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ISBN : 2020838079
Éditeur : Seuil (14/11/2005)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Présumant que le défunt est obligé par son karma de traverser les quarante-neuf jours du Bardo, et qu'il doit rencontrer, sur le chemin de la renaissance, de terribles visions et obstacles, un lama lit le Bardo Thöddol, le Livre des morts tibétain, pour l'aider à triompher des dangers qui le menacent. Mais que se passe-t-il lorsque le mort refuse d'écouter les conseils ? Ou lorsque l'existence dans le Bardo lui plaît au point qu'il ne veuille plus en sortir ? Où lor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Charybde7
  25 août 2014
Ce roman de Volodine paru en 2004 aux éditions du Seuil est sans doute un de ceux où l'humour du désastre est le plus omniprésent, depuis le premier chapitre complètement burlesque où le malheureux Kominform, égalitariste radical en bout de course, est abattu par des tueurs au milieu des volatiles d'un poulailler attenant à un monastère lamaïque. Une femme au corps d'ange assiste à la scène et commente les événements comme si elle était en direct à l'antenne d'une radio, Drumbog, un des moines est partagé entre ses problèmes intestinaux du moment et sa volonté de lire le Bardo Thödol à l'oreille de Kominform pour l'accompagner dans son avancée dans le Bardo, et enfin Strohbuch le tueur, qui est chargé par le moine d'aller chercher le livre des morts tibétains, revient, par ignorance de la langue, avec deux livres inattendus : un manuel de cuisine «L'art d'accommoder les animaux morts» et une anthologie surréaliste «Cadavres exquis».
Le Bardo est cet espace noir où selon les bouddhistes le mort erre pendant 49 jours après son décès en allant soit vers sa réincarnation, ce qui pour les bouddhistes est la voie de l'échec, soit vers la claire lumière rompant ainsi le cycle des réincarnations et entraînant la destruction de l'individualité. Pendant cette période, un lama dit au défunt le Bardo Thödol, le livre des morts tibétains, pour le guider, si possible, vers la lumière ou du moins vers une meilleure réincarnation.
Mais les morts de Volodine sont mécontents d'être prisonniers de cet espace noir, ils sont stupides, rarement clairvoyants, têtus et dans tous les cas désobéissants, absolument pas prêts à renoncer à leur individualité, à leur capacité de résister, de penser et de dire, même s'ils ne sont que des Untermensch ou des écrivains sans public.
« -Cet homme est comme sourd à ce qu'on lui serine avec patience et compassion, commente Mario Schmunck. Cet homme mort, au lieu de se préparer à rencontrer la Claire Lumière, il est en quête d'un compteur d'électricité !... Il promène ses mains sur le mur, il ne rêve que de descendre à la cave. Il s'appelle Glouchenko, il a trente-cinq ans, il a mené une vie normale… »
Il est difficile de ne pas s'égarer dans les chemins de ce «Bardo or not Bardo», car, à chaque chapitre, la narration prend un nouveau départ et que les voix des personnages, narrateurs, qui ont aussi souvent le statut d'écrivains, semblent se démultiplier et se superposer au cours du récit.
Mais pour peu qu'on accepte de cheminer dans cet espace fictionnel noir, dans ces histoires tragiques où le burlesque et le détournement de la parole sont constamment présents (il suffit de lire les titres du roman et les titres des chapitres 1, 4 et 7 pour s'en convaincre : Baroud d'honneur avant le Bardo, le Bardo de la méduse, Au bar du Bardo), on ressort (toujours plus) amoureux de la littérature post-exotique et ébahi de voir ainsi cohabiter dans un unique livre la puissance et les limites de ce que peuvent la parole et l'écriture.
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LucienRaphmaj
  31 décembre 2012
Bardo or not Bardo, est sexy, même si le sujet n'est pas B.B. mais bien des saynètes noiraudes extraites de la fin de vie issu de la galerie du post-exotique. Oui, l'humour est bien là tout au long des récits qui se suivent avec pour fil conducteur le « Bardo Thödol », le livre des morts tibétains, dont la lecture à l'oreille du cadavre doit le guider vers la Claire Lumière au long des 49 jours de noir complet qui le conduisent sinon à la sale renaissance.
Il va sans dire que fidèles aux anti-héros de Volodine, pas un n'arrive ni ne souhaite s'abolir dans le néant. Ils protestent pour la vie même si la précédente était un récépissé de violences, d'agressions, de défaites et d'humiliations. L'incroyable résistance et appétence humaines au malheur...
Si l'ensemble reste moins éblouissant que d'autres opus de Volodine, il y a cependant dans ce livre un élément très intéressant, il ajoute une pièce encore absente au monde post-exotique : le genre théâtral. Cette pièce s'agence remarquablement bien aux autres genres que traverse et fait muter le post-exotisme (poésie-litanie, prose poétique, roman expérimental, roman choral, etc.) et surprend. le « Bardo de la Méduse » et le « Bar du Bardo » (deux chapitres de l'opus) représentent bien, d'un côté, l'impossible scène schizophrénique que pourrait être un théâtre post-exotique, et de l'autre, tout le côté beckettien en diable de Volodine, où l'humour noir, l'ironie du désastre est encore plus apparent que chez le dramaturge irlandais. Pour cela cela vaut la peine (la joie) de le lire.
Lien : http://www.senscritique.com/..
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valer.daviep
  29 novembre 2011
Ce livre est chroniqué sur Les Murmures d'AC de Haenne. Et on aime !
Lien : http://a-c-de-haenne.eklablo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Charybde7Charybde7   25 août 2014
Ce mardi, ce mercredi et ce jeudi-là, ni les fanatiques du théâtre post-exotique, ni les promeneurs égarés, ni même les autres mammifères de la forêt n’assistèrent aux représentations pour lesquelles Schlumm avait fait une si tonitruante réclame.
À la décharge du public, il faut signaler que le lieu théâtral n’était accessible qu’après une longue randonnée à travers bois et que, sur les derniers kilomètres, les passages boueux se multipliaient. Le choix de cette scène marginale avait été dicté par des considérations idéologiques tout autant que par la rude timidité schizophrène de Schlumm. Personne ne l’avait questionné sur le sujet mais, si c’avait été le cas, il eût encore une fois proclamé son refus des littératures officielles et des facilités dont celles-ci bénéficiaient en échange de leur docilité. Schlumm haïssait le star system et ne souhaitait pas se faire happer par son engrenage, par exemple en se produisant dans une salle plus traditionnelle, comme le préau dans la cour du pavillon Zenfl, ou la cantine, ou les cabinets réservés au personnel soignant. De surcroît, Schlumm pensait que les profondeurs de la forêt l’autoriseraient à explorer son art sans concession, loin des snobismes et des préjugés des centres urbains, des zooparks ou des camps.
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amel950amel950   17 septembre 2012
J'ai lu le Bardo Thodol comme tout le monde... maintenant savoir ce que j'en ai retenu exactement.
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