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Critique de Relax67


Relax67
21 février 2015
Techniquement il s'agit d'une relecture car j'ai dû étudier Candide au lycée. Cependant à l'époque je ne percevais le monde qu'à travers le filtre des sciences dures et aucune autre approche ne trouvait grâce à mes yeux. J'ai donc traité avec indifférence, au mieux, ce texte qu'aujourd'hui je considère superbe. Les gens changent…

Candide, le qualificatif a des résonances parfois mauvaises comme « idiot » ou « niais ». Je vois plutôt le personnage de Voltaire construit comme une bassine vide, prête à recevoir tous les savoirs du monde sans leur imposer un carcan critique pour séparer la lie de l'ivraie. Éjecté par un formidable coup de pied aux fesses du château où il a vécu ses premiers émois intellectuels et physiques, Candide fait un long voyage autour du monde – voyage au demeurant bien plus agréable que celui de la « Planète Géante » que j'ai accompagné récemment. Il rencontre beaucoup de gens qui n'hésitent point à remplir sa bassine de leurs conceptions du monde, conceptions souvent pessimistes (réalistes ?), voire cruelles ; et Candide d'accueillir tout ça sans se départir d'un certain optimisme, peut-être de façade mais prégnant. Vous savez à qui il me fait penser ? Au Forest Gump de Robert Zemeckis.

Candide n'aura de cesse de confronter la philosophie de son maître Pangloss – dont l'axiome incontournable est « tout ce qui arrive est pour le mieux » - à la réalité des évènements qu'il côtoie. Entre les guerres, les désastres, les maladies, les fanatiques, les escrocs, les puissants, les vénaux et les morts par milliers, il a bien du mal dans sa tâche. Mais sa bassine est profonde, il encaisse bien. Il faut dire qu'il est mené par l'obsession de retrouver son premier amour Cunégonde et l'épouser. Tout le reste est billevesées…mais pas pour le lecteur car c'est précisément tout ce reste et les commentaires qu'en font les personnages que celui-ci doit retenir.

Les péripéties s'enchainent et se lisent avec plaisir. Il y a beaucoup de comique, de situation ou de verbe, dans ce conte. La bataille entre Bulgares et Abares m'a rappelé certaines scènes des films Cartouche ou Fanfan la Tulipe, et la philosophie appliquée de Pangloss qui lui fait entre autre affirmer que « la rade de Lisbonne avait été formé exprès pour que cet anabaptiste s'y noyât » m'a renvoyé aux Monty Python.

La fin du conte voit Candide adopter, après toutes ces mésaventures, une philosophie qui rappelle le principe de précaution actuel : « il faut cultiver notre jardin », que j'entends comme "métro boulot dodo, sans se préoccuper outre mesure des bonheurs et malheurs du monde, est quand même bien agréable". Curieux que Voltaire conclut dans ce sens, lui qui, quelques temps plus tard, montera au front et se fera l'avocat inconditionnel de la liberté d'expression.

Un écueil tout de même sur l'objet livre. J'ai gagné mon exemplaire lors d'une opération commerciale du genre « deux livres achetés, un offert ». L'exemplaire offert (éditions Pocket), contient certes le texte intégral mais celui-ci est farci de numéros de références qui renvoient à un dossier inexistant. L'éditeur a simplement offert son Candide publié en temps normal avec dossier, en l'expurgeant de ce dernier mais sans se donner la peine d'effacer les renvois. Frustrant et cavalier je trouve.
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