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EAN : 9782226437754
Éditeur : Albin Michel (26/09/2018)

Note moyenne : 3.73/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Dans une évocation gorgée de couleurs fortes et de furieuses sonorités, Philippe de Villiers fait revivre Clovis et lui donne la parole. Le roi fondateur dévoile les épisodes les plus intimes, les plus secrets, de ses enfances, de ses amours, de ses chevauchées.
Ce livre éclaire d'un jour nouveau le mystère de sa conversion, rétablit la vérité sur la date de son baptême et renouvelle ainsi la perspective symbolique de tout notre passé, de notre destin. Au fil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
migdal
  02 janvier 2019
Trois points ont retenu mon attention en lisant cette « auto biographie » de Clovis qui reprend la forme qui a assuré le succès des titres précédents sur Saint Louis, Jeanne d'Arc et Charrette.
« le mystère Clovis » pourrait être intitulé « le pouvoir de Clotilde » tant l'influence et la persuasion de la Reine et Epouse sont valorisées par Philippe de VILLIERS dans cette biographie romancée du roi mérovingien et ce n'est pas le moindre mérite de ces pages.
Un second mérite de l'ouvrage est de s'interroger sur la date du baptême de Clovis et de ses francs et de proposer Noël 508 en lieu et place de Noël 496 en le reportant après la mort de Sainte Geneviève et la victoire de Vouillé … et d'inscrire cette conversion à l'actif de Martin le saint Tourangeau.
La fusion entre la population « de souche » et les « envahisseurs » s'est progressivement réalisée au fur et à mesure que la civilisation gallo-romaine et sa législation ont été adoptées par les francs qui ont fini par revendiquer leur latinité et adopter la religion chrétienne.
En conclusion, un roman passionnant comme tout ouvrage « de cape et d'épée » … mais aussi un grand livre d'histoire (étayé par une bibliographie conséquente) qui rappelle la fondation de la France et la vocation de notre pays au sein des nations.
Des pages pleines d'enseignement et d'espérance à déguster sans retenue.
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Aela
  03 novembre 2018
Le mystère Clovis c'est celui de la date de son couronnement: l'an 496 communément admis pour cette date serait en fait erroné et la date serait plutôt 508, après la victoire de Clovis face au roi des Alamans à Tolbiac en 506.
Dans cette biographie très bien documentée, Philippe de Villiers, que je connaissais jusqu'ici seulement en tant qu'homme politique, se révèle aussi un écrivain-biographe de grand talent.
Toute la vie de Clovis défile ici, et surtout tous les enjeux politiques, religieux et la géopolitique marquée à l'époque par des conflits entre rois ariens (disciples d'Arius, refusant la nature divine du Christ) et les chrétiens de foi nicéenne dont faisait partie Clovis.
Au départ simple petit roitelet face à des rivaux bien plus puissants que lui, comme Theodoric roi des Ostrogoths en Italie et Alaric, roi des Wisigoths en Espagne, Clovis a su construire un véritable empire et se présenter comme le successeur des empereurs romains.
Son intelligence politique va lui permettre d'asseoir sa puissance. Son entourage va jouer un rôle clé, et notamment son épouse Clotilde, nièce infortunée du puissant roi des Burgondes Gondebaud, qui a tué son frère Hilpéric, père de Clotilde qui trouvera refuge auprès de Godegisil, roi de Genève.
Au travers de ces luttes incessantes entre chefs germaniques, il est intéressant de constater que la référence à l'Empire romain est constante, celui-ci ayant chuté en 476, cinq ans avant la naissance de Clovis en 481.
Theodoric le Grand, roi à Ravenne, fera d'ailleurs mourir Odoacre, le dernier empereur.
C'est lorsque Clovis vaincra les troupes du roi wisigoth Alaric à Tours que sa victoire sera complète.
Les personnages dans l'entourage de Clovis sont remarquablement bien mis en lumière ici: on voit ainsi Geneviève, la même qui a défendu Paris face aux Huns, devenue âgée quand elle rencontre Clovis.
Les évêques aussi ont un rôle clé et vont amener la conversion de Clovis; l'évêque Rémi pour le nord de la Gaule et Avitus, l'évêque du Sud.
Enfin le choix de la capitale du nouvel "empire" de Clovis sera essentiel: ce sera Lutèce, à mi-chemin entre la Germanie, terre d'origine de Clovis et celle de ses récentes conquêtes, au sud de la Gaule.
Enfin un dernier mot: la succession de Clovis.
Clovis aurait préféré laisser tout son royaume à Theudéric, né d'une première union avec une princesse franque, mais Clotilde imposera à Clovis de partager le royaume entre ses quatre fils Theudéric, Clodomir, Childebert et Clotaire.
En bref, une biographie très intéressante qui nous fait revivre une époque peu connue.
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Florel
  11 novembre 2018
Un roman sur Clovis, la chose est assez rare pour que je veuille le lire ! C'est chose faite, et même si je crois que je préfèrerais une bonne biographie avec un langage bien actuel sur le personnage, j'ai quand même bien apprécié cette lecture intéressante qui plonge le lecteur dans une époque méconnue et un règne légendaire. Ou plutôt dans la légende d'un règne. Car c'est en abordant le côté merveilleux qui entoure et tisse le règne de ce roi Franc, que Philippe de Villiers a fait le pari d'écrire la vie de ce roi. En effet, l'auteur ne s'est pas contenté seulement d'écrire des faits avec un peu de roman, il a gardé les faits et les légendes, et écrit un roman avec, ce qui permet de garder toute la dimension chimérique de ce règne.
Bien sûr, de ce fait il ne faut s'attendre à un roman classique avec une folle aventure pleine de rebondissement, l'auteur reste proche de la vie du roi, et Clovis était roi « barbare » et était homme ; mais si l'on considère les guerres, les trahisons, les légendes… comme une aventure avec une touche imaginaire, alors oui on peut dire que c'est un roman. le roman d'une vie, tout simplement le roman d'un roi, servi en plus par un langage fort désuet afin de mieux nous immerger dans ce médiéval naissant.
Niveau historicité maintenant -le point le plus important du livre -, on voit tout de suite que Philippe de Villiers s'est bien renseigné sur le sujet, il y a une liste d'ouvrage à la fin qui fait pâlir d'envie et il s'est fait aider par des spécialistes. Cela fait, qu'il restitue donc fidèlement et sans perdre le lecteur en détail, les royaumes francs de l'époque, en mettant en avant les conflits d'intérêts notamment la course aux honneurs romains, les meurtres familiaux, les conflits religieux, ou encore la volonté d'affirmer un pouvoir et une identité germanique tout en revendiquant un côté romain. Il avance même une nouvelle chronologie du règne de Clovis.
Bref ! Niveau historicité il est proche de la réalité et c'est un point très agréable du livre, et ceci même s'il a l'approche d'un romancier envers le personnage de Clovis. (Oui, il y a des historiens qui ne font pas de Clovis un type sympathique.)
Cependant il y a un léger hic à cette histoire, qui fait que ce roman me « déplaît » un peu. Comme vous le savez, la période Clovis (et avant) correspond à la chute de l'Empire Romain d'Occident et aux invasions barbares, ainsi qu'à la prise de pouvoir des peuples intégrés à l'Empire, partant de ces faits Philippe de Villiers va donc en profiter pour faire le parallèle entre l'époque déliquescente actuelle et le passé. Mais pour ma part, et même si je comprends très bien le parallèle entre hier et aujourd'hui qui n'est pas forcément faux dans l'idée en plus, j'avoue que je ne suis pas fan du tout de ce genre de réflexion, car pour moi ça permet toutes les extravagances possibles, comme Macron s'amuse à le faire à l'heure actuelle pour le 11 novembre ou comme d'autres s'amusent à le faire en mettant constamment 39-45 dans un débat où ça n'a rien à faire.
Bref ! Personnellement, je trouve que faire cela c'est refuser la spécificité des époques et refuser de voir les réels problèmes de l'époque, c'est aussi déformer jusqu'à l'absurde des situations qui n'ont rien à voir avec le passé, du coup le seul truc que je reproche un peu à ce livre c'est cette démarche qui est de mélanger l'histoire, même si je comprends parfaitement le raisonnement qui doit faire réfléchir sur notre époque actuelle. Cela étant, ça n'en fait pas un mauvais livre pour autant au contraire.
En résumé, c'est donc un bon roman sur une vie, sur la vie de Clovis, et sur une époque aussi. C'est aussi un livre idéal pour tous ceux qui veulent approcher Clovis en surface avant d'aller voir plus loin. A lire pour la culture.
Lien : http://voyagelivresque.canal..
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Mysterfool
  06 juin 2019
Une belle découverte ce Clovis, je parle du roi de Francs pas de Philippe de Villiers. C'est un belge de Tournai, un guerrier, un fin stratège, un homme qui n'a pas de pitié quand il s'agit de son honneur et de sa sécurité, un politique quoi. Il a le sens l'état et comprend grâce à Rémi et à Clothilde sa deuxième femme tout le pouvoir que lui donnera son baptême.
J'ai découvert un territoire français qui ne porte pas encore ce nom sous l'emprise des Wisigoths, Ostrogoths, Alamans et j'en oublie bien d'autres. L'empire romain d'occident est mort, celui d'Orient est bien loin. Ce qui résiste c'est l'église avec ses évêques tout-puissants.
Tant qu'à Philippe et bien c'est une bonne surprise. Son livre n'est pas un livre d'histoire où alors les miracles sont des faits d'histoire ; ça se saurait ! Il en profite notre Phiphi pour placer ses propres idées mais c'est fait sans discrétion donc facile à décoder. L'écriture est fluide et pourtant il emploie des mots très anciens puisque tout au long du livre nous sommes dans la tête de Clovis.
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Pchabannes
  19 janvier 2019
Un souffle épique soulève les pages de ce magnifique ouvrage contant la geste de Clovis, Roi des Francs Saliens à la fin du Vème siècle lorsque la Romania s'écroule face à la Gothia. Un moment clé de l'histoire européenne en général et de la Gaule en particulier au sein de l'histoire en marche, la fin d'un monde. Un livre hors de l'ordinaire.
An 481, des milliers d'antrustions, les fidèles guerriers pleurent la mort de Childeric et saluent le jeune Chlodowing / Clovis, couronné roi des Francs saliens à 15 ans, roi en cette Belgique Seconde entre saxons et hordes gothiques sur ces terres ravagées depuis 406 par les grandes invasions des Vandales, des Suèves et des Alains, puis en 451 par les Huns.
Après cinq longues années de préparation et réflexion, la terre boit le sang versé par les framées, les scramasaxes et les terribles haches de jet. Clovis le Barbare romanisé se lève contre Sygarius, le Romain barbarisé, le Rex Romanorum. La bataille de Soissons marque l'histoire. Les rois chevelus prennent la relève de l'empire déchu.

Lien : http://www.quidhodieagisti.c..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   29 décembre 2018
Mes chers enfants, ne cherchez jamais à être aimés de la foule. Si vous l'êtes, c'est par instants, par accident ou par faiblesse. Le royaume est chargé d'incommodité, c'est un fardeau. Son exercice porte au sacrifice et à l'immolation des quiétudes. Soyez comme le rameur de la corporation des nautes, qui traverse le courant de la Seine : gagnez toujours la rive en lui tournant le dos.

Si parfois vous avez des doutes, confiez-les à votre mère : son humilité l'a élevée à la grâce qui lui accorde des lumières précieuses. Ayez l'esprit libre, l'esprit d'aumône. Gardez intactes en vous, en ses accomplissements, les grandeurs intimes de la romanité que vous avez reçues et que j’ai voulu honorer.

N’oubliez jamais la mission que Geneviève m'a rappelée
sur son lit d'agonie : votre famille - notre famille mérovingienne -, aura à porter, de siècle en siècle, avec l'onction, la moitié du manteau de Martin. Cette mission christique de la chlamyde royale vous imposera privations, souffrances, et peut-être même opprobre dans la suite des temps. Ce que vous aurez à incarner et à transmettre, et qui est tout contenu - ou plutôt tramé -, dans les plis du manteau, ce n'est pas un pouvoir, fût-il juste et admirable, c'est la Civilisation.

En ce troisième jour des ides de novembre de l'an 511, en la fête de Saint-Martin

Clovis, rex Francorum.
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AelaAela   03 novembre 2018
La pietas, la piété filiale, est le vecteur des humilités, de la gratitude et de la transmission de nos fiertés. Elle établit un peuple dans le temps long et le rappelle au devoir de se perpétuer.
Mais il y a une autre vertu fondatrice qui demain pourrait assurer votre domination , comme elle assura à Rome sa grandeur, c'est la fides. Si vous pratiquez la fides, vous obtiendrez l'affection des peuples des Gaules. Sinon vous serez rejetés.
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MysterfoolMysterfool   06 juin 2019
Théodéchilde est méconnaissable. Le visage gonflé par les fièvres, elle a des pesanteurs dans la tête. Les servantes lui ont donné des lombrics pilés, des graines de poivre pour soigner ses humeurs. Et de la scammonée pour lui nettoyer le ventre, du pyrèthre qui lui purge les artères. Et encore bien d’autres herbes, mais qui ont, hélas, mis les pustules en prospérité. Depuis ce matin, les matières qu’elle rend par la bouche sont jaunes et vertes. Le médecin grec que j’ai fait venir de Thessalonique ne sait plus que faire. Il a perdu ses éloquences. Son desconfortement fait peine à voir. Il tourne sur lui-même et fait les cent pas, les bras ballants ; ses mains tremblent, grandes ouvertes, en forme d’aveu de ses impuissances. Ma femme s’en va… Elle s’endort… Elle s’éteint. Elle est morte.
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FlorelFlorel   13 juin 2019
Clovis, as-tu observé que, le plus souvent, les victimes ne sont innocentes que tant qu'elles sont impuissantes ? Dès qu'elles ont le pouvoir, elle se transforment à leur tour en bourreaux, et ce cycle infernal de la vengeance ronge sans fin l'humanité du dedans, depuis les premières tribus. Jésus en Croix dévoile sa toute-puissance en brisant ce cycle infernal de la vengeance.

p.263
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PchabannesPchabannes   19 janvier 2019
La plus haute forme de la politique, c’est la charité. Et la plus haute forme de charité, c’est la politique.La cité et l’Esprit, il faut les deux. Pas de cité sans âme. Pas d’âme sans incarnation.
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Puy du Fou, un rêve d'enfance, de Philippe de Villiers
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