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Jacqueline Hellegouarc'h (Éditeur scientifique)Sylvain Menant (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253086967
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/2005)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 26 notes)
Résumé :

Le siècle de Louis XV a vécu dans la nostalgie de celui de Louis XIV, et Voltaire n'est pas le seul à se livrer à une réflexion historique sur cette époque glorieuse. Mais son livre est une œuvre de philosophe : son ambition n'est pas de s'attarder au détail des événements, mais de dégager des traits permanents, de donner à comprendre l'esprit de lanation, de définir des lois génér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
NMTB
  23 juin 2016
On peut diviser le livre en quatre parties :
1/ dans la grosse première moitié, il est uniquement question des faits militaires, de la Fronde à la guerre de succession d'Espagne.
2/ les moeurs de la cour et le caractère de Louis XIV.
3/ politique intérieure : économie, justice, sciences, arts.
4/ religion.
« le siècle de Louis XIV » a d'abord l'aspect d'une Histoire officielle, Voltaire donne l'impression d'avoir voulu écrire une sorte de panégyrique de Louis XIV, qu'il ne critique jamais directement ou alors tout en insinuation, au détour d'une phrase, en accumulant certains faits, mais il insiste surtout sur ses qualités et d'abord le rayonnement qu'il a donné à la France. C'est un ouvrage aux apparences policées qui recherche davantage la respectabilité que la franchise. Au moins quand il ne s'agit pas de religion.
Il est un peu moins louvoyant sur les principaux ministres que sur le roi. Mazarin était pour lui un voyou, la disgrâce de Fouquet un peu sévère, Louvois un sale type, Chamillart un incompétent. Rien à voir avec Colbert dont il est très admiratif. Colbert c'est le moment de gloire de Louis XIV, le rétablissement de l'économie, le développement de l'industrie et du commerce, le protecteur des arts et des sciences. Aucun reproche à lui faire, sauf peut-être sur sa politique agricole pas assez libérale.
Voltaire c'est quand même le spécimen parfait du bourgeois à la fin de l'ancien régime, il n'a qu'une seule idéologie, celle qu'on pourrait aujourd'hui définir comme un mélange de progrès, de croissance, de développement. Pas du tout opposé à la monarchie, il n'avait rien à redire sur le luxe déployé par Louis XIV, car c'était de l'argent injecté dans l'industrie. Il regrettait par contre ses guerres perpétuelles qui ont durablement grevé les finances et son autorité parfois excessive.
Voltaire, qui méprisait profondément les superstitions, était aussi un passionné de science, des sciences concrètes, expérimentales. Quand le savoir tombait dans les arguties de la métaphysique, il ne l'intéressait plus. Pour lui Descartes « ne fit guère que des romans de philosophie ». Autant dire que les querelles théologiques lui passaient complètement au-dessus de la tête, aussi bien du côté des partis protestants que catholiques, tout ça n'était que des échauffements inutiles. Et quand ces échauffements finissaient en véritables guerres on atteignait le summum de tout ce qu'il détestait.
Les gouffres financiers des guerres entre pays européens lui plaisaient déjà moyennement. de toutes celles de Louis XIV, seule la guerre de succession d'Espagne lui paraissait justifiée. Mais les guerres civiles (c'est ainsi qu'il qualifie la Fronde) lui étaient odieuses. Il y a quelque chose de bouffon et de pathétique dans la manière dont il décrit la Fronde, avec les belligérants qui changent de camp comme de chemise, les parlements qui font n'importe quoi, le peuple pas concerné, moqueur.
Mais la véritable tâche noire du siècle de Louis XIV est la révocation de l'édit de Nantes. Pour Voltaire la tolérance n'est pas une fin en soi, la fin c'est ne pas perdre inutilement de la productivité et ce qui le révolte dans la révocation de l'édit de Nantes c'est qu'elle a abouti à l'émigration de cinq cent mille protestants alors que la France avait besoin de bras et qu'elle a ruiné ainsi des pans entiers de l'industrie (textile et orfèvrerie). La tolérance c'est le moyen de ne pas échauffer les esprits, car il constate plusieurs fois que plus on persécute une religion plus les fidèles s'y attachent et deviennent fanatiques.
Sinon, deux petites choses au passage. C'est dans ce livre que Voltaire dévoile l'affaire de l'homme au masque de fer, une petite histoire qui lui parait curieuse, mais à laquelle il n'attache pas trop d'importance, peut-être liée à Mazarin et ses malversations.
Il fait aussi un grand honneur à Rousseau en le désignant comme l'un des deux seuls écrivains qui méritent d'être cités depuis la mort de Louis XIV. Une phrase d'éloge sur sa poésie pour cinquante lignes d'éreintement sur tout le reste de son oeuvre. Voltaire…
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Laura94
  31 octobre 2013
Une oeuvre à la fois très ancienne, et très contemporaine. Beaucoup de réflexions proposées par Voltaire continues à être valable de nos jours, telle que la reflexion sur le rôle du chef d'un Etat, que représente-t-il, comment doit-il gouverner son pays?
Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, Voltaire ne travaille pas tant à proposer le récit des grands évènements historiques de ce siècle que de proposer une peinture des moeurs des Français à cette époque, ce qu'il parvient à faire non sans un certain talent.
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thierrygibert
  22 juillet 2018
un livre devenu trsè inégal: la partie sur les guerres ne peut guère intéresser que les spécialistes mais les fresques sur les évolutions culturelles et économiques, la création d'une France centralisée et organisée dont nous sommes les hértiers est fascinante.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   22 juin 2016
La Reynie, l'un des présidents de cette chambre [la chambre ardente qui jugeait les affaires d'empoisonnement, de sorcellerie, etc.], fut assez malavisé pour demander à la duchesse de Bouillon si elle avait vu le diable ; elle répondit qu'elle le voyait dans ce moment, qu'il était fort laid et fort vilain, et qu'il était déguisé en conseiller d'Etat. L'interrogatoire ne fut guère poussé plus loin.
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NMTBNMTB   23 juin 2016
Quoiqu’on lui ait reproché des petitesses, des duretés dans son zèle contre le jansénisme, trop de hauteur avec les étrangers dans ses succès, de la faiblesse pour plusieurs femmes, de trop grandes sévérités dans des choses personnelles, des guerres légèrement entreprises, l’embrasement du Palatinat, les persécutions contre les réformés : cependant ses grandes qualités et ses actions, mises enfin dans la balance, l’ont emporté sur ses fautes. Le temps, qui mûrit les opinions des hommes, a mis le sceau à sa réputation; et malgré tout ce qu’on a écrit contre lui, on ne prononcera point son nom sans respect, et sans concevoir à ce nom l’idée d’un siècle éternellement mémorable.
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Laura94Laura94   25 juillet 2013
On sait qu'à Montpellier le prince de Conti, frère du Grand Condé, lui dit un jour: "Olivier Crowell était un grand homme; mais son fils Richard est un misérable de n'avoir pas su jouir du fruit des crimes de son père" Cependant Richard vécut heureux, et son père n'avait jamais connu le bonheur.
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NMTBNMTB   23 juin 2016
La religion peut encore aiguiser les poignards. Il y a toujours, dans la nation, un peuple qui n’a nul commerce avec les honnêtes gens, qui n’est pas du siècle, qui est inaccessible aux progrès de la raison, et sur qui l’atrocité du fanatisme conserve son empire comme certaines maladies qui n’attaquent que la plus vile populace.
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Audrey56Audrey56   21 avril 2015
Enfin, le siècle passé a mis celui où nous sommes en état de rassembler en un corps, et de transmettre à la postérité le dépôt de toutes les sciences et de tous les arts, tous poussés aussi loin que l'industrie humaine a pu aller; et c'est à quoi travaille aujourd'hui une société de savants remplis d'esprits et de lumières.
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Vidéo de  Voltaire
À Mme Du Châtelet, Voltaire lu par François Marthouret
Dans la catégorie : Louis XIV: 1643-1715Voir plus
>France : histoire>Les Bourbons: 1589-1789>Louis XIV: 1643-1715 (53)
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