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André Malraux (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070302857
128 pages
Éditeur : Gallimard (30/09/1970)

Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes)
Résumé :
«"Tout s'est éteint, flambeaux et musiques de fête..." Voici donc ces poèmes séparés d'une légende qui les enrobait. Peu importe une légende, quand elle ne défigure pas les œuvres. Celle-là les a plus que défigurées. Mais autant en emporte la vie : le seul portrait ressemblant qui restera de Louise de Vilmorin sera bientôt celui qu'apporte le livre de son frère André. Déjà la légende se retire, comme la mer.
La clef de Louise de Vilmorin n'était pas dans une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Carciofi
  25 septembre 2018
Délicieux
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
NuitDeChineNuitDeChine   14 avril 2014
Plus jamais.

Plus jamais de chambre pour nous,
Ni de baisers à perdre haleine
Et plus jamais de rendez-vous
Ni de saison, d’une heure à peine,
Où reposer à tes genoux.

Pourquoi le temps des souvenirs
Doit-il me causer tant de peine
Et pourquoi le temps du plaisir
M’apporte-t-il si lourdes chaînes
Que je ne puis les soutenir ?

Rivage, oh ! rivage où j’aimais
Aborder le bleu de ton ombre,
Rives de novembre ou de mai
Où l’amour faisait sa pénombre
Je ne vous verrai plus jamais.

Plus jamais. C’est dit. C’est fini
Plus de pas unis, plus de nombre,
Plus de toit secret, plus de nid,
Plus de lèvres où fleurit et sombre
L’instant que l’amour a béni.

Quelle est cette nuit dans le jour ?
Quel est dans le bruit ce silence ?
Mon jour est parti pour toujours,
Ma voix ne charme que l’absence,
Tu ne me diras pas bonjour.

Tu ne diras pas, me voyant,
Que j’illustre les différences,
Tu ne diras pas, le croyant,
Que je suis ta bonne croyance
Et que mon coeur est clairvoyant.

Mon temps ne fut qu’une saison.
Adieu saison vite passée.
Ma langueur et ma déraison
Entre mes mains sont bien placées
Comme l’amour en sa maison.

Adieu plaisirs de ces matins
Où l’heure aux heures enlacée
Veillait un feu jamais éteint.
Adieu. Je ne suis pas lassée
De ce que je n’ai pas atteint.
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NuitDeChineNuitDeChine   14 avril 2014
La maison des enfants.

La maison des enfants
Est livrée au grand vent
Leurs chambres sont désertes.
Le grand vent du matin
Ne dénoue au jardin
Nul ruban de soie verte.

Plus de mots hésitants
Et plus de compliments
Au midi de ma fête
Et plus de petits pas,
Plus de secrets tout bas
Ni de cris à tue-tête.

Loin de moi grandissez
Enfants de mon passé
Qui vivez en voyage,
Puis venez à mon cœur
Fontaine de mes pleurs
Y puiser votre image.

Usez de mon amour.
Votre jour est toujours
L’objet de mon envie.
Revenez à mes bras,
Ne vous éloignez pas
Du sein de votre vie.

Êtes-vous nés trop tôt
Rires de mes berceaux
À l’âge du quadrille ?
Êtes-vous nés trop tard
Enfant de mes hasards,
Enfants petites filles ?

Le jardin est pareil,
L’abeille et soleil
Y font leur course à l’aise,
Mais sous les hauts sapins
Plus de jeux anciens
Plus de chansons Françaises.

Plus de baisers le soir
Ni de peur dans le noir
Où vient rôder le diable,
Plus de jouets cassés,
Plus de genoux blessés
Ni de châteaux de sable.

Enfants, c’est mon passé
Passé que vous bercez
Au jardin de Verrières,
Car je riais aussi
Sous l’arbre que voici
Et que planta mon père.

Les jours sont abîmés.
Aurais-je trop aimé
Le pas qui déconcerte ?
Je suis seule à présent
Voyageuses enfants
Devant la porte ouverte.
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NuitDeChineNuitDeChine   14 avril 2014
Habillée au goût du bonheur.

Habillée au goût du bonheur
Elle traversa mes années
Sans jamais parler du bonheur.
Et le soir cheminant l’allée,
Cheminant les sentiers des lièvres,
Elle disait de petits mots
Qui s’en allaient hors de ses lèvres
Comme l’eau frisée du ruisseau
Qui coupait en deux nos journées.

Passant le pont, penchée vers l’eau,
Penchée vers l’eau que disait-elle ?
« Tous les oiseaux battent de l’aile
Quand le courant tire le ciel.
Chaque poisson est un oiseau
Tombé d’amour, tombé à l’eau
Pendant les messes de Noël. »

Habillée au goût du bonheur
Elle traversait la prairie
En berçant un bouquet de fleurs,
Un bouquet de Vierge Marie
Qui était lourd comme un enfant.
Enfant fleuri en ses bras blancs,
Petites filles endormies
Qu’elle apportait à la maison,
Amour en chapeau de prairie
Aux couleurs de chaque saison.

En traversant notre prairie
Elle disait, berçant les fleurs :
« Les moutons de la bergerie
Ont fui les armes du malheur
Et moutonnent au ciel d’orage.
Dès que s’annonce le danger
Chaque mouton devient nuage,
Nuages de moutons légers
Partis au vent, haut sur la côte,
Lorsque s’éloigne le berger
Pour la messe de Pentecôte. »

Habillée au goût du bonheur,
Elle s’en fut de mes années
Chantant les vêpres sur mon cœur.
Vêpres par l’amour encensées,
Cantique traversé d’oiseaux,
Moutons en sa tête envolée,
Poissons des cieux tombés à l’eau
Naviguaient le ruisseau des pleurs
Quand s’en allait ma bien-aimée,
Un baiser en sa main fermée,
Sans m’avoir parlé du bonheur.

Chantant vêpres à petits mots,
Elle disait, quittant ma vie :
« Les étoiles des étés chauds
Sont des demoiselles pâlies
Qui désertèrent leur pâleur.
Amantes en lueur parties,
En étoiles filant ailleurs
Dès que l’amour clôt leurs paupières
Et va surprendre les prières
Aux vêpres de la Chandeleur. »
+ Lire la suite
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JcequejelisJcequejelis   16 novembre 2012
La solitude est verte.

•Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons
•La solitude est verte en des landes hantées,
•Comme chansons du vent aux provinces chantées
•Comme le souvenir lié à l'abandon.

La solitude est verte.
•Verte comme verveine au parfum jardinier
•Comme mousse crépue au bord de la fontaine
•Et comme le poisson messager des sirènes,
•Verte comme la science au front de l'écolier.

La solitude est verte.
•Verte comme la pomme en sa simplicité,
•Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,
•Verte comme tes yeux de désobéissance,
•Verte comme l'exil où l'amour m'a jeté.

662 - [Le Sable du sablier, Poésie/ Gallimard n° 61, p. 63]
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MacabeaMacabea   06 octobre 2016
Solitude, ô mon éléphant
Louise de VILMORIN
Recueil : "Solitude, ô mon éléphant"

Je ne suis plus là pour personne,
Ô solitude ! Ô mon destin !
Sois ma chaleur quand je frissonne,
Tous mes flambeaux se sont éteints.

Tous mes flambeaux se sont éteints,
Je ne suis plus là pour personne
Et j’ai déchiré ce matin
Les cartes du jeu de maldonne.

Solitude, ô mon éléphant,
De ton pas de vague marine
Berce-moi, je suis ton enfant,
Solitude, ô mon éléphant.

Couleur de cendres sarrasines,
Le chagrin me cerne de près,
Emmène-moi dans la forêt
Dont les larmes sont de résine.

Si j’évite la mort, c’est que je veux pleurer
Tout ce qui me fut proche et ce qui m’a leurré.
Allons dans la forêt sous la sombre mantille
Que trame de tout temps la vertu des aiguilles.

Je ne veux plus revoir dans l’océan du ciel
La lune voyager en sa blondeur de miel,
Ni sa barque en croissant me priver d’une idylle
Qu’elle emporte à son bord parmi d’autres cent mille !

1972
+ Lire la suite
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Videos de Louise de Vilmorin (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louise de Vilmorin
Louise de VILMORIN – Une Vie, une Œuvre : 1902-1969 (France Culture, 1994) Émission "Une Vie, une Œuvre", par Blandine Masson, diffusée le 8 décembre 1994 sur France Culture. Invités : Guy Beart, Yves Builly, Bicot Colcombet, Jean Bothorel, Renaud Machart et Jean Chalon.
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