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ISBN : 2843100127
Éditeur : Ellug (02/11/1998)

Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
La révolte, c'est celle d'Elisabeth, une jeune femme éprise d'idéal, contre son mari - le bien nommé Félix - dont la bonne conscience et l'égoïsme candide incarnent les principes étriqués et le matérialisme de la vie bourgeoise. C'est pourquoi elle entend rompre, et partir.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Musardise
  02 novembre 2017
Écrite environ dix ans avant Une maison de poupée, La révolte oblige forcément à jeter un oeil en avant. Même milieu bourgeois étriqué, un décor et un nombre d'acteurs resserrés, et, surtout, un sujet identique : une femme mariée qui choisit de tourner le dos à son mari, à son foyer, à son enfant, pour se libérer de l'emprise d'une société qui l'étouffe. En cette fin de siècle, la condition de la femme était un véritable sujet de société (bien qu'Ibsen comme Villiers s'intéresse à l'individu avant toute autre considération), et la réponse ne se fit pas attendre, comme vous l'imaginez bien. Cinq représentations de la révolte , puis on baissa le rideau. Un tel sujet n'était pas tolérable.
Toutefois, La révolte s'écarte d'Une maison de poupée par bien des points, dont deux, essentiellement : le style et l'histoire du personnage féminin. Résumons donc : Élisabeth, 27 ans, est mariée depuis 4 ans et demi (la précision est importante dans ce milieu où tout est comptabilisé) à Félix, 40 ans, banquier. Elle est sa partenaire en affaires ; d'ailleurs, il ne la voit qu'ainsi. Elle est douée pour lui faire gagner de l'argent, il n'a donc qu'à se féliciter de l'avoir épousée, d'autant qu'elle lui sert aussi de garde-fou. Sans elle, il serait peut-être sorti de la légalité... en affaires, s'entend. Or, par une soirée comme une autre (quoique...), voilà qu'Élisabeth, en plein travail d'écritures, annonce à Félix qu'elle le quitte. Jamais elle ne l'a aimé, jamais elle ne s'est sentie sa femme, jamais elle ne s'est sentie en phase avec la société positiviste, matérialiste de son époque. Elle a espéré que le mariage la délivrerait de son corset social, et ce fut tout le contraire. Trois jours après les noces, elle a compris qu'elle ne trouverait pas en Félix ce qu'elle cherche depuis toujours, qu'il l'enfermerait comme sa famille l'a enfermée dans un monde grossier qui ne reconnaît ni la Liberté, ni la Beauté (n'hésitons pas à abuser d'allégories, Villiers nous y invite). Elle a donc préparé sa fuite depuis tout ce temps, comptabilisant chaque sou qu'elle faisait gagner à son mari pour ne pas lui être redevable et accéder à l'émancipation. La pièce débute au moment où elle a gagné exactement la somme dont elle avait besoin, où ses "dettes" sont réglées et qu'elle dispose de l'argent nécessaire à son départ. Explications entre époux. Départ d'Élisabeth et évanouissement de Félix resté seul (ah oui, c'est original, ça, tiens, ça vaut le coup de le noter ! ) Puis retour d'Élisabeth, qui s'est rendue compte que ses rêves se sont depuis longtemps éteints dans le cadre étriqué qui était le sien et qu'il lui est égal de vivre avec ou sans Félix.
Un mot sur le style. On a la nette l'impression d'être immergé dans un drame bourgeois dès le tout début de la pièce, avec des échanges très triviaux entre les personnages, qui ne concernent que l'argent, puis avec l'exposé d'Élisabeth, qui donne un compte-rendu exact de ce qu'elle "doit" à Félix et de ce qui lui appartient, à elle. Puis nous voilà dérivant petit à petit, avec le personnage féminin, vers un langage qui, s'il lui permet d'analyser assez froidement ce que fut sa vie, tâte allégrement du romantisme et du symbolisme. "Science", "Sottise", "Beauté", "Oeuvre", "Bonheur", "Paix", "l'Impérissable" : les allégories fleurissent à profusion dans sa bouche. Aucune ne sera comprise par le très terre-à-terre Félix. de même, le dialogue vire aux monologues lyriques à peine interrompus par un mari qui n'entend goutte à ce qui est dit, revendiqué, déclamé.
On voit donc à quel point le sujet de la pièce dépasse le fait et l'analyse de société. Il est tout de même à noter que l'auteur est allé très loin en faisant dire à son héroïne qu'elle choisit de ne pas d'emmener sa fille avec elle parce que celle-ci lui est complètement étrangère, qu'elle ne ressent aucun amour maternel pour elle. C'est qu'il fallait oser ! Néanmoins, au-delà de la tentative d'émancipation d'une épouse et d'une mère dans le contexte de la bourgeoisie de la seconde moitié du XIXème siècle, qui emprisonne les femmes dans leur foyer, on a affaire ici à un véritable manifeste pré-symboliste (ou d'un romantisme tardif), qui dénonce le matérialisme d'une société sans idées, sans rêves, sans beauté, qui derrière le mot "Liberté" entrevoit tout juste quelques escapades à la campagne. Une société aux conventions qui érigent l'argent, l'hypocrisie, la bassesse en valeurs positives. Et ce cri poussé par Élisabeth se terminera par un aveu d'échec : c'est tout de suite qu'il lui aurait fallu se révolter. Car à trop préparer son émancipation, elle est devenue elle aussi une comptable, tout ce qui faisait d'elle un être à part ayant été comme absorbé par un environnement qui contamine et auquel on n'échappe pas si l'on s'y laisse aller trop longtemps.
Le sujet est passionnant. Pour autant, je ne suis pas très à l'aise avec cette écriture, voire avec la forme dramatique, qui est celle choisie par Villiers de l'Isle-Adam. Malgré le court format de la pièce, tous ces monologues usant d'allégories m'ont un peu fatiguée et j'aurais sans doute bien mieux accroché à une nouvelle, par exemple. Vous me direz qu'il exista quelques romanciers et novellistes, ne serait-ce qu'en France, qui ont traité brillamment de sujets assez proches et que la confrontation directe avec un public valait peut-être le coup d'essayer la représentation sur scène. Pourquoi pas, en effet ? Pourtant, malgré tout l'intérêt que je peux lui porter et, qu'à mon sens, elle mérite, ce n'est pas une pièce que j'ai envie de voir jouer.

Challenge Théâtre 2017-2018
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colimasson
  09 janvier 2014
La Révolte de Villiers de l'Isle-Adam survient en 1870. L'auteur, jusqu'alors réputé pour ses compositions qui oeuvrent plutôt dans le style romantique, passe sans crier gare au réalisme. le romantisme de l'amour partagé devient romantisme de l'amour pour soi, ses ambitions et ses idéaux. D'un côté se trouve Félix, riche banquier pour qui toutes les affaires réussissent depuis qu'il a eu la bonne idée de se marier. de l'autre côté se trouve ladite épouse, Elisabeth, excellente comptable, laborieuse, sans coquetterie et pas frivole pour un sou, qui passe ses journées penchée sur des livres de compte depuis le jour où elle s'est mise en ménage. On ne précisera pas à qui profite le plus cette union. Tout n'est cependant pas perdu car Félix sait reconnaître, en des termes certes maladroits, les grandes qualités dont fait preuve son épouse :

« Comme tenue des livres, tu es un excellent comptable ; comme femme, il paraît que tu es très bien et point bête, ce qui est quelque chose. Enfin, comme caractère laborieux, tu passes mes espérances. […] Et, si j'ai triplé ma fortune, je puis bien dire que c'est grâce à toi. »

Oui, mais Elisabeth ne veut plus ressembler à ce portrait. Alors que leur fille dort dans sa chambre, elle revendique, sans élever la voix, son droit de claquer la porte du foyer et de s'en aller vivre dans la campagne. On imagine mal cette femme de tête s'empêtrer dans les terres boueuses des forêts, vivant sans le moindre confort, sans le moindre appui matériel et sans le moindre soutien affectif, mais sa révolte germait en elle depuis si longtemps qu'elle éclate avec toutes les disproportions d'une frustration difficilement contenue. L'homme, qui se croyait alors maître en sa demeure, se fait écraser par son épouse sans le moindre honneur. Et de larmoyer sur l'avenir de ses affaires et sur l'avenir de leur enfant –sans jamais, pragmatiquement, évoquer leur amour-, tandis qu'Elisabeth se dévoue tout entière à son rêve, déployant une richesse de verve sans égal lorsqu'il s'agit d'imaginer la vie qui l'attend, et ne lâchant que quelques froides paroles à celui qui l'a détruite: « Et vous ne sauriez vous figurer cependant, monsieur, l'indifférence que vous m'avez toujours inspirée ».

La séparation traîne et semble devoir n'être qu'un long dialogue. Mais enfin, la rupture survient. Entre le premier et le deuxième acte, Elisabeth abandonne l'époux, le foyer et l'enfant. le deuxième acte sera d'un réalisme encore plus glaçant. La Révolte revendiquée dans le titre n'est pas seulement celle d'une femme rejetant la sécurité familiale et matérielle mais aussi celle d'un auteur rejetant l'assurance d'une gloire formatée. Sa pièce ne fut représentée que cinq fois, le temps de s'attirer les défaveurs des critiques et l'incompréhension de tous. En marge de sa pièce, Villiers de l'Isle-Adam écrivit une réponse qui fait aujourd'hui office de préface à la Révolte. le morceau pourrait faire partie intégrante du spectacle. Presque aussi long que la pièce, il semble la couver et lui insuffler sa première substance.

« Aujourd'hui, le Théâtre aux règles posées par des hommes amusants […] tombe de lui-même dans ses propres ruines, et nous n'aurons malheureusement pas grands efforts à déployer pour achever son paisible écroulement dans l'ignominie et l'oubli. On y assiste, on rit, mais on le méprise. On dit de ce qu'il enfante : « C'est un Succès » - le mot GLOIRE ne se prononce plus. »

Avec sa Révolte, Villiers de l'Isle Adam n'obtint si l'un, ni l'autre, et ce n'est pas aujourd'hui que changera cette situation. Son réalisme extralucide est devenu banal ; son romantisme égoïste s'appelle maintenant individualisme. Avec ses phrases taillées à la serpe, Villiers de l'Isle Adam nous renvoie le reflet d'une tendance contemporaine qui ne surprend plus. Quoi qu'aient pu dire ses détracteurs, sa Révolte est passée dans les moeurs.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   06 novembre 2017
ELISABETH : Je veux vivre ! Entendez-vous, insensé que vous êtes ! Vous ne comprenez pas cela, vous, qu'on puisse raisonnablement vouloir vivre ? Enfin ! J'étouffe ici, moi ! Je meurs de mon vivant ! J'ai soif de choses sérieuses ! Je veux respirer le grand air du ciel ! Emporterai-je vos billets de banque dans la tombe ? Combien croyez-vous donc qu'on ait de temps à vivre ? (Un silence ; puis, pensivement) Vivre ? ... Est-ce même là ce que je désire ? Ce que je puis désireraujourd'hui ?... — Un amant. disiez-vous ? ... Hélas, non ! Je n'en ai pas, je n'en aurai jamais ! J'étais faite pour aimer mou mari, entendez-vous ? Je ne lui demandais qu'une lueur d'humanité !... Aujourd'hui, ne comprenez-vous pas que c'est fini, et que l'orgueil de l'amour s'est éteint dans mes veines ?... Que je ne puis revenir sur mes pas? Que vous m'avez pris, comme rien, à moi stupide et dans l'angoisse, tout ce que j'aurais voulu donner, oh ! follement ! et pour toujours ! Et sans regrets ? Je ne vous souhaite pas de vous douter jamais de ce que vous avez perdu !... Vous êtes comme un juif aveugle qui a laissé tomber ses pierreries sur le chemin.
FELIX (la regardant avec inquiétude, à part) : Je la crois atteinte !... (Haut, d'un ton lent et glacial) Voyons, voyons, calme-toi ! .... Ce sont des mots, tout cela, vois-tu. Il ne faut pas, comme cela, se monter la tête avec des phrases... Si tu allais un peu dormir, hein ? ... C'est une idée, cela ?...
ELISABETH (impassible) : Des mots ?... Et avec quoi voulez-vous que je vous réponde ?... Avec quoi me questionnez-vous ... Je n'entends sonner que l'argent dans vos paroles : si les miennes sont plus belles et plus profondes, plaignez-moi ! C’est un malheur irréparable, mais, enfin, c'est ma manière de parler. Et puis, qu'importe cela, désormais ! Nous avons raison tous les deux, vous dis-je ! Mais il ne s'agit plus seulement d'avoir raison ici ! Je sais bien que ce sont «des mots » pour vous, l'immense désir d'aimer, au moins, la lumière et la splendeur du monde, lorsqu'on ne peut plus rien aimer socialement, pas même le lucre !... Je sais bien que cela vous fait hausser les épaules, l'espérance, le soir et la solitude auprès d'une belle jeune femme silencieuse !... Je sais bien que le mystérieux univers ne fera naître éternellement sur vos lèvres qu'un sourire frais et reposé (car rien ne fut jamais triste ou mystérieux pour vous, même la Science, ni même la Mort !) Je sais bien qu'en esprit éclairé, vous ne dédaignez pas, « une fois le temps », l'espace, le vent de la haute mer. Les rochers, les arbres des montagnes, le soleil, les bois, l'hiver et la nuit. Et les cieux étoilés, si toutefois il est encore, pour vous, des cieux ! Vous trouvez cela « poétique » ? Vous appelez cela « la campagne » ? Moi, j'ai une autre façon de regarder ces choses ! Et comme le monde n'a de signification que selon la puissance des mots qui le traduisent et celle des yeux qui le regardent, j'estime que considérer toutes choses de plus haut que leur réalité, c'est la Science de la vie, de la seule grandeur humaine, du Bonheur et de la Paix.

Scène I
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MusardiseMusardise   01 novembre 2017
FÉLIX (après un grand silence) : Quelle heure ?
ELISABETH : Très tard.
FÉLIX (très froidement) : Déjà minuit ? (II remonte la lampe en clignant des yeux.) Diable de lampe ! qu‘est-ce qu'elle a donc ce soir ?... On n'y voit pas !... Baptistin !... François !... François !
ELISABETH (reprenant sa plume) : Comme ils étaient fatigués, je leur ai dit qu'ils pouvaient monter dans leur chambre.
FÉLIX (entre les dents) : Fatigués !... fatigués !... Eh bien ! et nous ? Tu t'en laisses imposer, ma chère amie. Ces gaillards-là ne valent pas la corde pour les pendre. Ils abusent. (Il se lève et allume un cigare à un candélabre sur la cheminée; puis, le dos au feu. les basques relevées sur les mains, il fume.) Ils abusent. D'ailleurs, assez pour aujourd'hui... tu te feras mal.
ELISABETH : (souriante) Oh ! vous êtes trop bon...
FÉLIX (lent et glacial) : As-tu fait passer les quittances Farral, Winter et Cie ?
ELISABETH (tout en écrivant) : Les reçus en sont épinglés, deuxième tiroir, à la caisse.
FÉLIX : Et l'assignation Lelièvre ?
ELISABETH : Insolvables. Ce sont de pauvres, de très pauvres gens.
FÉLIX (secouant la cendre de son cigare) : L’immeuble vaut toujours bien quelque chose.
ELISABETH (après un instant) : En ce cas, expédiez vous-même l’ordre d'assignation.
FÉLIX (d'un ton léger) : Hein ?... (A part : ) Ah oui !... l'attendrissement ? Pas de ça !... (Haut : ) Écoute, il faut des yeux secs pour y voir clair, en affaires. Si nous attendons l'expropriation, nous ne serons payés qu'au prorata.
ELISABETH (un peu moqueuse) : Ce serait horrible, il est vrai.
FÉLIX : Oui... au prorata! au prorata des dividendes !... après homologation du concordat !... et cætera ! et cætera ! et cætera !... Comprends-moi bien, mon enfant, je n'actionne impitoyablement ces pauvres Lelièvre que par principe. Je puis pleurer sur leur sort, mais, sarpejeu ! il faut être sérieux en affaires !...

Scène I
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MusardiseMusardise   05 novembre 2017
ELISABETH (feuilletant les papiers d'un portefeuille) : Oh ! l'air que j'ai, moi, monsieur, ne signifie jamais rien. (Après un court silence et d'une voix brève ) Voici le compte exact de votre fortune, triplée, en effet, depuis quatre ans et demi... soit un million deux cent soixante-dix mille francs. J'ai gagné, personnellement, sur cette somme, cinquante mille deux cent quatre-vingts francs, représentant les commissions dont ci-joint les notes détaillées, non compris mes appointements, à dix heures de travail, chaque jour (le dimanche excepté), depuis quatre ans et sept jours, dont voici le compte - sans intérêts. La loi vous donne droit, à titre de chef de la communauté, aux deux tiers de ces bénéfices et rémunérations. Soustraction faite, il me reste trente-deux mille francs, moins seize francs trente centimes, que voici (elle pose quelque argent sur la table.) Ce porte-monnaie contient environ deux cents francs. Il me vient d'autrefois. C'est ma bourse de jeune fille. Elle est en dehors de ma dot : c'est un bien dont le Code civil m’octroie l'administration. Je puis donc vous paver avec ceci l'excédent des trente-deux mille francs... si vous voulez bien le permettre, monsieur.
FELIX : Que signifie ?... Perds-tu le sens commun ?...
ELISABETH (d'un ton coupant et bref) : Quant au prix de mes vêtements, en voici le détail, déduit et soldé depuis quatre ans et cinq mois : dix-huit cent dix-sept francs juste. Je vous ferai observer que la loi vous a obligé à m'abriter et me nourrir, depuis le jour où vous m'avez mis au doigt cet anneau. (Elle ôte son alliance et la pose sur la table sans affectation.) Les dentelles, les diamants de ma corbeille de noces et les autres bijoux sont en haut, dans mon secrétaire. En voici le relevé, lié à la clef de ma chambre. (Elle pose la clé sur la table.) Ma dot vous appartient de droit : n'en parlons plus. Ces deux cent mille francs serviront, je pense, à l'éducation et au mariage de votre fille, de l'enfant que je vous ai donnée, et que la loi. constamment prévoyante, ne me permet pas d'emporter avec moi. Gardez-la. Je l'ai embrassée ce soir, pour la dernière fois sans doute, en la couchant dans son berceau.

Scène I
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colimassoncolimasson   21 janvier 2014
ELISABETH : […] A cause de cette nature malheureusement exceptionnelle peut-être, mais qui était en moi et dont personne ne daignait tenir compte, j’éprouvais pour ce que la plupart des gens nomment aujourd’hui la « vie réelle » et soi-disant « pratique », -vous comprenez ? …- un éloignement si profond, un dégoût si terrible, si éternel, que je baissais la tête, silencieusement. […] Et toutes les fois qu’une impression, qu’une simple idée me semble belle, m’élève au-dessus de la vie et me fait oublier mes servitudes et mes soucis, je donnerai toujours tort au fait qui se permettra de vouloir en démentir la réalité, quelque spécieux que puisse paraître ce fait. Et cela, simplement parce que, existence pour existence, en ce monde, en cette bonne réalité à trois-cent soixante-cinq jours par an, tenez, je crois qu’il vaut encore mieux être dans les nuages que dans la boue, quelle que soit l’épaisseur et la solidité de cette dernière.
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colimassoncolimasson   30 janvier 2014
FELIX : […] Tu m’oublies ? Soit ! Mais, et tes devoirs de mère ? … Tu me parles de grands arbres, de compagnons du soir ! … Et ta fille ? Voilà, voilà ton vrai compagnon du soir, entends-tu ? … Tu dois l’élever ! lui inculquer l’amour filial, lui enseigner ce qu’une femme doit savoir, la tenue des livres, les notions saines, la vie utile et active !... Tu peux même lui apprendre ses patenôtres : je te le permets. – Oui, oui.
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Videos de Auguste de Villiers de l'Isle-Adam (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Auguste de  Villiers de l'Isle-Adam
Sur Villiers, voici l'émission "Une Vie, une Œuvre », par Gilles Plazy, diffusée le 12 mars 1987 sur France Culture. Invités : Alan RAITT, Michèle GAZIER, Jean Didier WAGNEUR et Jean Louis JACOPIN.
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