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EAN : 9782020931373
461 pages
Seuil (23/08/2007)
3.74/5   40 notes
Résumé :
Cela se passe au XXIIème siècle. La ville d’Oulang-Oulane est régie par un régime totalitariste où les mutations génétiques vont bon train. À l’exception de la classe dirigeante qui prône un capitalisme poussé à l’extrême, la population vit dans la misère. Mevlido, un policier de 49 ans, habite les bas-fonds de la ville, le quartier de Poulailler Quatre, où il est chargé de surveiller les bolchéviques qui menacent de renverser le pouvoir. Mais il est aussi une sorte... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Bruidelo
  21 avril 2022
M'y revoilà donc, dans l'univers post-exotique de Volodine & co, pour une nouvelle expédition, dans les Songes de Mevlido, dans un réel de la puanteur, dans un monde où, comme vous le savez, la barbarie l'a emporté, mais où résonnent encore bien des slogans:
« Égare-toi, reprend à zéro tes vieux rêves! »
On s'y égare donc, dans les Songes et mensonges de Mevlido, portés par la puissance des obsessions post-exotiques, la force des images, l'atmosphère si particulière, dense et fascinante. Il y a la lune qui bloque la voie, se vautrant sur les rails, et l'impuissance face à ses démonstrations d'arrogance. Il y a un chant coréen, une mélopée d'après la défaite, qui cherche à rendre leur fierté aux vaincus. Mais qui bien sûr n'empêche pas le néant de se rapprocher à grande vitesse.
Ce n'est pas un monde rigolo que nous dresse Volodine, on y naufrage, on y sombre fou. Mevlido a beau s'exhorter à inspirer profondément l'idiotie et l'aveuglement, il n'arrive pas à apprécier la somnolence qu'ont apportée les vainqueurs.
Il n'arrive pas non plus, mais alors pas du tout, à remplir sa mission. L'échec prend une ampleur encore plus impressionnante ici que dans d'autres récits post-exotiques. Une dimension quasi-mythique, je dirais, avec ces Organes qui nous surplombent. Les hominidés sont devenus pour eux une source d'inquiétude :
«ils sont descendus à un niveau de barbarie et d'idiotie qui étonne même les spécialistes. C'est devenu une espèce inexplicable. Ils sortent de plusieurs guerres d'extermination, mais déjà un nouveau conflit est en vue… Des continents entiers sont à présent inhabitables… Les classes dirigeantes se sont gangstérisées, les pauvres obéissent. Les uns et les autres se comportent comme s'ils étaient déjà morts et comme si, en plus de ça, ils s'en fichaient.»
Manifestement, l'Humanité est entrée en phase d'extinction. Les Organes décident alors de réactiver leur ancien programme de compassion, et ils envoient Mevlido en immersion dans la barbarie humaine «afin de discerner quelques pistes pour le futur». Bon, je vais me contredire, mais en fait, si, il y a quand même dans ces ersatz de dieux, dans cette Bureaucratie olympienne décidant du destin de l'Humanité, où certains vont soutenir notre héros quand les autres auront décidé de l'abandonner, un truc que j'ai trouvé assez rigolo. Bien vu aussi, la mise en scène de l'écrivain «influencé par le post-exotisme», Mingrelian, «consterné par l'inexorable ratage de tout».
Malheureusement, dans la dernière partie, trop répétitive à mon goût, la fascination que provoque souvent chez moi le post-exotisme s'est ratatinée - mais c'est peut-être que l'atmosphère se faisant un peu lourde aussi du côté du monde réel, j'avais besoin de plus de légèreté dans celui des Songes?
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jmb33320
  15 janvier 2022
« Un nouveau tramway glissa sur sa gauche en annonçant son passage à coups de cloche rituelle. Tu n'en peux plus dans cette chaleur poisseuse, Mevlido, pensa-t-il. Mais reprends-toi. Ne laisse pas les horreurs du passé déborder sur ton présent. Évite de songer au passé, ne considère le présent que sous son jour le plus favorable. Apaise-toi. Regarde le réel tel qu'il est au centre-ville, agrippe-toi à lui. Regarde Memorial Avenue. Tu es au centre de la civilisation, au centre de ce qui n'a pas été détruit, c'est vrai que cela ne représente plus grand-chose à l'échelle de la planète, puisque presque rien n'y a été épargné, mais tout de même, c'est le centre. La ville a tenu bon en dépit des massacres, elle regroupe ceux qui ont tenu bon, ceux qui restent, elle s'appelle maintenant Oulang-Oulane. ».
Dans cette ville tentaculaire, Mevlido, un policier au service d'un état corrompu, habite Poulailler Quatre, un quartier pauvre. Pas par choix mais pour surveiller ses autres habitants, mi-humains, mi-oiseaux pour beaucoup d'entre eux. Il joue un double-jeu car il a aussi des contacts avec des groupes terroristes.
L'atmosphère de ce quartier est littéralement étouffante, entre plumes et poux en suspension dans l'air ambiant. Et la canicule perpétuelle aggrave encore la situation.
Son amour, Verena Becker, a été assassinée par des enfants-soldats et il est resté inconsolable. Un peu comme Orphée, il sera tenté d'aller la récupérer dans des enfers toujours plus labyrinthiques, entre présent et passé, vie et mort.
Je ne sais qu'ajouter au sujet de ce roman, qui brasse beaucoup des thèmes favoris de l'auteur. Mais la donne issue de ce brassage est à chaque fois différente. Et pour ma part je ne peux qu'avancer dans ces mondes étranges et sombres. J'ai lu environ une dizaine de textes de cet auteur et à chaque fois je suis captif. Je n'en abuse pas, car je sais que cela me fera forte impression et que la lecture ne sera pas toujours une partie de plaisir. Une sorte d'humour est parfois présent, mais le ton général reste cauchemardesque.
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Henri-l-oiseleur
  29 mars 2020
Antoine Volodine, dans ce roman comme dans d'autres, utilise une imagerie venue de la science-fiction post apocalyptique, et des thèmes, comme celui de la réincarnation, qu'on peut trouver aussi en science-fiction (Kim Stanley Robinson, "Chroniques des années noires", par exemple). Ceci a pu induire certains lecteurs en erreur et les attirer vers ce livre dépourvu de toutes les facilités linéaires narratives et commerciales de la SF courante auxquelles ils sont habitués. Il est aussi ardu de lire Volodine que, mettons, Frank Herbert : encore, le sens de l'épopée rend les romans du second intéressants et accessibles. Ici, rien de tel : un univers désespérant, en train de se désagréger, la mort de l'espèce humaine dans les guerres, la misère, les génocides, et la fin de tout par pourrissement. Trois couleurs dans les paysages des "Songes de Mevlido" : le noir, le blanc agressif d'une énorme lune, et le gris. Des ambiances moites, la pluie, les ruines, la crasse, des assassins survivants ou leurs victimes rescapées, des mutants répugnants, des décombres partout (on songe au "Voyage d'Anna Blume" de Paul Auster). Les frontières entre la vie et la mort, entre l'humain et l'animal, entre le rêve et la veille, sont constamment piétinées ou brouillées. L'ordre chronologique du récit linéaire est bouleversé, sans que l'auteur prenne la peine d'encombrer son texte de repères pour le lecteur paresseux. En somme, une lecture pénible, ennuyeuse par moments, car tout semble se répéter et tout conspire à nous faire perdre nos marques.
"Frères sorcières" présentait la même imagerie, mais la drôlerie et l'humour noir rachetaient et allégeaient l'ensemble : ici, rien de tel ou presque. "Songes de Mevlido" est un roman douloureux, presque de bout en bout. La quête orphique de Mevlido, dans cette ambiance d'échec perpétuel, semble vouée, elle aussi, à l'échec. Reverra-t-il la femme perdue ? Le reverra-t-elle ? Se retrouveront-ils ? Cette histoire d'Orphée réécrite et développée sur 450 pages nous plonge dans la douleur de l'homme et dans son désarroi, sans nous lâcher une minute. Un Orphée diminué, traumatisé, oublieux de lui-même et de sa mission, doutant de sa raison, n'ayant que quelques rêves et souvenirs confus pour donner un sens à son existence. Mais comme dans l'histoire d'Orphée, de la douleur et de la perte émane une poésie étonnante, présente dans le style fort travaillé, dans les paysages d'angoisse (on revoit "Les Villes Tentaculaires" de Verhaeren), dans les errances infernales de Mevlido arpentant les rues vides comme Baudelaire les faubourgs misérables. Aussi, comme lecteur, j'accepte de me laisser surprendre, et même ennuyer par ce gros livre sans séduction, que je juge excellent bien qu'il ne m'ait pas plu. Le roman, d'ailleurs, contient sa propre critique et dit lui-même le mot de la fin : "On peut expliquer le désintérêt des lecteurs par l'abus des adjectifs et des néologismes dont Mingrelian (hétéronyme de l'auteur) truffe ses textes, ainsi que par les surcharges syntaxiques, par les collages baroques ou lyriques qui les rendent illisibles... Ils ont été perçus comme relevant d'une esthétique surannée et trop difficile à comprendre..." Et plus loin, le narrateur ajoute : "Nous aimons les livres de Mingrelian." (p. 408)
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MarianneL
  29 juillet 2014
À une époque indéterminée, deux cent ou trois cent ans après le désastre historique du XXème siècle, la planète a été ravagée par les guerres, les catastrophes écologiques et les génocides ; les espoirs révolutionnaires ont été systématiquement déçus et les rares survivants de l'humanité agonisante sont maintenant regroupés dans la ville d'Oulang-Oulane.
Aux marges de cette mégalopole, Mevlido, qui exerce la profession d'inspecteur de police, mène une vie de survivant dans un ghetto sordide, le Poulailler Quatre, où survivent les membres de la «sous-humanité», refugiés pouilleux, malades mentaux, vieilles bolcheviques insanes et oiseaux menaçants, sous la lumière d'une lune inquiétante.
«Dès qu'ils furent de l'autre côté de la Porte Marachvili, le blanchoiement de toutes choses sous les rayons lunaires s'atténua. Les rues avaient rétréci. L'éclairage urbain avait des défaillances. On devait parcourir des dizaines, et parfois des centaines de mètres dans l'ombre, au petit bonheur. Les trottoirs et la chaussée étaient jonchés d'épaves. Souvent on frôlait des drogués des deux sexes, affalés dans leur vomi et dans leurs rêves. Quand l'obscurité était profonde, des oiseaux la colonisaient : des mouettes obèses, gigantesques, des corneilles monstrueuses, des chouettes, des poules ; elles recouvraient de larges portions du sol, constituant des groupes compacts qui protestaient contre les intrusions et interdisaient le passage à coups de bec. On marchait au milieu des gloussements et des cris.»
Dans cette atmosphère crépusculaire et moite, Mevlido est un héros englué dans ses fantasmes, ses cauchemars et dans les mensonges qu'il doit faire, à la hiérarchie policière, à la psychiatre et à tous les autres pour protéger ses rêves. Il partage sa vie avec Maleeya Bayarlag, une femme abîmée par la perte de son compagnon tué dans un attentat, et qui a depuis basculé dans la folie. Et Mevlido est lui-même égaré et psychiquement fragile, sans cesse assailli par les souvenirs et les songes de la femme qu'il a aimé, Verena Becker, martyrisée et assassinée vingt ans plus tôt par des enfants soldats. Toutes les femmes qu'il croise et qui meurent autour de lui le renvoient vers cette quête de Verena Becker à laquelle il ne peut renoncer.
Mevlido est-il dans le rêve ou la vie éveillée ? Déjà au-delà de la vie ? Ou se trouve le mensonge et la vérité ? Ces questions se posent, mais on peut s'en défaire puisque la recherche de vérité et d'idéal apparaît comme vouée à l'échec.
Dans notre humanité crépusculaire, voisine familière de cette fiction et également hantée par la perte d'idéal, pénétrer l'oeuvre monde d'Antoine Volodine semble un recours indispensable. Et ce seizième roman de l'auteur, paru en 2007 aux éditions du Seuil, peut constituer, à l'instar d'«Écrivains» (2010) ou de «Terminus radieux» (à paraître fin août 2014), une magnifique introduction à son univers imaginaire unique, étrange et visionnaire.
«Mevlido se rappelait l'épisode final de ce livre dont il avait oublié le titre. Un être invulnérable, condamné à mort, était exécuté dans l'unique endroit où on avait pu l'atteindre, à l'intérieur d'un de ses rêves. Profondément endormi, il ouvrait les yeux et il voyait sur le sol des bourreaux qui étaient venus à lui sans armes ni vêtements, des assassins que la traversée des mondes oniriques avait empoisonnés et presque tués : un homme et deux femmes, précisément. L'asphyxie ralentissait leurs gestes, leur peau avait bleui, ils grelottaient à l'entrée de la chambre. Lui, l'être qu'aucune arme ne blessait, quittait son lit, il s'approchait d'eux, il les examinait comme s'il allait brutalement leur régler leur compte, et pourtant, envers ces trois individus qui avaient pour tâche de le détruire, il ressentait de la compassion. Tel était le mécanisme infernal de ce cauchemar. Méprisant le fait que les agresseurs se trouvaient à sa merci, il les consolait, il se penchait sur eux et leur parlait. Et ainsi se refermait le piège de pitié qu'on avait tendu autour de lui. Une à une, ses défenses s'étiolaient, ses capacités de résistance à l'anéantissement. La sympathie, l'empathie dissolvaient sa carapace, et, pour finir, en contradiction avec les principes qui avaient gouverné jusque-là son existence, il perdait toute envie de s'évader et il allait avec philosophie à la rencontre de sa mort.»
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oblo
  23 avril 2016
Trois siècles après notre ère, la guerre a tout ravagé. Les génocides, les meurtres de masse et les violences ethniques ont de nouveau bouleversé l'histoire humaine. Dans Poulailler Quatre, vaste ghetto où s'entassent les hommes et la crasse, où les araignées tissent leurs toiles solides et où les poules et autres volatiles mutants forment des groupes hostiles, vit Mevlido, un flic d'une cinquantaine d'années. Infiltré auprès de vieilles bolcheviques qui continuent de hurler leurs slogans, tandis que les tracts appellent à des attentats contre la Lune et que des attentats réels sont commis contre les anciens seigneurs de guerre, Mevlido est partagé entre le réel et les rêves, sans parfois bien les distinguer. Il vit aussi dans le souvenir de sa femme, Verena Becker, torturée et tuée vingt ans plus tôt par des enfants soldat, lesquels, aujourd'hui, sont traqués et massacrés.
De vieilles réminiscences lui reviennent en mémoire, souvenirs de vies d'avant ou de moments vraiment vécus : ne pas toucher les rats, ne pas parler aux araignées, ne pas parler à un psychiatre … Il faut dire qu'en réalité, Mevlido est en mission. Il a été envoyé par les Organes, organisation ou Etat mystérieux et puissant, pour constater l'évolution et surtout la déchéance des hominidés. Après un voyage particulièrement éprouvant, il est envoyé dans un nouveau corps, un corps d'homme, dans lequel il renaît intégralement, oubliant jusqu'à sa mémoire passée, jusqu'aux quarante années d'entraînement subi, et seuls quelques noms, quelques phrases et images lui reviennent parfois.
Dans le monde des hommes, Mevlido mène des enquêtes. Il bat son chef lors des séances d'autocritiques, il se soumet lui-même à cette pratique qui rappelle les Grands Procès de Moscou. Il partage son existence et son appartement étouffant avec Maleeya Bayerlag, folle à force de tristesse qui prend Mevlido pour son défunt compagnon, Yasar. Tous deux, ensemble, tâchent de traverser la vie et malgré une affection certaine entre les deux êtres, tous deux regrettent désespérément leur amour ancien.
La vie de Mevlido, ses errements, l'effondrement de son monde, tout cela est retracé par un de ses anciens camarades du centre d'entraînement, Mingrelian, dans des rapports-romans que personne ne lit. En Mingrelian, on pourrait voir un double de Volodine, notamment dans la description que le narrateur fait de son écriture : « L'art de Mingrelian, influencé par le post-exotisme, joue avec l'incertitude, l'inaboutissement, le brouillage des contraires, le néant. »
Tel pourrait être le résumé littéraire de Songes de Mevlido, récit à la fois onirique, poétique, brutal et amoureux, désespéré aussi, conteur d'une humanité en voie de destruction, d'une humanité recroquevillée sur elle-même, d'une humanité qui cède le pas à l'animalité. Volodine n'apporte pas de réponse ; d'ailleurs, il ne pose pas de question. Il peint un monde futur, terriblement inquiétant, et pourtant encore riche, qu'il évoque par touches, par sensation (celles de chaleur et celle d'humidité, affreusement omniprésentes). En tant que lecteur, on tâtonne dans ce monde autant que Mevlido tâtonne lorsqu'il est au volant du bus qui roule immobile. On se perd dans un monde sans visibilité, on s'accroche à Mevlido, qui nous guide sans savoir où il va.
Antoine Volodine semble livrer là une oeuvre extrêmement visuelle, comme un tableau littéraire que l'on découvrirait au fur et à mesure des pages tournées. Par sa force poétique, son évocation d'un futur désenchanté, le roman construit une parenté avec les oeuvres dessinées d'Enki Bilal. Et si de nombreuses significations, de nombreuses clés du roman m'ont probablement échappé, au moins reconnais-je là un roman marquant, puisque son empreinte imaginaire me semble particulièrement prégnante, voire obsédante.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   22 mars 2020
- On va vous organiser une incarnation dans un type bien, poursuivit Deeplane.
Mevlido bougea encore sa rude tête de bonze pugiliste. Il continuait de feuilleter les nombreuses sections et sous-sections du dossier groseille. "Ne pas prendre contact avec les araignées, lut-il. Ne pas parler aux rats. Ni aux rats, ni aux araignées. Ne pas participer à des cérémonies où l'on évoque l'âme des morts. Refuser tout entretien avec un psychiatre. (Il tournait les pages). Accepter son destin quel qu'il puisse être. Accepter sa différence quelle qu'elle puisse être. Dissimuler sa différence. (Il y avait des centaines d'instructions. La plupart paraissaient sensées.) Toujours trahir les vainqueurs", lut-il encore. Ses doigts froissaient des intercalaires jaune paille ou jaune canari, ou bleus, ou gris cartonneux.

p. 196
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brigetounbrigetoun   11 novembre 2009
elle préférait concentrer dans ses cordes vocales toute la magie du moment - dans ses cordes vocales et sa respiration.... La scène sur laquelle elle se produisait était presque circulaire, on aurait pu la comparer à la bouche refermée d'un cratère. En son centre, la mudang se lamentait et créait sans cesse de la beauté, quelque chose d'éphémère et fondamental que seuls les morts ou leurs semblables pouvaient entendre
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   22 mars 2020
Sa maigreur lui donnait l'air d'un gueux famélique, et son visage anguleux avait le teint bleuâtre des graphomanes, de ceux qui restent enfermés devant du texte pendant des mois, heure après heure, sans jamais respirer autre chose que la fragrance douteuse des mots, avec pour dérivatifs un sommeil nerveux et peu réparateur, la lecture de glossaires inextricables, et des rêves.

p. 212
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   29 mars 2020
Depuis leur perchoir du garde-manger, les cafards l'observaient sans mot dire. Lui-même ne leur adressait pas la parole. Il restait recroquevillé dans le bac à douche.

p. 366
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   18 mars 2015
Sept ou huit cent mètres plus loin, la lune bloquait la voie, comme souvent. Elle barricadait Macadam Boulevard de tout son ivoire jaunâtre. Elle était vautrée pesamment sur les rails et elle occupait le paysage jusqu’au milieu du ciel. Ne sachant trop comment répondre à cette manifestation d’arrogance, la ville hésitait entre collaboration et défaite, avec ici et là de piètres tentatives de résistance.
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Vidéo de Antoine Volodine
Avec Denis Frajerman, Laurent Rochelle & Antoine Volodine
Denis Frajerman et Antoine Volodine sont liés depuis plus de vingt ans par une même passion de la langue et du son et s'accompagnent l'un l'autre magistralement. La plume tour à tour prophétique, incantatoire de l'écrivain d'un côté, les ensorcellements mélodiques du musicien-voyageur de l'autre, mettent en valeur l'univers post-exotique au sein d'un écrin poétique.
Avec Laurent Rochelle au saxophone soprano et à la clarinette basse, Denis Frajerman aux percussions et à la flûte, Antoine Volodine à la voix, et à l'occasion de la parution d'un livre-objet composé de six albums, ils proposent une expérience musicale et littéraire unique en son genre.
À lire & à écouter – Antoine Volodine & Denis Frajerman, Variations Volodine, Poèmes et Coffret 6 CD, La Volte, 2022.
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