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ISBN : 2246813433
Éditeur : Grasset (07/02/2018)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Dans le coeur de Maria, il y a d'abord un garçon, Marcus, trois ans. La grand-mère et le petit fils adoré partagent le goût des oiseaux et partent souvent ensemble à la chasse aux plumes. L'arrivée du deuxième petit-enfant va sonner le glas d'un bonheur banal, entre les bacs du salon de coiffure où Maria travaille et la résidence modeste où elle vit avec un homme qu'elle ne regarde plus vraiment. Cette naissance cristallise les tensions familiales. L'éducation de Ma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Tostaky61
  07 mars 2018
Une fois de plus Angélique Villeneuve m'a touché en plein coeur, bouleversé, parce qu'elle sait y faire avec sa plume légère, elle connaît les mots, elle sait les phrases, qui troublent, émeuvent, enchantent, c'est une artiste, elle cisèle , elle sculpte, elle peint. Ses romans sont des tableaux, des natures, des portraits, des ombres et des lumières. Elle y met des joies, des peines, des sourires et des larmes.
Dans Maria, Angélique nous parle, une fois de plus, de femmes, elle sait si bien le faire.
Maria, veuve, la cinquantaine, shampouineuse, vit depuis une vingtaine d'années avec William. Elle a une fille, Céline, mariée à Thomas, ils ont un fils de 3 ans, Marcus et attendent un heureux événement.
L'arrivée du bébé va perturber l'équilibre déjà fragile, du monde de Maria.
Portrait de deux mondes qui s'affrontent. Maria, mamie gâteau et compagne amoureuse, perd pied et fait tout pour retrouver le bonheur perdu avec l'arrivée de Noun...
Noun, drôle de prénom me direz-vous ? Mais dans notre société, devons-nous encore nous étonner ?
Céline a fait un choix. Un choix de vie. Quitte à rompre avec ses proches et à se retrouver en marge de la société.
Comportement étrange. L'accepterions-nous de nos propres enfants ?
Un vrai plaisir de lecture, tout simplement.
J'adore l'écriture de cette auteure qui m'avait déjà bouleversé avec Les fleurs d'hiver et Nuit de septembre. Je vais donc continuer à la découvrir et je sais que l'émotion sera encore au rendez-vous...
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paroles
  13 juillet 2018
Ce livre m'a pris au coeur. C'est tellement doux, tellement fort, tellement plein d'amour. J'ai le coeur chaviré. Maria, oh Maria, si douce, si effacée, prête à renoncer à toutes ses convictions, ses principes, ses certitudes, mais prête aussi à apprendre, à voir le monde autrement...
Ce livre est un petit bijou de poésie, de tendresse, de douceur, de plumes d'oiseaux, de cheveux tricotés, d'amour superlatif. Tout est y dit simplement, tissé patiemment, colorié délicatement. Angélique Villeneuve, dont je découvre l'écriture, est une artiste dont le registre des émotions est infini et multiple.
Elle sait poser les questions, sur l'identité, la différence, les apparences et le formatage, sans insister, simplement en suggérant, en observant. La nature est omniprésente dans ce roman, elle est, je pense, d'une grande consolation ; pas de jugement de la part des arbres et des oiseaux.

Maria, douce femme de cinquante-huit ans, shampouineuse de métier, est la grand-mère ravie du petit Marcus avec qui elle collectionne les plumes d'oiseaux, rêve de s'envoler et entretient des liens d'une grande richesse. Mais Maria est prise en étau entre les principes d'éducation stricts de son compagnon William et ceux très modernes de sa fille et son gendre. Aussi lorsque Céline, sa fille, accouche de son deuxième enfant, son monde bascule. Elle perd ses repères face à ces nouveaux parents qui ne souhaitent pas élever leurs enfants selon les codes établis, garçon-fille, bleu-rose, pantalon-jupe. le nouveau bébé est juste un bébé au nom de Noun. Garçon, fille ? Même Maria ne sait pas. Il lui faut rester en retrait. Et william la quitte, c'est trop difficile écrit-il.
Quand on a que l'amour à s'offrir en partage...

Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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isabelleisapure
  04 mars 2018
Angélique Villeneuve que je découvre à travers ce court roman m'a totalement envoutée par la délicatesse de sa plume pour évoquer une histoire étrange et dérangeante.
Il s'agit avant tout d'une histoire d'amour, de l'amour que Maria éprouve pour Marcus, son petit-fils.
Tout commence comme une histoire heureuse de tendresse et de partage entre l'enfant et sa grand-mère. Ils aiment observer les oiseaux et leur parler.
Lorsque le petit garçon arrive vêtu d'une robe avec les ongles peints en rose, et affirme que désormais il s'appelle Pomme, Maria accepte sans poser de question.
Lorsque sa fille donne naissance à un nouveau bébé et refuse d'en dévoiler le sexe, la grand-mère ne comprend pas.
Elle est malheureuse face à cet enfant dont elle ignore le sexe et ne sait pas comment lui dire son amour.
Il y a un très beau passage lorsqu'elle se retrouve seule avec le nourrisson, elle se pose des questions, il serait si simple de regarder.
Il est difficile de ne pas avoir de tendresse pour Maria, obligée de faire le dos rond face à des parents pour le moins originaux.
Face à la pression sociale, aux réflexions des voisins, à l'intransigeance de son compagnon et de sa fille, elle continue son chemin d'amour vers ses petits-enfants.
L'écriture est magnifique, l'auteur ne prend pas partie, ne juge pas, elle expose les faits en laissant au lecteur le soin de se faire une opinion.
Une très belle lecture pour laquelle je remercie les Editions Grasset et le site NetGalley.
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frconstant
  10 mars 2018
Une écriture finement tracée au sang du coeur et à la plume d'oiseaux ! Maria déborde d'amour, pourtant la vie semble vouloir lui couper les ailes, ces ailes qui la poussaient à vivre en complicité avec Marcus, son petit-fils, qui comme elle savait entendre, observer et comprendre les oiseaux du parc, de la ville, de la vie. Mais la naissance du deuxième enfant de Céline va expulser hors du champ familial cette Maria, grand-maman sans droit, grand-maman au coeur lourd. Ne sachant plus que croire, que vivre, Maria va se sentir rejetée loin de tout, de tous. Loin de son compagnon qui est parti, loin de sa fille qui lui refuse désormais la moindre complicité, loin de Marcus qui, devenue Pomme, est un ‘il en robe rose', loin de Noun qui n'est ni ‘il', ni ‘elle'… La vie est devenue l'enfer !
Pourtant, du coeur de Maria va sourdre la volonté de continuer à vivre, à tout le moins de sunsister. de désirs en éloignement, d'appel désespérés en trahison, de rejet définitif en espérance, Maria va s'écraser, tomber au plus bas de la vie pour renaître à l'audace et aux liens patiemment tricotés par une grand-mère aspirant à retrouver sa fille et ses deux petits.
C'est avec beaucoup de pudeur, de respect et de nuances que l'auteur, Angélique VILLENEUVE, aborde le sujet de ces nouvelles parentalités qui veulent rompre avec les modèles anciens et instaurent des postulats éducatifs qui s'apparentent à des croyances sur relents de conflits des générations plutôt que de s'appuyer sur une réelle réflexion sur l'éducation et l'adaptation du et au monde. Comme toujours, la vérité n'est pas aux extrêmes et l'équilibre se trouve multi-centré. Chacun vivant dans sur ses îlots de rationalité.
Pour évoquer ce sujet, les ruptures qu'il provoque, Angélique VILLENEUVE dispose d'une plume qui donne à la lourdeur du sujet la légèreté de l'envol de l'oiseau. Un très beau, très bon moment de lecture.
Ajoutez à cela une couverture qui interpelle. Maria, qui est ce nom ? Une tête d'enfant porteuse d'un regard puissant, observant le monde. Qui est-il ? A moins que ce ne soit qui est-elle ? Une histoire de genre à éclaircir. Derrière cette neutralité de visage, quels sont les coeurs qui battent ?
A lire, sans réserve!
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coquinnette1974
  09 mars 2018
Quand j'ai vu que Maria de Angélique Villeneuve était disponible sur net galley, je l'ai demandé aux éditions Grasset et j'ai été ravie de le recevoir.
Je n'avais jamais lu l'auteure, mais le résumé me tentait beaucoup, et j'aime beaucoup la photo sur la couverture.
Je l'ai lu d'une traite lundi soir, et j'ai adorée ma lecture. J'ai eu un vrai coup de coeur pour Maria.
Maria est une femme d'une bonne cinquantaine d'années. Elle est veuve, sa fille Cécile était petite quand c'est arrivé. Maria a refait sa vie depuis vingt ans avec William.
Cécile quand à elle est mariée à Thomas, ils ont un fils de trois ans : Marcus et un nouveau bébé est en route. C'est un couple d'aujourd'hui, ils n'ont pas scolarisé Marcus et lui font l'école à la maison. Ils respectent les animaux et sont devenus végétaliens. Ils ont une éducation très libre vis à vis de leur fils. Celui-ci s'habille comme il veut, même avec une robe. Ils ne souhaitent pas "genré" leur enfant. S'il veut garder les cheveux longs, faire des tresses et mettre une robe, jouer à la poupée, où est le problème ?
Maria accepte tout ça, enfin accepte, je dirais plutôt qu'elle tolère car elle adore son petit fils et ne veut pas interféré avec les principes de sa fille et Thomas.
C'est plus compliqué pour William, le grand-père d'adoption, qui voudrait que l'enfant ressemble à un petit mec, un "vrai".
Et puis, le bébé arrive et c'est la goutte de trop. Thomas annonce à sa belle mère la naissance du bébé, un beau bébé, qui n'est ni un garçon ni une fille mais... un bébé ! Ils seront les seuls à savoir ce que c'est et l'enfant lui même décidera en grandissant de ce qu'il veut être.
Joli projet qui va bouleverser la vie de Maria. William se fâche, ne comprend pas le comportement du couple et quitte leurs vies ! Et hop vas y que je tire un trait sur les vingt dernières années.
Maria est brisée, le cherche et une question lui trotte dans la tête : ce bébé est un garçon ou une fille ? Que se cache t'il sous le prénom Noun ?
J'ai adorée ce roman, totalement dans l'ère du temps !
J'étais curieuse de le lire car je ne voyais pas comment un truc aussi banal pouvait bouleverser ainsi la vie de Maria.
Banal me direz vous ? Ben oui, de nos jours certains parents ne savent plus quoi inventer ! Il ne faut plus genré les enfants, ça je l'entends de plus en plus. Les enfants ont le droit de se faire appeler comme ils veulent, de jouer avec ce qu'ils veulent, de s'habiller comme ils veulent, le droit aussi de rester à la maison avec les parents au lieu d'aller à l'école. Un jour les enfants commanderont les parents.
C'est un livre tellement d'actualité ! Et à ma grande surprise, il n'y a pas de clichés dedans, je m'attendais à ce qu'il y en ai, mais non.
L'écriture est très sensible, les personnages très attachants. Maria est touchante, elle essaye de comprendre tout ça mais ce n'est pas évident, elle n'a pas été éduquée ainsi et je dois avouer que je me suis demandée comment je réagirais si un jour mon fils et sa compagne me faisaient un coup pareil ! Ils sont très jeunes, ils ont le temps de me faire un petit fils ou une petite fille mais comment réagirions nous à la place de Maria ??
Maria est un livre que je vous recommande chaudement. je l'ai terminé il y a quatre jours mais je ne suis pas prête de l'oublier.
Je mets avec un immense plaisir cinq étoiles :)
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critiques presse (1)
Actualitte   13 février 2018
Après son très intime Nuit de septembre (Grasset, 2016), Angélique Villeneuve dévoile une nouvelle histoire tout aussi déroutante que fascinante : celle d’une naissance atypique, celle d’un petit être difficile à nommer, celle de Noun.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
motspourmotsmotspourmots   26 février 2018
Maria sait la couleur des gens, la couleur des sons et des odeurs. Les couleurs invisibles sont son secret et son privilège. William, par exemple, est d'un pourpre dense et terreux, Céline d'un gris très doux. Une brillance d'oignon rouge jaillit de Thomas, et de la mère de Maria l'orange d'une fleur de souci. Son père n'avait pas vraiment de couleur, ou alors elle ne s'en souvient plus, n'a pas eu le temps de la percevoir. Alain, lui, vibrait d'un brun de pain brûlé qui se muait parfois en long grésillement. Pour Maria, la frontière est mince qui sépare les odeurs et les sons. Et puis, bien sûr, il y a Marcus. Marcus est d'un vert splendide, celui d'une soupe de cresson saturée de crème, celui de la première peau d'une fève. Ce soir-là, le vert de Marcus est un baume qui, dans la cuisine, l'aide à reprendre pied.
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montmartinmontmartin   14 juillet 2018
Si c'est leurs corps à eux, devenus étrangers. Leurs paroles. Pour être honnête, Maria a cessé depuis longtemps d'écouter ce que disait cet homme. Sans le savoir, elle l'a perdu il y a des années. De vue, de toucher, de goût, d'ouïe, d'odorat. de tout. Tant de choses sont difficiles. A dire comme à entendre. A vivre.
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PalmyrePalmyre   01 juin 2018
C'est pendant cette autre nuit de mars, deux ans plus tôt, que tout a commencé à se désarticuler dans sa vie. Ou bien est-ce avant. Va savoir où et comment les histoires prennent racine.
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AifelleAifelle   09 février 2018
De longs soupirs s'échappent d'elle, qui ne disent rien de bon. Tant de choses, dans cette maison et au-delà, lui sont incompréhensibles. Sa fille est partie d'elle. Sans que Maria sache pourquoi ni depuis combien de temps, elles se tiennent à des kilomètres l'une de l'autre. A des kilomètres et à des années. De quoi les mères sont-elles donc coupables ?
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cathulucathulu   18 février 2018
Pour des raisons obscures, liées au respect de l’environnement, de la santé, de l'éthique, Céline et Thomas désirent secouer le monde, et ce monde n'est qu'un vieux dessus-de-lit sur lequel Maria et William se tiennent assis, tout benêts qu'ils sont.
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