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EAN : 9782221109588
216 pages
Éditeur : Robert Laffont (19/09/2007)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 20 notes)
Résumé :

" Le bon Dieu me demande sans doute le sacrifice d'une vie extraordinaire." Ces paroles de sainte Bernadette, Reine les a prononcées le jour où elle a renoncé à entrer dans les ordres pour se consacrer à sa famille.

Malgré treize enfants, le dur labeur de la ferme, le combat quotidien contre la pauvreté et surtout un mari tyrannique, jamais elle n'a regretté son choix.

Née en Vendée en 1910, émigrée en Charente, Reine a vé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  13 février 2020
Née en Vendée en 1910, Reine est contrainte par sa famille de renoncer à sa vocation religieuse et accepte d‘épouser un métayer qui lui donnera treize enfants. Entre sa progéniture, les durs labeurs de la ferme, et son mari tyrannique, violent et bon à rien, elle mènera une vie marquée par le dévouement et la pauvreté, que d'aucuns iront jusqu'à baptiser sainte.

Reine est représentative de toutes les femmes de son siècle qui passèrent directement de la tutelle parentale à celle de leur mari, nées pour procréer et servir les hommes de leur famille, sans ressources personnelles et donc incapables de partir même si leur mariage s'avérait un calvaire. L'histoire est jusque là crédible et intéressante. Yves Viollier a choisi en outre de doter son personnage d'une résignation et d'une soumission sans borne, justifiées par une motivation religieuse toute catholique, qui, à la longue, ont fini par me gêner : comment lire sans révolte qu'une femme maltraitée, battue et humiliée, puisse presque y trouver une forme d'accomplissement, si religieux soit-il ?

Fluide et d'une lecture agréable, le récit est linéaire et descriptif : accentuée par le parti-pris d'une narration a posteriori qui s'adresse à l'héroïne en la vouvoyant, une certaine distanciation s'établit avec les personnages, observés de l'extérieur sans jamais vraiment les pénétrer. le texte en acquiert la dimension nostalgique d'un retour sur le passé et des êtres aujourd'hui disparus, mais prend en même temps l'aspect d'une photographie lisse et glacée, où l'on peine à retrouver la véritable épaisseur des sentiments humains. Je n'ai pas réussi à me glisser dans la peau des personnages, ni à ressentir pour de bon leurs émotions. Reine n'est pas parvenue à m'émouvoir, si ce n'est à m'irriter.

Rappel de la dure condition féminine dans les campagnes françaises du siècle dernier, ce roman historique et de terroir, agréable mais un peu trop superficiel, ne me laissera pas de souvenir impérissable, si ce n'est un certain malaise face à l'acceptation catholique de la souffrance ici-bas.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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CDemassieux
  03 octobre 2020
Son vieil ami, le curé Papillon, dit un jour ceci à Reine : « Vous semez dans les larmes. Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant… »
Cette petite vendéenne lumineuse de vie et d'amour, empêchée de devenir religieuse pour ensuite enseigner, mariée finalement à un tyran ordinaire qui décidera de l'exiler, elle et ses treize enfants, en Charente, et l'isoler définitivement de sa famille, en versera des larmes durant cette vie de labeur et de peu de joies, sinon celle d'aimer malgré le poids d'un destin contraire.
Avec des mots évidents, qui ne s'envolent pas dans le lyrisme facile, Yves Viollier raconte un chemin de Croix ; celui d'une sainte anonyme dont le miracle sera de répandre cet amour dont elle est pleine et qu'elle reçoit si peu en retour de la part d'un mari vaniteux, cruel et égoïste, qui, malgré les soins déployés par sa femme, la rudoie jusqu'au bout, jouissant du spectacle de son humiliation.
Pauvre Reine, « qui ne demandait [à ce mari] qu'un peu plus de délicatesse et de tendresse pour s'abandonner davantage. Elle frissonnait de voir ses prunelles zébrées d'éclairs qui ressemblaient à de la haine. » Et pourtant : « Elle ne désespérait pas de l'amadouer, avec l'aide de l'amour de Dieu. »
Un mari qui se croit souverain chez lui au point d'agenouiller physiquement ses enfants en signe de soumission à sa personne, lorsque Reine leur demande de le faire seulement pour prier et jamais sur le ton de l'injonction mais celui de l'invitation humble à demander le secours de plus haut que soi.
Roman de la terre et du Ciel, pourrait-on dire à propos de la Mère. Parce que si l'ici-bas est dur, la promesse de l'au-delà n'en est que plus grande. Et n'y voyons là aucune bigoterie, car l'auteur n'est pas un juge austère mais bel et bien un vivant qui sait le poids de la vie.
La Mère d'Yves Viollier est un récit de l'adversité, certes, mais il est aussi un hymne à l'abnégation maternelle ; abnégation qui sera récompensée par le souvenir intergénérationnel, cette immortalité terrestre…
Certains y verraient un récit de la servitude ; ce qui serait une erreur, car l'espérance habite l'âme de cette mère dévouée, résumée tout entière dans cette phrase : « Reine s'est toujours voulu une servante. Elle n'a jamais pris le chemin des grandeurs. Elle n'a vécu que pour le bonheur des autres, entièrement donnée à sa famille, à ses voisins, à ce petit monde qui était le sien et le nôtre ? »
Reine aurait sûrement aimé ces vers de Louis Aragon, si merveilleusement chantés par Jean Ferrat : « La souffrance enfante les songes / Comme la ruche les abeilles / L'homme crie où son fer le ronge / Et sa plaie engendre un soleil / Plus beau que les anciens mensonges. »
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BVIALLET
  27 avril 2012
Au début du siècle dernier, en Vendée, Reine, orpheline de mère à l'âge de sept ans, se retrouve à la charge de sa belle famille qui la transforme très vite en servante. Très jeune, on la marie à un survivant de la guerre de 14 qui ne l'aime pas et ne songe qu'à l'humilier et à lui imposer sa volonté. D'abord métayer sur un domaine où il survit difficilement, il décide d'acheter une ferme en ruine en Charente en prenant un crédit et en vendant le pauvre héritage de Reine sans même lui en parler. La malheureuse aura treize enfants, travaillera comme une bête de somme et se dévouera sans jamais se plaindre alors que son bellâtre de mari, non content de tyranniser sa famille, échouera dans la plupart de ses tentatives d'élevage ou de culture. A toutes les épreuves, Reine saura toujours opposer son amour pour sa famille et sa foi en Dieu.
Un portrait de femme absolument magnifique. Un itinéraire quasi christique, proche d'une sorte de long chemin de croix que ce roman de terroir (dans l'esprit du grand Giono) fort intéressant qui nous décrit la vie besogneuse de petites gens courageux dont les souffrances sont muettes et l'espoir en un au-delà meilleur immense. La vie de Reine aurait pu la broyer et l'aigrir et c'est tout l'inverse qui se produit. Au bout du compte, elle sera récompensée : elle est à l'origine d'une belle famille honnête, unie et prolifique. La fin du livre, touchante et généreuse, évacue le côté un peu mélodramatique des années trente et quarante. le style de Viollier est toujours aussi agréable et facile à lire. Une histoire positive, un hymne à l'amour maternel, au courage et au dévouement d'une femme exceptionnelle dans son incroyable modestie, ce qui nous place aux antipodes des thèmes actuels. Emouvant et revigorant.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Marigold
  31 décembre 2012
J'ai lu ce petit livre d'une traite, j'ai bien accroché.
Pourtant, à la longue, la passivité, la résignation de Reine, m'ont un peu énervé.
Mais la foi et l'amour de cette femme, m'as fait un peu oublier cela.
Le dernier paragraphe, m'a carrément mis la larme à l'oeil et m'a fait finir le livre sur un bon sentiment. Un bel hommage à l'amour maternel.

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CocoetYvette
  10 mai 2017
Quel plus beau mot que celui de MAMAN ? Riche ou Pauvre une maman est la chose la plus importante dans une vie.
Alors oui parfois vous trouverez Reine un peu trop passive, soumise mais elle est avant tout non pas une mère mais une MAMAN.
Un roman plein de tendresse et d'émotions.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
MarigoldMarigold   31 décembre 2012
Maman, donnait, donnait, elle aurait donné sa chemise. Les romanichels le savaient. Ils venaient chercher du lait à la maison. Elle leur a donné le lapin qu'elle vidait et on s'est passé de viande pendant la semaine! Une autre fois, ils sont arrivés quand elle préparait des patates et des topinambours. Ils n'aimaient pas les topinambours. Elle a donné les patates. On a mangé les topinambours.
p. 130
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2017
Elle va vers ses dix-huit ans. Elle est persuadée de ne pas être une beauté, se trouve disgracieuse, se reproche sa lourdeur, n’aime pas ses hanches un peu larges, sa petite taille. Elle souffre d’un imperceptible strabisme, qui lui donne l’air de voir plus loin que ce qu’elle a immédiatement sous les yeux. Elle préférerait les traits simples de ses cousines à son visage rond et ses joues pleines comme des petites pêches pourtant débordantes de fraîcheur. Elle n’aurait jamais imaginé que l’un des plus beaux garçons de la commune s’intéresse à elle.
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2017
Il prononce son nom, Reine, avec douceur comme pour effacer le temps où il l’appelait autrement. Est-ce que le service militaire l’aurait changé ? C’est vrai qu’elle s’est toujours demandé comment on pouvait avoir le cœur si dur avec une figure d’ange. Mère Marie-Aimée prétend que Lucifer était le plus beau, le plus intelligent des anges du paradis.
Est-ce que Reine est incapable de pardonner des gamineries d’écolier ? Qui n’étaient pas que des gamineries. Il a continué après.
Et pardonner n’est pas aimer.
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2017
Dans ces périodes de tension, le père est inflexible. Ses enfants le savent et le redoutent. Il s’agite, va, revient le long de la route, les mains dans le dos, sur ses jambes d’échassier. Reine organise le campement assistée de ses aînés, François, Jeanne. Le calme et la douceur de leur mère les surprennent toujours et les émeuvent. Ils admirent sa manière de faire le gros dos. Elle ne tremble pas. Du moins, elle n’en montre rien. Et ils l’écoutent.
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rkhettaouirkhettaoui   22 septembre 2017
Respect. Il a sans cesse à la bouche ce mot qu’il enseigne à ses enfants qui l’écoutent et répondent à ses commandements : « À votre service, père ! »
Il leur apprend le respect des parents, des maîtres, de l’autorité, des lois, respect des consignes, de ses affaires, ses vêtements, du bien d’autrui, respect des traditions, de la morale, de la religion, respect de soi. Henri fait régner le respect autour de lui.
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