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ISBN : 2757849727
Éditeur : Points (29/01/2015)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Cela se passe au XXIIème siècle. La ville d’Oulang-Oulane est régie par un régime totalitariste où les mutations génétiques vont bon train. À l’exception de la classe dirigeante qui prône un capitalisme poussé à l’extrême, la population vit dans la misère. Mevlido, un policier de 49 ans, habite les bas-fonds de la ville, le quartier de Poulailler Quatre, où il est chargé de surveiller les bolchéviques qui menacent de renverser le pouvoir. Mais il est aussi une sorte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Charybde7
  29 juillet 2014
À une époque indéterminée, deux cent ou trois cent ans après le désastre historique du XXème siècle, la planète a été ravagée par les guerres, les catastrophes écologiques et les génocides ; les espoirs révolutionnaires ont été systématiquement déçus et les rares survivants de l'humanité agonisante sont maintenant regroupés dans la ville d'Oulang-Oulane.
Aux marges de cette mégalopole, Mevlido, qui exerce la profession d'inspecteur de police, mène une vie de survivant dans un ghetto sordide, le Poulailler Quatre, où survivent les membres de la «sous-humanité», refugiés pouilleux, malades mentaux, vieilles bolcheviques insanes et oiseaux menaçants, sous la lumière d'une lune inquiétante.
«Dès qu'ils furent de l'autre côté de la Porte Marachvili, le blanchoiement de toutes choses sous les rayons lunaires s'atténua. Les rues avaient rétréci. L'éclairage urbain avait des défaillances. On devait parcourir des dizaines, et parfois des centaines de mètres dans l'ombre, au petit bonheur. Les trottoirs et la chaussée étaient jonchés d'épaves. Souvent on frôlait des drogués des deux sexes, affalés dans leur vomi et dans leurs rêves. Quand l'obscurité était profonde, des oiseaux la colonisaient : des mouettes obèses, gigantesques, des corneilles monstrueuses, des chouettes, des poules ; elles recouvraient de larges portions du sol, constituant des groupes compacts qui protestaient contre les intrusions et interdisaient le passage à coups de bec. On marchait au milieu des gloussements et des cris.»
Dans cette atmosphère crépusculaire et moite, Mevlido est un héros englué dans ses fantasmes, ses cauchemars et dans les mensonges qu'il doit faire, à la hiérarchie policière, à la psychiatre et à tous les autres pour protéger ses rêves. Il partage sa vie avec Maleeya Bayarlag, une femme abîmée par la perte de son compagnon tué dans un attentat, et qui a depuis basculé dans la folie. Et Mevlido est lui-même égaré et psychiquement fragile, sans cesse assailli par les souvenirs et les songes de la femme qu'il a aimé, Verena Becker, martyrisée et assassinée vingt ans plus tôt par des enfants soldats. Toutes les femmes qu'il croise et qui meurent autour de lui le renvoient vers cette quête de Verena Becker à laquelle il ne peut renoncer.
Mevlido est-il dans le rêve ou la vie éveillée ? Déjà au-delà de la vie ? Ou se trouve le mensonge et la vérité ? Ces questions se posent, mais on peut s'en défaire puisque la recherche de vérité et d'idéal apparaît comme vouée à l'échec.
Dans notre humanité crépusculaire, voisine familière de cette fiction et également hantée par la perte d'idéal, pénétrer l'oeuvre monde d'Antoine Volodine semble un recours indispensable. Et ce seizième roman de l'auteur, paru en 2007 aux éditions du Seuil, peut constituer, à l'instar d'«Écrivains» (2010) ou de «Terminus radieux» (à paraître fin août 2014), une magnifique introduction à son univers imaginaire unique, étrange et visionnaire.
«Mevlido se rappelait l'épisode final de ce livre dont il avait oublié le titre. Un être invulnérable, condamné à mort, était exécuté dans l'unique endroit où on avait pu l'atteindre, à l'intérieur d'un de ses rêves. Profondément endormi, il ouvrait les yeux et il voyait sur le sol des bourreaux qui étaient venus à lui sans armes ni vêtements, des assassins que la traversée des mondes oniriques avait empoisonnés et presque tués : un homme et deux femmes, précisément. L'asphyxie ralentissait leurs gestes, leur peau avait bleui, ils grelottaient à l'entrée de la chambre. Lui, l'être qu'aucune arme ne blessait, quittait son lit, il s'approchait d'eux, il les examinait comme s'il allait brutalement leur régler leur compte, et pourtant, envers ces trois individus qui avaient pour tâche de le détruire, il ressentait de la compassion. Tel était le mécanisme infernal de ce cauchemar. Méprisant le fait que les agresseurs se trouvaient à sa merci, il les consolait, il se penchait sur eux et leur parlait. Et ainsi se refermait le piège de pitié qu'on avait tendu autour de lui. Une à une, ses défenses s'étiolaient, ses capacités de résistance à l'anéantissement. La sympathie, l'empathie dissolvaient sa carapace, et, pour finir, en contradiction avec les principes qui avaient gouverné jusque-là son existence, il perdait toute envie de s'évader et il allait avec philosophie à la rencontre de sa mort.»
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Stelphique
  27 juillet 2015
Je n'ai pas accroché, et ça, c'est peu de le dire!!!!!
Pourtant, j'en attendais beaucoup, je me suis dit: » Tiens un super livre de SF, avec un amour tellement grandiose qu'il traverse l'espace et le temps, il est fait pour moi ce livre ». La grande romantique en moi se voyait déjà partir dans ce monde chaotique, mais guidé par une grande force, je m'en suis fait tout un plat…..
Et patratas, dès les premières pages je n'accroche pas…Le style, le Monde, le personnage, enfin, Tout quoi. Et c'est ça qui m'a le plus frustrée, c'est que l'auteur part sans nous, il nous laisse sur le bas coté, pendant que lui, s'envole au dessus. Il n'y a pas d'introduction pour rentrer dans son univers, il nous balance ses trips, ses songes, ses rêves ou ses envolées , sans apprivoiser aussi son lecteur…C'est dommage, et très énervant aussi.
Il est rare que je ne finisse pas un livre, d'autant plus que c'est un partenariat, mais là, je m'ennuyais trop, je ne saisissais rien, aucun fil conducteur à quoi se raccrocher, aucune émotion ne m'a traversée à part cet ennui terrible, et la terrible frustration de l'échec, en plus, de peut être passer à coté de quelque chose. J'ai essayé jusqu'à la moitié du livre, mais quand j'ai vu que la mayonnaise ne prenait pas, je me suis fait une raison et je l'ai reposé.
La déception n'est que pour moi, puisque j'ai vu que ce livre avait de bons avis, et que l'auteur avait même reçu un prix en 2014.Ce livre n'a pas été le coup de coeur attendu, mais plutôt ma plus grosse déception de l'année.

Lien : https://fairystelphique.word..
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oblo
  23 avril 2016
Trois siècles après notre ère, la guerre a tout ravagé. Les génocides, les meurtres de masse et les violences ethniques ont de nouveau bouleversé l'histoire humaine. Dans Poulailler Quatre, vaste ghetto où s'entassent les hommes et la crasse, où les araignées tissent leurs toiles solides et où les poules et autres volatiles mutants forment des groupes hostiles, vit Mevlido, un flic d'une cinquantaine d'années. Infiltré auprès de vieilles bolcheviques qui continuent de hurler leurs slogans, tandis que les tracts appellent à des attentats contre la Lune et que des attentats réels sont commis contre les anciens seigneurs de guerre, Mevlido est partagé entre le réel et les rêves, sans parfois bien les distinguer. Il vit aussi dans le souvenir de sa femme, Verena Becker, torturée et tuée vingt ans plus tôt par des enfants soldat, lesquels, aujourd'hui, sont traqués et massacrés.
De vieilles réminiscences lui reviennent en mémoire, souvenirs de vies d'avant ou de moments vraiment vécus : ne pas toucher les rats, ne pas parler aux araignées, ne pas parler à un psychiatre … Il faut dire qu'en réalité, Mevlido est en mission. Il a été envoyé par les Organes, organisation ou Etat mystérieux et puissant, pour constater l'évolution et surtout la déchéance des hominidés. Après un voyage particulièrement éprouvant, il est envoyé dans un nouveau corps, un corps d'homme, dans lequel il renaît intégralement, oubliant jusqu'à sa mémoire passée, jusqu'aux quarante années d'entraînement subi, et seuls quelques noms, quelques phrases et images lui reviennent parfois.
Dans le monde des hommes, Mevlido mène des enquêtes. Il bat son chef lors des séances d'autocritiques, il se soumet lui-même à cette pratique qui rappelle les Grands Procès de Moscou. Il partage son existence et son appartement étouffant avec Maleeya Bayerlag, folle à force de tristesse qui prend Mevlido pour son défunt compagnon, Yasar. Tous deux, ensemble, tâchent de traverser la vie et malgré une affection certaine entre les deux êtres, tous deux regrettent désespérément leur amour ancien.
La vie de Mevlido, ses errements, l'effondrement de son monde, tout cela est retracé par un de ses anciens camarades du centre d'entraînement, Mingrelian, dans des rapports-romans que personne ne lit. En Mingrelian, on pourrait voir un double de Volodine, notamment dans la description que le narrateur fait de son écriture : « L'art de Mingrelian, influencé par le post-exotisme, joue avec l'incertitude, l'inaboutissement, le brouillage des contraires, le néant. »
Tel pourrait être le résumé littéraire de Songes de Mevlido, récit à la fois onirique, poétique, brutal et amoureux, désespéré aussi, conteur d'une humanité en voie de destruction, d'une humanité recroquevillée sur elle-même, d'une humanité qui cède le pas à l'animalité. Volodine n'apporte pas de réponse ; d'ailleurs, il ne pose pas de question. Il peint un monde futur, terriblement inquiétant, et pourtant encore riche, qu'il évoque par touches, par sensation (celles de chaleur et celle d'humidité, affreusement omniprésentes). En tant que lecteur, on tâtonne dans ce monde autant que Mevlido tâtonne lorsqu'il est au volant du bus qui roule immobile. On se perd dans un monde sans visibilité, on s'accroche à Mevlido, qui nous guide sans savoir où il va.
Antoine Volodine semble livrer là une oeuvre extrêmement visuelle, comme un tableau littéraire que l'on découvrirait au fur et à mesure des pages tournées. Par sa force poétique, son évocation d'un futur désenchanté, le roman construit une parenté avec les oeuvres dessinées d'Enki Bilal. Et si de nombreuses significations, de nombreuses clés du roman m'ont probablement échappé, au moins reconnais-je là un roman marquant, puisque son empreinte imaginaire me semble particulièrement prégnante, voire obsédante.
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Loubhi
  06 septembre 2015
Prévenons tout de suite les amatrices et amateurs de lecture rapide, il faudra passer son chemin. L'oeuvre est remarquablement bien écrite mais il m'a fallu un environnement calme et un crayon pour suivre et adhérer à ce récit post-apocalyptique, d'une certaine manière polyphonique et totalement d'anticipation.
Un roman à tiroir mêlant une ville fantôme, une société dévastée partagée entre êtres humains et animaux symboliques (oiseaux, rapaces, araignées, poules mutantes), un système social, politique et économique gangréné par une dictature à caractère policier et proche du communisme. Dans cet univers sombre, le lecteur suit de près le parcours de Mevlido, policier aux collègues suspicieux et dont le commissariat est soumis à un patron peu orthodoxe, perdu entre le souvenir de sa femme, tuée par des enfants - soldats, persécuté par des rêves/cauchemars récurrents, vivant dans un appartement saugrenu au coeur d'une cité anxiogène, il le partage avec Maleeya, une ouvrière que la folie assaille mais ils partagent tous les deux, tel un rempart, un semblant d'amour.
Mevlido ne trouve pas sa place ni son but existentiel, partagé entre des sentiments contraires vis à vis de la société dans laquelle il a été plongé, sans le vouloir vraiment. Partagé entre le respect d'une société policière mais aussi sensible aux thèses terroristes qu'il est censé combattre, entre l'amour de sa femme et la passionaria de l'ennemie numéro un, défenseur supposé d'un système politique corrompu, il n'en soutient pas moins ses ennemis et il est en plus en quête de sa vengeance..... Être sensible, simple outil aux mains d'une entité supérieure, manipulé malgré lui, homme désespéré.... il erre, brinqueballé et mis à mal suscitant chez le lecteur un certain malaise et une compassion, une empathie sincère.
Les clés de ce récit et les quêtes affichées et secrètes qui constituent les démarches quotidiennes de Mevlido, dans des journées dramatiquement sombres, sont autant de pièces de puzzle qu'il nous faut assembler. Pour nous y aider, le livre se partage en sept parties où on découvre alors que cet anti héros est en mission longue de transition pour tenter de faire comprendre cette civilisation où la violence prédomine, le totalitarisme est récurrent et finalement le règne arachnide (symboliquement parlant) en passe de s'installer. Au coeur de cet univers onorico - cauchemardesque, Antoine Volodine dresse, en fait le procès de tous les totalitarismes, la déliquescence de nos sociétés, d'une Humanité si violente et le portrait des difficultés existentielles de certains d'entre nous, des utopistes de tout poil dont on brime l'existence.
Une description acérée des personnages (3 à 4 majeurs), des décors sordides et du bestiaire forme le corps de ce livre. On se rapproche totalement aussi du genre glaçant de Kafka dans un système social et politique sordide. Antoine Volodine, c'est aussi un style d'écriture tranché, riche, un rythme parfois chaotique, on ne peut qu'en apprécier la qualité mais c'est un auteur qui ne peut pas laisser insensible, auquel on peut aussi bien adhérer que pas du tout.

Lien : http://passiondelecteur.over..
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Livreovert
  17 août 2015
Cette lecture n'a malheureusement pas su satisfaire mes attentes. La structure principale du livre m'a posée problème, me laissant errer sans vraiment comprendre le but du livre. J'ai trouvé dommage, l'idée de commencer le livre par les songes du personnage principal. Alors que dans notre réalité, les songes sont déjà incompréhensibles, il m'a paru complètement absurde de commencer par là, dans un monde bouleversé.
Du début, le lecteur a du mal à saisir l'histoire, simplement parce que l'auteur part sans nous. Rien n'est expliqué, le monde de Mevlido est chaotique, mais nous ne savons et ne comprenons en quoi. Tout est entre rêve et réalité, de sorte que le lecteur ne fait que s'y perdre. Il aura fallu une centaine de pages, afin que je commence à comprendre l'histoire. Les parties de la naissance et de sa mort, sont pourtant les plus intéressantes et permettent de comprendre l'histoire. Pourtant, ces deux parties sont placées trop tard dans le livre, selon moi.
L'intrigue centrale du livre est bien recherchée et travaillée, avec des points que l'auteur à choisis avec précision. L'idée d'un monde chaotique mélangé au monde animal est complètement farfelu et pourtant intéressant à développer. Il en est de même pour la réincarnation utilisée pour une certaine cause, comme un métier. Cependant, les trois quarts du livre sont volatils, flous, sans rapport direct avec l'intrigue. Un livre chaotique, comme le monde qu'il décrit.
A aucun moment, je n'ai pu m'attacher au personnage principal, à cause d'une distance imposée par le rythme du récit. le monde de Mevlido et sa vie, sont simplement incompréhensibles pour le lecteur. On commence seulement à découvrir le personnage seulement vers le milieu du livre, avec les parties les plus intéressantes, centrées sur lui. Son histoire est pourtant tellement incroyable, qu'avec une autre structure, le lecteur serait directement prit dans cette histoire de science-fiction.
Un livre que je conseille aux habitués des lectures particulièrement complexes.
Lien : http://www.teamlitteraire.fr..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   11 novembre 2009
elle préférait concentrer dans ses cordes vocales toute la magie du moment - dans ses cordes vocales et sa respiration.... La scène sur laquelle elle se produisait était presque circulaire, on aurait pu la comparer à la bouche refermée d'un cratère. En son centre, la mudang se lamentait et créait sans cesse de la beauté, quelque chose d'éphémère et fondamental que seuls les morts ou leurs semblables pouvaient entendre
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2015
Sept ou huit cent mètres plus loin, la lune bloquait la voie, comme souvent. Elle barricadait Macadam Boulevard de tout son ivoire jaunâtre. Elle était vautrée pesamment sur les rails et elle occupait le paysage jusqu’au milieu du ciel. Ne sachant trop comment répondre à cette manifestation d’arrogance, la ville hésitait entre collaboration et défaite, avec ici et là de piètres tentatives de résistance.
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baboittebaboitte   04 janvier 2011
Les classes dirigeantes se sont gangstérisées, les pauvres obéissent.
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oblooblo   22 avril 2016
L’art de Mingrelian, influencé par le post-exotisme, joue avec l’incertitude, l’inaboutissement, le brouillage des contraires, le néant.
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