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EAN : 9782021077926
272 pages
Éditeur : Seuil (15/02/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
"De la même manière que la maladie gâte les organes et les tissus, écrit Jorge Volpi, les maux tels que l'impéritie, la cupidité des puissants ou la corruption généralisée dévastent les structures qui maintiennent en vie et en paix une nation. Les pages qui suivent visent à présenter un examen de mon père, une dissection de ses réussites et de ses échecs, de ses enseignements et de ses faiblesses, de ses convictions et de ses détestations. Elles sont aussi une anat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Christw
  03 décembre 2019
Il ne s'agit certainement pas d'un essai au sens où on l'entend généralement, même si l'auteur affiche l'incipit de Montaigne en épigraphe. Jorge Volpi parle de sa ville natale Mexico, de politique, de souvenirs personnels, avec ses détestations et ses convictions, de la société comme elle ne va pas, au Mexique d'abord, tout cela sous prétexte d'un hommage à son père chirurgien qu'il vient d'enterrer. Il avoue être enclin à la réflexion et à la divagation et à se perdre dans ses élucubrations sans plus tenir compte de ceux qui se trouvent auprès de lui. On ne dira certainement pas que ce livre contient des divagations, mais ce côté "touche-à-tout et dans tous les sens" est au moins confirmé par "une absolue liberté de forme et de ton" que note le "Figaro".
Je trouve agréable et passionnante la faculté de Volpi de passer du coq à l'âne en maintenant l'intérêt. Mon seul grief va à l'absence de saut de ligne lorsque le sujet change. Si c'est voulu, je n'en vois pas l'intérêt sinon qu'il donne au lecteur une impression d'incontinence verbale, voire de désorganisation. Et ce n'est pas le cas, Volpi structure et se documente avant d'écrire. le présent ouvrage comprend dix «leçons» correspondant à des parties anatomiques et autant de métaphores : le coeur pour les passions, l'oreille pour l'harmonie, les mains pour le pouvoir, les parties génitales pour le secret, le foie pour la mélancolie, etc. Plusieurs illustrations agrémentent les pages.
Profondément humaniste et désolé par la violence et la corruption actuelles du Mexique, Jorge Volpi l'écrit avec conviction. Il revient en détail sur plusieurs faits qui l'indignent dont je retiens le massacre (2014) des étudiants d'Ayotzinapa (on ne sait toujours pas ce qu'ils sont devenus), le scandale de la Gran Familia de Rosa Verduzco (Mamá Rosa), l'incendie d'une garderie (État de Sonora, 2009) où périrent une quarantaine de garçonnets et fillettes, pour lequel la justice ne pointa pas les vrais responsables. L'auteur cite le nom et le prénom des enfants qui périrent (comme il le fait pour les étudiants), par dignité mais c'est aussi un geste d'écrivain révolté : "Ceux qui pensent que l'incapacité d'établir la vérité des faits et de punir les coupables est due à un cadre réglementaire déficient ou à un ministère de la Justice corrompu et inefficace se trompent : tout au contraire, cette inefficacité et cette corruption supposées sont les symptômes d'une anomalie plus grave : celle d'un pouvoir financier et politique déterminé à protéger la vie, les décisions, l'argent et les propriétés de quelques-uns afin d'empêcher que leurs privilèges ne leur soient soustraits."
Il est particulièrement choquant de découvrir les détails du scandale sexuel lié au prêtre mexicain Marcial Maciel Degollado et les "Légionnaires du Christ". Volpi n'est pas catholique, contrairement à son père, et il est critique envers les religions: "Le besoin que certains éprouvent de dominer les autres nous a-t-il induits à faire de la sexualité le principal instrument de contrôle et de sélections de l'homme par l'homme, comme le suppose Michel Foucault dans son Histoire de la sexualité ? Ou y a-t-il d'autres raisons, plus dévoyées, de mettre la sexualité sous clef, l'occulter, la bâillonner ? "
Volpi pense que les sociétés civilisées ne devraient pas permettre que les religions s'occupent de l'éducation des enfants et des jeunes gens, non pour brider la liberté religieuse, mais pour limiter l'empire des religieux.
Dans la partie consacrée au cerveau, c'est-à-dire à la vie intérieure, l'auteur éclaire la notion de conscience en révisant le moi des psychanalystes pour adhérer au concept de mème, qu'on doit à Richard Dawkins : "... bien que matériellement constitué de neurones et de cellules gliales, d'ions, d'atomes et de molécules qui s'y associent, le cerveau inclut aussi les idées qui, conçues en lui, sont rapidement capables de modifier la matière dont elles avaient surgi." Les idées ne sont pas immatérielles ou éthérées mais correspondent à des configurations précises de synapses et neurones ("The electric meme" - Robert Aunger, 1998) ; elles sont soumises aux lois de l'évolution. le "moi" correspondrait donc à un ensemble de mèmes des plus aptes et efficaces conçus par le cerveau.
Vous le voyez, à l'image de l'auteur, le billet va un peu partout. "Examen de mon père" confirme les thèmes récurrents des livres de Jorge Volpi, la science, son histoire et ses implications, le milieu politique et les dérives de la pensée et des valeurs. J'ai éprouvé un vent de fraîcheur à lire cet auteur engagé, sincère et sans langue de bois, soucieux de s'informer aux sources des savoirs reconnus les plus récents.
Lien : https://christianwery.blogsp..
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critiques presse (2)
LeFigaro   30 mars 2018
Un récit gigogne où le romancier mexicain brosse le double portrait de son père et de son pays.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   09 mars 2018
La mort de son père inspire au Mexicain Jorge Volpi un livre érudit et éclectique, entre autobiographie et essai politico-philosophique.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2018
Il arrive souvent que l’on ne sache pas grand-chose de la vie de certains grands hommes. C’est le cas d’Ambroise Paré qui a sans doute, grâce à ses écrits en français, fait accomplir pendant sa vie plus de progrès à la chirurgie que l’ensemble de l’humanité pendant les 1 500 premières années de notre ère. Victor Hugo a prononcé le jugement suivant : « Le patrimoine de l’humanité, c’est l’ingratitude », qui, aussi triste qu’il soit, n’en demeure pas moins pertinent, parce que bon nombre de nos contemporains connaissent la vie et l’œuvre de peintres, de sculpteurs et de philosophes célèbres mais ont oublié Ambroise Paré. Grâce à sa rigueur, son dévouement, ses connaissances et son grand humanisme, cet illustre chirurgien a obtenu que l’on traite le patient avec bonté et compassion et non plus comme on le faisait habituellement avec une cruauté d’inquisiteur fanatique.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2018
Les chirurgiens n’étaient pas, ou pas tout à fait, des médecins. Ils semblaient appartenir à un ordre différent, plus pratique que théorique, et d’autant plus prosaïque. Alors que par le passé les « hommes de l’art » se consacraient à l’étude de leurs patients (nous pensons aux membres de l’école ionienne à laquelle Hippocrate a appartenu) ou au classement de leurs maladies (comme ceux de l’école de Cnide), prescrivaient ensuite des remèdes et des cures, donnaient des conseils sanitaires ou s’assumaient en tant que philosophes et discouraient sur l’équilibre des trois centres corporels – le cerveau, le cœur et le foie – ou des quatre humeurs qui irriguent le tissu humain – la bile noire, la bile jaune, la lymphe et le sang –, les chirurgiens plongeaient leurs mains dans les corps de leurs semblables.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2018
La profession de chirurgien, plus que celle des autres médecins, ne paraîtra jamais normale au commun des mortels. Il faut un étrange courage pour inciser la peau, contenir une hémorragie, manipuler les tissus, palper le foie, la thyroïde ou le pancréas, remettre les organes à leur place, suturer l’épiderme et retourner quelques heures plus tard à la vie de famille. Une certaine répulsion, sans doute inscrite dans nos gènes, détourne notre regard de nos viscères. Il n’est pas très étonnant que pendant des siècles les chirurgiens n’aient pas été admis dans les confréries de médecins mais relégués avec les dentistes et les barbiers dans celles des artisans qualifiés dont les attributs – scies, gouges et scalpels – les distinguaient à peine des forbans et des assassins.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2018
À quinze ans, je me suis plongé dans les œuvres complètes de Freud – lues en parallèle avec celles de Nietzsche –, et la psychanalyse est devenue ma nouvelle passion, mais la fascination a bientôt débouché sur le désenchantement. Bien que je ne me sois jamais soumis à aucune thérapie – régurgitation de mon horreur de la confession catholique –, cette prétention de vouloir tout expliquer, y compris le refus catégorique de s’étendre sur le divan, m’est devenue de plus en plus insupportable, au point que dans deux de mes livres, La Fin de la folie – paru en France en 2003 – (où je dresse un portrait de Lacan) et La tejedora de sombras (ou je fais de même avec Jung), les adeptes de ces maîtres de la psychanalyse sont présentés sous des jours peu flatteurs.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2018
Depuis une dizaine d’années, si ce n’est plus, mon père était en proie à une dépression clinique. Il n’avait jamais eu le bonheur facile. Les conflits interminables avec mon frère avaient miné son énergie – enfants, nous le considérions comme une force de la nature –, encore que la cause profonde de ce découragement réside à mon avis dans son éloignement de la chirurgie. Sa décision de se retirer le résume tout entier : quand il lui a semblé que ses mains ne possédaient plus l’agilité de prestidigitateur qui avait toujours fait sa fierté, il a définitivement renoncé aux scalpels et aux bistouris.
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Videos de Jorge Volpi Escalante (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jorge Volpi Escalante
UN FESTIVAL PROJETÉ ENTRE LES GOUTTES Dans les conditions sanitaires que l'on sait, ce rendez-vous culturel et annuel latino a eu lieu, malgré des jauges réduites et des réalisateurs parfois retenus au pays. Le cinéma documentaire et de fiction, la littérature d'Amérique latine y ont néanmoins trouvé leur compte, comme depuis près de trois décennies. Et le terme d'"aficionado" convient parfaitement à un public exigeant, souvent hispanophone et marqué par les liens historiques et diasporiques qui unissent le pays basque et l'Amérique latine, notamment l'Argentine, l'Uruguay, la Colombie ou le Chili. Antoine Sebire, dans cette rencontre, évoque les contraintes de la 29ème édition; revient sur une volonté de séduire des publics jeunes et de les sensibiliser au cinéma d'auteurs. Il souligne également les caractères des sélections 2020 : indépendance, façon "ludique" de filmer, luminosité des regards, petits budgets qui limitent l'impact de la crise traversée. On notera que les jurys biarrots n'ont pas de président. Manière démocratique qui singularise également la qualité de ce festival.
Ph. L
Bonus : Jorge Volpi : un “grantécrivain” latino-américain et une dénonciation sans concession du roman mexicain… https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/mot-a-mot/jorge-volpi-%f0%9f%93%9a-un-grand-ecrivain-latino-americain-et-une-denonciation-sans-concession-du-roman-mexicain/ LES RENCONTRES de Philippe Lefait au « festival biarritz Amérique latine » https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/category/festival-biarritz-amerique-latine-cinemas-cultures/
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