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ISBN : 2357071338
Éditeur : La Fosse aux Ours (23/08/2018)

Note moyenne : 4.35/5 (sur 13 notes)
Résumé :
DE L'USURE. DES QUESTIONS. DES MATINS sans lumière. Des journées qui s'empilent comme des mauvais Lego. Nos yeux se rapprochent du sol. Parfois nos bouches restent closes et le silence court comme une petite lame de rasoir sur la langue que nous inventions. Nous en perdons l'usage, jusqu'au lendemain, quand un nouveau soleil grimpe encore sur les troncs. On se mouche. On s'embrasse. Il fait trop froid pour ne pas mettre un pantalon. La course recommence. Le bébé ple... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  07 février 2019
Admirer l'aube naissante. Boire à grandes goulées la pluie qui tombe. Ressentir le souffle du vent.
Caresser l'ombre de la nuit. Boire le bleu du ciel. Butiner le soleil. Saupoudrer de nuage.
Écouter les premiers pas dans l'escalier. Plonger le sucre tête la première dans le café noir. Murmurer trois notes de musique.
Rattraper la vie qui galope. Le temps qui déraille. Suspendre l'instant présent.
S'asseoir au bord du temps, les pieds dans le vide...
Susurrer les mots. Cajoler le moment. Simplement profiter, s'émerveiller.
Plonger la main dans ses petits riens. Fragiles. Cotonneux. Nostalgiques.
Regarder la vie passer avant qu'elle nous échappe...
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fanfanouche24
  07 octobre 2018
"Comme on ferme les yeux
Je voudrais garder quelque chose de ce que je vis. Garder quelque chose
de Maintenant . D'aujourd'hui. de ce moment. le temps est en sable. (...)
Je sais que je vais tout perdre. On finit toujours par perdre ces
Maintenant. (...) Je voudrais juste en garder quelque chose. Quelque chose
de vivant. Autre chose que la conscience que j'en ai. Autre chose que la
chose que la peur de le perdre. C'est la raison pour laquelle j'écris
ces mots. Ce n'est pas de la littérature. C'est de l'amour. J'écris comme
on ferme les yeux en embrassant quelqu'un. "(p. 16)
Les rencontres avec certains livres tiennent parfois juste du miracle, du
texte qui va nous sauver du trop gros chagrin, risquant de nous étouffer ou
de nous faire basculer ! pour ce recueil de courts textes poétiques , c'est le cas...il m'a consolée...
J'ai découvert avec enchantement et émotion la prose de Thomas Vinau
avec le "Camp des autres", et ce week-end, je me suis retrouvée à Niort, la capitale de la Venise verte, avec des amis...pour m'échapper d'un départ d'un proche , trop brutal...Un homme étonnant pour lequel je
travaillais depuis quelques années...une complicité, et une affection qui vont me manquer terriblement. Comme me l'a rappelé très justement un de ses fils d'après la propre philosophie paternelle, résolument
optimiste : ne regrettons pas ce que nous avons perdu, mais seulement se réjouir de la chance de l'avoir eu un moment....
Me promenant dans la très jolie ville de Niort, je n'ai pu résister à aller fouiner dans la grande librairie de la ville, "La Librairie des Halles"; envie subite de voir si ils possédaient dans leur fonds 'autres textes
de Thomas Vinau... Non seulement je suis tombée sur ce dernier texte publié et sur un jeune libraire, enthousiaste de la prose lumineuse de cet écrivain toulousain...
Je l'ai lu immédiatement, entre bouffées d'air dans la belle campagne, les échanges et papotages avec les amis..et ces mots réconfortants...
.L'impression de retrouver un frère ou un "faux jumeau" de Christian Bobin... "faux", car même si ce qui les fait vibrer tous les deux est très proche... leur musique, leur style a une tonalité originale et toute personnelle....
L'émerveillement de l'instant, des choses les plus humbles de notre quotidien, que nous regardons négligemment, le temps qui passe, la vie des êtres , si fragile...la faculté de remercier le fait tout simple
d'EXISTER...
"Combien de couleurs, de matières, de formes et de sensations se tiennent ensemble à travers le simple espace d'une fenêtre dans un unique instant ?
Le monde est impossible à épuiser. "(p. 18)
Ce recueil de proses mélodieuses m'ont fait chaud au coeur...redonné un peu de courage... Je vais continuer ma lecture assidue de ce styliste et poète humaniste...qui ouvre, embellit les horizons les plus
anodins...une sublime célébration de la vie et de la tendresse vers tous les autres vivants...ainsi que des fulgurances sur les éclats de bonheur générés par la paternité ...!
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coco4649
  26 août 2018
 
 
Recueil de textes courts. Des poèmes en prose
« mélancomineux » à la fois mélancoliques et
lumineux.
Des histoires quotidiennes d'amour, de soirs,
de matins, de ciel gris, de merveilles ordinaires.
« Fourmis sur notre bouchon de fortune » nous
savons ce que veut dire " nous ".
Et puis ce texte, au suspens insoutenable,
où l'humour, concerne, au final, un petit
bijou « fientesque ».
L'air de rien, Thomas Vinau, nous Dit les choses,
les Êtres.
Cet auteur me fait penser à cette formule de vie
légère et profonde :
    « Une fenêtre,
    «Un souffle,
    «La vie,
    «Le rêve se prolonge…

Ainsi :
" du bleu plein les doigts
Crépuscule jaune. Grosse averse. le brouhaha de
l'eau sur les tuiles et sur les feuilles. Puis le silence.
La lumière qui éclate. Les verts gorgés de l'herbe
et des taillis. le ciel rempli de bleus. J'imagine un
peintre, de la peinture plein les vêtements, les
doigts, le nez, le visage.
p.11

" Comme on ferme les yeux
Je voudrais garder quelque chose de ce que je vis.
Garder quelque chose de Maintenant. D'aujourd'hui.
De ce moment. le temps est en sable. le ciel a une
couleur de brique. Nous sommes un soir d'été.
[…]
                    Quelque chose de vivant.
Autre chose que la conscience que j'en ai. Autre
chose que la peur de le perdre. C'est la raison pour
laquelle j'écris ces mots. Ce n'est pas de la litté-
rature. C'est de l'amour. J'écris comme on ferme les
yeux en embrassant quelqu'un.
p.16

" le mystère
Le monde est complexe. D'une perversion folle et
d'une   simplicité  qui  frôle  le  métaphysique.
Objectivement je peux passer plusieurs heures à
me demander si les volets délavés de cette vieille
maison en ruine en face de ma fenêtre sont faits
pour, étant clos, découper des tranches de lumière
comme du jambon rosé par les interstices émaillés
des petits panneaux de bois qui les composent, ou,
au contraire, si leur fonction principale ne serait
pas, étant ouverts et battant aux quatre vents, de
laisser monter l'ombre magistrale de l'immense
cyprès sur les murs orphelins de la chambre aban-
donnée. Voilà presque une heure quarante-trois
minutes de passé et le mystère reste entier.
p.20

" Nous
Dire la glace sur ta joue. Nos discussions et nos
partages. Mes colères ridicules. Nos petits riens.
Nos pieds sales. Tes danses sauvages. Dire le vent
dans les arbres. Et les jets d'eau. Et les moineaux
qui s'y baignent. Et la lumière sur les pierres de la
terrasse. Dire les jouets qui ruminent à l'ombre. Le
Polux à roulettes. le ballon Spiderman. le Tigrou
dans la poussière. Dire les araignées. Les plantes
grasses qui tombent. Nos orteils dans les mau-
vaises herbes. La piqure de moustique qui trône
entre tes seins. Puisque Avoir c'est Perdre et que
le temps est un menteur, je note les éclats de rire,
les tomates-cerises, les gouttes de sueur. Nous
n'avons pas peur de la peur. Nous bricolons à
petits pas. Nous sommes fourmis dans le broyeur
et peut importe où va l'égout. Sur notre bouchon
de fortune, nous savons ce que veut dire nous.
Nous plaignons ceux qui ne savent pas.
p.23

" Ablutions
La terre craque. Horizon courbature. Les arbres
tout hurluppés se rincent les pieds dans la lumière
glacée. Grandes brassées froides de rayons sur les
boursoufflures du visage. Une flopée d'oiseaux se
brossent les nuages. Fard à grisaille au bord du
ciel. du sent-bon pour les yeux. Elle se trouve
toute ma foutue ce matin. Ce qui est vrai. Ce qui
ne l'empêche pas d'être belle.
p.27

" le bijou
Qu'elle était belle. Ronde et brillante. Pas plus
grosse qu'une perle noire. Gardant en son ex-
trémité une légère pointe blanche. Comme un oeil
trop espiègle qui regarde ce que tu es. Elle était là.
À n'attendre personne. À ne rien demander.
Minuscule. Sur la terrasse. Dans un soleil de fin de
journée. Sertie de miel. Cristallisée. On aurait pu
la manger. En faire un bijou. Un cadeau impérial.
Qu'elle était belle. Ronde et brillante. Cette
petite chiure d'oiseau toute sèche dans un soleil
de fin de journée.
p.31

" Marcher contre le vent
Marcher contre le vent. Plus ou moins droit. Plus
ou moins régulier. Jusqu'au rose viande des
oreilles. Poncer quelque chose de soi dans de
grands frottements métalliques de glace et de ciel.
Raboter ses humeurs à l'air libre. Desquamer la
camarde dans les vacarmes de la lumière. Finir par
s'installer bien au chaud à l'intérieur de soi. Entre
des couches et des couches de silence.
p.70

" Laisser fondre
… Penser que la clarté est un hamac tendu
entre hier et demain. L'essayer.
p.71
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eprisedeparoles
  02 septembre 2018
Première petite perle de la rentrée littéraire. Je découvre, à travers la plume sensible de Thomas Vinau, la célébration du quotidien et de la banalité trop souvent dénigrés et dépouillés de leur dimension assurément poétique. L'auteur nous jette dans le tourbillon d'un prosaïsme passionné qui donne envie de s'arrêter et d'observer chaque tranche de vie, de se délecter d'un simple geste, d'un mot, d'un sourire. C'est tout doux, et ça fait du bien !
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Antoine_Libraire
  09 décembre 2018
Est ce la beauté des petites choses que nous raconte Thomas Vinau, ou la capacité perdue pour beaucoup de la voir ? Que l'on repense au gosse que nous étions et à la joie que nous procurait une feuille en automne, sa couleur et sa forme nous invitant à la contemplation, et nous voilà face à ce talent.
Thomas Vinau n'a rien perdu de ce « pouvoir », et ses yeux d'adulte, loin de le priver, semblent lui permettre de multiplier ces expériences.
Ou alors peut être est ce la paternité qui invite les plus chanceux d'entre nous à redécouvrir ce qui s'offre à nos regards. La beauté bien sur, les bonheurs qui surgissent dans une tasse de café, la mélancolie aussi, le temps qui passe.
L'auteur, par des textes courts où le banal se mêle de poésie, nous offrent des scénettes invitant à la pause, à suspendre quelques secondes la course qui nous mène à la prochaine urgence.
Si cette accalmie est à la portée de tous et toutes, il fallait le talent de Thomas Vinau pour l'écrire et et le faire ressentir.
Une écriture pleine et généreuse, sans effet de manche, poétique.
Ce recueil se lit avec délice, texte après texte ou en l'ouvrant au hasard. C'est touchant, drôle, mélancolique, ne se lit pas forcément le lundi.
Ouf !
Lien : https://bonnesfeuillesetmauv..
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Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   13 février 2019
Les étoiles sont déjà mortes quand leur lumière atteint nos yeux. Je me la répète parfois. Pas souvent. C'est comme regarder un vieux film super 8 sur un parent disparu. Il y a de la nostalgie là-dedans. De la douceur résignée. Une forme de paix après la tempête. Une envie de jus de tomate aussi. D'aller asseoir son cul sur le perron en sirotant un jus de tomate. De garder le goût dans la bouche. De sentir la pierre sous les fesses. De rester là. À se regarder disparaître. À devenir un souvenir de la lumière.
+ Lire la suite
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marina53marina53   13 février 2019
La vie se lève dans les feuilles qui tombent.
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marina53marina53   12 février 2019
L'idée de l'écharpe toute douce que ça ferait de se tricoter les nuages du ciel.
Commenter  J’apprécie          272
marina53marina53   12 février 2019
Vieillir, c'est savoir que ça vaut le coup d'essayer.
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marina53marina53   10 février 2019
Le crépuscule a mis du temps à s'en aller ce soir. Il a traîné ses pieds de lumière sale sur les choses un bon moment et, lorsque je suis sorti sur le perron aux alentours de vingt-deux heures, il était encore là à flotter sur le contour des arbres. J'ai fumé une cigarette avec lui en ne parlant de rien. Puis il s'est éclipsé dans un coassement de crapaud.
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Vidéo de Thomas Vinau
Une lecture de Thomas Vinau.
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