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EAN : 9782707800565
Nizet (01/01/1957)
3.54/5   12 notes
Résumé :
C'est le récit en style oriental, prétendument "traduit du syriaque", et inspiré par les Mille et une nuits, des aventures d'une princesse égyptienne, Amaside, dans des temps très reculés. Son conseiller, le sage Mambrès, a "environ treize cents ans". Elle est séparée de son amant, Nabuchodonosor, depuis sept ans ; son père lui interdit de prononcer ce nom, sous peine d'avoir la tête tranchée. Elle rencontre au bord du Nil un taureau blanc, qui manifeste son amour p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
denis76
  25 février 2022
Comment un père peut-il vouloir couper le cou à sa fille ?
La princesse égyptienne Amaside aime Nabuchodonosor. Mais celui-ci a ravi le trône du père de la princesse, Amasis pendant sept ans. Puis, Nabuchodonosor a disparu.
Soudain, la princesse se trouve en face d'un taureau blanc :
" Dès qu'il vit la princesse, il courut vers elle avec la rapidité d'un jeune cheval arabe qui franchit les vastes plaines et les fleuves de l'antique Saana..."
Voltaire aime bien "orientaliser" ses propos. C'est sa façon de prendre de la distance avec l'Europe. Mais il écorche au passage toutes les "Cours" où les jugements manquent de profondeur ; et comme presque toujours, il démolit l'inquisition espagnole quand : "Amasis, en colère, envoya sur-le-champ chercher sa fille par douze de ses alguazils qui sont toujours prêts à exécuter toutes les barbaries que le roi commande, et qui disent pour raison : nous sommes payés pour cela."
Enfin, Voltaire déploie, comme souvent, un grand savoir sur les personnages de l'Antiquité.
Un " Sinbad, le marin" un peu occidentalisé :)
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PiertyM
  05 mars 2019
Un conte à la touche orientale, il s'y mêle plusieurs religions, plusieurs croyances et des personnages qui représentent la mémoire du monde, ils ont tout vu et tout entendu. Le conte retrace de temps en temps certains grands moments qui ont bouleversé le monde avant Jésus-Christ. Nous sommes là dans l'Égypte antique, la princesse Amaside est partagée entre deux amours, celui de son père et de son amoureux. Mais les deux hommes sont de grands rivaux politiques, ils se disputent le trône. L'un pourchasse l'autre...et l'autre transforme son rival en taureau blanc...la haine entre les deux est nettement forcenée au point que prononcer un seul nom peut entrainer à la mort... la princesse ne sait à quel saint se vouer...
C'est toujours avec grand respect qu'on retrouve les contes philosophiques de Voltaire, le maitre de la sagesse qui, ici, faisant montre d'une grande érudition, présente une critique envers le christianisme allant jusqu'à transformer les prophètes Jérémie, Ezekiel et jDaniel en pies, comme quoi ils ne sont. que prophètes comme tous les autres, des hommes capables de subir le sort des Dieux!
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Erik35
  08 octobre 2016
Une fois n'est pas coutume, Monsieur Voltaire s'en prend à la religion. Mais cette fois, son propos est sans doute moins frontal que dans nombre de ses écrits, contes, controverses. Non, cette fois, c'est avec une apparente nonchalance, une petite oeuvre toute de séduction, d'humour raffiné et presque de douceur que l'essayiste s'en prend à la théologie et à ses défenseurs. Ainsi, imitant les contes persans et arabes - à commencer par les mille et unes nuits-, Voltaire s'en prend par le biais à la Bible, lui faisant prendre le détour d'une agréable fabulette que l'on se raconterait entre gentes et prudes demoiselles autour d'une tisane.
Mais que nul s'y trompe ! Quoi qu'usant de tous les charmes de sa plume légère et expérimentée pour confondre le lecteur dans cette élégante élégie, notre alerte philosophe se moque dans les grandes largeurs du texte biblique tout autant que des gens de son temps ; de ces Monarques, par exemple, ou Seigneurs plein de courage dès lorsqu'il s'agit de sacrifier une innocente, mais qui deviennent plus pleutres que des agneaux perdus aussitôt que l'ombre d'une Eglise et de ses servants pointe le bout de son dogme. Et que dire du sort qu'il fait subir à ces prophètes bibliques, à ces animaux sacrés du texte révélé, à tous ces supposés héros dont les noms sont arrivés jusqu'à nous par l'entremise des écrits hébraïques ?
En un mot comme en cent, Monsieur Arouet a la dent aussi dure contre la foi, la religion et les dévots lors même qu'il semble dépeindre tout cela sous le verni d'une doucereux racontar. Grattez ce verni, et l'ironie vive et mordante de notre génie des lumières réapparaît bien promptement. Pour le plus grand plaisir du lecteur, même deux siècles et demi plus tard !
Que l'on soit croyant ou pas, il est urgent de redécouvrir Voltaire et sa dénonciation des fausses bigoteries, sa méfiance à l'égard des religions qui tuent plus qu'elles ne sauvent, de cette défiance toujours acerbe mais intelligente à l'égard des églises, des pouvoirs établis, des mauvaises intentions politiques ou théocratiques, quels qu'ils soient.
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Cer45Rt
  11 juillet 2019
"Le Taureau Blanc" est un conte philosophique De Voltaire, à forte tendance orientaliste.
L'histoire tient de la parabole biblique-avec quelque chose de plus plaisant, de plus distrayant en plus, grâce au style, au style merveilleux De Voltaire, à ce style de toute beauté qui plaît tant chez l'auteur de "Candide"... Et puis, il y a l'histoire, une sorte de roman-feuilleton simple et efficace, tellement agréable à lire…
Ce qui est aussi intéressant, c'est le message philosophique, qui me semble ici un peu teinté de théologie chrétienne. C'est une lecture où le message philosophique reste discret, ne se voit pas forcément, un peu comme dans le "Dialogue de Sylla et d'Eucrate", de Montesquieu.
Bref, un conte passionnant, avec une réflexion philosophique intéressante en prime !...
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Laureneb
  06 novembre 2021
Je suis en train de lire plusieurs contes De Voltaire, et celui-ci a l'avantage d'être un peu plus long, ce qui permet d'approfondir un peu les personnages et les réflexions, avec même une sorte de mise en abîme sur ce que doit être un conte philosophique.
On retrouve donc de nombreux codes propres au genre : le dépaysement dans un ailleurs oriental qui permet de parler de la société européenne contemporaine, des réflexions sur le fanatisme religieux et la superstition, et sur ce qu'est un bon gouvernement avec le rôle des conseillers. Etirer son sujet sur une soixantaine de pages permet également à Voltaire de donner quelques passages, non pas érotiques directement, mais assez suggestifs. La belle Amaside regrette sa virginité, elle qui n'a pu épouser son amant, tout en ayant semble-t-il des moyens de se faire plaisir seule. Et sa relation avec le taureau dépasse les caresses à faire à un animal familier...
Le personnage le plus intéressant n'est cependant pas Amaside, ni le vieux sage qui est si absorbé dans ses pensées qu'il ne comprend rien à ce qui se passe devant lui - ou, en tout cas, il comprend après le lecteur. Non, c'est le Serpent. Animal mythique, mythologique, le "plus prudent et le plus subtil des animaux" qui fait toujours du mal aux femmes, celui qui trompa Eve par ses belles paroles.
Enfin, ce que j'ai préféré, c'est la réflexion dans la conversation entre Amaside et le Serpent sur ce que doit être un conte philosophique, qui pourrait être comme une sorte de manifeste de l'art De Voltaire. Pour plaire aux "personnes d'esprit et de goût", il faut qu'un conte "soit fondé sur la vraisemblance", "sans rien de trivial ni d'extravagant", et, surtout, que, "sous le voile de la fable, il laisse entrevoir aux yeux exercés quelques vérités fines". N'est-ce pas la définition même de Candide, de Zaïre ect... ?
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
denis76denis76   25 février 2022
Il m'est expressément défendu de vous dire quel est ce taureau. Je puis vous satisfaire sur les autres animaux. Vous les reconnaitrez aisément aux marques qui les caractérisent. Le serpent est celui qui persuada Eve de manger une pomme, et d'en faire manger à son mari. L'ânesse est celle qui parla dans le chemin creux de Balaam, votre contemporain. Le poisson qui a toujours sa tête hors de l'eau, est celui qui avala Jonas, il y a quelques année. Ce chien est celui qui suivi l'ange Raphael et le jeune Tobie dans le voyage qu'ils firent à Ragès en Médie, du temps du grand Salmanazar. Ce bouc est celui qui expie tous les péchés d'une nation. Ce corbeau et ce pigeon sont ceux qui étaient dans l'arche de Noé, grand événement, catastrophe universelle, que presque toute la terre ignore encore ! Vous voila au fait. Mais pour le taureau, vous n'en saurez rien.
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Erik35Erik35   08 octobre 2016
LE SERPENT

On me fait tort : je lui [NB : Ève] donnai le meilleur conseil du monde. Elle m'honorait de sa confiance. Mon avis fut qu'elle et son mari devaient se gorger du fruit de l'arbre de la science. Je crus plaire en cela au maître des choses. Un arbre si nécessaire au genre humain ne me paraissait pas planté pour être inutile. Le maître aurait-il voulu être servi par des ignorants et des idiots ? L'esprit n'est-il pas fait pour s'éclairer, pour se perfectionner ? Ne faut-il pas connaitre le bien et le mal pour faire l'un et éviter l'autre ? Certainement on me devrait des remerciements.
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LaurenebLaureneb   06 novembre 2021
C'est apparemment depuis ce temps-là que tant de ministres ont été punis d'avoir donné de bons conseils, et que tant de vrais savants et de grands génies ont été persécutés pour avoir écrit des choses utiles au genre humain.
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DanieljeanDanieljean   07 avril 2018
Je le sais, dit la malheureuse princesse, mais les exemples consolent-ils ? Si mon amant était mort, me consolerais-je par l’idée que tous les hommes meurent ?
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Cer45RtCer45Rt   02 mars 2019
Sagesse vaut mieux qu'éloquence.
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Videos de Voltaire (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Voltaire
2/2 Voltaire et Rousseau à l'épreuve du 20ème siècle (1978 / Les samedis de France Culture). Émission en deux volets, diffusée sur France Culture les 4 et 11 novembre 1978, à l'occasion du bicentenaire de la mort des deux philosophes. Par Roland Auguet. Avec Jean Balcou, Daniel Roche, Guy Chaussinand-Nogaret, Jean Starobinski, Jean Tulard et Mona Ozouf. Lectures par Jean Bollery et Michel Ruhl. Réalisation : Alain Pollet.
Source : France Culture
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