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EAN : 9782021139044
616 pages
Éditeur : Seuil (21/08/2014)
3.45/5   237 notes
Résumé :
Alors que le dernier bastion de civilisation s'effondre avec la chute de la Deuxième Union soviétique, les déserteurs Kronauer, Vassilissa Marachvili et Iliouchenko commencent un périple sans retour. Pénétrant dans les territoires irradiés par les accidents nucléaires, ils se dirigent vers Terminus radieux, un kolkhoze hors du temps régenté par un nécromancien immortel et une liquidatrice héroïque...

« Le kolkhoze Terminus radieux ressemblait plus à u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
3,45

sur 237 notes

Bobby_The_Rasta_Lama
  24 janvier 2020
"En te promenant dans ton propre pays, voyant tes voisins et même ton cadavre, tu penseras douloureusement :
"me voilà donc mort" !"
(Bardo Thödol, le Livre Tibétain des Morts)
C'est la fin du monde tel qu'on ne le connait même pas.
La fin de la Deuxième Union Soviétique dont la capitale Orbise s'est effondrée. La nature a repris ses droits sur le monde dévasté par la guerre et les radiations, mais ce n'est plus la même nature. Les gens errent dans cet étrange décor, entre la sauvagerie du néant et les camps militaires dont on ne connaît pas l'emplacement exact, mais ce ne sont plus les mêmes gens.
Rien n'est comme avant. Même pas les corbeaux... surtout les corbeaux !
Dans les herbes hautes de la steppe - la valdelame-à-bouclettes, la clé-de-chine, la talmazine, l'octroie - se cachent trois déserteurs. Deux ex-vaillants ex-soldats Iliouchenko et Kronauer, et Vassilissa Marachvili. Irradiés jusqu'aux os. Vassia est mourante. Impossible de se ravitailler au kolkhoze abandonné qui est tout près, car un bizarre train militaire vient de s'arrêter devant son portail.
Kronauer va alors braver les dangers de la taïga pour chercher de l'aide. La taïga dont les mousses luisent dans l'obscurité et dont les arbres hurlent à l'intérieur de votre tête...
... et il trouve Terminus Radieux.
Un kolkhoze dont le temps de gloire est passé, suspendu entre "avant" et "maintenant"; entre "être" et "non-être". L'immortelle mémé Oudgoul y parle à la pile nucléaire en lui offrant des vestiges des temps passés, et en tournant les boutons de sa vieille radio dans l'espoir de capter encore quelques slogans de l'ancienne propagande. Il y a aussi le président Solovieï, moujik sorcier, grand marionnettiste des choses prétendument vivantes. Et ses trois étranges filles.
Kronauer va devenir une sorte d'élu qui va jouer un rôle dans le destin de Terminus Radieux, mais y a t-il encore un Destin ? Quand on se pique avec l'aiguille d'un phonographe dont les rouleaux contiennent les mélopées chamaniques du thaumaturge Solovieï, que devient la réalité ?
Sommes nous vraiment vivants, ou errons-nous dans le bardo, cet état entre deux états, entre la vie et la mort, dans une rêverie sans fin, sans durée... le corbeau vous le dira. Peut-être.
"Terminus Radieux" est une trouvaille inattendue. Je n'ai encore jamais lu un livre similaire (même le terme "réalisme magique" paraît bien fade), et ce n'est pas étonnant. C'est un roman "post-exotique", un courant créé par Volodine lui même et entretenu sous ses différents pseudos. Volodine ? Kronauer ? Tout est subtilement entremêlé entre la réalité et la fiction, le présent physique et le rêve. 49 livres de 49 chapitres (autant que les jours d'errance dans le bardo tibétain) qui vous feront entrer dans des vases communicants entre ici et là-bas. Au corbeau de vous guider, mais attention ! Il peut s'immiscer dans votre tête pour vous raconter des mensonges...
Cela peut paraître incroyable, mais si vous décidez de jouer le jeu, le livre se lit sans effort. Volodine a réussi à créer un monde très poétique non seulement dans ses évocations d'images, mais aussi dans cette mixture de l'aventure post-apocalyptique classique avec des mondes oniriques où les corps et les esprits errent pour se recroiser dans d'autres lieux, d'autres temps et d'autres contextes, pour évoquer leurs souvenirs d'autrefois. La nature, culture et littérature inventées de toutes pièces font pendant à la culture ancienne, les bylines et contes de fée russes. Palais illusoires, oiseaux magiques, trois filles, l'eau vive et les morts qui se lèvent... on a déjà vu tout ça. Même Solovieï, on l'a déjà rencontré dans le personnage légendaire de Kochtcheï l'Immortel, ou bien le Rossignol-Brigand. Il y a peut-être dix ans, peut-être mille. Qui s'en souvient ?
Cinq étoiles. Je vais me faire une tisane à la vierge-tatare, pour revenir dans le monde normal.
Adieu, corbeau... à un de ces quarante-neuf !
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horline
  18 juillet 2018
Aborder l'univers d'Antoine Volodine c'est un peu comme entrer dans une cathédrale gothique, on y entre le pas hésitant face à une architecture complexe et imposante baignée par une lumière crépusculaire. le regard ébahi devant une littérature du désastre bien singulière, un roman d'aventures et de mythes à la surface duquel scintille une poésie du délabrement.
Terminus radieux c'est l'échec de la seconde révolution soviétique, vraisemblablement sur le territoire russe même si les repères spatio-temporels sont déformés, avec des territoires en ruine, un no man's land irradié dans lequel erre une humanité à bout de souffle.
Terminus radieux c'est surtout une atmosphère étrange puis léthargique qui pénètre en vous. Il y a bien sûr cette radioactivité invisible et mortifère qui installe le récit dans un sentiment particulier. Mais l'auteur nous entraîne dans une vision hallucinée du réel qui dérape et tente de se reconfigurer de manière fuyante. On s'y perd parfois comme s'égare le personnage de Kronauer, un déserteur qui dans sa fuite se retrouve dans un kolkhoze tenu d'une main de fer par un sorcier adepte des pratiques chamaniques et incestueuses. Oui quelques énergumènes subsistent dans cet espace inhospitalier ravagé par des centrales nucléaires qui n'en font qu'à leur tête.
L'auteur introduit tant d'incertitude et de dissonance que l'on se retrouve au cours de cette lecture un peu hébété.On tente alors de s'accrocher à des indices, des éléments significatifs avant de se rendre compte que finalement ce n'est qu'illusion, souvenir, obsession. On progresse dans la lecture avec la sensation d'être en plein sommeil paradoxal, cette phase où, la conscience brumeuse, les rêves sont surréalistes avec des images floues et inachevées. Peut-être parce que la réalité est tellement brutale qu'il vaut mieux inscrire le récit dans un univers intermédiaire et voir les personnages se réfugier dans une dimension onirique et absurde. Seule voie possible lorsque subsiste la nostalgie d'un idéal égalitaire alors que l'avenir semble être une vaine perspective, une lente décrépitude physique et mentale, un voyage vers la mort interminable...
Véritable curiosité, comme celles que l'on exposait dans les cabinets au 18e siècle, Terminus radieux est fascinant par la poésie de la noirceur qu'il dégage. Elle investit le roman d'un ton unique qui fait qu'on est rapidement absorbé par la lecture malgré la sensation d'apathie qui infuse à travers le récit.
Cette première incursion dans le post-exotisme sans savoir si Terminus radieux est particulièrement représentatif de ce courant, ponctué de quelques traits d'humour, fut un excellent moment de lecture.
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michfred
  25 février 2015
Voilà un moment que je reporte lâchement cet exercice de haute voltige: m'attaquer à la critique de Terminus radieux.
Faut que je vous dise, d'abord: Volodine m'a tuer.
Rien de moins. Ce roman m'a soufflée, comme si Nagazaki et Hiroshima avaient soufflé ensemble mes bougies d'anniversaire...ou plutôt comme si Tchernobyl avait obligeamment arrêté son nuage juste au-dessus de mon carré de fraises (non, je ne les sucre pas encore!);
ça a commencé comme ça- L.F.C., sors de ce corps!- :par la fin du monde. Eh bien, cette histoire c'est juste après, ou tout comme...
Imaginez une Sibérie post-soviétique où un train plein d'irradiés en armes mais presque sans cartouches arpente indéfiniment le réseau ferroviaire encore en état pour trouver un hâvre qui les accueille, ces irradiés radieux et déraillés. Et ce hâvre, ce nirvana, ce paradis sur steppe, c'est...un bon vieux camp de concentration, un chouette goulag des familles , avec ses petits miradors bien dressés, ses jolis barbelés dentelés, et ses clôtures électrifiées pour en finir car la fin n'en finit décidément pas de s'achever...
Cela vous donne l'étiage des perspectives d'espérance de ce monde-là...
Pour en remettre une couche, une centrale, baptisée , je vous le donne en mille, Terminus radieux, dont le coeur fonctionne encore grâce à une vieille vestale K.G.B. en chapka , la Mémé Oudgoul.
Et planant sur cet univers en déglingue et dans les esprits de tous les malheureux survivants , un mage noir, un chaman infernal, père incestueux et vrai despote- une sorte de réincarnation du petit père des peuples- l'inoubliable Solovieï .
Pour la petite touche glamour , il y a ses trois filles, justement: la rebelle Samiyia Schmidt, la voluptueuse Myriam Oumarik et la mystérieuse Hannko Vogoulian qui se disputent les faveurs d'un des survivants échoués au bord de la voie ferrée, le beau, le baraqué, le mâle Kronauer qui tente de résister de toutes ses forces à leurs charmes vénéneux et à l'emprise sur son mental d'acier de leur papa possessif, le mage Solovieï déjà nommé, qui s'introduit jusque dans ses rêves érotiques!
Raconté comme ça- je ne suis pas Volodine, ça se saurait- vous êtes en train de vous dire qu'à côté de Terminus radieux, le Jour d'après c'est de la dentelle de Bruges..
Bon, je reprends un ton docte et sérieux: ce livre, c'est de la balle! du nanan! (il en faut pour toutes les générations) du pur délice!
Bourré d'humour, assez cynique , mais d'humour quand même-oui, c'est possible, même devant une centrale atomique en plein syndrome chinois-, et d'une incroyable poésie - oui, c'est possible, etc...
Voyez plutôt:"Les corbeaux tombent. Ils sont de petite taille, silencieux et sans odeur. Ce sont les innombrables mailles d'un linceul noir qui se déploie sur la clairière. Une impression de légèreté noire et sans odeur dans les airs et, sur le sol, une couche de plus en plus compacte, qui va rester, qui va tout couvrir et qui promet de ne pas fondre." C'est pas beau, ça? On dirait les Chants de Maldoror, non? Bon, bon, à vous de voir...
D'ailleurs, - et c'est mon dernier mot, si je en vous ai pas convaincus de lire Terminus radieux, aller vous faire cuire un oeuf sur la pile de la Mémé Oudgoul, moi je rends ma faucille, pas mon marteau- faites très attention aux corbeaux, quand vous lirez ce livre époustouflant...ils sèment leurs signes noirs un peu partout, dans le ciel, sur le sol gelé, ils hantent les esprits, ils pullulent et ils prennent même la parole, vers la fin, préparant " l'avenir immédiat. Immédiat ou lointain. L'avenir; Où, quoi qu'il arrive, il n'y aura rien."
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bobfutur
  03 mars 2021
Une littérature taillée pour la Fin des Temps, extraite de l'huile noire afin de survivre à la fin de l'histoire, partout et jusqu'au bout.
Rencontrer l'oeuvre d'Antoire Volodine et de ses avatars post-exotiques a fini par m'arriver, comme elle finira, je l'espère, par vous arriver aussi, nombreux parmi nous n'ayant encore gravi la margelle sombre et indistincte marquant l'entrée de ce véritable monde post-historique, assez ambitieux pour être nommé à la manière d'un mouvement littéraire, regroupant quatre variations d'un même écrivain, sans véritable démarche égocentrique apparente. Un « nous » qui se veut rassembleur et transindividuel.
J'engage le lecteur intéressé à écouter sa conférence de 2019 aux Rencontres Internationales de Genève intitulée « Désarroi » https://youtu.be/x5oPEqyamTA , et la lecture de ce « Terminus Radieux », excellentes portes d'entrée dans cet édifice littéraire érigé pour les siècles à venir.
Je viens de suivre ce chemin.
Le livre en soi bénéficie de suffisamment de bonnes descriptions, ici et ailleurs, pour n'y rajouter, en ce qui me concerne, que des noms, des évocations littéraires allant des « Guérillères » de Monique Wittig à la Kolyma de Chalamov, aux effondrements soviétiques de Zinoviev…
Volodine ne crée rien de nouveau, il agrège l'histoire et le langage jusqu'à leur disparition et leur rémanence éternelle.
Volodine crée des noms d'herbes déjà mortes plus vivantes que son lecteur.
Volodine est peut-être en fin de compte un dieu à qui toute dévotion serait inutile.
A bientôt, Volodine.
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Arimbo
  17 septembre 2021

« J'ai vu des archipels sidéraux, et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur…… »
Le monde des livres est ainsi fait d'archipels sidérants, et d'îles aux trésors, que l'on découvre au détour de nos passages sur Babelio.
Comme ce monde du post-exotisme de Volodine qui m'était totalement inconnu.
Plusieurs belles critiques, enthousiastes et pertinentes de ce livre, et d'autres, de Volodine, par mes « amies » ou « amis » Babeliotes m'ont amené à la lecture de Terminus radieux, ma première rencontre avec cet auteur. Et je crois que ce ne sera pas la dernière.
Encore un texte hors-normes, d'une formidable complexité (j'imagine sans les saisir complètement toutes les références et intertextualités), pessimiste et ironique à la fois, et, une fois passée la première étape qui cherche une narration « ordinaire » et ne trouve pas un fil d'intrigue, et que l'on se laisse porter, c'est magique, vraiment.
Un récit qui bouscule les codes de la narration, la dimension du temps et de l'espace, l'identité des personnages, avec un résultat qui vous laisse ébahi.

Dans cette dystopie, la Deuxième Union Soviétique a été vaincue par une coalition capitaliste, et sa capitale l'Orbise envahie. Trois soldats de l'Orbise, Kronauer, Iliouchenko et Vassilia Marachvili, ont fui dans une zone de steppe inhabitable car irradiée par l'explosion de plusieurs centrales nucléaires. Vassilia est mourante, Kronauer essaie de rejoindre un village dont il a vu la fumée au loin pour trouver de l'aide, Iliouchenko monte dans un train dont les occupants exténués cherchent désespérément à rejoindre un camp, imaginé comme un havre de paix et fraternité.
Le village (ou camp) Terminus radieux que découvre Kronauer n'a rien qui correspond à cet adjectif, hormis le fait qu'une pile nucléaire y « rayonne » , alimentée par une vieille femme de plusieurs centaines d'années, résistante aux radiations, la mémé Ougdoul.
Étrange village, dont le maître est un Solovïeï, une sorte de dictateur
mi-chamane, mi-clone de Staline, qui entre dans les pensées de ses trois filles Tanya Schmidt, Myriam Oumarik, Hannko Vogoulian , et tyrannise ses beaux-fils.
Kronauer est fait prisonnier par Solovieï
La suite ne se raconte pas, elle se vit.
Le lecteur va se demander si les protagonistes sont morts ou vivants, ou dans un état intermédiaire, va voir un Solovieï sous forme d'un corbeau, va assister aux errements fantomatiques du train qui emmène Iliouchenko, etc..Puis, l'espace et le temps deviennent incertains, ainsi que l'apparence des êtres, une multitude d'événements aux contours dont le sens semble nous échapper se produisent.
C'est extraordinaire et magnifiquement écrit.
Que d'images étonnantes, que de réflexions ce récit évoque, et je ne peux toutes les citer: la désolation d'un monde post-apocalyptique, où l'être humain disparaît peu à peu dans l'abime nucléaire, et où la nature reprend ses droits, ce pourrait être tout aussi bien la catastrophe climatique, la nostalgie de l'égalité et de la fraternité du monde post-soviétique (même si l'auteur nous parle de la deuxième Union Soviétique), l'ironie cruelle que représente la recherche désespérée d'un camp qui serait le paradis sur terre (notamment dans le chapitre au titre ironique « éloge des camps »), l'emprise sur les esprits de Solovïeï, un point qui a petite échelle pousse à l'extrême le 1984 d'Orwell, l'énigmatique concert donné devant les occupants du train, le sens du cri du corbeau Solovïeï, la dilatation du temps, l'effort absurde de l'héroïne Hannko Vogoulian a garder par écrit la mémoire des faits passés, que d'énigmes incroyables.
Volodine nous décrit, je trouve, et de façon allégorique, un monde pessimiste et sans espoir de l'après-communisme, un monde dont le sens est perdu.
Enfin, je redis mon admiration pour la structure du récit, de ces 49 chapitres, dont ceux très courts de la dernier partie intitulée Narrats, et pour la langue magnifique.
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critiques presse (11)
Liberation   19 octobre 2015
Bienvenue dans un étonnant livre, touffu, dense, qui mélange imagerie soviétique, légende chamanique et science-fiction.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaPresse   13 novembre 2014
L'univers de Volodine est complexe, énigmatique. Étouffant par moments tant la force de sa plume parvient à nous embourber dans le tourbillon de cet enfer sans issue... mais néanmoins captivant tout au long des quelque 600 pages de Terminus radieux.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Liberation   12 novembre 2014
Le Médicis à Terminus radieux, paru au Seuil (lireLibération du 4 septembre), couronne à la fois un roman magnifique et une œuvre qu’on n’a pas fini d’explorer.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   12 novembre 2014
Le roman Terminus radieux, avec lequel Antoine Volodine vient de remporter le prix Médicis, mêle science-fiction nihiliste, légendes chamaniques et imagerie soviétique.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   05 novembre 2014
Avec Volodine, c'est un récit mêlant science-fiction nihiliste, légendes chamaniques et imagerie soviétique qui est récompensé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   05 novembre 2014
Terminus radieux est un livre d'actions et de mouvements – jamais de commentaires. Au cœur du roman, un train file vers un infini en forme de camp ou de kolkhoze. On dirait un nirvana où toutes les errances s'accompliraient et se concluraient.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaPresse   05 novembre 2014
Dans les territoires irradiés, après la «Deuxième Union soviétique», de rares survivants de l'utopie socialiste - tractoristes, kolkhoziens, komsomols, soldats en déroute, zeks en liberté, liquidateurs - sont les héros déchus de Terminus radieux, récit halluciné au style puissant dans lequel les hommes, devenus des mutants, ne savent plus s'ils sont morts ou vivants.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Bibliobs   05 novembre 2014
[...] son volumineux «Terminus radieux» (Seuil) est, sans doute, un de ses romans les plus aboutis, et les plus réussis.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   08 octobre 2014
Le secret, pour participer à ce rêve grave, consiste simplement à se laisser porter, envoûter, bientôt envahir par le souffle romanesque, les images fortes comme extraites de cauchemars familiers, les émotions d'une grande pureté qu'orchestre l'écrivain. Un enchanteur, à sa façon, héroïque et sombre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   19 septembre 2014
On retrouve tout cela, mais porté par un art du récit et un sens de l'aventure qui, lorsqu'on perd pied, tirent la tête hors de l'eau. Quand le monde aura fini de ressembler à un livre de Volodine, il verra peut-être que «Terminus radieux» est un grand roman halluciné [...].
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Liberation   08 septembre 2014
Terminus radieux est une Odyssée de l’errance, un roman du désastre que seul l’humour volodinien tempère, alliant le rire tibétain devant la vanité des choses à cette dérision propre aux pays de l’Est, qui sait pousser au paroxysme l’idiotie de tous les mots d’ordre.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
bobfuturbobfutur   01 mars 2021
Il vient d’entrer dans une réalité parallèle, dans une réalité bardique, dans une mort magique et bredouillée, dans un bredouillis de réalité, de malveillance magique, dans une tumeur du présent, dans un piège de Solovieï, dans une phase terminale démesurément étirée, dans un fragment de sous-réel qui risque de durer au moins mille sept cent neuf années et des poussières, sinon le double, il est entré dans un théâtre innommable, dans un coma exalté, dans une fin sans fin, dans la poursuite trompeuse de son existence, dans une réalité factice, dans une mort improbable, dans une réalité marécageuse, dans les cendres de ses propres souvenirs, dans les cendres de son propre présent, dans une boucle délirante, dans des images sonores où il ne pourra être ni acteur ni spectateur, dans un cauchemar lumineux, dans un cauchemar ténébreux, dans des territoires interdits aux chiens, aux vivants et aux morts. Sa marche a commencé et maintenant, quoi qu’il arrive, elle n’aura pas de fin.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   22 janvier 2020
Solovieï se piquait d'être non seulement révolutionnaire mais poète, et donc il estimait qu'il avait le droit de dire haut et fort ce qui lui passait par la tête. La perspective de devoir écrire des mensonges pour sauver sa peau le mettait en rage. Il sabotait ses autocritiques en y insérant des narrats ésotériques, des considérations sur l'apocalypse et des discours politiquement incorrects sur la sexualité et les rêves. Sur le papier officiel des dépositions, il exposait son espoir que viendrait un temps où chamanes, experts en sorcellerie, mages et disciples de l'oniromancie seraient seuls en charge de la lutte des classes et nomadiseraient librement dans les villes et les campagnes. Les relations de Solovieï avec les autorités s'étaient envenimées.
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nadejdanadejda   23 août 2014
Quand on progresse dans la vieille forêt, quand on écrase sous ses bottes des branchettes perdues par les arbres, les sapins centenaires, les mélèzes noirs, quand on a le visage caressé ou battu par les mousses ruisselantes, on se trouve dans un univers intermédiaire, dans quelque chose où tout existe fortement, où rien n’est illusion, mais, en même temps, on a l’inquiétante sensation d’être prisonnier à l’intérieur d’une image, et de se déplacer dans un rêve étranger, dans un bardo où l’on est soi-même étranger, où l’on est un intrus peu sympathique, ni vivant ni mort, dans un rêve sans issue et sans durée.
Qu’on s’en rende compte ou pas, on est dans un domaine qui a Solovieï pour maître absolu. On bouge dans les ténèbres végétales, on essaie de bouger et de penser pour en sortir, mais, dans la vieille forêt, on est avant tout rêvé par Solovieï.
Et là-dedans, en résumé, on ne peut être autre chose qu’une créature de Solovieï.
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Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   20 janvier 2020
- On va vous interpréter un glorificat burlesque, annonça Matthias Boyol.
On ne sait pourquoi, car cela n'avait aucune importance, l'ancien commandant Pedron Dardaf sortit de son apparente torpeur, leva la main comme un gamin interrogeant son institutrice et demanda :
-Dis donc, Boyol, il y a une différence entre un glorificat burlesque et une mélopée tragi-comique, comme que vous nous en avez récité une la semaine dernière ?
Matthias Boyol eut l'air décontenancé pendant quelques secondes, parce qu'il était déjà absorbé par le spectacle qui avait commencé silencieusement en lui, mais il répondit de bonne grâce :
- Non, Pedron Dardaf. C'est exactement la même chose. C'est exactement la même foutaise poétique.
Puis la déclamation musicale commença.
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RushkoffRushkoff   21 septembre 2014
La vieille forêt n'est pas un lieu terrestre comme les autres. Rien de comparable n'existe ni dans des forêts de taille moyenne, ni dans la taïga qui est sans frontières et où l'on meure. À moins d'emprunter un chemin monstrueusement long et hasardeux, on ne peut atteindre le Levanidovo et son kolkhoze "Terminus radieux" sans la traverser. Mais la traverser signifie aussi errer sous ses arbres hostiles, avancer sans repères, en aveugle, signifie marcher avec effort au milieu de ses traquenards étranges, hors de toute durée, signifie avancer à la fois tout droit et en cercle, comme empoisonné, comme drogué, en respirant avec difficulté, comme dans un cauchemar où I'on s'entend ronfler et gémir mais où le réveil n'advient pas, signifie être oppressé sans discerner l'origine de sa peur, signifie redouter aussi bien les bruits que le silence, signifie perdre le jugement et, pour finir, ne comprendre ni les bruits ni le silence. Être au cœur de la vieille forêt signifie aussi parfois ne plus sentir sa fatigue, flotter entre vie et mort, demeurer suspendu entre apnée et halètement, entre sommeil et veille, signifie aussi s'apercevoir qu'on est un habitant bizarre de son propre corps, pas vraiment à sa place, comme un invité pas vraiment bienvenu mais qui incruste et qu'on supporte à défaut de pouvoir I'expulser, qu'on supporte en attendant d'avoir un prétexte pour se séparer de lui sans douceur, qu'on supporte en attendant de Ie chasser ou de le tuer.
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- "Jewish Cock" de Katharina Volckmer C'est la litanie d'une jeune femme qui déroule volontiers provocatrice sa pensée, son problème avec la culture allemande, des souvenirs familiaux plus ou moins douloureux, sa vie sexuelle avec un homme marié qu'elle a rencontré dans des toilettes publiques. “Portnoy” déployait les névroses d'un juif newyorkais né avant guerre, Jewish Cock celles d'une jeune femme née juste avant la chute du mur.
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