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EAN : 9782246813439
180 pages
Éditeur : Grasset (07/02/2018)
3.97/5   54 notes
Résumé :
Dans le coeur de Maria, il y a d'abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L'arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d'un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure où Maria travaille et la résidence modeste où elle vit avec un homme qu'elle ne regarde plus vraiment. Cette naissance cristallise les tensions familiales. L'éducation de Ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Tostaky61
  07 mars 2018
Une fois de plus Angélique Villeneuve m'a touché en plein coeur, bouleversé, parce qu'elle sait y faire avec sa plume légère, elle connaît les mots, elle sait les phrases, qui troublent, émeuvent, enchantent, c'est une artiste, elle cisèle , elle sculpte, elle peint. Ses romans sont des tableaux, des natures, des portraits, des ombres et des lumières. Elle y met des joies, des peines, des sourires et des larmes.
Dans Maria, Angélique nous parle, une fois de plus, de femmes, elle sait si bien le faire.
Maria, veuve, la cinquantaine, shampouineuse, vit depuis une vingtaine d'années avec William. Elle a une fille, Céline, mariée à Thomas, ils ont un fils de 3 ans, Marcus et attendent un heureux événement.
L'arrivée du bébé va perturber l'équilibre déjà fragile, du monde de Maria.
Portrait de deux mondes qui s'affrontent. Maria, mamie gâteau et compagne amoureuse, perd pied et fait tout pour retrouver le bonheur perdu avec l'arrivée de Noun...
Noun, drôle de prénom me direz-vous ? Mais dans notre société, devons-nous encore nous étonner ?
Céline a fait un choix. Un choix de vie. Quitte à rompre avec ses proches et à se retrouver en marge de la société.
Comportement étrange. L'accepterions-nous de nos propres enfants ?
Un vrai plaisir de lecture, tout simplement.
J'adore l'écriture de cette auteure qui m'avait déjà bouleversé avec Les fleurs d'hiver et Nuit de septembre. Je vais donc continuer à la découvrir et je sais que l'émotion sera encore au rendez-vous...
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paroles
  13 juillet 2018
Ce livre m'a pris au coeur. C'est tellement doux, tellement fort, tellement plein d'amour. J'ai le coeur chaviré. Maria, oh Maria, si douce, si effacée, prête à renoncer à toutes ses convictions, ses principes, ses certitudes, mais prête aussi à apprendre, à voir le monde autrement...
Ce livre est un petit bijou de poésie, de tendresse, de douceur, de plumes d'oiseaux, de cheveux tricotés, d'amour superlatif. Tout est y dit simplement, tissé patiemment, colorié délicatement. Angélique Villeneuve, dont je découvre l'écriture, est une artiste dont le registre des émotions est infini et multiple.
Elle sait poser les questions, sur l'identité, la différence, les apparences et le formatage, sans insister, simplement en suggérant, en observant. La nature est omniprésente dans ce roman, elle est, je pense, d'une grande consolation ; pas de jugement de la part des arbres et des oiseaux.

Maria, douce femme de cinquante-huit ans, shampouineuse de métier, est la grand-mère ravie du petit Marcus avec qui elle collectionne les plumes d'oiseaux, rêve de s'envoler et entretient des liens d'une grande richesse. Mais Maria est prise en étau entre les principes d'éducation stricts de son compagnon William et ceux très modernes de sa fille et son gendre. Aussi lorsque Céline, sa fille, accouche de son deuxième enfant, son monde bascule. Elle perd ses repères face à ces nouveaux parents qui ne souhaitent pas élever leurs enfants selon les codes établis, garçon-fille, bleu-rose, pantalon-jupe. le nouveau bébé est juste un bébé au nom de Noun. Garçon, fille ? Même Maria ne sait pas. Il lui faut rester en retrait. Et william la quitte, c'est trop difficile écrit-il.
Quand on a que l'amour à s'offrir en partage...

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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isabelleisapure
  04 mars 2018
Angélique Villeneuve que je découvre à travers ce court roman m'a totalement envoutée par la délicatesse de sa plume pour évoquer une histoire étrange et dérangeante.
Il s'agit avant tout d'une histoire d'amour, de l'amour que Maria éprouve pour Marcus, son petit-fils.
Tout commence comme une histoire heureuse de tendresse et de partage entre l'enfant et sa grand-mère. Ils aiment observer les oiseaux et leur parler.
Lorsque le petit garçon arrive vêtu d'une robe avec les ongles peints en rose, et affirme que désormais il s'appelle Pomme, Maria accepte sans poser de question.
Lorsque sa fille donne naissance à un nouveau bébé et refuse d'en dévoiler le sexe, la grand-mère ne comprend pas.
Elle est malheureuse face à cet enfant dont elle ignore le sexe et ne sait pas comment lui dire son amour.
Il y a un très beau passage lorsqu'elle se retrouve seule avec le nourrisson, elle se pose des questions, il serait si simple de regarder.
Il est difficile de ne pas avoir de tendresse pour Maria, obligée de faire le dos rond face à des parents pour le moins originaux.
Face à la pression sociale, aux réflexions des voisins, à l'intransigeance de son compagnon et de sa fille, elle continue son chemin d'amour vers ses petits-enfants.
L'écriture est magnifique, l'auteur ne prend pas partie, ne juge pas, elle expose les faits en laissant au lecteur le soin de se faire une opinion.
Une très belle lecture pour laquelle je remercie les Editions Grasset et le site NetGalley.
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Christels
  20 février 2021
Céline et son conjoint sont déterminés à affranchir leurs enfants des stéréotypes liés au genre. Pourquoi Marcus, leur fils aîné de 5 ans, ne porterait-ils pas de robes?
Pourquoi ne pas se libérer des contraintes réductrices imposées par les conventions, qui divisent l'humanité en deux catégories distinctes?
Le couple décide donc de ne divulguer à personne le sexe de leur deuxième enfant. Ainsi, ce bébé ne sera ni fille, ni garçon ; il sera les deux.
Maria, la mère de Céline, accepte patiemment les lubies de sa fille concernant l'éducation des enfants. Son profond amour pour Marcus, et ensuite pour «le bébé», est sa raison de vivre.
On perçoit pourtant bien le désarroi de cette grand-mère face à un parti-pris qu'elle ne partage ni ne comprend, qui la met mal à l'aise.
Très affectée d'être exclue du secret, c'est cependant avec tolérance qu'elle s'incline. L'étrangeté de la situation ne constitue pas un obstacle à son amour.
Toute sa vie en est néanmoins bouleversée : son conjoint désapprouve cette nouvelle extravagance et la quitte, elle perd son emploi, se heurte à la désapprobation du voisinage, et surtout, sa fille et son gendre, inflexibles, la tiennent à l'écart, éloignée des enfants qui sont le centre de son univers.
La voilà rejetée, isolée, abandonnée, elle qui est pourtant la seule à avoir fait preuve d'ouverture d'esprit.
Je regrette un peu qu'Angélique Villeneuve se contente ici de décrire. Elle se limite à montrer timidement que Maria a le coeur grand, que son compagnon est passablement borné, que sa patronne et ses voisins sont conditionnés, et que sa fille et son gendre, dans leur volonté de se libérer d'une sujétion, se montrent excessifs et butés.
J'aurais préféré qu'elle prenne un peu plus fait et cause pour son héroïne.
Car, même si la question soulevée par les parents est pertinente, leur position est pour le moins extrême. le sexe d'une personne fait partie intégrante de son identité, il ne résulte pas d'un diktat sociétal. C'est une différence qu'il convient de respecter et non pas de gommer. Naître fille ou garçon n'est pas le problème. le problème résulte en fait des inégalités et des interdits que la plupart des civilisations ont attachés au genre des individus.
Ce roman n'en reste pas moins éclairé par l'infinie tendresse de Maria et sa complicité avec Marcus, par le vol et le pépiement des oiseaux, par les jolies couleurs que la vie revêt parfois.
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frconstant
  10 mars 2018
Une écriture finement tracée au sang du coeur et à la plume d'oiseaux ! Maria déborde d'amour, pourtant la vie semble vouloir lui couper les ailes, ces ailes qui la poussaient à vivre en complicité avec Marcus, son petit-fils, qui comme elle savait entendre, observer et comprendre les oiseaux du parc, de la ville, de la vie. Mais la naissance du deuxième enfant de Céline va expulser hors du champ familial cette Maria, grand-maman sans droit, grand-maman au coeur lourd. Ne sachant plus que croire, que vivre, Maria va se sentir rejetée loin de tout, de tous. Loin de son compagnon qui est parti, loin de sa fille qui lui refuse désormais la moindre complicité, loin de Marcus qui, devenue Pomme, est un ‘il en robe rose', loin de Noun qui n'est ni ‘il', ni ‘elle'… La vie est devenue l'enfer !
Pourtant, du coeur de Maria va sourdre la volonté de continuer à vivre, à tout le moins de sunsister. de désirs en éloignement, d'appel désespérés en trahison, de rejet définitif en espérance, Maria va s'écraser, tomber au plus bas de la vie pour renaître à l'audace et aux liens patiemment tricotés par une grand-mère aspirant à retrouver sa fille et ses deux petits.
C'est avec beaucoup de pudeur, de respect et de nuances que l'auteur, Angélique VILLENEUVE, aborde le sujet de ces nouvelles parentalités qui veulent rompre avec les modèles anciens et instaurent des postulats éducatifs qui s'apparentent à des croyances sur relents de conflits des générations plutôt que de s'appuyer sur une réelle réflexion sur l'éducation et l'adaptation du et au monde. Comme toujours, la vérité n'est pas aux extrêmes et l'équilibre se trouve multi-centré. Chacun vivant dans sur ses îlots de rationalité.
Pour évoquer ce sujet, les ruptures qu'il provoque, Angélique VILLENEUVE dispose d'une plume qui donne à la lourdeur du sujet la légèreté de l'envol de l'oiseau. Un très beau, très bon moment de lecture.
Ajoutez à cela une couverture qui interpelle. Maria, qui est ce nom ? Une tête d'enfant porteuse d'un regard puissant, observant le monde. Qui est-il ? A moins que ce ne soit qui est-elle ? Une histoire de genre à éclaircir. Derrière cette neutralité de visage, quels sont les coeurs qui battent ?
A lire, sans réserve!
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critiques presse (1)
Actualitte   13 février 2018
Après son très intime Nuit de septembre (Grasset, 2016), Angélique Villeneuve dévoile une nouvelle histoire tout aussi déroutante que fascinante : celle d’une naissance atypique, celle d’un petit être difficile à nommer, celle de Noun.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   26 février 2018
Maria sait la couleur des gens, la couleur des sons et des odeurs. Les couleurs invisibles sont son secret et son privilège. William, par exemple, est d'un pourpre dense et terreux, Céline d'un gris très doux. Une brillance d'oignon rouge jaillit de Thomas, et de la mère de Maria l'orange d'une fleur de souci. Son père n'avait pas vraiment de couleur, ou alors elle ne s'en souvient plus, n'a pas eu le temps de la percevoir. Alain, lui, vibrait d'un brun de pain brûlé qui se muait parfois en long grésillement. Pour Maria, la frontière est mince qui sépare les odeurs et les sons. Et puis, bien sûr, il y a Marcus. Marcus est d'un vert splendide, celui d'une soupe de cresson saturée de crème, celui de la première peau d'une fève. Ce soir-là, le vert de Marcus est un baume qui, dans la cuisine, l'aide à reprendre pied.
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montmartinmontmartin   14 juillet 2018
Si c'est leurs corps à eux, devenus étrangers. Leurs paroles. Pour être honnête, Maria a cessé depuis longtemps d'écouter ce que disait cet homme. Sans le savoir, elle l'a perdu il y a des années. De vue, de toucher, de goût, d'ouïe, d'odorat. de tout. Tant de choses sont difficiles. A dire comme à entendre. A vivre.
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PalmyrePalmyre   01 juin 2018
C'est pendant cette autre nuit de mars, deux ans plus tôt, que tout a commencé à se désarticuler dans sa vie. Ou bien est-ce avant. Va savoir où et comment les histoires prennent racine.
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AifelleAifelle   09 février 2018
De longs soupirs s'échappent d'elle, qui ne disent rien de bon. Tant de choses, dans cette maison et au-delà, lui sont incompréhensibles. Sa fille est partie d'elle. Sans que Maria sache pourquoi ni depuis combien de temps, elles se tiennent à des kilomètres l'une de l'autre. A des kilomètres et à des années. De quoi les mères sont-elles donc coupables ?
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Pivoine29Pivoine29   30 juillet 2019
Pour commencer elle ne comprend rien au silence qui s'est installé dans l'appartement et encore moins à la statique des choses. Si elle pose un objet quelque part, lisse le dessus-de-lit, met de l'ordre dans une pièce, laisse la fenêtre entrouverte en partant travailler, rien de ce qui se produisait avant - déplacement, froissement, désordre, fermeture - ne se produit.
Dans la cuisine, un ravier rempli de tranches de saucisson sec peut patienter pendant des heures, stupide, sans que rien lui arrive de fâcheux. Maria est responsable et destinataire de tout.

Elle prévient son frère et sa belle-soeur par téléphone, n'en parle à personne d'autre. Elle sait que les mots pour dire et ceux pour penser ne sont pas les mêmes, et les uns comme les autres s'envolent dès qu'elle essaie de s'en approcher. Alors, après le travail elle s'occupe aux tâches quotidiennes dans l'appartement, se berçant de sa voix haute. Elle parle pour ne rien dire et surtout, pour éviter de ne plus avoir à parler.
Ainsi, presque malgré elle et sans que rien l'annonce, elle se surprend certains soirs à prononcer le nom de William. Elle l'appelle. Comme s'il pouvait répondre, comme s'il allait apparaître, ample et roux, bougonnant. Comme si c'était normal. Ca l'est d'ailleurs, et le demeure intensément la courte seconde durant laquelle elle l'appelle.
William.
William !
Elle recommence pour s'écouter mieux. Rien ne cloche. Nul détecteur de mensonge ne pourrait déceler qu'elle se trouve seule dans l'appartement.
William. William.
A croire que les sons d'avant s'efforcent, avec elle, de ressusciter l'avant tout entier.

Mais William. Il ne vient pas, ne répond pas. Tandis qu'elle articule son prénom, elle sent bien qu'il se tient là, pourtant, avec sa grande carcasse, dans cet espace minuscule ouvert par les syllabes.
Pendant des mois elle le convoque ainsi de la cuisine vers le salon, du salon vers la chambre, de la salle de bains jusqu'à la cuisine. Et elle plonge dans le silence qui suit le cri avec un étonnement qui, chaque fois, grandit de ne pas être rompu.

pp.66-67
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Angélique Villeneuve, La Belle Lumière, éditions Le Passage
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