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ISBN : 2718604581
Éditeur : Galilée (22/09/1995)
Résumé :
« Ce monde tel que nous le voyons est en train de passer », écrivait Paul de Tarse. Aujourd’hui, si ce constat cinématique s’impose toujours à l’esprit, la question qui demeure est : oui, mais à quelle vitesse ?
Que ce soit dans le domaine des relations publiques ou privées, dans celui des transports ou de l’économie, le passage de la figure du monde ne cesse de s’accélérer.
Ce n’est donc plus seulement l’accélération de l’histoire mais la propulsio... >Voir plus
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
lanardlanard   02 septembre 2010
p. 165 Einstein et le Big Bang :
le présent qui s’est ainsi dilaté à la mesure de « l’espace monde », au point de dépasser l’alternance diurne/Nocturne comme mesure habituelle du temps local, c’est donc bien celui de la « lumière », plus exactement de ce temps-matière des superficies, des masses ou des lieux.
Mais devant ce déploiement mondial du temps présent, revient soudain à l’esprit, une dimension souvent cachée de la théorie einsteinienne de la relativité, celle de l’éternel présent. Curieusement, cette notion inévitable a été oubliée ou probablement omise, bien qu’elle éclaire grandement le refus du savant d’accepter, avec Ewin Hubble et quelques autres, le principe de l’expansion universelle. En effet, si quelqu’un n’est pas « fixiste », ni adepte d’un Univers « stationnaire », c’est bien Einstein, lui qui s’écriait justement : il n’y a rien de fixe dans l’univers ! Ne pouvait comme c’est le cas si souvent, être taxé d’immobilisme mental !
Pourquoi donc interpréter si mal, ce refus du phénomène « inflationnaire », issu du Big Bang, dans une sorte de procès d’intention post mortem, constamment relancé ?
Pour Einstein, le présent c’est déjà « le centre du temps », le passé du Big Bang originaire n’est pas, ne peut être scientifiquement ce centre ancien. Le centre véritable est toujours nouveau, le centre est perpétuel, ou plus exactement encore, le « présent » est un éternel présent.
Aux trois temps de la succession (chronologique), passé, présent, futur, Einstein substitue un temps d’exposition (chronoscopique ou dromoscopique), sous exposé, exposé, sur-exposé.
Selon lui, la flèche du temps est une flèche de lumière et ne saurait être celle magique de l’archer cosmique ; d’où son approche d’une « optique cinématographique » et son anticipation des fameux mirages gravitationnels et autres aberrations astrophysiques qui organisent pour l’observateur humain, la vision, mais surtout, l’interprétation scientifique des phénomènes, à partir de cette vitesse-limite absolue, et de la lumière et de la gravitation universelle, soit 300 000 kilomètres/seconde.
Le centre du temps, ce serait donc la lumière, ou mieux, la vitesse des ondes qui véhiculent l’information.
Il ne s’agit donc plus de compter les années ou les siècles, à partir de l’alternance traditionaliste du jour et de la nuit, il s'’git désormais de fonder « la science du temps » surle mur de l’accélération, ce mur du temps-lumière qui organise et « l’étendue » et « la durée » des phénomènes de vieillissement du temps-matière.
Effectivement, puisque cette vitesse finie mais cependant absolue, n’est pas un phénomène, mais la relation entre les phénomènes, le continuum spatio-temporel ne peut avoir de « centre » - et encore moins une origine – en dehors de cette relativité même, autrement dit : en dehors de cette « vitesse-lumière » d’un temps d’exposition qui s’impose au temps de la succession, historique et classique.
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lanardlanard   02 septembre 2010
p. 41-42
« Non c’est l’artiste qui est véridique et c’est la photographie qui est menteuse, car dans la réalité, le temps ne s’arrête pas » (Rodin, L’Art, Entretiens avec Paul Gsell). Le temps dont il est question ici, c’est celui de la chronologie, le temps qui ne s’arrête pas, c’est le temps linéaire coutumier. Or, ce que les techniques de la photosensibilité apportaient de nouveau et que Rodin n’avait pas encore remarqué, c’est que la définition du temps photographique n’était plus celle du temps qui passe, mais essentiellement, celle d’un temps qui s’expose, qui « fait surface », un temps d’exposition qui succède dès lors, au temps de la succession classique. Le temps de la soudaine prise de vues, c’est donc, dès l’origine, le temps-lumière.
(…)
Avec le photogramme instantané qui permettra l’invention de la séquence cinématographique, le temps ne s’arrêtera plus. La bande, la bobine du film, et plus tard, la cassette vidéo en temps réel de la télésurveillance permanente illustreront cette innovation inouïe d’un temps lumière continu, autrement dit, l’invention scientifique majeure depuis celle du feu, d’une lumière indirecte, suppléant la lumière directe du soleil ou de l’électricité, comme cette dernière avait elle-même suppléé à la lumière du jour.
Actuellement, l’écran des émissions télévisées en temps réel est un filtre non plus monochromatique, comme celui bien connu des photographes, qui ne laisse passer qu’une seule couleur du spectre, mais un filtre monochronique qui ne laisse entrevoir que le présent. Un présent intensif, fruit de la vitesse-limite des ondes électromagnétiques, qui ne s’inscrit plus dans le temps chronoscopique, passé-présent-futur, mais dans le temps chronoscopique : sous-exposé-exposé-sur-exposé.
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lanardlanard   02 septembre 2010
p. 43-44 Pour illustrer cette agrandissement soudain de la vision, consécutif à l’accroissement de la vitesse, écoutons le récit d’un parachutiste, spécialiste de la chute libre : « La chute-à-vue consiste à apprécier visuellement, à tout moment de la chute, la distance à laquelle on se trouve du sol. L’évaluation de la hauteur et l’appréciation du moment exact où il faut déclencher l’ouverture du parachute résultant d’une impression visuelle dynamique. Quand on vole en avion à 600 mètres de hauteur, on n’a pas du tout la même impression visuelle que lorsqu’on franchit cette hauteur en chute verticale, à grande vitesse. Quand on se trouve à 2000 mètres, on ne s’aperçoit pas que le sol approche. En revanche, quand on arrive aux environs de 80 à 600 mètres, on commence à le voir « venir ». La sensation devient assez rapidement effrayante car le sol fonce sur soi. Le diamètre apparent des objets croît de plus en plus vite et l’on a soudain la sensation de les voir non plus se rapprocher, mais s’écarter brusquement, comme le sol se fendait. » (M. Dufourneaux, L’attrait du vide, Calmann-Levy, 1967).
Ce témoignage est précieux car il illustre de manière véritablement gravifique, le vertige de la perspective, sa pesanteur apparente. Avec ce « chuteur-à-vue », la géométrie perspective apparaît pour ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : une précipitation de la perception où la rapidité même de la chute libre donne à voir le caractère fractal de la vision résultant de l’accommodation oculaire à grande vitesse.
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