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ISBN : 2258100410
Éditeur : Les Presses De La Cite (23/05/2013)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Printemps 1861.
Une cascade de cheveux roux, un visage ravagé au vitriol comme le sont les mains, les seins, le bas-ventre du cadavre, et une lame de tarot, la Maison-Dieu... C'est tout ce dont dispose l'élégant Achille Bonnefond, spécialiste des affaires criminelles, qui ne peut encore imaginer jusqu'où le conduira l'assassinat sauvage de l'inconnue du parc Monceau.
Guidé par Baise-la-Mort, un ancien voleur, il découvrira un Paris insoupçonné, celui d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Sio
  24 mai 2013
Printemps 1861. Achille Bonnefond, détective de son état, spécialiste des affaires criminelles, est appelé de toute urgence sur une scène de crime macabre et énigmatique à souhait : une cascade de cheveux roux, le visage, les mains, les seins et le bas-ventre détruits au vitriol, et une lame de tarot, celle de la Maison-Dieu. C'est tout. A part, bien sûr, cette lettre serrée dans la main de la morte, évoquant un complot contre l'Empereur. Pour en savoir plus, Achille recrute un chiffonnier qui n'a pas froid aux yeux et a déjà tout vu : Baise-la-Mort ! A ses côtés, il se lance dans le Paris des bas-fonds, celui qui coexiste aux côtés des chics boulevards haussmanniens. Ce n'est qu'au prix de cette descente aux enfers qu'il reconstituera le passé trouble de celle qu'on surnommait la Vierge-Folle.
Descente aux enfers est vraiment l'expression qui pourrait caractériser le livre. Car si le début nous montre un Paris qui fait rêver, comme l'image qu'on en a gardée, celle d'une ville-lumière aux artères larges et bien aérées, on le quitte bien vite pour plonger de plus en plus profondément dans les quartiers mal-famés, les coupe-gorge et autres taudis crasseux. Là se réunit une faune répugnante, à mi-chemin entre la cour des Miracles dégénérée et la foire aux monstres épouvantables. C'est peut-être bien là que le bât blesse : ce portrait du Paris miséreux, pour juste qu'il soit, donne trop dans la surenchère. Ce ne sont que chicots noircis, trognes déformées par l'alcool, bons-à-rien soiffards préférant s'enivrer plutôt que d'aspirer à une vie meilleure. le portrait est certainement bien vu, mais c'est un peu trop pour sonner totalement juste, et c'est bien dommage.
À la suite d'Achille et Baise-la-Mort, son informateur et guide, on découvre un Paris insoupçonné, regorgeant de petites anecdotes sur telle ou telle rue, d'histoires anciennes et sordides s'étant tenues à tel carrefour, ou de chronique antique à compléter, le tout servi dans un argot que ne renierait pas un maître linguiste. le travail de recherche historique et linguistique qui sert de soubassement au roman au roman est admirable. Seul regret : que certaines tournures argotiques ou anecdotes soient simplement plaquées sur le récit, faisant s'adapter l'intrigue à leur passage plutôt que l'inverse. On a parfois l'impression que l'explication ou la scène est gratuite, et l'effet encyclopédique casse un peu le rythme du récit, avec trop de pauses narratives. Mais comment en vouloir à l'auteur ? Les choix ont dû être drastiques et on en voudrait plus, avec une histoire au long cours, pour en apprendre plus sur ces petits mystères purement parisiens.
Mis à part ces pauses, le récit est bien mené : les personnages vont d'investigations en découvertes, et le mystère plane assez longuement sur le récit. À côté de cette enquête, on suit la vie mondaine d'Achille (qui n'est pas le dernier aux bals et se montre assez empressé auprès de la gent féminine) et cela donne au roman un côté assez léger et décontracté qui contraste bien avec l'horreur du paysage urbain. de plus, l'intrigue prend place durant les travaux du baron Haussmann et l'atmosphère pleine de bruit, de poussière et d'effervescence de ces incroyables percées est extrêmement bien rendue. Pour un peu, on entend les cris des contremaîtres, et on a l'impression de voir se dessiner sous nos yeux ces boulevards gigantesques et les bâtiments mémorables qui les bordent. Allié à l'enquête qui mêle histoire, relations internationales et ambiance de l'époque, on se retrouve dans un Paris qui se construit ligne après ligne, mouvant, vivant et aux multiples visages. Rien à redire, Frédérique Volot sait comment planter un excellent décor et parvient à faire la ville une sorte de personnage à part entière.
Avec La Vierge-Folle, Frédérique Volot propose donc une belle chronique sur le Paris en construction de la fin du XIXe siècle : une intrigue pleine de bruit, de boue et de poussière, aux relents d'absinthe et de crasse, mâtinée de l'effet pailleté des rivières de diamants des grands bals, et fleurant bon l'iode des bains de mers à la mode. Un récit tout en contrastes, mêlant habilement enquête et histoire, et nous faisant replonger dans une époque que l'on oubliait.
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ingridfasquelle
  31 mai 2013
Coup de coeur magistral pour le roman de Frédérique Volot, La Vierge-Folle, qui raconte l'histoire d'une femme battue à mort et défigurée au vitriol. Pour quelle raison a-t-on voulu ainsi humilier cette femme jusque dans la mort ? C'est en suivant le bel Achille et Baise-la-Mort à travers le Paris du Second Empire que le lecteur pourra élucider le mystère de celle que l'on surnommait la Vierge-Folle...
Dans le parc Monceau, qui doit être inauguré le 13 août 1861, on s'active. Jusqu'au jour où des jardiniers découvrent le cadavre d'une femme atrocemnet mutilée. Dans sa main, un mot adressé à l'Empereur... S'agit-il d'un complot ? L'enquête est confiée à Achille Bonnefond, proche de l'Empereur et fin limier des affaires criminelles de Paris. Avec l'aide de Baise-la-Mort, un ancien voleur reconverti en chiffonnier qui manie l'argot comme personne, ils fouillent les bas-fonds parisiens à la recherche de l'identité de cette femme sans visage. Ils apprendront que celle que l'on surnommait la Vierge-Folle était tireuse de cartes et cachait un passé bien mystérieux... Au cours de son enquête, Achille se prend d'amitié pour son piteux comparse. Il découvre le monde incroyable des chiffonniers, leurs moeurs, leurs conditions de vie, la cité de la Femme-en-Culotte et bien d'autres choses encore. Il en restera à jamais marqué...
Outre l'intrigue criminelle, c'est une belle reconstitution de la capitale sous le Second Empire que nous présente l'auteure. On y découvre les grands travaux d'urbanisation menés à bien par Napoléon III et le baron Hausmann. Grâce à un formidable travail de documentation, de recherche historique et linguistique, Frédérique Volot permet au lecteur de se projeter aisément dans le Paris de l'époque. Les scènes sont visuelles, l'atmosphère pleine de bruit et de poussière. L'effervescence des travaux hausmanniens est particulièrement bien rendue. On s'y croirait !
"Achille avait quitté sans regret la rue Saint-André-des-Arts pour s'installer dans un immense appartement à l'angle du boulevard des Capucines et de la rue de la Paix. Il y bénéficiait d'une vue imprenable sur la future place de l'Opéra dont les travaux de terrassement avaient commencé, sur la frénésie parisienne, les affaires qui s'y négociaient, les passions qui y naissaient, les drames qui s'y tramaient, l'ennui qui s'y traînait."

"Les yeux mis-clos, il écoutait le tumulte de la rue : hennissements des chevaux, jappement des chiens, pas de femmes, d'hommes qui arpentaient les trottoirs, se croisaient, s'ignoraient souvent, se frôlaient, se souriaient peu, échangeaient un regard, caressaient parfois un espoir."
Dans ce Paris en pleine mutation, la bourgeoisie des nouveaux riches tient le haut du pavé. Chantiers en cours, soirées mondaines, prospérité affichée et mariages d'argent, tel est l'univers que l'auteure restitue de manière très documentée. Si l'on se doute que c'est là l'ambiance qui devait probablement régner dans la bonne société, on comprend aussi que la population pauvre, vivant des les bas-fonds et incluant bon nombre de miséreux, profite, quant à elle, beaucoup moins du progrès ! Exclus des grands travaux visant surtout à assainir les quartiers défavorisés et à enrichir les notables, les pauvres se concentrent alors dans les quartiers laissés de côté par les rénovations. Cette forme de "zonage" de la capitale contribue donc nettement à la rupture de son équilibre social, ce que Frédérique Volot illustre tout à fait dans son roman. A proximité des quartiers rénovés et du chic des nouveaux boulevards hausmanniens, les coupe-gorge et taudis crasseux de l'est parisien rassemblent une faune d'une tout autre espèce ! Les portraits que l'auteure dresse des chiffonniers sont à la fois répugnants et effrayants ! Sales, puants et malnutris, ils vivent dans des conditions d'hygiène déplorables, s'adonnent à la boisson et à la prostitution. le contraste avec les soirées glorieuses de la bourgeoisie est saisissant ! C'est un voyage dans le passé doublé d'une très intéressante étude sociologique qui nous est offert grâce à cette enquête.
La Vierge-Folle est un récit captivant, tout en contrastes qui mêle habilement enquête et histoire. Il séduira les amateurs d'histoire et emmènera le lecteur à la découverte d'un Paris insoupçonné, celui des chiffonniers, où chaque jour qui passe est un jour gagné sur la mort. Une belle chronique sur le Paris en construction de la fin du XIXe siècle, un formidable témoignage d'un époque oubliée...
Lien : http://histoiredusoir.canalb..
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yv1
  29 juin 2013
Plus qu'un polar haletant ou une enquête trépidante menée par Achille, fils spirituel de Vidocq, ce roman est une plongée dans le Paris du second empire. La ville est transpercée, trouée de toutes parts par le baron Haussmann pour en changer totalement le visage. Les quartiers sont vidés de leurs pauvres pour construire des bâtiments ou des jardins (le Parc Monceaux -avec un "x" à l'époque- par exemple) qui feront la renommée de la capitale. Les miséreux de la ville se regroupent dans des quartiers, de véritables bidonvilles dirions-nous maintenant, des vraies cours des miracles. Les descriptions sont claires, sans tabous ni détours, on a presque les odeurs qui montent aux narines. La crasse, la pestilence, la maladie sont présentes tout au long des pages consacrées aux pauvres de Paris.
Le livre regorge de détails, d'anecdotes de l'époque et ce qui est le véritable intérêt du livre en est aussi peut-être un inconvénient parfois, car on peut avoir l'impression que F. Volot a voulu absolument mettre tout le produit de ses recherches documentaires dans son livre. C'est toujours instructif, intéressant, néanmoins, parfois lourd à digérer et à vrai dire un peu inutile
Peut-être aurait-il mieux valu instiller ici et là des descriptions de la ville en mutation et en garder d'autres pour la suite, car je sens que suite il y aura. L'auteure installe ses personnages dans le long terme ; elle les décrit au plus précis, décrit leur entourage et leurs relations diverses : on sent le début d'une série avec des rôles distribués, des héros qui vont évoluer même si leurs traits sont déjà très précis. Achille, en premier
Mais aussi Félix, son ex-associé, Tamara sa servante à laquelle il est très lié et qui le lui rend bien, Baise-la-Mort, le chiffonnier dont on connaît les malheurs qui l'ont entraîné jusque dans ces quartiers, jusqu'à Pakoune la chatte obèse et borgne.
Mis à part mon bémol sur la surabondance d'informations pas toujours nécessaires, j'avoue avoir passé un excellent moment avec Achille et ses comparses. L'enquête n'est pas captivante -mais pas inintéressante non plus-, elle est le fil rouge de l'histoire qui nous permet de nous intéresser à l'époque et aux personnages de fiction de Frédérique Volot mêlés à ceux qui ont réellement existé. Elle permet également de connaître ce qu'était le Paris d'avant, ce qu'étaient les relations -ou l'absence d'icelles- entre les riches et les pauvres : deux mondes qui se cotoyaient sans se voir. Un roman très accessible, au ton résolument léger (même si les passages qui relatent la misère humaine de l'époque ne sont pas particulièrement joyeux) qui, comme je le disais plus haut appelle une suite, ce qui, de mon avis, ne manquera pas d'advenir. Une deuxième aventure sous Napoléon III, je veux bien.
Lien : http://lyvres.over-blog.com/
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meknes56
  06 mai 2019
Un bon petit roman policier, fort bien documenté sur la vie de certains gueux parisiens. La description de l'univers des chiffonniers est un véritable régal. Quand à l'enquête elle même, elle est vraiment bien amenée et nous découvrons petit à petit les clefs de ce mystérieux meurtre.
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JoyeuxDrille
  30 mars 2015
Polar historique, "la Vierge-Folle" nous plonge dans le Paris en pleine mutation du Second Empire. Haussmann modernise la ville mais restent des quartiers dignes du Londres de Dickens où vivent les plus miséreux, en marge de la société : une nouvelle cour des miracles. C'est là que va enquêter Achille, détective émule de Vidocq et grand bourgeois, trait d'union entre ces deux mondes inconciliables.
Lien : http://appuyezsurlatouchelec..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
SioSio   24 mai 2013
Achille avait quitté sans regret la rue Saint-André-des-Arts pour s'installer dans un immense appartement à l'angle du boulevard des Capucines et de la rue de la Paix. Il y bénéficiait d'une vue imprenable sur la future place de l'Opéra dont les travaux de terrassement avaient commencé, sur la frénésie parisienne, les affaires qui s'y négociaient, les passions qui y naissaient, les drames qui s'y tramaient, l'ennui qui s'y traînait.
Les yeux mis-clos, il écoutait le tumulte de la rue : hennissements des chevaux, jappement des chiens, pas de femmes, d'hommes qui arpentaient les trottoirs, se croisaient, s'ignoraient souvent, se frôlaient, se souriaient peu, échangeaient un regard, caressaient parfois un espoir.
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yv1yv1   29 juin 2013
Achille écarquilla les yeux. Au fur et à mesure que ses pas le guidaient dans le quartier Maubert, il réalisait que jamais il n'y avait mis les pieds. Jamais ! Ni dans son enfance protégée, ni dans sa jeunesse dorée, ni du temps de la création de son agence de détectives avec Félix. Lui trouvait les affaires, recevait les clients, son ami faisait le reste, se salissait les mains, plongeait dans la boue putride. (p.164/165)
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yv1yv1   29 juin 2013
Certains regrettaient la destruction d'une suite d'hôtels construits par Ledoux, Cherpitel ou Brongniart. Que de souvenirs disparaissaient avec eux ! Qui se souviendrait que dans cette même rue le baron von Grimm avait recueilli chez lui le jeune Mozart, après la mort de sa mère, en 1778 ? (p.130)
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ETOILEEETOILEE   08 août 2014
"L'adultère, qui dans le code civil est un fait immense, n'est dans le fait qu'une galanterie, une affaire de bal masqué."
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Vidéo de Frédérique Volot
Frédérique Volot, « La Vierge-Folle » - Faits divers & Polars N°3
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