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EAN : 9782226244215
475 pages
Éditeur : Albin Michel (17/10/2012)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 16 notes)
Résumé :
« Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais » : la vie de François-Athanase Charette de la Contrie est à l’image de sa devise. Vendéen comme lui, Philippe de Villiers nourrit depuis longtemps un attachement tout particulier pour ce héros dont le destin fait écho à sa propre histoire familiale. Au point de s’identifier à lui et de ressusciter, sous forme de mémoires imaginaires, la vie aventureuse de cet homme aussi séduisant qu’intrépide, fidèle envers et contr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
CDemassieux
  01 décembre 2016
Voici donc le récit de Charette, l'homme qui ne cherchait pas l'Histoire, laquelle est pourtant venue le trouver, depuis les expéditions navales, dans sa première vie d'officier de Marine, jusqu'à la Vendée soulevée, à la tête de ces damnés de la Terre que la Révolution contraignit d'abord et massacra ensuite sans fléchir.
« Chante, chante la colère de Charette ! » semble écrire Philippe de Villiers, choisissant de raconter cette aventure tragique à la première personne, dans un souci, peut-être, d'identification, fort compréhensible quand on connaît la biographie de l'auteur. Cela confère aussi une dimension intime au personnage, loin des poncifs pro-républicains qui faisaient écrire jadis à un Michelet : « On a souvent discuté la triste question de savoir qui avait eu l'initiative de ces barbaries, et lequel des deux partis alla plus loin dans le crime. On a parlé, on parle insatiablement des noyades de Carrier ; mais pourquoi parle-t-on moins des massacres de Charette ? L'entente des honnêtes gens pour réveiller sans cesse certains souvenirs, étouffer les autres, est chose admirable. D'anciens officiers vendéens, rudes et féroces paysans, avouaient naguère à leur médecin, qui nous l'a redit, que jamais ils ne prirent un soldat (surtout de l'armée de Mayence) sans le faire périr, et dans les tortures, quand on en avait le temps. Quand on n'aurait pas ces aveux, la logique seule dirait que le plus cruel des deux partis était celui qui croyait venger Dieu, qui cherchait à égaler par l'infini des souffrances l'infini du crime. Les républicains, en versant le sang, n'avaient pas une vue si haute. Ils voulaient supprimer l'ennemi, rien de plus ; leurs fusillades, leurs noyades étaient des moyens d'abréger la mort, et non des sacrifices humains. Les Vendéens au contraire, dans les puits, les fours comblés de soldats républicains, dans les hommes enterrés vifs, dans leurs horribles chapelets, croyaient faire une oeuvre agréable à Dieu. »
Voici comment naît une légende maudite. Mais, à ma connaissance, Charette ne faisait pas tanner la peau de ses victimes pour en faire des culottes !
Oui, il est étonnant qu'on pardonne encore à la Révolution un génocide manifeste et qu'on accable François-Athanase Charette de la Contrie de tous les maux. Certes, le « Roi de la Vendée » était lui aussi un chef de guerre, forcément implacable avec l'ennemi, mais le sieur Turreau, à la tête des Colonnes infernales envoyées par la Convention pour exterminer ces ennemis de la Patrie, a exaucé au-delà des espérances son propre voeu : « La Vendée doit être un cimetière national. » Que dire de Carrier, qui organisa les noyades de masse, précipitant dans la Loire des chapelets d'hommes, femmes et enfants vendéens ? Il s'appelait Jean-Baptiste, d'où son goût pour l'immersion !
Quant à ceux qui prétendraient que c'est faux, les auteurs de ces massacres ont laissé des comptes rendus détaillés, dont certains sont reproduits par De Villiers en fin de volume. de ce point de vue, le chapitre « le grand brûlement » ne triche pas avec les faits. On peut aimer la République et détester, par bien des aspects, l'Ancien Régime, mais on ne peut nier l'évidence : la Terreur a tutoyé le diable en Vendée !
Charette semblera à certains lecteurs un peu trop idéalisé par De Villiers, lequel n'a jamais fait mystère de son attachement à des valeurs communes. Cependant, le général vendéen, avec ou sans De Villiers, est en soi une figure qui incite à un certain romantisme littéraire. Drapé dans sa résignation à affronter un destin contraire jusqu'au bout, le ciseau des Parques chatouillant souvent le fil de sa vie, il paraissait difficile d'éviter quelques emportements romanesques en l'évoquant.
Quelque part, De Villiers rétablit aussi son honneur, car cet homme ne s'est battu ni pour l'or ni pour la gloire ; juste pour maintenir son mode de vie : chez lui ! Ce qui est légitime, quoi qu'en disent quelques néo révolutionnaires, qui acclamaient hier encore Mao ou Pol Pot, rien que du beau linge !
Quant à ceux qui persisteraient à voir dans la révolte vendéenne la seule manifestation d'esprits rétrogrades, attachés à leurs privilèges d'Ancien Régime, peut-être pourraient-ils m'expliquer pourquoi ce sont des régions modestes, voire franchement pauvres, comme la Vendée et la Bretagne, qui se sont soulevées contre la tyrannie du bonheur obligatoire révolutionnaire ?!
Le style, enfin, trahit indéniablement l'enthousiasme de l'auteur, lequel se contiendra mieux avec le Roman de Saint Louis, toujours à la première personne, modèle bien moins accessible que Charette ! Enthousiasme accouchant de ces phrases qui font regretter le temps béni où la langue française régnait avec panache : « A la sortie de la rade, en face de nous, s'élève une montagne d'écume où la vague et les embruns se prennent dans l'abîme des nuages infinis. Je ressens ce court moment d'ivresse. On est passé de la foule à la houle. On ne se retourne plus. Devant nous, c'est un autre univers qui s'ouvre. On a largué les amarres, largué les discussions inachevées, les marottes dérisoires et même les passions humaines. On a laissé à quai les potins de la ville, les rumeurs des lavoirs, les relents, les rêves et les fantaisies du voisinage qui nourrissaient nos vies confinées et les saisons de nos coeurs. On s'est coupé de la terre, on s'éloigne. » …On s'y voit !
En conclusion, ce livre vaut déjà pour le fond et la forme, mais aussi pour sa valeur mémorielle. Tandis que nous autres Français passons notre temps à nous accuser çà et là de crimes souvent grossis pour la cause repentante, il serait bon qu'un chef d'Etat reconnaisse un jour officiellement le génocide vendéen, car génocide il y eut.
Charette, c'est une vie qui a définitivement sa place dans le roman national, insaisissable voyageur de l'Histoire et des océans…
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Bigmammy
  21 octobre 2012
Lorsque nous habitions la Vendée au début des années soixante-dix, nous avions été surpris de constater combien le traumatisme des guerres entre les Blancs et les Bleus était encore vivace, comment la mémoire de certains massacres était encore fraiche. Nous avons alors beaucoup lu sur cette guerre civile, terminée – selon l'auteur - en forme de génocide, et sur les chefs de la rébellion comme sur les généraux républicains appelés en renfort pour la mater. Nous avons naturellement aussi rencontré Philippe de Villiers. Très vite, il présenta des dispositions extraordinaires pour la communication populaire et pour la mise en scène de l'histoire, en « inventant » le concept du Puy du Fou … une référence en Europe dont le succès ne se dément pas, quarante ans après.
Bien que je ne partage pas du tout ses positions politiques, je ne peux m'empêcher de lui reconnaître un fameux talent de conteur, qu'il démontre dans ce roman « autobiographique » dédié à François Athanase Charrette de la Contrie. Et le premier intérêt de l'ouvrage, c'est de nous raconter la carrière du jeune Charrette avant son engagement à la tête des paysans vendéens, et tout particulièrement dans la Marine Royale, dans les combats aux côtés des Insurgents d'Amérique.
Parlons du style : juste assez maniéré pour donner l'illusion de la langue noble du XVIIIème siècle, mais alerte et précis. Avec des tics de langage cependant : celui qui consiste à doubler une image ou un terme dans la même phrase : «… Il n'y avait pas d'autre espèce de crédit que le crédit en espèces (p. 235) », pour n'en citer qu'un exemple. A la longue, ça agace. J'ai cependant apprécié la tournure très vendéenne consistant à transformer en verbe un substantif : « bruiner » pour dire mouiller légèrement par exemple (p. 238), que j'avais remarquée auprès de vrais natifs de la Vendée. En revanche, les descriptions de batailles, navales ou terrestres, sont très parlantes, les images convaincantes. Et la documentation – dix pages de bibliographie – foisonnante. Pourtant, le livre se lit comme un livre d'aventures et j'y ai retrouvé le même plaisir que lorsque je lisais jadis un roman sur le même sujet, écrit lui aussi par un homme politique vendéen « Quand flambait le bocage » de Philippe Mestre.
C'est un livre où l'on apprend beaucoup de choses sur une l'époque charnière des derniers temps de la monarchie et du Siècle des Lumières, puis les soubresauts de la Révolution, vue de la province et depuis le microcosme d'une académie de marine. L'ambiance du Brest de l'époque est parfaitement rendue. Ensuite, les combats des guerres de Vendée et les exactions des deux côtés – il arrive aussi à un lieutenant de Charrette de liquider des prisonniers - décrits de façon réaliste. La ruse utilisée pour s'échapper du piège de Noirmoutier en sautant par-dessus les étiers et les tentes des bleus à l'aide de longues perches est savoureuse. L'auteur se place du côté du chevalier Charette, certes, il rappelle les atrocités commises par la répression, la politique d'anéantissement de la totalité de la population considérée comme tous « brigands », même les femmes et les enfants, l'une des propositions (comme ce fut le cas, des lustres plus tard, chez les nazis) consistant en la « déportation des Vendéens à Madagascar. »
« Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais. », telle était la devise de Charette. Et là est sans doute la clé de cet ouvrage de Philippe de Villiers, qui s'identifie insensiblement à son héros. Ce livre lui fera-t-il recouvrer la faveur des foules ? Je le lui souhaite.
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Domichel
  30 septembre 2013
François Athanase Charette de la Contrie, né en 1763 et mort en 1796. Qui est cet homme ? L'un des principaux “généraux” des guerres de Vendée et fusillé pour tel. C'est ce que nous apprennent les livres d'histoire de France, du moins ceux qui en parlent encore.
Cet homme né dans les terres, entre Bretagne, Anjou et Vendée est d'abord un marin, et fait une carrière fulgurante dans la marine de Louis XVI, est nommé à 24 ans lieutenant de vaisseau est s'est battu sur presque toutes les mers du globe. À l'âge de 30 ans, marié et installé en Vendée il accepte de mener à la tête des paysans venus le chercher comme chef, la révolte contre la Terreur édictée par la Convention et Robespierre. Trois ans et de nombreux combats plus tard, Charrette sera exécuté à Nantes.
L'histoire de cet homme Ph. De Villiers nous la fait connaître par le détail, révélant à beaucoup la carrière de marin que Charrette mena la plus grande partie de sa vie. Sans parti pris, bien que l'auteur soit fidèle à la mémoire du personnage principal, c'est une véritable biographie que nous avons à lire et l'intérêt grandit au fur et à mesure que le personnage prend corps. Il nous donne à lire aussi à travers la deuxième partie de l'ouvrage, l'histoire du peuple paysan et des nobles à leurs côtés dans leur combat contre l'arbitraire et les massacres longtemps passé sous silence.
“Un peuple qui n'enseigne pas son histoire, est un peuple qui perd son identité”, a dit F. Mitterrand, reconnaissons qu'au moins sur ce sujet, l'auteur et l'ancien chef d'état avaient un avis commun.
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antihuman
  02 mars 2013
Beaucoup trop long, tarde énormément à entrer dans l'action. de plus le fait que De Villiers se permette comme par hasard de conjuguer son livre à la première personne du singulier le fait apparaître plutôt cuistre, sinon très prétentieux !!..
Tout à fait inutile dans le genre.
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critiques presse (1)
LeFigaro   16 novembre 2012
Ce qui frappe, en effet, à la lecture de sa biographie à la fois romancée et réaliste du chef vendéen François-Athanase Charette de la Contrie, c'est qu'elle raconte de manière claire et attrayante l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire de France.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
gabylisgabylis   03 novembre 2019
J'avais participé aux grands événements de mon temps : l'indépendance de l'Amérique, les soubresauts du monde balte, les prémices de l'émancipation des Grecs, la guerre russo-turque, les tentatives de déploiement de l'Empire russe en Méditerranée. J'avais approché des légendes vivantes - des soldats, des savants, des héros.
Il y avait de quoi remplir une vie. Une vie de souvenirs. A raconter entre deux chasses à la perdrix.
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DomichelDomichel   30 septembre 2013
Ce sont surtout les femmes et les enfants que vise ce « plan d'extermination ». On doit traiter les enfants comme de « futurs brigands », car petit deviendra grand. Ils ont vu, de leurs yeux. Ils n'oublieront pas. Les femmes quant à elles, ne sont pas seulement des « brigandes » mais des « sillons reproducteurs » qui renouvellent l'engeance. Il faut écraser du pied tous ces petits serpents de buisson et les mère vipères qui les élèvent dans leur sein.
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gabylisgabylis   09 novembre 2019
-Et vous, mon général, quel est votre choix ?
-Moi ? Je reste. Pour vous, partir, c’est vivre. Pour moi, partir, c’est mourir... à ce pour quoi j’ai vécu.
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etiennebernardetiennebernard   16 mars 2018
Rien ne se perd jamais!
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