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EAN : 9791030703214
337 pages
Éditeur : Au Diable Vauvert (13/02/2020)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Au cœur des serres incandescentes de l’Andalousie, Thomas Volner, reporter-photographe, découvre la mer de plastique où des hommes travaillent par milliers pour inonder l’Union Européenne de fruits et légumes éclatants. Chaque jour, il côtoie la dévastation environnementale et les nouveaux esclaves de l’agroalimentaire. Mais quand des enfants de la région sont retrouvés suspendus aux arbres comme des oiseaux piégés, ce sont les silences du franquisme qui vont le sub... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  07 mars 2020
Avec Les Poupées de Nijar, Gilles Vincent nous propose un roman kaléidoscopique d'une grande richesse. le point de départ est 100% polar : en Andalousie, des enfants disparaissent et sont retrouvés assassinés quelques jours plus tard, suspendus à des branches comme de sordides pantins. Aucun indice, aucune piste.
Classique, oui, sauf que le personnage que l'on va suivre n'est pas flic : Thomas est un reporter-photographe un peu fracassé par les drames qu'il a suivis et qu'il a vécus dans sa vie personnelle, mais jamais désabusé. Il garde sa capacité à s'indigner et une motivation fraiche et intacte à dire, à dénoncer les turpitudes de notre monde. Il est envoyé dans la province d'Almeria pour réaliser un photo-reportage sur les serres qui inondent l'Union européenne de fruits et légumes quelles que soient les saisons. C'est en logeant à Nijar qu'il découvre l'affaire des enfants et s'y intéresse.
La trame polar est parfaitement mené, avec un petit nombre de rebondissements, juste ceux qui sont nécessaires, sans excès, avec une intelligence dans la gestion de l'intrigue en révélant à mi-parcours l'identité du tueur, sans que cette révélation ne gâche le suspense ou l'intérêt du roman.
Au contraire. Car l'auteur nourrit son intrigue de couches successives qui amènent le roman bien loin du simple polar. Avec sa dimension sociale et écologique, le lecteur découvre le quasi-esclavage de migrants utilisés comme main d'oeuvre sous-payée dans ces serres : ils vivent à la marge, rejetés par les autochtones, sans eau courante ( trop précieuse dans la région ) mais avec coca-cola à volonté. Un gâchis humain mais aussi environnemental que cette mer de plastique en plein désert espagnol.
Et puis, il y a la dimension historique, celle qui apporte densité et profondeur : les silences et tabous liés aux crimes du franquisme ressurgissent en pleine figure de ceux qui croyaient qu'il y avait prescription. Et ça fait mal ! Les alternances passé / présent arrivent pile au bon moment, avec les mots justes, au moment où il le faut dans l'intrigue, laissant le temps au lecteur de réfléchir aux informations donnés, sans trop dévoiler non plus.
Pour faire le lien entre toutes ces strates, il fallait des personnages puissamment incarnés, et c'est le cas, ils sont tous formidables à commencer par le photo-reporter idéaliste si humain , son ex-compagne têtue et fine, l'enquêtrice du cru qui a l'intelligence de mettre son orgueil professionnel de côté pour chercher de l'aide, et tous les autres que je ne révélerai pas ici pour ne rien gâcher au plaisir de découvrir ce polar original et très réussi de bout en bout, jusqu'à sa fin lumineuse d'humanité qui remue.
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fifloche
  15 avril 2020
J'avais coché tellement de titres, lors de cette 2e Masse critique à laquelle j'ai participé, que lorsque j'ai reçu le mail me prévenant de l'arrivée prochaine de ces "Poupées de Nijar", j'étais bien en peine de me rappeler quelle était son intrigue. Au lieu de me précipiter sur mon PC, j'ai préféré garder la surprise jusqu'à réception. Et la surprise fut excellente !
D'abord, l'éditeur : le Diable Vauvert, qui non seulement ne m'a jamais déçue, mais m'a toujours fait découvrir un auteur, un cadre, une histoire inédits, ce qui fut encore le cas avec ce titre. Je tiens d'ailleurs à les remercier pour cet envoi, ainsi que Babelio bien évidemment.
Ensuite, l'histoire, dont l'action se déroule en Andalousie, au coeur de la mer de plastique (en 3 mots, quoique...), une hérésie économique, écologique, humaine, sociale. Sujet qui a tout mon intérêt depuis que j'ai découvert son existence. Pour ceux qui l'ignorent, cette mer de plastique est le nom de ces hectares espagnols recouverts de serres où sont "cultivés" par des sans-papiers exploités des tonnes de fruits et légumes qui inondent en toute saison les étals européens, tout ça pour que le premier crétin venu puisse bouffer des fraises ou une salade de tomates en plein hiver en engraissant quelques exploiteurs de l'agroalimentaire.
Enfin, l'auteur, un inconnu pour moi, et dont j'ai apprécié le style dès les premiers mots, âpres, sans concession. Ses personnages cabossés ne cherchent pas à être sympathiques, ils sont justes ordinaires, profondément humains, avec tout ce que ça recouvre de failles, de faiblesses, de défauts. Des personnages qui n'auraient pas leur place dans un blockbuster hollywoodien, et c'est justement ce qui fait leur intérêt.
Alors, bien sûr, cette mer de plastique se révèle vite n'être qu'un décor - légère déception-, pour le véritable sujet de l'intrigue : les bébés volés du franquisme (autre de mes centres d'intérêt découvert récemment) et là, envolée la déception !
Ce roman divisé en 4 parties est extrêmement bien construit. Ca n'est pas un page-turner. Ne vous méprenez pas : il est plein de tension, on a envie de savoir la suite malgré le sommeil qui insiste pour prendre la place et hâte de le reprendre à la première occasion, d'ailleurs je l'ai lu en 3 jours. Ce que je veux dire, c'est qu'il se déguste, qu'on y revient en arrière pour étayer sa propre enquête, vérifier si ce personnage des années 50 pourrait être celui qui… de nos jours… Et contrairement aux page-turners, ce récit s'inscrit profondément en son lecteur, il le marque, le trouble, le sidère, tant par son fond que par sa forme.
Vous l'aurez compris : ici, pas de sensationnel, de héros trompe-la-mort qui survit à une attaque nucléaire, de retournement spectaculaire à chaque fin de chapitre, de montagnes russes émotionnelles. Non, c'est bien plus subtil, bien plus diffus, une histoire tristement humaine et sociale, un questionnement sur ce monde devenu fou, sur les conséquences de l'Histoire et les destins de ceux qui l'ont faite, ou subie, ces moments où chacun peut être à la fois victime et bourreau, et ces foutus jugements, tellement impossibles.
Ce livre a été une formidable découverte, je l'ai infiniment aimé et apprécié, merci encore le Diable Vauvert ! Et je vous invite à le découvrir au plus vite, il le mérite, vous ne le regretterez pas.
Et pour finir, une question à Gilles Vincent : Roberto et Juan Pedro seraient-ils, par hasard, nés à Carabanchel et frères de […] ?
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JML38
  20 mars 2020
Thomas Volner va mal. Sa femme Ingrid est partie. Tout est de sa faute à lui puisqu'il a joué au con une fois de trop. Reporter-photographe, il voudrait fuir au bout du monde pour soigner sa déprime, mais le patron de son agence n'a que l'Andalousie à lui proposer, et c'est donc en direction d'Almeria qu'il s'envole avant de rejoindre Nijar. Sa mission: un reportage sur le « jardin de l'Europe » où dans des serres à perte de vue des travailleurs africains, esclaves des temps modernes, cultivent de quoi fournir la moitié des fruits et légumes consommés par l'Union européenne. Un reportage entre écologie et humanitaire pour dénoncer ce que certains appellent « une infamie à l'échelle nationale, voire européenne ». Je n'ai pas été surpris de voir Gilles Vincent traiter à nouveau, comme dans « Ce pays qu'on assassine », le sujet de la condition des migrants.

Mais Thomas découvre que la région est surtout en ébullition en raison d'une sordide affaire de disparitions et de meurtres d'enfants à laquelle il décide de s'intéresser en plus de son objectif premier. L'auteur nous plonge dans une enquête à plusieurs intervenants, à laquelle participent en plus de Thomas, une policière native de l'endroit, un spécialiste des disparitions dépêché de Madrid, puis Ingrid venu à la rescousse de son photographe de mari.

Les enquêteurs ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde sur la façon de mener les investigations, dans une affaire dans laquelle ils piétinent alors que le facteur temps est primordial pour arrêter le massacre d'enfants innocents, pas tous persuadés qu'il faut privilégier la recherche du mobile au détriment de celle des disparus. Même si l'auteur évente bien avant la fin le mystère sur l'identité des coupables, l'intrigue est prenante, l'intérêt se situant surtout dans le rythme donné au récit dans une course contre la montre et une plongée dans le passé de l'Espagne. Que l'origine de ces tragiques événements puisse remonter aux heures sombres du franquisme ne m'a pas étonné non plus, l'auteur ayant déjà placé une de ses intrigues à cette époque dans « Beso de la muerte ».

Ayant découvert Gilles Vincent il y a déjà quelques années, j'ai de nouveau apprécié ses qualités de conteur qui aime placer son récit dans un contexte social ou historique, les deux en ce qui concerne ce roman, se faisant un peu le défenseur de causes qui lui tiennent à coeur.
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LinstantDesLecteurs
  15 février 2020
Il nous chante une histoire et nous nous envolons avec les notes noires des gammes de la vie.
L'homme est une bête curieuse qui laisse son empreinte et qui nous est autant bénéfique que toxique !
Ma Chère Lectrice, Mon Cher Lecteur, je vous invite à découvrir cette petite pépite ! Elle renferme la dénonciation de la bêtise humaine, de ses travers et le devoir de mémoire. Quand le moderne rencontre l'histoire… Un parallèle d'une finesse aux petits oignons ! Je souhaite remercier, les éditions Au diable Vauvert et Gilles Vincent pour leur confiance.
Nous plongeons dans cette folie qui ronge celui qui reste et qui ne peut que comprendre pourquoi l'autre est parti… Thomas a merdé, Thomas c'est ce photographe du chaos, celui qui vadrouille à travers le monde avec son appareil photo, sa démarche de bad boy et une gueule d'ange. Ingrid n'a pas supporté la fois de plus, la fois de trop. Elle a pris toutes ses affaires et a déserté l'appartement.
Pour ne pas sombrer définitivement, Thomas va repartir sur ce qu'il sait faire, sur ce qu'il maîtrise, sur ce qu'il aime par-dessus tout, le reportage. Il déboule dans le bureau de son agence et repart avec un sujet. Direction Nijar. Face à cette mer de plastique, il part à la découverte du présent. Il plonge dans cet océan…
Et puis, arrivé sur place, aux informations locales, il découvre que des jeunes enfants sont enlevés puis restitués morts quelques jours plus tard, pendus à des arbres, comme des poupées de chiffons.
Quand son reportage sera fini, peut-être se penchera-t-il sur cette histoire… Quand son reportage sera fini…
Ne vous trompez pas Mes Loulous, nous plongeons bel et bien dans un polar, comme sait si bien le faire Gilles Vincent. On dévale les pieds joints, la pente méridionale de la Sierra Alhamilla qui nous entraîne dans cette réalité dramatique de l'Andalousie et plus précisément à Nijar dans la province d'Almeria, avec le vent puissant qui caresse ou agresse cette chaîne montagneuse. Dans le « jardin de l'Europe » comme le dit si bien la bien pensance. Il fournit des légumes et des fruits en toutes saisons, miraculeusement, sortis de cette terre sèche et caillouteuse. Mais à quel prix ?
Les Andalous en sont fières ! Mais les non-dits sont là, tapis dans l'ombre. La carte postale ? Thomas n'en n'a que faire. Il n'est pas là pour ça. Il dénonce, avec l'oeil du chaos…
Des enfants disparaissent mais pour quelle raison ? Pourquoi ceux-là précisément ? Gilles nous amène avec un doigté délicat dans l'Histoire qui a ravagée l'Espagne. Sous le régime de Franco, des choses se sont passées bien sûr, mais certaines histoires restent malgré tout, peu connues. La puissance de l'auteur est de débusquer ces histoires, de les mettre sur le devant de la scène et de dévoiler leur impact sur les générations d'après.
Il nous emmène habilement dans l'ambiance Espagnole d'aujourd'hui avec cette société de consommation et des traces quelle garde de son Histoire.
Il modèle et triture ses personnages pour nous les rendre vivants. Ils nous passent des émotions arrachées, douces, complexes, fortes et emportées.
On sent tout le passé et le présent derrière chacun d'eux. Derrière chaque mot, chaque histoire. On voyage dans la psychologie et l'analyse du détail. Les sentiments sont puissants et ils nous font vibrer. Ils nous bouleversent et on en tremble, on comprend et on apprend.
Grâce à sa plume fine et mélodieuse, il nous transporte dans des paysages différents, dans un environnement à la culture sociale et sociétale ancrée et ses travers.
Il nous chante une histoire et nous nous envolons avec les notes noires des gammes de la vie. Il nous envoûte de ce parfum de non-dit, de cette fragrance de transpiration malodorante, mais aussi de cette délicate attention, que l'on nomme espoir.
C'est une histoire poignante que nous livre Gilles Vincent. Avec suffisamment de recul pour ne pas sombrer, mais assez de hargne pour faire passer les messages ! le poids des mots, des phrases, des silences… Un roman coup de coeur, coup de poing. Tel un uppercut, il nous laisse sur le bord, là, KO.
Ma Chère Lectrice, Mon Cher Lecteur, je ne peux que vous recommander ce livre « Les poupées de Nijar » de Gilles Vincent ! Une pépite qui ne demande qu'à être subjuguée par vos yeux et votre esprit. Une plume tendre et incisive, douce et mélodieuse, elle vous transportera dans ce que l'être humain a de plus enfoui… l'innommable et la beauté !
Lien : https://linstantdeslecteurs...
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elleaile
  25 mars 2020
La découverte d'un auteur grâce à Masse critique.
Le chemin parcouru par le récit est assez original puisqu'on découvre d'abord un photo-reporter abandonné par sa femme et qui accepte la première mission qu'on lui confie : un reportage sur la "mer de plastique", ses serres qui poussent sur le sol pierreux d'Andalousie. Il y rencontre des migrants qui travaillent et vivent dans des conditions très dures pour que partout en Europe nous puissions payer nos tomates moins de 2 euros le kilo toute l'année. Mais on ne s'attarde pas trop sur le sujet car dans la petite ville assez conservatrice, il se passe des événements atroces : des enfants sont kidnappés, on retrouve leurs corps pendus quelques jours après leur disparition. Il y a sans doute un lien avec cette étrange mise en scène de poupées pendues à un arbre que découvre le reporter.
Le récit est bien rythmé par le fait qu'on suit par après d'autres protagonistes, ce qui amène un regard différent sur les événements dramatiques. Et l'on part du présent pour se réouvrir les blessures du franquisme.
Les points un peu négatifs : certaines invraisemblances (la participation d'une personne extérieure à l'enquête), certains liens ne sont pas très clairs (ou je n'ai pas bien compris), les relations entre la vieille dame et son fils n'ont pas été assez exploitées, à mon avis.
Le style est aussi particulier : des phrases souvent très courtes, sans verbe. Des descriptions très brèves, juste l'essentiel. Si cela convient assez bien à un polar, cela devient parfois un peu pesant.
En résumé : une découverte intéressante, mais vais-je lire quelque chose d'autre de cet auteur ? Je n'en suis pas sûre,
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
mnteammnteam   28 février 2020
Petites ombres livrées aux regards effarés des campagnes.
Affolement d’une nation.
Tuer les enfants, c’est anéantir les pères et les mères. Les grands-parents, aussi. Alors, de quoi veut-on les punir ?
Pantins meurtris. Abandonnés.
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collectifpolarcollectifpolar   30 janvier 2020
Des travailleurs africains réduits à l’esclavage et au silence. À quelques kilomètres des plages, genre connue de tous ignorée de chacun, une infamie à l’échelle nationale. Voire européenne. Des mecs qui bossent douze heures par jour et qu’on traite comme des parias.
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collectifpolarcollectifpolar   30 janvier 2020
Des hectares de serres à vingt bornes de la mer, en pleine caillasse. À perte de vue. Le jardin de l’Europe. Entre Malaga et Almeria, au cœur des déserts andalous, « le jardin de l’Europe » fournit la moitié des fruits et légumes consommés par l’Union européenne. Serres gigantesques, dévastation environnementale sans précédent
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collectifpolarcollectifpolar   30 janvier 2020
Dès la sortie de Nijar, c’est caillasse et compagnie. Partout, des collines érodées, des talus d’herbe sèche. Par endroits, comme oubliées des hommes et du ciel, les silhouettes d’arbustes rabougris.
L’ambiance est rendue par les détails de la vie des gens et :  les tapas, l’omelette, le chorizo, la morue, la paella…
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coraliel59coraliel59   22 septembre 2020
L'Andalousie et ses géants de l'agro-alimentaire. Bureaux vert-oasis, hôtesses-rouge à lèvres et sourires de cinéma, semi-remorques rutilants, ouvrière-fraîcheur de vivre, sans oublier les cagettes de fruits et de légumes gonflés de soleil. Du paradis pur jus.
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Entretien avec Gilles Vincent, lauréat du Prix Cezam Inter CE 2014 avec Beso de la muerte, publié chez Jigal
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