90, ce roman suit trois générations d'une grande famille française dont la situation sociale et financière va se dégrader peu à peu.
"Les insomniaques" est une fresque familiale ambitieuse qui retrace en plus de 600 pages près de 40 ans de l'histoire de France à travers le destin d'une famille aristocratique, de la fin de la deuxième guerre mondiale à la guerre d'Indochine, de mai 68 aux années sida... Par petites touches Camille de Villeneuve raconte la fin d'une époque et d'une façon de vivre, l'évolution des moeurs et la fin des privilèges pour une certaine catégorie de la population. Avec la mort du patriarche qui intervient dès les premières pages c'est un lent déclin qui s'amorce d'emblée pour la famille d'Argentières. Les personnages se révèlent tous un peu pathétiques, chacun à leur façon, mais presque tous figés dans leurs certitudes et leurs positions, se raccrochant à leur grandeur passée. Une famille sans amour, où l'on s'épie, l'on se juge sans cesse, et où l'on se fréquente plus par obligation que par envie. Et dans laquelle on encaisse les drames de la vie en essayant toujours, et surtout, de sauver les apparences.
J'ai beaucoup aimé la première partie du roman, autour d'André, Jeanne et Marguerite, qui sont à mon avis les personnages les plus aboutis, ceux qui ont le plus de chair et de consistance, mais j'ai un peu décroché par la suite, quand le récit s'intéresse plus à leurs enfants et petit-enfants. le rythme devient ronronnant, et malgré l'aide de l'arbre généalogique, j'ai eu parfois un peu de mal à m'y retrouver parmi tous ces personnages qui se ressemblent un peu trop. Malgré son poids, "Les insomniaques" me laisse donc un petit goût d'inachevé, mais il s'agit d'un premier roman (Camille de Villeneuve n'a que 28 ans) et l'ambition de ce projet, la richesse des thèmes abordés, la rigueur de l'écriture laisse présager de beaux romans à venir, et un bel avenir à cet auteur!
Lien : http://www.carnetdelectures...
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Patricia_bsPatricia_bs   10 novembre 2009
"Il n'est même pas sûr que tout s'achève à cause de nos difficultés matérielles. Non... Notre décadence économique n'est qu'une apparence dont notre pudeur, ou notre fierté, habille notre décadence morale. Nous mourons, vois-tu, de la haute idée que nous avons de nous-même, de notre supériorité intellectuelle que rien ne saurait entamer. Pourtant, nous ne sommes ni cultivés ni curieux, nous ne sommes capables ni d'un sentiment spontané ni de réelle affection. Notre politesse nous pousse à des ridicules dont nous ne sommes même pas conscients. Nous pensons faire croire à l'autre que nous l'exhaussons par notre humble déférence, et nous nous flattons de nos stratégèmes. Nous sommes seulement incapables de sincérité et de justesse. Nous sonnons faux."
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mamansand72mamansand72   12 mars 2014
« Notre décadence économique n’est qu’une apparence dont notre pudeur, ou notre fierté, habille notre décadence morale. Nous mourons de la très haute idée que nous avons de nous-même…Nous voulons nous répandre comme un principe généreux, sans nous demander si nous avons quelque chose à recevoir. Nous nous croyons les conservateurs de valeurs dont, disons-nous, le monde a besoin, sans même nous interroger sur leur pertinence… Nous voulons transformer le monde, sans penser que c’est nous qui avons besoin d’être transformés… Nous nous asseyons sur les fantasmes de la gloire familiale … nous ne sommes que sur un tas de ruines. »
+ Lire la suite
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mamansand72mamansand72   12 mars 2014
« Notre décadence économique n’est qu’une apparence dont notre pudeur, ou notre fierté, habille notre décadence morale. Nous mourons de la très haute idée que nous avons de nous-même…Nous voulons nous répandre comme un principe généreux, sans nous demander si nous avons quelque chose à recevoir. Nous nous croyons les conservateurs de valeurs dont, disons-nous, le monde a besoin, sans même nous interroger sur leur pertinence… Nous voulons transformer le monde, sans penser que c’est nous qui avons besoin d’être transformés… Nous nous asseyons sur les fantasmes de la gloire familiale … nous ne sommes que sur un tas de ruines. »
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letitbeletitbe   20 janvier 2013
La douleur de l'amour n'est rien au regard de celle de la vérité. L'une aliène, l'autre libère.
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milecamimilecami   08 novembre 2015
très interessant pour connaître ce milieu de la noblesse d'après guerre , style parfois un peu lourd mais on ne peut le quitter avant la toute fin .
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Video de Camille de Villeneuve (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Camille de Villeneuve
Camille de Villeneuve - Ce sera ma vie parfaite .Philippe Rey présente l'ouvrage de Camille de Villeneuve "Ce sera ma vie parfaite". Rentrée littéraire 2013. http://www.mollat.com/livres/villeneuve-camille-sera-vie-parfaite-9782848763392.html Notes de Musique : Arvo Pa?rt - Adam's Lament - 6 L'Abbe? Agathon (2004/2008)
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