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EAN : 9782330057862
356 pages
Éditeur : Jacqueline Chambon (13/01/2016)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Situé dans un monde où les logiciels d’écriture pourraient très vite supplanter l’écrivain, le roman de Matéi Visniec est un plaidoyer pour la lecture et une critique acerbe de notre société qui n’a de temps que pour les commencements.
Un certain Guy Courtois en a d'ailleurs pris conscience et se propose de choisir pour les écrivains en mal d'inspiration – ce qui est le cas du narrateur et héros de cette histoire – la première phrase de leur livre, puisque le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
YANCOU
  30 avril 2016
Matei Vișniec est roumain, écrit surtout du théâtre (plus de vingt pièces) et réside à Paris où il travaille comme journaliste. Auteur d'un premier roman en 2013, il fait paraître ces jours ce second roman, mille-feuille, kaléidoscopique et surréaliste ; il y est question d'une quête, celle de la première phrase, puis de celles des romans de Kafka, Camus, Thomas Mann et beaucoup d'autres encore ; il y est question aussi de souvenirs familiaux, de début d'un roman fantastique, d'une rencontre amoureuse dans une librairie en désordre, d'un logiciel d'écriture de romans et de bien d'autres histoires encore pour avoisiner la douzaine de récits sans rapport les uns avec les autres et qui s'entrechoquent au fil de ce livre qui est en définitive un éloge à la littérature dont le contenu jubilatoire est follement addictif. Bravo aux éditions Jacqueline Chambon de prendre le risque insensé de publier un tel livre - livre qui est comparable dans sa forme (pas forcément dans le fond, bien sûr) à des objets littéraires insolites comme l'ont été, pour ne citer que quelques noms et m'adonner ainsi à la facilité plaisante du "name dropping", Vies et opinions de Tristram Shandy de Laurence Sterne, Pétersbourg de Biély ou encore Ulysse de Joyce. En effet, ce labyrinthe littéraire qu'a fabriqué Matei Vișniec s'adresse aux bibliovores, qui, au contraire des amateurs de fastfood littéraire, aiment relever des défis en forme de courses d'obstacles, avec cette satisfaction stimulante qu'est la certitude que ce livre bien particulier s'inscrira en eux de façon définitive - et un grand bravo à Laure Hinckel pour avoir traduit ce merveilleux Marchand de premières phrases
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Cathy74
  28 août 2017
Je dédie cette critique à Monsieur "Tandarica", membre de notre confrérie babeliote, par qui mon attention fut attirée sur "Le marchand de premières phrases". En lisant ce livre, je suis certaine d'avoir eu aux lèvres le sourire de "l'idiot du village", ravi et ébahi, qui écoute un conte à la veillée.
J'avoue aussi franchement que je n'ai pas tout compris à l'histoire, ce qui me réjouit ! Foin des analyses et du coupage de cheveu en quatre. Ayant la chance de connaître la Roumanie pour y avoir vécu, j'ai plongé en apnée et j'en ai été récompensée !
Quel frais plaisir littéraire j'ai ressenti (comme au temps lointain de l'enfance, où je découvrais l'univers de la lecture) à suivre les aventures kaléidescopiques de M. X, de Melle RI, de M. Guy Courtois, de MM. Bernard et Busbib, de Mme Warnotte et consorts, sans oublier Victor, ni bien sûr, l'auteur (Guṱa ?).
L'univers onirique, érotique, métaphysique de ce livre, qui alterne avec des réflexions très actuelles sur notre 21ème siècle "communicant" mais désenchanté, sur le 20ème siècle "littéraire", mais bâillonné et verrouillé, est très prenant et mérite une seconde, troisième lecture, et plus si affinités.
Une belle rencontre, un grand coup de coeur, "J", comme J'aime...
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helhiv
  11 mai 2016
Avec quelle gourmandise j'ai attaqué cet ouvrage au titre alléchant ! La première phrase d'un roman c'est comme l'entrée d'un passage secret, la première phrase d'un roman c'est comme l'inspiration au moment de la première foulée d'un marathon, la première phrase d'un roman c'est comme un code d'entrée dans l'univers des possibles et des impossibles. Et Matei Vișniec sait nous tenir en haleine avec des histoires qui partent dans tous les sens, des débuts comme des promesses, une intrigue qui fleure bon le mystère. Tout ça dure presque jusqu'à la moitié du livre avant de s'apercevoir que tout ça ne mène pas très loin, que les histoires se croisent mais presque par hasard, que le mystère ne se sublime pas. Je sais bien qu'il ne faut pas vouloir écrire le livre à la place de l'auteur et accepter ce qu'il nous donne, mais je ne peux pas m'empêcher d'être déçue parce que l'aventure s'annonçait tellement belle. Il reste un roman, pas si original, sur le thème de l'écriture où fourmillent les références plaisantes et qui se lit jusqu'au bout même quand la passion s'est éteinte.
PS : J'ai trouvé que les thèmes abordés dans ce livre se rapprochait de ceux de Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino.
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thisou08
  25 juin 2017
« Bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c'est bizarre ! »
Et bien oui, je suis tombée sur un livre bizarre, qualifié par l'auteur ou l'éditeur de [ roman kaléidoscope ].
J'avoue avoir été, au début, un peu déstabilisée par ce livre atypique.
Mais j'ai vite pris goût à son foisonnement.
A la fin de chaque chapitre, j'attendais avec impatience de découvrir dans quel " univers littéraire " j'allais tomber.
Evidemment, il y est question de livres et d'auteurs, mais pas que... et c'est ce qui fait la force de ce livre.
Un coup de chapeau à la traductrice Laure Hinckel ( on oublie souvent les traducteurs qui ont pourtant une grande importance ! ), car il faut se plonger entièrement dans ce livre pour pouvoir en restituer la
" substantifique moelle ".
Un gros, gros coup de coeur !!!
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mdhennin
  09 août 2016
Matéi Visniec est un grand dramaturge contemporain et ce que l'on apprécie dans ses pièces de théâtre ce sont les dialogues percutants, le rythme et la poésie des situations.
Si cette dernière est présente dans ce roman kaléidoscopique, l'ensemble est confus voire laborieux. A certains moments, la mise en abyme des situations et des jeux liant auteurs et personnages fonctionne bien, dans de trop nombreux moments cela tourne à vide.
Il reste de tout cela de très beaux moments qui donnent malgré tout l'envie d'aller voir au bout, pour découvrir ce que le fameux marchand de premières phrases garde comme ultime trouvaille.
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   11 mars 2016
Ce qu'est un roman ? Avant tout, c'est une quantité de temps. Quand vous voyez un roman dans une librairie, si vous êtes un peu attentif, vous pouvez évaluer immédiatement la quantité de temps qu'il contient. Et cela dans un double sens : le temps qui a été nécessaire à l'auteur pour l'écrire et le temps qu'il vous faudra pour le lire. [..]
Mais il y a encore quelque chose, quelque chose que personne ne peut évaluer...C'est combien de temps vous serez marqué par un roman après l'avoir lu. Il y a des romans qui vous accompagnent durant toute une vie, qui entrent en vous, qui durent...Voilà pourquoi je dis qu'un bon roman est une victoire dans le temps.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   28 février 2016
En Amérique, l'espace est un personnage. D'ailleurs, le roman américain, même s'il a aussi une vocation psychologique, est un roman des grands espaces, c'est un roman fasciné par l'espace, à la différence du roman européen qui est fasciné par le temps. Les deux mondes romanesques ont développé des instruments d'investigation différents. C'est comme si certains avaient fabriqué de préférence des binocles et d'autres des monocles. Rien de plus typique du roman européen que Proust et sa Recherche du temps perdu. Rien de plus typique du roman américain que Sur la route de Jack Kerouac.
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PiatkaPiatka   27 février 2016
n'ayez crainte, mademoiselle, le poème pour les lèvres
est facile à utiliser
il vous embrasse sur les lèvres quand vous le lisez
il n'y a rien d'autre dans ses gènes
il n'a en aucun cas le droit de descendre plus bas que les lèvres
il n'a pas non plus le droit de vous glisser des mots sensuels à l'oreille
( le poème-boucle d'oreille viendra seulement la semaine prochaine )

le poème pour les lèvres vous embrasse longuement sur les lèvres
sans vous mordre, sans écraser vos lèvres
il est fluide et léger comme une pluie de mots
laissez-le vous embrasser en le lisant surtout à voix basse
une seule chose pourrait vous surprendre et donc je vous préviens
le baiser pourrait durer plus longtemps que
la lecture du poème
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YANCOUYANCOU   30 avril 2016
" - Ce qu'est un roman ? Avant tout, c'est une quantité de temps. Quand vous voyez un roman dans une librairie, si vous êtes un peu attentif, vous pouvez évaluer immédiatement la quantité de temps qu'il contient. Et cela dans un double sens : le temps qui a été nécessaire à l'auteur pour l'écrire et le temps qu'il faudra pour le lire.

Ah, comme elle m'était connue cette voix !

Mais il y a encore quelque chose, quelque chose que personne ne peut évaluer... C'est combien de temps vous serez marqué par un roman après l'avoir lu. Il y a des romans qui vous accompagnent durant toute une vie, qui restent en vous, qui durent... Voilà pourquoi je dis qu'un bon roman est une victoire sur le temps.

La voix de M. Courtois semblait collée à mon tympan, j'entendais ses mots sans le voir, mais je n'étais ni intrigué ni irrité, car ces considérations m'intéressaient et ma seule surprise était qu'elles ne sortaient pas de mon propre cerveau.

- Je vous devais cette phrase, dit encore M. Courtois avant de se jeter sur une nouvelle série de saucisses qui étaient cuites juste comme il le fallait, selon les conseils de Victor.

Je sentis que dans ma main droite venait de se glisser un billet, un rectangle de papier plus consistant qu'une carte de visite : c'était un morceau de papier plié.

Seigneur, le moment était-il venu ? Tout mon être fut ravagé par un frisson, un spasme. Tenais-je donc entre mes doigts la phrase miracle qui devait me propulser vers l'immortalité ? Mais pourquoi M. Courtois avait-il décidé de me la remettre d'une façon si peu protocolaire, si peu culturelle ? J'avais attendu pendant des mois et des mois qu'il me convoque dans un lieu chargé de mythologie, dans un de ces cafés parisiens chargés de mémoire culturelle, comme l'étaient La Rotonde ou La Coupole, ou alors Les Deux Magots ou Le Procope... Mais qu'importait la forme, ce qui comptait était qu'enfin l'on m'avait remis la phrase, la source primaire de ce que j'allais devenir, construire, laisser derrière moi après mon passage dans l'univers. En définitive, mon minuscule potager parisien était un espace culturel. Le mot culture, au sens figuré, n'avait-il pas son origine dans le sens premier de "terre cultivée" ?

La main dans laquelle je tenais le bout de papier glissé par M. Courtois se mit à trembler et à se liquéfier littéralement. Je devais immédiatement lire ce que m'avait écrit M. Courtois, me dis-je, sinon le papier allait s'imbiber et la phrase deviendrait illisible... Je me souvins que M. Courtois écrivait toujours ses lettres au stylo plume, ce qui était évidemment aussi le cas de ma phrase, écrite à l'encre bleue sur un morceau de papier fragile, or il est bien connu que rien ne se dissout, ne se dilate, ne se déforme plus facilement qu'un texte écrit à l'encre sur un bout de papier fragile en contact avec l'humidité et la chaleur.

Avant de déplier ce billet qui me brûlait les doigts, je jetai un œil alentour, pour m'isoler de tous ces gens rassemblés là non sans une certaine intention... M. Courtois ne m'avait-il pas dit que je devais être le dernier bénéficiaire de l'Agence ? Était-ce lui qui avait choisi ce lieu et ce symbole, mon potager entouré de rosiers, pour en faire le cadre de son geste final?"
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PiatkaPiatka   25 février 2016
Moi aussi j'aime fouiner au milieu des livres, m'avoua le vieux petit homme poliment. Lorsque je farfouille, c'est comme si je cherchais une perle rare au milieu d'un tas de cerveaux. Avez-vous déjà pensé que telle pourrait être la définition d'un livre ? Un bout de cerveau ambulant, un fragment de méninges mis en circulation...Les gens qui écrivent beaucoup transfèrent presque toute leur matière grise dans leurs livres. P46
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