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Pierre Reboul (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070374564
Éditeur : Gallimard (13/04/1983)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 238 notes)
Résumé :
« Noir et cher scélérat, à toute heure, je lis les Contes, depuis bien des jours ; j'ai bu le philtre goutte à goutte... Tu as mis en cette œuvre une somme de Beauté extraordinaire. La langue vraiment d'un dieu partout ! Plusieurs de tes nouvelles sont d'une poésie inouïe et que personne n'atteindra : toutes, étonnantes »
(Mallarmé à Viliers de l'Isle-Adam).

« J'ai connu un certain nombre d'hommes qui ne vivaient qu'aux cimes de la pensée, je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  07 novembre 2017
"Pascal nous dit qu'au point de vue des faits, le bien et le mal sont une question de latitude. Ainsi en Europe, l'on chérit généralement ses vieux parents ; en certaines tribus de l'Amérique, on leur persuade de monter sur un arbre ; puis on secoue cet arbre"page 14.
Sur cette provocante rumeur, commence les Demoiselles de Bienfilatre, le premier récit des 36 Contes Cruels de Villiers de L'Isle Adam.

Cette oeuvre les contes cruels est sans doute l'un des plus délicieux breuvages que la littérature française du 19ème siècle a produit, "Antonie ne se verse t-elle pas un bouquet de violettes de Parme".

Par la variété des plats et des situations improbables, le lecteur pourra rêver, ironiser, se délectant de toutes les turpitudes humaines et retrouver ici ou là des figures de la vie mondaine d'aujourd'hui . La meilleure raison de lire ces Contes Cruels est de s'initier avec désinvolture à la mélancolie de notre condition.
La plume de Villiers de L'Isle-Adam aborde de nombreux projets puérils, lancés par de nobles citoyens ( docteur T Chevassus guérit les personnes qui entendent de travers...).
Tout était noir et cruel, combien d'espoirs déçus, de fantasmes ridicules alors que l'artiste est seul et incompris, parfois même raillé.
Cette mélancolie désabusée a fait le bonheur de quelques auteurs de nouvelles, de Richard Brautigan, ou de Bernard Quiriny par exemple, qui semblent avoir été comme contaminés par ces Contes Cruels cette ironie blessante, cette incapacité de communiquer, ou par la manière de se fourvoyer dans des combines désopilantes.

Les personnages des Contes Cruels sont taillés à la mesure des fantasmes mis en scène, des personnages dont ils s'inspirent, comme le cynique directeur de journal de " Deux Augures", où l'auteur dramatique fustigé dans "Sobre récit Compteur plus sombre".
Mais sa cible privilégiée reste les bourgeois et dans un autre registre les applications lumineuses et absurdes de certaines techniques, quelques prodigieuses inventions de l'ingénieur Bathybius Bottom : "mentionnons toutefois, les cris de femmes effrayées, les sanglots étouffés, les vraies larmes, les petits rires brusques, les hurlements, les suffocations, les bis, et les rappels...
Citons aussi l'appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir, un instrument dédié aux petits-enfants, pour rendre la mort des parents moins effrayante, et surtout plus divertissante !

Certaines nouvelles sont restées célèbres comme Véra et le Comte d'Athol ;
" le jour de sa fête il plaça par plaisanterie une immortelle dans le bouquet qu'il jeta sur l'oreiller de Véra puisqu'elle se croit morte, dit- il !"
" Ah maintenant je me rappelle dit-il. Qu'ai-je donc ? Mais tu es morte !"
Sans oublier la diffusion télévisée du secret de l'échafaud, qui permis à Villiers de connaître une gloire posthume. Antoine Bourseiller évoquant le génie mal connu plutôt que méconnu, et d'abord aimé pour ses contes et accessoirement pour sa poésie.

Que souhaiter à un futur lecteur de Villiers de L'Isle-Adam sinon avoir un léger choc à la découverte de personnages farfelus, de bourgeois peu scrupuleux, et de situations toutes scabreuses.
Pénétrer l'univers de Villiers de L'Isle-Adam c'est aussi faire un saut dans le para normal abandonner le rationnel, s'aventurer dans les rivages de l'inconscient arpenter les pentes abruptes de nos fantasmes, c'est décoller telles des bernaches au dessus de nos savoirs.
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BillDOE
  25 novembre 2015
Villiers de l'Isle-Adam est à la littérature française ce que Satie est à la musique classique. Après avoir longuement cherché sa place au milieu d'écrivains illustres, Villiers compose les "contes cruels", un ensemble de nouvelles satyriques et pleines d'esprit.
Dans un français riche et parfaitement illustré, il dresse le portrait vitriolé et caricatural, mais non-moins vraisemblable, de la société de cette fin du XIXe siècle.
A lire avec gourmandise mais sans boulimie.
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grasshopers
  13 décembre 2014
Recueils de petits contes noirs et cyniques à souhait... âmes sensibles s'abstenir.
Un bon moment en leur compagnie.
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Epictete
  04 février 2014
Les contes écrits par Villiers de L'Isle–Adam, sont d'une grande diversité, avec un point commun : la cruauté.
Dans ces textes, on trouve sans fard, avec cynisme parfois, les travers des personnages : cupidité, sotise et superficialité.
L'auteur à été en contact appuyé avec Baudelaire (Donc il découvre Edgar Poe), il admire Flaubert et a des contacts entre autres, avec Huysmans er Malarmé. Même si son nom est nettement moins connu aujourd'hui, toutes ces fréquentations ont une influence que l'on ressent dans son écriture.
On voit aussi apparaître un genre nouveau dans certains contes : le fantastique, genre alors en vogue..
Je pense que l'on peut facilement rapprocher ces contes de ce qu'avait écrit Edgar Poe, avec beaucoup de poésie, de finesse et ce style si particulier de cette période. C'est ciselé, et en même temps plein de méchanceté et de perversion.
A découvrir.
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NMTB
  19 décembre 2014
Un directeur de journal qui refuse un écrivain parce qu'il le soupçonne d'avoir du talent, une invention qui permet de faire de la voûte céleste un gigantesque panneau publicitaire, une autre qui fabrique de la gloire, un musicien qui doit jouer une partition faite uniquement de silences (cinquante ans avant John Cage !) : on l'aura compris, un certain nombre de ces « Contes cruels » sont dans le registre de l'ironie satirique. Une ironie dirigée principalement contre l'esprit petit-bourgeois, médiocre, intéressé, positiviste (positivement est sans doute l'adverbe le plus utilisé dans ces contes, presque autant que dans les histoires extraordinaires de Poe traduites par Baudelaire). D'une manière générale c'est le faux que Villiers prend pour cible. L'artificialité créée par des pseudo-progressistes qui altèrent la nature primordiale, s'environnant eux-mêmes d'une brume qui ne leur permet pas de voir plus loin que le bout de leur nez.
D'autres contes sont plus surnaturels, plus graves, déplorant l'agonie d'une noblesse d'épée et de coeur. On se retrouve alors dans des ambiances romantico-gothiques avec des châteaux, des héros esseulés et une grosse mélancolie. Et c'est peut-être dans ces contes que la cruauté est la plus évidente ; quand une lueur d'espoir y apparait, c'est pour être écrasée comme un rêve éloigné de toute réalité.
Il y a une troisième couche passée sur ces « Contes cruels », une pellicule très fine, mais qui, à mon avis, donne tout son sel à l'ensemble. Les nouvelles intitulées « Sentimentalisme » et « Sombre récit, conteur plus sombre » me paraissent essentielles pour comprendre l'écriture somptueuse De Villiers et en même temps son côté glacial. Il semble buter inlassablement sur cette tautologie : l'art est de l'art et n'a que peu de rapport avec une quelconque réalité. D'où l'aspect dandy de l'auteur de ces contes, là sans être là, regardant autre part, imaginant substituer à l'utilitaire « satisfait ou remboursé » un plus spirituel « on restitue l'or de toute emplette qui a cessé de ravir ». Ceci paraîtra, sans doute, pour le lecteur superficiel, un langage surfait, clinquant, mais peut-être que toute la sincérité De Villiers se trouve justement et paradoxalement dans la surabondance ornementale de son écriture.
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   04 mai 2010
(Fleurs de ténèbres)

Il existe, sachez-le, souriantes liseuses, il existe, à Paris même, certaine agence sombre qui s'entend avec plusieurs conducteurs d'enterrement luxueux, avec des fossoyeurs même, à cette fin de desservir les défunts du matin en ne laissant pas inutilement s'étioler, sur les sépultures fraîches, tous ces splendides bouquets, toutes ces couronnes, toutes ces roses, dont, par centaines, la piété filiale ou conjugale surcharge quotidiennement les catafalques.

Ces fleurs sont presque toujours oubliées après les ténébreuses cérémonies. L'on n'y songe plus; l'on est pressé de s'en revenir; - cela se conçoit!...

C'est alors que nos aimables croquemorts s'en donnent à cœur-joie. Ils n'oublient pas les fleurs, ces messieurs! Ils ne sont pas dans les nuages. Ils sont gens pratiques. Ils les enlèvent par brassées, en silence. Les jeter à la hâte par-dessus le mur, dans un tombereau propice, est pour eux l'affaire d'un instant.

Deux ou trois des plus égrillards et des plus dégourdis transportent la précieuse cargaison chez des fleuristes amies qui, grâce à leurs doigts de fées, sertissent de mille façons, en maints bouquets de corsage et de main, en roses isolées, même, ces mélancoliques dépouilles.

Les petites marchandes du soir alors arrivent, nanties chacune de sa corbeille. Elles circulent, disons-nous, aux premières lueurs des réverbères, sur les boulevards, devant les terrasses brillantes et dans les mille endroits de plaisir.

Et les jeunes ennuyés, jaloux de se bien faire venir des élégantes pour lesquelles ils conçoivent quelque inclination, achètent ces fleurs à des prix élevés et les offrent à ces dames.

Celles-ci, toutes blanches de fard, les acceptent avec un sourire indifférent et les gardent à la main, - ou les placent au joint de leur corsage.

Et les reflets du gaz rendent les visages blafards.
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RusenRusen   17 janvier 2016
Nous appartenons tous, aujourd'hui, à la grande Famille humaine ; c'est démontré. Dès lors, pourquoi regretter celui−ci plutôt que celui−là ? ...
Concluons : puisque tout s'oublie, ne vaut−il pas mieux s'habituer à l'oubli immédiat ? − Les grimaces les plus affolées, les sanglots, les hoquets les mieux entrecoupés, les hululations et jérémiades les plus désolées ne ressuscitent, hélas ! personne.
Et fort heureusement, même, à la fin ! ... Sans quoi ne serions−nous pas bientôt serrés, sur la planète, comme un banc de harengs ? − Prolifères comme nous le devenons, ce serait à n'y pas tenir.
L'inéluctable prophétie des économistes s'accomplirait à courte échéance ; le digne Polype humain mourrait de pléthore, − et, − les débouchés intermittents des guerres ou des épidémies une fois reconnus insuffisants, − s'assommer, réciproquement, à grands coups de sorties de bal, deviendrait indispensable si l'on persistait à vouloir respirer ou circuler sur ce globe, − sur ce globe où la Science nous prouve, par A plus B, que nous ne sommes, après tout, qu'une vermine provisoire.

(L'appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir)
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Hamsun14Hamsun14   24 juillet 2017
IV

AU BORD DE LA MER


Au sortir de ce bal, nous suivîmes les grèves ;
Vers le toit d’un exil, au hasard du chemin,
Nous allions : une fleur se fanait dans sa main ;
C’était par un minuit d’étoiles et de rêves.

Dans l’ombre, autour de nous, tombaient des flots foncés.
Vers les lointains d’opale et d’or, sur l’Atlantique,
L’outre-mer épandait sa lumière mystique ;
Les algues parfumaient les espaces glacés ;

Les vieux échos sonnaient dans la falaise entière !
Et les nappes de l’onde aux volutes sans frein
Écumaient, lourdement, contre les rocs d’airain.
Sur la dune brillaient les croix d’un cimetière.

Leur silence, pour nous, couvrait ce vaste bruit.
Elles ne tendaient plus, croix par l’ombre insultées,
Les couronnes de deuil, fleurs de morts, emportées
Dans les flots tonnants, par les tempêtes, la nuit.

Mais, de ces blancs tombeaux en pente sur la rive,
Sous la brume sacrée à des clartés pareils,
L’ombre questionnait en vain les grands sommeils :
Ils gardaient le secret de la Loi décisive.

Frileuse, elle voilait, d’un cachemire noir,
Son sein, royal exil de toutes mes pensées !
J’admirais cette femme aux paupières baissées,
Sphynx cruel, mauvais rêve, ancien désespoir.

Ses regards font mourir les enfants. Elle passe
Et se laisse survivre en ce qu’elle détruit.
C’est la femme qu’on aime à cause de la Nuit,
Et ceux qui l’ont connue en parlent à voix basse.

Le danger la revêt d’un rayon familier :
Même dans son étreinte oublieusement tendre,
Ses crimes, évoqués, sont tels qu’on croit entendre
Des crosses de fusils tombant sur le palier.

Cependant, sous la honte illustre qui l’enchaîne,
Sous le deuil où se plaît cette âme sans essor,
Repose une candeur inviolée encor
Comme un lys enfermé dans un coffret d’ébène.

Elle prêta l’oreille au tumulte des mers,
Inclina son beau front touché par les années,
Et, se remémorant ses mornes destinées,
Elle se répandit en ces termes amers :

« Autrefois, autrefois, — quand je faisais partie
» Des vivants, — leurs amours sous les pâles flambeaux
» Des nuits, comme la mer au pied de ces tombeaux,
» Se lamentaient, houleux, devant mon apathie.

» J’ai vu de longs adieux sur mes mains se briser ;
» Mortelle, j’accueillais, sans désir et sans haine,
» Les aveux suppliants de ces âmes en peine :
» Le sépulcre à la mer ne rend pas son baiser.

» Je suis donc insensible et faite de silence
» Et je n’ai pas vécu ; mes jours sont froids et vains ;
» Les Cieux m’ont refusé les battements divins !
» On a faussé pour moi les poids de la balance.

» Je sens que c’est mon sort même dans le trépas :
» Et, soucieux encor des regrets ou des fêtes,
» Si les morts vont chercher leurs fleurs dans les tempêtes,
» Moi, je reposerai, ne les comprenant pas. »

Je saluai les croix lumineuses et pâles.
L’étendue annonçait l’aurore, et je me pris
À dire, pour calmer ses ténébreux esprits
Que le vent du remords battait de ses rafales

Et pendant que la mer déserte se gonflait :
— « Au bal vous n’aviez pas de ces mélancolies
» Et les sons de cristal de vos phrases polies
» Charmaient le serpent d’or de votre bracelet.

» Rieuse et respirant une touffe de roses
» Sous vos grands cheveux noirs mêlés de diamants,
» Quand la valse nous prit, tous deux, quelques moments,
» Vous eûtes, en vos yeux, des lueurs moins moroses ?

» J’étais heureux de voir sous le plaisir vermeil
» Se ranimer votre âme à l’oubli toute prête,
» Et s’éclairer enfin votre douleur distraite,
» Comme un glacier frappé d’un rayon de soleil. »

Elle laissa briller sur moi ses yeux funèbres,
Et la pâleur des morts ornait ses traits fatals.
— « Selon vous, je ressemble aux pays boréals,
» J’ai six mois de clartés et six mois de ténèbres ?

» Sache mieux quel orgueil nous nous sommes donnés
» Et tout ce qu’en nos yeux il empêche de lire…
» Aime-moi, toi qui sais que, sous un clair sourire,
» Je suis pareille à ces tombeaux abandonnés. »

- Conte d'amour
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
A Monsieur le comte d’Osmoy. Le Gardien du Palais−des−Livres dit : "La reine Nitocris, la Belle aux joues de roses, veuve de Papi Ier, de la 10e dynastie, pour venger le meurtre de son frère, invita les conjurés à venir souper avec elle dans une salle souterraine de son palais d’Aznac, puis, disparaissant de la salle, ELLE Y FIT ENTRER, SOUDAINEMENT, LES EAUX DU NIL." MANETHON. Vers 1404 − (je ne remonte si haut que pour ne pas choquer mes contemporains) − Ysabeau, femme du roi Charles VI, régente de France, habitait, à Paris, l’ancien hôtel Montagu, sorte de palais plus connu sous le nom de l’hôtel Barbette. Là se projetaient les fameuses parties de joutes aux flambeaux sur la Seine ; c’étaient des nuits de gala, des concerts, des festins, enchantés tant par la beauté des femmes et des jeunes seigneurs que par le luxe inouï que la cour y déployait. La reine venait d’innover ces robes "à la gore" où l’on entrevoyait le sein à travers un lacis de rubans agrémentés de pierreries et ces coiffures qui nécessitèrent d’exhausser de plusieurs coudées le cintre des portes féodales. Dans la journée, le rendez−vous des courtisans (qui se trouvait proche du Louvre) était la grand’salle et la terrasse d’orangers de l’argentier du roi, messire Escabala. On y jouait sur table chaude et, parfois, les cornets de passe−dix roulaient des dés sur des enjeux capables d’affamer des provinces. On gaspillait quelque peu les lourds trésors amassés, si péniblement, par l’économe Charles V. Si les finances diminuaient, l’on augmentait les dîmes, tailles, corvées, aides, subsides, séquestres, maltôtes et gabelles jusqu’à merci. La joie était dans tous les coeurs. − C’était en ces jours, aussi, que, sombre, se tenant à l’écart et devant commencer par abolir, dans ses Etats, tous ces hideux impôts, Jean de Nevers, chevalier, seigneur de Salins, comte de Flandre et d’Artois, comte de Nevers, baron de Réthel, palatin de Malines, deux fois pair de France et doyen des pairs, cousin du roi, soldat devant être désigné, par le Concile de Constance, comme le seul chef d’armées auquel on dût obéir sans excommunication et aveuglément, premier grand feudataire du royaume, premier sujet du roi (qui n’est, lui−même, que le premier sujet de la nation), duc héréditaire de Bourgogne, futur héros de Nicopolis − et de cette victoire de l’Hesbaie où, déserté par les Flamands, il s’acquit l’héroïque surnom de Sans Peur devant toute l’armée en délivrant la France d’un premier ennemi ; − c’était en ces jours, disons−nous, que le fils de Philippe le Hardi et de Marguerite II, que Jean sans Peur, enfin, déjà songeait à défier, à feu et à sang, pour sauver la Patrie, Henri de Derby, comte de Hereford et de Lancastre, cinquième du nom, roi d’Angleterre, et qui, − lorsque sa tête fut mise à prix par ce roi, − n’obtint de la France que d’être déclaré traître.
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genougenou   20 août 2015
Jeunes gens de France, âmes de penseurs et d’écrivains, maîtres d’un Art futur, jeunes créateurs qui venez, l’éclair au front, confiants en votre foi nouvelle, déterminés à prendre, s’il le faut, cette devise, par exemple, que je vous offre : « Endurer, pour durer ! » vous qui, perdus encore, sous votre lampe d’étude, en quelque froide chambre de la capitale, vous êtes dit, tout bas : « Ô presse puissante, à moi tes milliers de feuilles, où j’écrirai des pensées d’une beauté nouvelle ! » vous avez le légitime espoir qu’il vous sera permis d’y parler selon ce que vous avez mission de dire, et non d’y ressasser ce que la cohue en démence veut qu’on lui dise, — vous pensez, humbles et pauvres, que vos pages de lumière, jetées à l’Humanité, payeront, au moins, le prix de votre pain quotidien et l’huile de vos veilles ?
(Deux Augures)
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Videos de Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Auguste de  Villiers de l'Isle-Adam
Sur Villiers, voici l'émission "Une Vie, une Œuvre », par Gilles Plazy, diffusée le 12 mars 1987 sur France Culture. Invités : Alan RAITT, Michèle GAZIER, Jean Didier WAGNEUR et Jean Louis JACOPIN.
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