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Critiques sur Le camp des autres (84)
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rabanne
  02 juin 2018
Encore un roman-fable ?! Encore la fugue d'un enfant, en danger, et de surcroît martyrisé ?...
Non, il s'agit d'un récit d'aventures et d'une biographie romancée à la fois, inspirés de faits réels, historiques (début du XXe siècle, persécution de tous ceux vivant en marge de la société).
Le jeune Gaspard, malgré une histoire originelle tragique, incarne un beau mélange de vulnérabilité et de courage, d'ignorance et de savoir, de honte et de dignité. Après son "sauvetage" dans la forêt par un braconnier-guérisseur, il devra (ré) apprendre la confiance, le partage, l'entraide, et que toute parole donnée ne se reprend jamais chez les gens du voyage, qu'il n'a pas à choisir de camp si ce n'est celui de la foi en son destin...
Les mots vous kidnappent dès les premières lignes. Un récit initiatique de six courts chapitres dénonçant l'individualisme, les préjugés, le racisme, l'injustice et l'oppression exercée par une élite, un pouvoir majoritaire (moral, socio-économique, politique) sur une minorité indocile et indésirable.
C'est également un hymne à l'indépendance, la marginalité, la solidarité, la ténacité, la liberté de penser et d'agir, une célébration de la nature aussi, de la forêt...
Une plume virtigineuse, ciselée et efficace, pas toujours fluide parfois (ex : descriptions "végétales"), mais si percutante et absolument incarnée !!

(Merci à Pascal, Lolo, Marina, pour vos critiques et pour la magnifique découverte ! :D)
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marina53
  12 octobre 2017
Un grand merci à Babelio et aux éditions Alma...

Blotti sous un buisson d'acacias, le garçon peine à reprendre ses esprits. La peau tuméfiée, quelques traces de sang ici et là sur son visage, la douleur qui lui coupe le souffle. Après une longue course effrénée, c'est au coeur de la forêt qu'il a trouvé refuge. À côté de lui, son chien, couché sur le flanc. Blessé lui aussi, une respiration lente. Gaspard va devoir le porter à bout de bras s'il veut avancer, maintenant qu'il n'a plus peur. Il s'enveloppe dans cette brume de printemps. S'enfonce dans le ventre de cette forêt, à la fois protectrice et hostile...

Comme Gaspard, goûtez, explorez, apprivoisez cette forêt et laissez-vous guider... Partez à la découverte de personnes incroyables, fantasques et généreuses qui, comme ce petit garçon, sauront vous prendre la main et vous emmener vers des horizons inconnus... Que ce soit Jean-le-blanc, le sorcier herboriste au grand coeur, Sarah, l'intrépide prostituée, Fata' ou encore Capello. Au contact de ces gens du voyage, surnommés la Caravane à Pépère, Gaspard apprendra la dureté de la vie, la solidarité, les révoltes sociales, les injustices. de sa plume douce et poétique, Thomas Vinau, ce conteur, dépeint une société vieille de plus de 100 ans et constate combien peu de choses ont changé. Il nous offre un roman lumineux, profondément humain, minéral et ancré dans la terre.
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LoloKiLi
  26 mai 2018
« Donc il y a des gentils qui sont méchants et des méchants qui sont gentils, la vie est une coquine confuse qui se cache dans les gris »

Hop, j'ai terminé mon petit commentaire, puisque cette simple phrase résume idéalement l'esprit de ce roman.

Nan mais j'ai quand même envie de m'attarder encore un peu dans ce Camp des autres (mon deuxième Thomas Vinau). Car ici, comme dans La part des nuages (mon premier Thomas Vinau), il y a des arbres. Plein. Toute une forêt même, abri providentiel d'un enfant en fuite, et royaume clandestin de la Caravane à Pépère, cohorte hétéroclite de marginaux, insoumis, exclus, excentriques, excommuniés, récalcitrants et autres ébréchés de l'existence en rupture de ban.

Ça grouille de vie au fond des bois, et là chaque mot de Vinau donne à les vivre, à en humer l'humus, à en effleurer les mousses.

Ça grouille de vie aussi dans la Caravane à Pépère, et c'est une galerie de portraits formidables qui se déploie par la langue inspirée de Vinau et sous les yeux d'un enfant ébloui par la puissance de cette liberté noble et farouche.

Liberté, Thomas Vinau écrit à nouveau ton nom dans les frondaisons. Et c'est encore très bon.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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palamede
  04 août 2019
Dans un autre temps, là-bas au fond des forêts, Gaspard et son chien blessés fuient la violence paternelle. Sur leur chemin, une belle âme leur sauve la vie avant qu'une troupe de voleurs de grand chemin initie le jeune Gaspard à la vie marginale, à ses règles et ses valeurs.

Ce n'est pas un conte, l'histoire de Gaspard et de la Caravane à Pépère est inspirée de faits réels : constituée d'une centaine de membres, dont des déserteurs, des anciens prisonniers évadés et des bohémiens, originaires de Belgique, d'Allemagne ou de Suisse, la bande était dirigée par Jean Capello, un suisse. Agissant jusqu'alors dans les Pays-Bas, la bande entre en France en 1906 par la Lorraine et se dirige vers la Bretagne. En août 1906, elle terrorise les campagnes de Vendée, de Touraine et de Charente, commettant vols et escroqueries. le 2 juin 1907, une partie des membres de la caravane est arrêtée à La Tremblade par les futures brigades mobiles. Les roulottes sont perquisitionnées et sur la cinquantaine de nomades arrêtés, 17 sont relâchés. le 3 juin, des fonctionnaires du service anthropométrique de la Seine arrivent pour prendre les photographies, les mensurations et les empreintes digitales des nomades arrêtés. Si le bilan des perquisitions est maigre, l'opération est fortement médiatisée afin de rassurer les Français en démontrant que le gouvernement agit contre les bandes organisées (Wikipedia).

Thomas Vinau est sans aucun doute un poète, un poète idéaliste. Mais n'est-ce pas un pléonasme de le dire ? Toujours est-il que sous une masse de mots, de phrases décrivant une nature belle mais hostile, à l'instar d'une bande de voyous qu'il imagine retorse mais au grand coeur, il nous gratifie d'un message social du genre : déjà au début du XXe siècle des « méchants riches » s'en prenaient à « des gentils pauvres » (fussent-ils des authentiques fripouilles). Merci Monsieur Vinau...
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TerrainsVagues
  13 janvier 2018
« C'est fini!
Nous avons saigné et pleuré pour toi. Tu recueilleras notre héritage.
Fils des désespérés, tu seras un homme libre! »
Cette citation de Jules Vallès tiré de « l'insurgé » vient clore ce Camp des autres beaucoup trop tôt tant j'aurais aimé prolonger le voyage. Prolonger un voyage au coeur des mots de Thomas Vinau.
La dernière page tournée, je n'ai pas pu fermer le livre. Pas envie de défaire la valise, pas tout de suite, pas comme ça. Pas comme on passe à autre chose, nous les héritiers qui petit à petit dilapidons les combats des anciens… Alors j'ai repris une page au hasard et j'ai relu, puis une deuxième, une troisième et encore, encore, encore… un peu… s'il te plait.

Ce camp des autres, c'est celui que les gens biens, craignent, mettent à l'écart ou aimeraient effacer d'un coup d'oeillère. C'est le camp des exclus de tout horizon, des bandits de grand chemin, des déserteurs, des braconniers, des manouches, des saltimbanques, des rêveurs, des révoltés, des insoumis, des gens de rien. C'est le camp des Robin des bois dont les signes de ralliement sont synonymes de coeur et d'éthique contrairement aux apparences. C'est le camp de ceux pour qui famille est un lien du sans, un choix, une solidarité. C'est le camp de la nature, de la forêt qui accueille ce gibier de potence, le protège des puissants chasseurs bien pensant.
J'avais envie de continuer la route en compagnie de Gaspard, ce gamin chair à malheur, fuyant la noirceur et le drame de ses premières années au début du XXe siècle. Que j'aurais aimé que se prolonge la période où il prend conscience, entre crainte et fascination, que son futur ressemblera au présent de ses compagnons d'infortune. Il connaitra ses premiers instants de bonheur. Un bonheur simple, celui d'être ensemble, d'être dans le camp des autres quoi.
Pas envie de les quitter, je suis si bien avec eux, presque léger malgré le poids du destin, malgré les morsures du froid du coeur de l'homme. Il y a des chaleurs humaines qui pansent bien des plaies, qui protègent bien mieux que toutes les polices.

Inspiré de faits réels, nous sommes au début des brigades du tigre et déjà à l'époque Clemenceau envoyait la police contre les miséreux pour rassurer le bourgeois. Un siècle plus tard rien n'a changé mais je m'égare… si peu.
Quelle belle lecture. Plus qu'un livre, c'est presque un recueil de poésie où chaque portrait est tracé à la sanguine, noirci au charbon, jauni au temps qui passe. Chaque branche, chaque feuille, chaque buisson de ronces est une respiration. Chaque goutte de pluie ou de rosée, chaque souffle de vent est une caresse, un murmure.

L'écriture de Thomas Vinau est juste terrible, belle, magnifique enfin je ne sais pas si elle est très « littéraire » et je m'en tape, elle est poétique à souhait et correspond complètement à ce qui me touche, à une part de ma sensibilité. Que demander de plus? Un prochain bouquin siouplait m'sieur.
J'avais déjà été conquis avec La part des nuages, le camp des autres confirme que Thomas Vinau fait maintenant partie des auteurs dont je vais attendre les prochaines publications avec impatience.
Sinon… j'ai adoré. Merci m'sieur Vinau.
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Jeanfrancoislemoine
  09 janvier 2019
C'est l'hiver...il fait froid dehors et , quand on est retraité, le canapé est si attirant...Enfin , le canapé , oui , mais avec un nouveau " bon bouquin ".Et celui -ci , comme on dit , il est petit , petit mais costaud .
Lui , c'est Gaspard , sûrement un bon gamin , un bon gamin qui doit prendre des "roustes " , a dû être poussé à bout et qu'on retrouve en fuite , dans la campagne avec son chien qui a pris sa défense.
Et c'est là que l'on tombe sous le charme , dans la nature . La nature protectrice , la nature nourricière , la nature qui se maitrise , qui se gagne , qui se mérite . Des bruits , des odeurs , l'eau qui court , qui indique le chemin de la mer , le chemin de la liberté .
Le rythme lent est d'une grande beauté , dégage beaucoup d'émotion. Les chapitres sont courts et donnent aux descriptions la force d'un torrent déchaîné. Paradoxal, certes,mais si efficace .
Et puis il y aura les rencontres , protectrices , bienveillantes , formatrices malgré les apparences .Des rencontres d'honnêteté , d'honneur , de respect , d'amour , l'apprentissage de la survie .C'est un très beau texte , vite lu , certes mais qui s'incruste en vous à jamais.
Il se termine par la première mission des "brigades du Tigre "...Oui , mais de tigre , peut-il en être question dans nos campagnes ? Pas certain , mais ....on y trouve bien encore de vieux loups...
Je vous conseille cette lecture ,elle est vraiment "particuliére" et interpelle...Elle est surtout pleine d'amour et de poésie, mais l'amour et la poésie sont-elles encore des valeurs d'aujourd'hui ? Comme vous , j'ose le croire ...encore un peu.
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lecassin
  06 février 2018
1907. Clémenceau vient de créer les « Brigades Régionales de Police Mobile », les célèbres « Brigades du tigre ». Brigades qui s'illustreront par le démantèlement de la Bande à Bonnot…

Point de bande de malfaiteurs ici. Non : juste la « caravane à Pépère », un regroupement de « chevaux de retour, de propres à rien » aurait chanté Brassens ; en fait un agrégat de traîne-savate, de gitans, trimardeurs, voleurs de poules, et Gaspard… On est à la foire de la Tremblade qui verra la première action spectaculaire des fameuses brigades.
Mais avant ça, on suit Gaspard : il s'enfuit. Il court. Il est blessé, son chien aussi, qu'il doit porter. Il se cache. Braconne… Il sera « récupéré » par une espèce de sorcier herboriste, Jean-le-blanc, avant de partir sur la route avec Sarah la belle, « belle parce qu'elle est libre… », de « la caravane à pépère ».

« Le camp des autres », mon second coup de cœur de 2018, et nous entamons tout juste février ! Ça commence fort…
« Le camp des autres », un petit bouquin dont les courts « chapitres » amènent un rythme fou : d'abord celui de la fuite de Gaspard, après un drame. Ensuite celui de la fuite devant les brigades de police chères à Clémenceau et à son compère Sébille, le tout de la forêt à l'océan…

Une découverte pour ce qui me concerne, alors qu'il s'agit du quatrième romande Thomas Vinau. Il me tarde de découvrir rapidement les précédents, de même que sa « production » poétique… Une vingtaine d'ouvrages…
L'auteur se réclame de Giono, Bosco, London… sans doute pour le côté nature…
Il évoque également Woody Guthrie … pour le côté trimardeur et révolté, probablement, Jules Vallès, aussi…

Bref : Un beau texte remarquable par le style, une histoire vraie magnifiquement menée… Un joli coup de coeur qui sent le sous-bois après la pluie ; et le vent vivifiant de la révolte sur fond de débrouille…
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gouelan
  15 janvier 2018
Le camp des autres c'est celui des nuisibles, de ceux qu'on abandonne. Ils vivent sur les chemins, rejoignent l'abri de la forêt.

Un jour Gaspard prend la fuite. Les coups de son père ont eu raison de sa patience. Dans la forêt, affamé et apeuré, il est recueilli par Jean-le-blanc. Ils s'observent et s'apprivoisent, mais toujours avec cette pulsion qui fait déguerpir Gaspard à la moindre méfiance.
Gaspard apprend de son maître les remèdes, les plantes. Il apprend la langue de la forêt et des lettres.
Poussé par sa curiosité, son désir de liberté, il suit une bande de bohémiens, de bandits, de déserteurs.

Un roman qui nous emmène sur des chemins noirs, où les démunis marchent sur le monde, se servant au passage sans demander la permission.

C'est l'histoire de la caravane à Pépère, arrêtée par les brigades mobiles en 1907 à la Tremblade.
C'est l'histoire d'une liberté sauvage qui brûle et fait grimper des notes de violon jusqu'aux étoiles.
Une écriture d'écorce et de dentelle à la fois qui illumine le monde sauvage.
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Kawane
  11 août 2019
Attention Pépite !
Ah LA LA LA … ! dès la première page vous allez être projeter dans le camp de Thomas Vinau pour l'éternité !
impossible de me libérer de son emprise ! une très belle écriture vous embarque , une histoire vraie, bouleversante sur des thèmes au coeur de nos faits de société : les relations filiales, la violence, la fugue adolescente..; un parcours difficile pour le jeune homme, mais le lecteur reste sur "le fil du rasoir" soupoudré par la plume poétique de l'auteur et qui vous cueille au plus profond de vos entrailles ! ...pas de résumé de ma part ! PLONGEZ vite et LISEZ !
Une écriture singulière et très personnelle qui ne laisse personne indifférent, je vous recommande "Ici ça va " et "Une part de nuages" mes coups de cœurs 2018
De la part d'un babelinaute qui m'a fait connaître l'excellent et étonnant blog de Thomas Vinau :
ETC-ISTE
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michfred
  20 janvier 2018
Une ruade libertaire .
Une ode à l'homo selvaticus.
Une échappée belle du côté des anars, des gens de sac et de corde, des insoumis, des marginaux.

Le camp des autres est une secousse salutaire, une rencontre en terre de liberté, un vrai poème.

Mais un poème qui s'ancre dans une réalité historique : la première - et lamentable- expédition punitive des Brigades du Tigre de Clémenceau contre les gens du voyage, à la foire de la Tremblade, en 1907.
On y croise la caravane à Pépère, et Raymond La Science, qui fourbit déjà ses machines explosives pour la bande à Bonnot...

Pour moi, j'ai presque regretté cette tardive incarnation historique d'un récit qui me paraissait, d'abord, affranchi de toutes les règles : la cavale sylvestre de Gaspard, avec son chien blessé, sa rencontre et son lent apprivoisement par Jean-Le-blanc, l'herboriste, ses frasques avec ceux de la caravane à Pépère suffisaient à mon bonheur- emportée que j'étais dans un torrent d'images, d'odeurs, de bruits, et par la langue magique de Thomas Vinau.

Je garde comme un talisman l'évocation puissante de la forêt, la nuit- avec ses mains de fourrure , ses mille bruissements de bêtes et ses caches de feuilles, douces aux fugitifs.

Merci à toi, Terrains Vagues. Je retournerai chez Thomas Vinau voir de quel bois se chauffe la poésie..
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