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EAN : 9782021478471
288 pages
Éditeur : Seuil (19/08/2021)
3.14/5   7 notes
Résumé :
Il pleut presque sans cesse, dans la vaste cité psychiatrique isolée de tout. Le long des rues obscures, entre les vieux bâtiments, errent infirmiers, malades et policiers, ainsi que d'autres créatures au statut incertain. Le pouvoir médical et politique continue à s'exercer sur les hospitalisés de basse catégorie, et, bien que rusant et mentant en permanence, malades et morts obéissent.

Toutefois, cet ordre immuable est remis en cause par une menace ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  04 septembre 2021
Le fidèle de Volodine retrouvera dans ce nouveau roman tout l'univers de l'auteur : le système totalitaire, la fin du monde, le noir, et des personnages accablés par leur destin et l'imminence de leur fin. Parfois aussi, il s'amusera des écarts loin des sentiers de la logique, qui sont finalement bien moins nombreux que dans ses autres ouvrages plus expérimentaux, drôles et fantaisistes.

L'humanité est quasi éteinte. Il ne reste plus sur terre qu'un vaste camp de concentration communiste, qui fait aussi office d'asile psychiatrique, aux trois quarts vide, où survit un schizophrène nommé Breton, doublé d'un narrateur qui ne se distingue pas toujours de lui. Monroe, dissident exécuté par le Parti, envoie depuis l'au-delà des filles mortes entraînées à des opérations de commando, pour renverser le Comité Central, exterminer les "traîtres", opérer les purges nécessaires, autrement dit, remettre L Histoire sur ses rails marxistes-léninistes. Qu'il n'y ait presque plus personne de vivant sur terre ne semble pas un obstacle. A ce titre, le grand discours politique exalté d'une des Filles de Monroe, adressé aux masses, et déclamé sur une place totalement vide, vaut le détour. Les quelques rares survivants de la hiérarchie et de la police du Parti, évidemment, traquent ces filles de Monroe, surveillent et maltraitent le narrateur qui seul est capable de les repérer par des méthodes surnaturelles, mais on est dans Volodine, sous le signe de l'échec et du ratage : aucun des plans et projets des rares personnages n'aboutit à quoi que ce soit. Ce n'est pas une surprise.

Sombre, sordide, pluvieux, illogique, l'univers de l'auteur s'enrichit de ce nouveau roman plus "sage" dans sa conception et sa composition. Si j'osais un avis personnel, je dirais que l'on peut se passer de cette lecture, mais cela n'engage que moi.
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jostein
  03 septembre 2021
Le style est plutôt fluide et équilibré. L'auteur nous plonge dans une ambiance de vieux romans noirs avec des pointes d'humour et des personnages comme Kaytel et Dame Patmos, les gradés du Parti. Ce roman semble fidèle à l'univers de Volodine avec des ambiances de ruines, de société en dégénérescence, des frontières entre le monde des morts et des vivants, des personnages errants à la recherche d'un passé anéanti par les pouvoirs politiques. Si maîtrisé qu'il soit, cet univers n'est généralement pas le mien. Surtout qu'ici, il est vraiment en décomposition! Je suis aussi restée longtemps perplexe sur le couple de Breton et du narrateur. Les dialogues laissent penser qu'ils ne sont qu'une seule et même personne même si ils se défient aux échecs. Ce dédoublement de personnes reste pour moi une énigme.
Malgré sa renommée de chaman et ses talents littéraires , je sais maintenant que l'univers d'Antoine Volodine n'est pas pour mo
Lien : https://surlaroutedejostein...
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Milouchkna
  29 août 2021
bizarre cette #lecture des filles de monroe ; je l'ai trouvé très moyen/confus du côté narratif, d'un autre, j'ai assez bien aimé l'ambiance et niveau persos, je sais pas, it's lacking somewhat? mais dans l'ensemble, ça me fait l'effet d'un gâchis de potentiel comme deux ou trois autres livres lus et sortis cette année... il semble que ça soit l'année des lectures bizarres à la con...
autant j'ai adoré ses slogans et haïkus de prisons à cause de la confusion et des non-dits qui les rendent bien percutants dans leurs flous narratifs, autant là, ça percute que dalle, quoi.







Lien : https://soc.punktrash.club/n..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   25 août 2021
Kaytel n'avait pas de blouse blanche et, souvent, il conservait son imperméable de flic pour nous interroger. Je craignais sa brutalité, mais j'étais moins dérangé par ses odeurs que par les odeurs de ses sous-fifres. Un imperméable ou un manteau, selon la météo, en tout cas un vêtement lourd et couvrant, mais ce que je veux souligner ici c'est que, s'il pouvait éventuellement sentir l'humidité et le tabac, il n'exhalait pas comme ceux de Bronks et de Strummheim des souvenirs de souterrains, de flaques d'huile noire, de boucheries à l'abandon. De gargotes où des rongeurs hirsutes finissent sous forme de vilaines brochettes. Kaytel émettait des odeurs de commandant. Bronks et Strummheim brassaient autour d'eux des puanteurs d'arrière-mondes.
p. 41
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   23 août 2021
Le type qui se tenait près de la porte appuya sur l'interrupteur et le globe central s'alluma, d'abord rougeoyant puis prenant malingrement de la puissance. C'était une lampe écologique et, depuis plusieurs milliers d'heures, elle économisait ses forces et diffusait une lumière pour agonisants et développement durable. Quand nous étions dans cette chambre, Breton et moi, nous préférions en général les lueurs un peu plus fortes que diffusaient les deux lampadaires de la cour.
p. 20
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josteinjostein   03 septembre 2021
Je me mis à penser à la mort. C’était une question que nous soulevions très peu, Breton et moi. L’idée de la vie nous faisait vomir. Elle revenait à chaque instant, cette idée, ce qui alimentait nos sursauts, nos hoquets et nos crachements de fluides divers. Il était extrêmement difficile de vivre, de survivre, de continuer à effectuer ce long passage dans la folie généralisée, dans la schizophrénie généralisée du camp, de rencontrer jour après jour l’hostilité de tout et de tous, il était extrêmement pénible et vain de prendre part à cette lente course d’obstacles, de sentir la dégradation mentale et physique s’accentuer en nous, de sentir nos corps s’épuiser, être gagnés par de vilains maux et de vilaines odeurs, extrêmement pesant d’être obligés à avancer coûte que coûte, avec tout au plus la perspective d’une prochaine étape, d’un prochain chapitre dans un livre dont la fin nous échappait et nous échapperait
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   25 août 2021
Il s'enfonce dans la pluie et l'obscurité.
Il tourne dans l'avenue Chouïgo, il traverse la place Dadirboukian et, pendant une demi-heure, il longe l'avenue des Soeurs Vandale. Il va en direction du secteur Baltimore. Il énumère mentalement les bâtiments et les dortoirs, ceux qu'il sait reconnaître ou qui ont conservé, sinon leur affectation d'origine, du moins une plaque qui la rappelle. Vénérologie. Gastro-entérologie. Dermatologie pour non-voyants. Dortoirs Jean Freek. Recherche vétérinaire. Soins palliatifs. Intervention xénologique. Société des amis de la Chine. Médecine foetale, reproduction et génétique. Services politiques. Services techniques. Réanimation.
Le camp psychiatrique est vastissime.
p. 87
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- "Les filles de Monroe" d'Antoine Volodine Dans un monde post apocalyptique, devenu une sorte d'asile psychiatrique où survivent, aux côtés de morts vivants, quelques humains en proie à diverses pathologies, organisés en des factions concurrentes, quelques personnages ont pour mission de débusquer de jeunes filles, les filles de Monroe, envoyées par un ancien dissident pour renverser le système. Le récit est étrange, les personnages se dédoublent, la temporalité se dilate, et les espaces aussi, dans cette pluie nocturne interminable.
- "Jewish Cock" de Katharina Volckmer C'est la litanie d'une jeune femme qui déroule volontiers provocatrice sa pensée, son problème avec la culture allemande, des souvenirs familiaux plus ou moins douloureux, sa vie sexuelle avec un homme marié qu'elle a rencontré dans des toilettes publiques. “Portnoy” déployait les névroses d'un juif newyorkais né avant guerre, Jewish Cock celles d'une jeune femme née juste avant la chute du mur.
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