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EAN : 9782711859580
47 pages
Réunion des Musées Nationaux (07/03/2012)
4/5   4 notes
Résumé :
Les animaux ont toujours séduit les artistes. A partir de la Renaissance, cet intérêt s’accroît considérablement à la faveur des grandes explorations, qui introduisent en Europe des espèces « exotiques ». Dans le sillage de Dürer, et sous l’impulsion des pionniers de la zoologie, artistes et savants éprouvent alors le besoin d’observer ces bêtes proches ou inconnues, et de traduire leur émerveillement.
Ils prennent pour modèles les pensionnaires des premières... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
kathy
  17 juin 2012
L'animal n'a jamais cessé d'intéresser les artistes.
Les traces graphiques de l'homme préhistorique, les productions artistiques de l'Antiquité gréco-romaine attestent, le vif intérêt de l'homme pour l'animal.
L'exposition présentée actuellement au Grand Palais, sans proposer des représentations aussi anciennes, donne à voir des oeuvres allant De La Renaissance à nos jours et tente de fournir des clés de compréhension de l'art dit "animalier".
La fin du Moyen-Age marque en effet une certaine rupture dans l'approche que savants et artistes ont de la faune : progressivement, l'animal observé prend le pas sur les mythes et les chimères qui alimentaient un bestiaire jusqu'alors en partie fantastique, où la licorne et le dragon avaient leur place. La préoccupation naturaliste de l'animal préoccupe les artistes tout au long des siècles suivants. Leur travail complète celui des zoologistes et nombreux sont les thèmes traités par l'art qui font appel au répertoire animalier.
L'art vient alors épauler la science.
Par ailleurs, la volonté de transcrire toujours plus précisément la nature pousse les artistes à l'étudier en savants. Les XVIII° siècle et XIX° siècle voient se développer les sciences de l'animal : la zoologie, l'anatomie, la médecine vétérinaire, la mécanique animale et l'élevage sélectif. Mais la compréhension intime des animaux par les peintres et les sculpteurs passe également par une plus grande proximité avec les bêtes, d'abord rassemblées par les souverains européens dans des ménageries, puis accessibles au public le plus large dans les zoos.
L'émerveillement des artistes devant la beauté ou l'étrangeté de "l'animal vrai" nourrit leur approche. Ils mettent en valeur l'animal vivant, représenté seul et pour lui-même, afin de rendre sensible son altérité. Leur perception, en évoluant dans les temps, témoigne de la manière dont l'homme a lui-même façonné cette altérité.
Une exposition étonnante que je vous recommande vivement.
Très didactique elle intéressera grands et petits.
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colimasson
  16 décembre 2012
Dans un tableau de Roelandt Savery, Noé remercie Dieu d'avoir sauvé la création, et nous nous joignons à lui pour honorer cette oeuvre, source d'une diversité et d'une abondance de variétés dont l'être humain est loin d'avoir encore fait le tour.

L'exposition qui a eu lieu au Grand Palais de mars à juin 2012 a tenté de revenir sur certaines des grandes oeuvres que la faune a inspirées aux artistes peintres et sculpteurs. Sans savoir de quelle façon était aménagée l'exposition en elle-même, le catalogue qui en laisse une trace suit quant à lui une évolution logique qui s'inscrit dans le déroulement chronologique de l'évolution du regard porté par l'homme sur l'animal.

Les premières oeuvres datent du 16e siècle et reviennent sur les études nées des observations des animaux rencontrés les plus fréquemment dans la nature. Oiseaux, insectes, lièvre… Si la galerie des toiles présentées n'est pas d'inspiration plus ancienne, c'est parce que la représentation des animaux ne commence véritablement à prendre un nouveau tournant qu'à l'époque De La Renaissance, avec les progrès effectués dans les domaines de l'anatomie, de la médecine et de la technique picturale. L'humanisme, qui s'abreuve de savoir, considère l'observation comme point de départ de toute science ; ce qui n'était auparavant qu'un détail –un lièvre perdu dans la brousse- peut devenir un élément central de la représentation. Plus tard, le développement de nouvelles techniques, telle l'électro-photographie de Muybridge, permettra d'obtenir encore davantage de précisions dans la constitution morphologique d'animaux jusqu'alors considérés comme des outils de travail ou de prestige–le cheval en tête. Les animaux de ferme, utiles à la production, perdent peu à peu leur seule caractéristique instrumentale et deviennent à leur tour les éléments centraux de tableaux qui les magnifient jusqu'à la personnification (on peut penser à la « Tête de mouton » de Paulus Potter ou à la « Tête de boeuf » de Jan Asselijn). La notion d'animal de compagnie commence également à se profiler, avec son cortège de chiens et de chats.

Après ces animaux habituels, qui entourèrent l'homme de tout temps, les artistes commencèrent à s'intéresser aux animaux dont l'aura est entourée de préjugés négatifs : que l'on pense par exemple aux chauve-souris, aux crapauds ou aux araignées… Avec l'ouverture de nombreux zoos en région parisienne, c'est aussi la découverte d'animaux exotiques qui déchaînent les fantasmes dans un mélange de crainte et d'admiration. Il se crée un nouveau rapport entre l'homme et l'animal dans cette contemplation de l'un envers l'autre –autre que l'on a enfermé dans une cage après l'avoir ôté à son territoire naturel. L'animal exotique implanté de force dans des zoos permet une critique des instincts de possession de l'occidental –que l'on pense au « Rhinocéros » de Pietro Longhi ou à « L'ours blanc » de Gilles Aillaud.

La période contemporaine ne passe pas à la trappe de l'exposition et nous enseigne certainement, elle aussi, quelque chose d'un rapport entre l'homme et l'animal, comme ce fut le cas pour les siècles passés. En bénéficiant de toute la beauté animale et en les représentant dans des oeuvres d'une grande force visuelle, les hommes semblent, encore une fois, ne pas pouvoir s'empêcher de parler d'eux-mêmes et de leur époque, et c'est ce qui explique sans doute la fascination que l'on éprouve en contemplant leur représentation…

Lien : http://colimasson.over-blog...
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kathy
  18 juin 2012
Fascination & esthétique : l'animal au Grand Palais
Le Grand Palais interroge art, science et époques sur la question de la beauté animale… Un questionnement étalé sur une large période mais qui amène finalement à des problématiques, elles, bien contemporaines.
Quelques échantillons intéressants à regarder :
Jeff Koons • Caniche, 1991, Bois polychrome, Museu Colecçao Berardo Lisbonne -
Katharina Fritsch • le Roi des rats, 1998, Résine polyester et peinture, Collection particulière -
Louise Bourgeois • Spider (La femme araignée), 1994, Encre de chine, aquarelle et gouache sur papier, Galerie Karsten Greve AG -
http://www.artilt.fr/blog/actualites/beaute-animale-au-grand-palais/
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psycheinhell
  03 novembre 2012
Depuis un mois que je le lis à petites gorgées, laissant au regard le temps de se poser tandis que les historiens de l'art déroulent la chronologie de la présence animale dans nos oeuvres européennes, le catalogue de l'exposition Beauté animale est devenu comme un fil rouge dans mes explorations. Un mois avec pour miroir la belle Lyonne de Géricault.
Un mois à passer de cabinets de curiosité en planches naturalistes, de peintures en sculptures, de zoos en scènes d'intérieur, avec pour guide ces principes :
[Suite des reflets de lecture sur Psychopompe :]
Lien : http://psychopompe.wordpress..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
colimassoncolimasson   16 décembre 2012
L’émerveillement des artistes devant la beauté ou l’étrangeté de « l’animal vrai » nourrit leur approche. Ils mettent en valeur l’animal vivant, représenté seul et pour lui-même, afin de rendre sensible son altérité. Leur perception, en évoluant dans le temps, témoigne de la manière dont l’homme a lui-même façonné cette altérité. Et ce thème connaît un formidable renouveau dans l’art actuel.
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psycheinhellpsycheinhell   09 septembre 2012
"L'animal devient un sujet, noble et digne. Il a droit au portrait individualisé et à l'expression des sentiments. Il prend la pose et devient immortel. (...) A travers cent vingt chefs-d'oeuvre de l'art occidental, l'exposition nous renvoie à l'essence même de la beauté animale, mais aussi à son ambiguïté et à sa relativité. Elle pose la question de la laideur, du rejet et de la phobie. Elle nous invite à nous interroger sur les fantasmes et les peurs, mais aussi sur l'humour et l'ironie que nous avons à l'égard de ces êtres prétendus inférieurs."

[Avant-propos de Jean-Paul Cluzel]
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colimassoncolimasson   22 décembre 2012
Aujourd’hui très apprécié, le chat a longtemps été perçu de manière beaucoup plus contrastée que le chien. Introduit en Europe aux premiers siècles de notre ère comme prédateur des rongeurs menaçant les récoltes, il a souffert dès le Moyen Âge d’une image négative. Souvent qualifié de paresseux et de fourbe, il est aussi associé à des vices traditionnellement considérés comme féminins, tels que la luxure.
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colimassoncolimasson   18 décembre 2012
Le cheval occupe une place à part dans la civilisation occidentale. Utilisé par l’homme pour la chasse ou la guerre, pour les loisirs mais aussi pour affirmer son prestige, il a été particulièrement étudié et représenté. L’anatomie animale s’est développée, dès le XVIe siècle, pour aider à mieux comprendre les pathologies du cheval, et les artistes s’en sont emparés pour traduire au plus juste l’apparence de leurs modèles dans le bronze ou sur la toile.
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colimassoncolimasson   20 décembre 2012
Afin de dessiner plus justement, Audubon met au point une méthode en deux temps. Il commence par observer son sujet sur le vif, en exécutant des croquis, puis tue un spécimen qu’il place dans la posture choisie au moyen d’une armature en fil de fer introduite dans la chair.
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