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ISBN : 2370550554
Éditeur : Le Tripode (30/11/-1)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Le Caillou, c’est l’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou.

« Avant de raccrocher, je lui confie que j’ai dans l’idée de partir quelques jours en Corse. Je l’entends renifler et pleurer. Pour elle, c’est le premier signe de vie que je donne depuis bien longtemps. Le dernier qu’elle a perçu, c’est le cri que j’ai poussé en venant au monde. Elle oublie qu’enfant, je riais tout le temps et embrassais le bonheur commun. Ce n’est que plus tard... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  11 novembre 2015
Le caillou a de l'avenir dans la vie de cette prof de 40 ans démissionnaire de l'enseignement parce qu'elle se croit incapable de faire progresser ses élèves à cause de son aphonie.
Un caillou. C'est ainsi qu'elle aimerait être pour ne pas avoir à justifier une existence sans sel. Elle vit recluse dans son petit logis niché dans la solitude et l'indifférence d'une grande ville.
Jusqu'au jour où elle fait la connaissance impromptue de son voisin, Monsieur Bernard, malade du coeur, typographe en retraite, féru de sculpture romantique et amoureux d'un petit paradis dans le golfe d'Ajaccio. Ce vieil original, esseulé lui aussi, l'observe depuis des années et la croque dans son carnet, à son insu, dans le but de la sculpter et lui redonner goût à la vie.
A sa mort, la demoiselle garde ses livres d'art, une photo du bonhomme jeune et blond et, de toute manière en rupture de société, elle décide d'aller en Corse voir ce qui l'y motivait tellement.
La beauté du paysage, des couchers de soleil et des rochers, l'odeur du maquis, des lentisques et des arbousiers, les rencontres au bar du village et la découverte de l'oeuvre de Monsieur Bernard ont raison de sa léthargie.
Elle renoue le contact avec les autres, retrouve le "langage commun" qu'elle avait oublié et tente de donner un visage au regard - son regard - que Monsieur Bernard avait fini par inscrire dans la pierre après des dizaines d'essais infructueux.
Les thèmes déclinés tournent autour de l'ennui, de la solitude et de la vieillesse inéluctable, mais si le livre contient une dose de mélancolie, il vibre aussi d'humour, de tendresse et de talent.
L'"héroïne" sans nom, encore acharnée à quatre-vingts ans à extraire une forme de la matière, a donné une forme à sa vie. Même les rochers les plus granitiques présentent une faille au moment où l'on s'y attend le moins.
Ecriture moderne et intense, émouvante et parfois grinçante, chaleureuse et rugueuse à la fois, voilà un livre qui remue, qui interroge et qui déploie la beauté dans toutes ses pages.
Merci à Zakuro dont la critique m'a donné une folle envie de croiser le Caillou qui s'est révélé plein de créativité et de sensibilité.

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fanfanouche24
  08 juillet 2015
Une lecture insolite , attachante, difficile à décrire…Une belle atmosphère , singulière, tour à tour réaliste et très onirique par fulgurances !
Ce premier roman d'une jeune auteure (après la publication d'une autofiction, « J'ai déserté le pays de l'enfance »), je l'ai découvert en fouinant par hasard dans une de mes librairies attitrées ; La Librairie Tschann (Bd du Montparnasse, Paris)
Je fus attirée simultanément par les deux illustrations de couverture d'Estelle Ribeyre et par la phrase unique et lapidaire, choisie pour la 4ème de couverture : « C'est l'histoire d'une femme qui voulait devenir un caillou »… ?
j'en ai débuté aussitôt la lecture… Les thèmes de la solitude, de l'appréhension du temps…et l'amour de la Corse y ont une place de choix !.

Une jeune enseignante ayant renoncé à son métier, faute de « cordes vocales » assez puissantes… se renferme sur elle-même, dans son studio, en faisant des remplacements de « serveuse »,… et puis un jour, elle fait la connaissance de son vieux voisin, avec qui elle sympathisera…
De nombreuses thématiques s'entrechoquent : la solitude, l'isolement ressenti dans les villes, la vieillesse, la dépression, l'Art, les amours déçus, la difficulté de trouver un sens à son chemin, les désarrois des humains, dans leur ensemble.
Ce charmant voisin vient en aide à notre narratrice, un soir de profond cafard ; Il lui raconte son existence, sa carrière de typographe à l'Imprimerie Nationale…sa passion pour la sculpture et plus exclusivement pour la sculpture romantique… ses escapades régulières vers la Corse…
Ce voisin solitaire va mourir… et notre « anti-héroïne » ira en Corse, pour s'immerger dans son existence et son passé…
De belles descriptions à la fois de la nature corse, de l'état d'esprit si spécifique des corses ainsi que de la magie de l'Ile de Beauté, la lutte avec la matière, la roche, la pierre, en l'occurrence… car comme je vous l'ai signalé précédemment, la sculpture est un « personnage » supplémentaire, non négligeable dans la trame de cette histoire attachante, pleine d'émotions, mais non dénuée d'humour !
« Je sais bien qu'on dit : "malheureux comme les pierres". Mais je mettrais ma main à couper que les cailloux ne sont jamais aussi désespérés qu'ils en ont l'air. Ce sont les hommes qui sont désemparés. (p.79) »
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Zakuro
  05 mai 2015
Comme un île sur la mer, j'aimerais m'enrocher à ce texte solaire baigné par une poignante mélancolie.
Devenir "Minérale, granitique, chateaubriandesque sur la mer, pour ne plus avoir peur", être un caillou pour faire quelque chose de sa vie sont des voeux pour le moins insolites.
Ils sont ceux de la narratrice, amoureuse d'un homme qu'elle attend, la jeune femme ne se sent exister que par son travail de serveuse dans un bar. Pourtant, elle ne s'apitoie pas sur son sort. Au contraire, son humour lui donne matière à regarder autrement les petits revers de la vie comme "applatir le nez contre la vitre pour avoir un autre degré de conscience".
Puis, il y a ce voyage à Cala d'Orzu, en Corse du Sud où tout l'appelle. Les habitants du village, ses nouveaux amis du café "Chez Xavier", le paysage du maquis où poussent arboussiers et fenouil sauvage, la mer limpide au pied des rochers à forme humaine. A devenir elle-même cette roche naturelle qui ne se craquelle sous aucun vernis ni artifice.
L'image du soleil couchant sur la pointe de Capo di Muro " cet absolu toujours déçu" qui renvoie au manque jamais comblé est également un très beau moment de communion intense.
Je suis profondément admirative et subjuguée par toute la richesse inventive et singulière dans la construction de ce roman où le besoin de s'abstraire de la réalité fait écho à la vacuité de l'existence.
C'est un texte très fort, à la fois drôle et bouleversant, tendre et insolent. "Le caillou" est le premier roman de Sigolène Vinson également chroniqueuse à Charlie Hebdo.
Maintenant, je ferai attention de ne pas retirer le petit caillou qui encombre ma chaussure.
Je remercie infiniment les éditions le Tripode et Libfly via Zazy pour m'avoir fait découvrir ce livre.
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isabelleisapure
  21 décembre 2015
« Malheureux comme les pierres » dit l'adage. Ce n'est pas l'avis de la narratrice, qui se verrait bien renaître en caillou.
Elle trouve le ciel «morne et débile», passe ses journées chez elle et ne fout rien. Jusqu'à ce qu'une rencontre change son quotidien vécu en solitaire: celle avec son voisin, mystérieux homme âgé habitant un appartement qui sent la mer. Sa disparition soudaine, de sa vie, de la vie en général, mènera la jeune femme jusqu'en Corse. Là, dans ce paysage rocailleux, elle se mettra à la sculpture, et acceptera la vieillesse qui viendra comme un cadeau. Une délivrance. de toute façon, «tout ce que nous inventons pour nous protéger de la vieillesse nous fait vieillir plus vite».
Humour poésie et mélancolie s'entremêlent avec grâce dans ce roman surprenant, réjouissant et absolument détonnant ! Une histoire de chair et de pierre, de solitude et d'amitié...et la Corse...!
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pyrouette
  15 octobre 2016
Une jeune femme enseignante persuadée qu'elle ne peut plus rien apprendre à ses élèves, hypersensible, décide de quitter le monde vivant. Elle veut devenir un caillou, pour ne plus ressentir d'émotions.
Elle se terre dans son tout petit appartement, limite les contacts à son travail de serveuse intérimaire dans un bar près de chez elle, et aux services qu'elle rend à sa voisine atteinte d'éléphantiasis. Les journées défilent, monotones et dans une solitude extrême.

Pourtant une nuit, un voisin frappe à sa porte. Il a perdu ses clés et lui demande de l'aide. L'amitié débute entre ses deux marginaux des sentiments, lui passionné de sculpture, elle passionnée par ce caillou qu'elle veut devenir. Puis, ce vieux voisin cardiaque, meurt. Il avait décidé de ne plus prendre ses médicaments.

Elle récupère les livres de son ami et décide une nouvelle fois de tout quitter pour la Corse, région de prédilection de son vieil ami. Là-bas, elle va reprendre contact avec le monde, enfin avec la poignée d'hommes qui vit dans la montagne. La suite dépend aussi de l'interprétation du lecteur, est-ce la réalité ou la vérité arrangée ? A vous de le lire, à vous de décider.

Le paradoxe de cette histoire est le bien-être que l'on ressent avec cette jeune femme, comme si devenir un caillou dans la sérénité est une chose normale.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   29 juin 2015
Son roman fait voyager, rêver, réfléchir.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   15 juin 2015
Pas de grand manifeste ici, rien n'est souligné comme une thèse. Mais on ne peut faire autrement que de voir un refus des diktats de notre époque dans sa narratrice, qui a décidé de sauter du train.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   11 juin 2015
Je décroche. Ma mère est à l’autre bout de la ligne. Tout de suite, elle sent que quelque chose ne tourne pas rond, en plus de tout ce qui déjà ne tourne pas rond chez moi. Je lui apprends que mon ­voisin est mort, que sa tête est venue frapper à ma porte et que je trouve les housses funéraires très obscènes (…). Avant de raccrocher, je lui confie que j’ai dans l’idée de partir quelques jours en Corse. Je l’entends renifler et pleurer. Pour elle, c’est le premier signe de vie que je donne depuis bien longtemps. Le dernier qu’elle a perçu, c’est le cri que j’ai poussé en venant au monde. Elle oublie qu’enfant, je riais tout le temps et embrassais le bonheur commun. Ce n’est que plus tard que j’ai eu des vues nouvelles, d’abord celle d’un désert sous ma fenêtre, et depuis peu, celle du large.
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fanfanouche24fanfanouche24   04 juillet 2015
- Vous avez vraiment besoin que je sois fou, hein ? Il faut que vous sachiez, la dernière fois, j'ai surpris la concierge en train d'arroser les plantes de la cour alors qu'il pleuvait. Les gens font comme ils peuvent avec la vie. Arroser des plantes sous la pluie ou se balader avec une serpillière dans une serviette en cuir, c'est un moyen de tenir. Parce qu'il faut quand même bien qu'on tente d'aller jusqu'au bout . Vous-même, je suis sûr que vous avez des trucs pour ne pas sombrer. (p.16)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 juillet 2015
(...) j'oubliais que mon langage n'avait de sens que pour moi. depuis quelque temps, je vivais recluse, et mon vocabulaire s'était appauvri, ma syntaxe réduite à la plus simple expression, comme si la solitude m'avait rendue aphone. Les sons qui sortaient de ma gorge étaient ceux de l'Homme placé à l'isolement ou alors, ceux d'un enfant sauvage que seule la nécessité, la faim en un mot, pousse à s'exprimer. (p.18)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 juillet 2015
je sais bien qu'on dit : "malheureux comme les pierres". Mais je mettrais ma main à couper que les cailloux ne sont jamais aussi désespérés qu'ils en ont l'air. Ce sont les hommes qui sont désemparés. (p.79)
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ClaireGClaireG   11 novembre 2015
Au fond, c'est bien utile d'avoir un petit vieux qui perd la boule sous la main, on peut prendre la mesure de l'inévitable et verser dans le pessimisme sans aucune obscénité (p. 13).
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