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ISBN : 2259251617
Éditeur : Plon (08/06/2017)

Note moyenne : 4/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Quatorze meurtres de femmes non élucidés. Bienvenue en Bourgogne. Affaires classées ou non-lieu, la justice a depuis longtemps baissé les bras. Qui étaient toutes ces filles dont les cadavres ont été disséminés dans la région ? Des filles faciles, qui n’ont eu que ce qu’elles méritaient ? C’est ce que certains laissent entendre…
Laurine, elle, voudrait simplement savoir qui a assassiné sa mère. Quand un nouveau meurtre est découvert, c’est, pour cette gamine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
-Olivier-
  20 juin 2017
Marie Vindy est auteur de polars et de romans noirs mais aussi chroniqueuse judiciaire.
Sa vocation d'auteur est de révéler la violence de notre société dans tout ce qu'elle a de plus dramatiquement banale, de forcer le lecteur à poser son regard là où il l'aurait détourné par dégoût, ou oser intervenir quand on est confronté à la douleur d'un proche, d'un voisin, d'un membre de la famille, victime d'agression, en particulier la violence conjugale ou la maltraitance d'enfant.
Marie Vindy est aussi administratrice de l'association Solidarité femmes 21, un engagement qui n'est pas sans lien avec les thèmes abordés dans ses romans.
Dans son dernier roman, Justice soit-elle, elle rend hommage au travail acharné de Corinne Hermann, incarnée dans le livre par Déborah, une avocate qui travaille sur des affaires classées, des dossiers oubliés et non résolus de jeunes filles assassinées.
La Bourgogne. le parc naturel du Morvan. Laurine, 11 ans, n'a pas connu sa mère, assassinée quand elle avait un an. Et voilà en plus qu'elle découvre un cadavre lors d'une sortie de nuit avec son cousin, le corps de Perrine, disparue trois jours plus tôt. C'est beaucoup pour une enfant de cet âge. Deux meurtres parmi les dix-huit perpétrés en vingt-six ans. Dix-huit meurtres de jeunes femmes, d'adolescentes pour la grande majorité, dont seulement quatre avaient été élucidés.
Pendant que la gendarmerie enquête sur le meurtre de Perrine, Maître Déborah Lange va à la rencontre des gens, de la population locale, des familles des victimes. Ses directives : écouter, laisser parler, créer une association pour faire pression sur la justice, trouver des points communs pour regrouper des dossiers et faire lever la prescription pour l'ensemble.
La principale difficulté du roman est de pouvoir s'y retrouver entre les différentes enquêtes et les protagonistes concernés. L'enquête de la gendarmerie, étant plus développée, accroche plus facilement. de même que les tribulations de la petite Laurine, à la recherche de la vérité sur la disparition de sa mère, constituant un fil rouge que l'on retrouve tout au long du roman, se suivent aisément. Les choses se compliquent pour le cheminement des recherches de l'avocate, qui traite différents dossiers et consulte les familles respectives des jeunes filles disparues.
Toutes ces pistes et enquêtes finissent par embrouiller l'esprit.
Dommage aussi que la psychologie des personnages ne soit pas plus développée
Marie Vindy réussit par contre très bien à nous faire comprendre ses luttes et prendre conscience de la violence de notre société. Elle dénonce également l'aspect bureaucratique et le manque d'humanité de la justice face aux proches des victimes, anéantis de chagrin, démunis, dans un moment où ils ont particulièrement besoin d'aide et de compréhension.

« Comme chaque semaine, ou presque, son ex-mari s'était débrouillé pour être là, à l'attendre au bas de son immeuble lorsqu'elle avait déposé les garçons. Déborah avait dû essuyer ses menaces habituelles et ses sempiternelles injures. Quand il ne projetait pas ouvertement d'empêcher les enfants de repartir, arguant qu'ils seraient bien mieux à plein temps chez lui plutôt qu'avec leur folle de mère dont la seule préoccupation était de pourchasser des tueurs en série qui n'existaient que dans son esprit dérangé, il tentait de la persuader de les récupérer plus tôt. …
Les paroles de sa meilleure amie lui revenaient alors : « Te laisse pas faire, il veut juste ta peau et il fera tout pour te pourrir la vie ! Ne lui dis rien, la moindre info qui t'échappera, il la retournera contre toi .» 

« L'enquête était immatérielle. Elle ne savait rien, on ne lui disait rien. Sa fille avait été tuée, c'est tout. Elle avait été auditionnée par les gendarmes, ils avaient fouillé la chambre d'Angélique, elle en avait pleuré. Puis plus rien pendant des mois. Jusqu'au jour où elle avait reçu une convocation du tribunal. Elle avait parlé au juge d'instruction, dans son bureau . le juge avait l'air compréhensif, mais elle n'aurait su dire s'il était compétent. Elle avait répété ce qu'elle avait dit aux gendarmes. Elle avait insisté sur les amis d'Angélique, sur les copains qu'elle fréquentait. le juge l'avait écoutée. Et puis, plus rien. Des mois, des années. Elle avait demandé, une fois, un rendez-vous. Une greffière lui avait répondu que le juge qui s'occupait de son dossier avait changé et qu'il n'y avait rien de nouveau. »

Source : http://www.parolesdauteurs.com/interview-marie-vindy/
Mes chroniques littéraires : http://bibli-oli.blogspot.be
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Pinklychee
  24 juin 2017
Je tiens une fois encore à remercier le réseau francophone NetGalley et la collection Sang Neuf des Editions Plon pour m'avoir permis de lire ce livre.
J'avoue que je ne savais pas trop quoi penser de ce livre une fois terminé. C'est en effet assez difficile de mettre en mots ce que j'ai pu ressentir face à cette lecture, déjà car ce n'est pas vraiment mon style habituel, puis de savoir que cette histoire est inspirée de faits réels m'a encore plus fait froid dans le dos. Je continue à penser que tous les malades sont loin d'être enfermés, et franchement ce que j'ai pu lire fait peur.
Dix-sept jeunes femmes ont disparu en vingt-six ans, pour la plupart des adolescentes. Sur tous ces cas, seuls quatre ont pu être élucidés.
Il faut savoir que l'auteure s'est inspirée du travail de Corinne Hermann pour son personnage de l'avocate Déborah Lange, mandatée par un cabinet afin d'enquêter sur ces dossiers et si possible de les faire rouvrir. En effet, si des points communs entre ces morts venaient à être découverts, la prescription pourrait être levée.
En parallèle, nous suivons Laurine, une gamine d'une dizaine d'années qui est loin d'avoir sa langue dans sa poche. Ce qu'elle aimerait, c'est savoir qui a tué sa mère. Manque de chance, alors qu'elle est sortie en douce de nuit, elle tombe sur un dix-huitième cadavre, celui de la jeune Perrine.
Laurine va tenter de profiter de cette "opportunité" et de la présence de l'avocate pour tenter de savoir qui est l'assassin de sa mère.
Tandis que la police enquête de son côté, Déborah tente de faire parler les familles des autres victimes, chose malaisée s'il en est: en effet, rouvrir ces plaies qui ne se sont jamais vraiment refermées est une nouvelle souffrance pour ces gens, qui souhaitent désormais avoir le droit de faire le deuil de leur enfant.
A force d'acharnement, Déborah va peu à peu faire la lumière sur une bonne partie de cette affaire, et pourtant ça n'était pas gagné au départ. Certaines familles veulent avoir droit à l'oubli, d'autres ont fini par baisser les bras et on ne peut pas les blâmer: ils se sont sentis rejetés et laissés de côté par la police, et n'ont pas été mis au courant des avancées des enquêtes. Pour ma part, je peux comprendre qu'aujourd'hui ils n'aient pas envie de revivre tout ça.
Des similitudes ne vont pas tarder à apparaître, comme par exemple le fait que certaines jeunes filles avaient les mains liées dans le dos alors que d'autres ont été retrouvées près de plans d'eau. Autant d'indices qui n'ont pas été exploités alors qu'ils auraient pu fournir de nouveaux éléments à l'époque.
Et là, on s'aperçoit avec effarement que la police a volontairement (ou non) écarté certaines hypothèses, que des preuves ont été perdues, que certains suspects n'ont jamais été incriminés, ou encore que la thèse d'un tueur en série a tout bonnement été jugée inconcevable.
Au début, j'ai vraiment eu l'impression d'assister à une émission de cold case, mais version livre, surtout lorsque l'on énumère la liste des dix-sept jeunes filles et les circonstances de leur mort.
Le style, que j'ai trouvé un peu froid et impersonnel, m'a du coup quelque peu déroutée. Ensuite, quand Déborah commence ses démarches, j'ai plus retrouvé le style enquête policière, comme si je lisais un thriller parmi d'autres.
C'est assez journalistique par moments, très factuel et réaliste, parfois détaché, mais toujours dans le fond on sent bien la volonté de l'auteure de rendre leur dignité à ces femmes.
Bref, personnellement j'ai été déstabilisée par ce style que l'on rencontre peu, mais peut-être que mon interprétation est faussée, et que vous l'avez ressenti autrement si vous l'avez lu (et si c'est le cas n'hésitez pas à venir m'en parler, je serai heureuse d'avoir votre avis sur le sujet).
Lorsque la réalité a commencé à pointer le bout de son nez, j'ai été effarée de constater les ramifications de cette affaire et surtout le laxisme qui a pu avoir lieu à l'époque des faits. C'est juste... sordide. Voilà, je ne pense pas qu'il y ait d'autre mot pour décrire tout cela.
Honnêtement, lisez ce livre. Non pas par voyeurisme ou par curiosité mal placée, mais pour rendre enfin justice (un peu tardive hélas) à ces femmes et à leur famille, pour que leur mort ne soit pas classée sans suite, pour qu'enfin on sache ce qui leur est arrivé et que les parents puissent enfin trouver une paix relative.
Lien : http://pinklychee-millepages..
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Sallyrose
  23 juin 2017
Sur une période de 25 ans, 17 jeunes filles ont été assassinées dans la même région. 17 affaires non résolues relevant pour la plupart du délai de prescription.
Déborah, salariée d'un cabinet d'avocats, est missionnée pour convaincre les familles de former une action collective en reliant ces affaires à la dernière pour laquelle il encore possible d'agir.
Ce roman est inspiré de faits réels.
La préface de l'auteur les recontexualise dans la dénonciation des violences faites aux femmes et de l'inefficacité de l'appareil judiciaire teintée d'indifférence.
Les courts chapitres qui mettent tour à tour en exergue les femmes en présence : mères, amies, avocates, juge, gendarme, donnent une dynamique à la lecture et font ressentir l'urgence et la violence de la situation.
Ce n'est pas un documentaire, l'auteur du reste s'en défend. Une enquête sur un meurtre très récent est le prétexte à évoquer ceux restés sans coupable et permet de relier les personnages entre eux.
Toutes ces histoires sont poignantes par la violence subie par les victimes (coups, viol, corps entravés), par le désespoir de ceux qui restent.
Roman incontournable pour ne pas oublier qu'en France une femme est violée toutes les 7 minutes.
Je remercie les Editions Plon et Netgalley de m'avoir fait confiance pour relayer cette enquête.
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jalleks
  19 juin 2017
Une dernière bise claquée tout en consignant "Permission de minuit, fais attention en rentrant".
Une dernière dispute avant de claquer la porte. L'adolescence et ses frasques sont souvent un parcours de combattant, où la communication est la première victime.
Puis, plus rien.
Elle n'est pas rentrée, comme promis, comme prévu.
Et elle ne rentrera plus.
Quelle terreur innommable pour des parents, dont la vie se résumera à une ébauche de survie, où les âmes se déboussolent sur le chemin de l'attente, de la peur et finalement bien trop souvent du chagrin et du deuil impossible.
Marie Vindy nous délivre une enquête, puisqu'une jeune fille a été découverte sans vie, et l'acharnement sans faille d'une avocate, au service des parents d'enfants assassinés, dont le ou les meurtriers courent toujours.
Des crimes jamais élucidés, dont les années ont laissé place à la prescription. Mais dont il suffirait de trouver la connexité, un seul lien entre ces vieilles affaires, que la justice et les enquêteurs ont relayé dans une boite au fond d'une armoire, et une affaire en cours, pour rouvrir l'enquête.
j'ai terminé cet ouvrage en pleine semaine de rebondissement de l'affaire Grégory. La science et les méthodes d'identification avancent.
Un sursaut d'espoir est toujours possible, pour faire enfin le deuil, s'il est jamais possible de le faire.
Pour rendre justice. Enfin.
Lorsque celle-ci a tant baissé les bras, faute des preuves, voire faute d'enquêtes.
Marie Vindy a principalement mis le coeur de son ouvrage au sein des familles, pour mieux nous rappeler qu'une jeune fille tuée, assassine à petits feux tout ceux qui restent.
Un meurtrier non arrêté est un meurtrier qui récidive, même sans tuer.
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fandepolars
  23 juin 2017
Il s'agit là d'un roman basé sur des faits réels portant sur la disparition de plusieurs femmes et dont la mort n'a jamais été élucidée pour certaines d'entre elles…
Marie VINDY dans ce roman noir met en lumière la violence, les humiliations que subissent les femmes et les enfants parfois au sein du cercle familial…
Une avocate décide de rouvrir de vieux dossiers, suite à la mort récente d'une adolescente, avant qu'il ne soit trop tard ! On suit avec elle le sort de plusieurs familles détruites par la mort de leur fille.
Parallèlement à cela il y a bien sûr l'enquête policière !
Les personnages décrits sont là soit détestables soit attachants. Cette haine cette violence font froid dans le dos surtout lorsque les faits démontrent que cela se produit tous les jours et se lit dans les faits divers… Cela n'offusque plus tant cela est banal, la question serait de savoir pourquoi nous le supportons, pourquoi des femmes cautionnent cela, ne parlent pas en tenant le même discours que les hommes !!
Moi qui n'aime pas l'alternance des personnages dans la construction des chapitres, surtout quand ils sont plusieurs, ici cela ne m'a pas dérangée bien au contraire car il rend le récit plus vivant plus noir aussi…
En conclusion, cela n'est pas un livre qui détend c'est sûr vu le sujet abordé mais il s'agit d'un livre utile nécessaire, dérangeant sur notre Société actuelle. Des romans comme ceux-là nous en avons besoin car ils nous obligent à regarder une réalité qui fait mal. Un vrai bon polar qui nous conduit dans les méandres de l'âme humaine avec ses vicissitudes, ses perversions et surtout un combat qui n'est pas prêt de s'achever !!! Je n'ai donc qu'un mot à dire bravo Marie Continue car après chiennes un de mes coups de coeur précédents, celui-là en est un aussi et je vous le conseille vivement
Marc FERNANDEZ avec sa nouvelle collection Sang Neuf de chez Plon ne fait que confirmer ce que je pensais… Une très belle collection qui a de l'avenir avec ses choix intelligents et des auteurs qui méritent d'être mis en lumière… Donc bravo à tous les deux et vivement le prochain !!!!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
-Olivier--Olivier-   16 juin 2017
Si les meurtriers bénéficient de la prescription, du classement de leur affaire et du droit à l'oubli, les familles, elles, n'ont pas ces droits et elles n'oublieront jamais.
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-Olivier--Olivier-   20 juin 2017
Hélène n'avait pas confiance. Elle avait été trop maltraitée par la police, par la justice. Ça prendrait du temps, et cette femme n'avait pas surmonté les traumatismes successifs, la perte d'un enfant, la violence d'un assassinat, l'exposition aux médias, la justice. Des machines à broyer, qui entretenaient la douleur et la dépression.
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Videos de Marie Vindy (5) Voir plusAjouter une vidéo
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