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René Pomeau (Éditeur scientifique)
EAN : 9782080700155
185 pages
Éditeur : Flammarion (04/01/1999)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 164 notes)
Résumé :
Les Lettres philosophiques ou Lettres anglaises est une œuvre de Voltaire écrite en 1734.

Elle se compose de vingt-cinq lettres qui abordent des sujets assez variés: la religion, les sciences, les arts, la politique ou la philosophie (de Pascal notamment).

Il est évident que cet ouvrage est destiné à un peuple plus ou moins cultivé, capable de lire mais nécessitant une certaine éducation poussée, par la façon dont il est écrit. On a ici... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
genou
  03 novembre 2016
https://ebooks-bnr.com/voltaire-lettres-philosophiques/
Bien que publiées il y a près de 300 ans, les Lettres philosophiques gardent une actualité étonnante. En vingt-cinq lettres, rédigées en partie alors qu'il était en exil à Londres, Voltaire traite de questions religieuses (quakers, anglicans, presbytériens, sociniens), politiques (parlement, gouvernement, commerce), scientifiques (Newton, Locke, la question de l' “insertion de la petite vérole”, l'attraction, la chronologie, l'infini), littéraires (la comédie, la tragédie, l'Académie), philosophiques (Pascal), avec une liberté d'esprit réjouissante.
Rédigées quelques décennies avant l'Encyclopédie de Diderot et D Alembert, les Lettres philosophiques annoncent les Lumières et reflètent le même désir de comprendre et d'approfondir tous les sujets d'actualité, même les plus complexes – avec, en plus, l'esprit critique et les formules cinglantes de l'auteur. Ainsi à la fin de la lettre sur Pascal : “C'est assez d'avoir cru apercevoir quelques erreurs d'inattention dans ce grand génie ; c'est une consolation pour un esprit aussi borné que le mien d'être bien persuadé que les plus grands hommes se trompent comme le vulgaire”. Et sur les quakers : “Ils firent de bonne foi toutes les grimaces de leur maître, ils tremblaient de toutes leurs forces au moment de l'inspiration. de là ils eurent le nom de quakers, qui signifie trembleurs. le petit peuple s'amusait à les contrefaire. On tremblait, on parlait du nez, on avait des convulsions, et on croyait avoir le Saint-Esprit. Il leur fallait quelques miracles, ils en firent.”
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Gwen21
  09 janvier 2020
En me plongeant dans les "Lettres philosophiques" De Voltaire, je ne m'attendais pas à y prendre beaucoup de plaisir. Alors, pourquoi m'y plonger ? J'aime, de temps en temps, me frotter à des genres qui sont éloignés de mes habitudes de lectrice.
Je n'ai pas lu Voltaire depuis des lustres. Depuis les bancs du lycée pour être précise. Il évoque à la fois de bons souvenirs (contes philosophiques) et d'autres plus aigres. Je n'ai jamais été douée pour la philosophie. En cours, j'étais réfugiée au fond de la classe et je gribouillais des poèmes dans un carnet... Pourtant, c'est une bonne surprise qui m'attendait à travers ces lettres De Voltaire. Egalement appelées "Lettres anglaises", il y est beaucoup question de l'Angleterre que Voltaire semble beaucoup admiré.
Religion, politique, économie, société, lettres, sciences, santé... les thèmes abordés sont nombreux et exhaustifs. J'ai été particulièrement intéressée par l'exposé De Voltaire sur la secte des quakers, ainsi que sur la vaccination contre la variole. Sur ce dernier point, j'ai été amusée de voir que les débats d'hier font toujours rage aujourd'hui !
J'ai été plus imperméable aux chapitres consacrés aux sciences et aux mathématiques, d'abord parce que je n'ai pas du tout une tournure d'esprit scientifique et technique, ensuite parce que bien que passionnantes en leur temps, les découvertes du XVIIIème siècle semblent quelque peu approximatives à un lecteur actuel.

Challenge SOLIDAIRE 2020
Challenge MULTI-DÉFIS 2020
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Lutopie
  11 mars 2019
Voltaire ne reste jamais sans se taire et recourt au discours oblique, ce qui n'est pas sans me déplaire. Il se tient à distance, il reste prudent, et tente de se dégager de toute responsabilité, alors même qu'il critique sans vergogne tout ce qui ne lui plaît pas. Voltaire se fait satirique. Il se moque ouvertement de certaines pratiques religieuses, comme celles des quakers, ou celles des convulsionnaires. Voltaire a hérité du libertinage philosophique son audace. Il ose dénoncer ce qu'il trouve absurde, mais sa maîtrise du langage lui permet de dire sans dire. L'utilisation de l'ironie est astucieuse, puisqu'elle lui permet de se dissimuler derrière un masque qui prête souvent à sourire. Elle est avant tout dangereuse chez Voltaire qui l'utilise pour détruire les bases des systèmes auxquels il s'attaque. Le problème de l'ironiste est cependant son ambiguïté. En effet, il se décharge de la responsabilité du langage puisqu'en utilisant l'équivoque, il peut toujours rejeter la faute sur l'interprétation. L'auteur est entre l'exprimé et le non exprimé, entre l'être et le paraître et la vérité est mise en question. La comparaison des différentes théories permet de mettre en question les vérités préétablies. Il s'agit de faire table rase selon la philosophie de Locke, et de se baser sur l'expérience. Dans la lettre sur le système de l'attraction, il relève les preuves apportées par Newton, à l'encontre des chimères. Il fait parler Newton, comme s'il se défendait lui -même face à des critiques. « Newton aurait pu répondre à ces critiques (...) ». Voltaire use de la diversité des voix pour rendre son argumentation plus convaincante, il donne de la légitimité à ses dires en citant ou en mettant en scène des scientifiques renommés, que la raison ne peut que difficilement contester. De nouvelles vérités s'offrent alors aux lecteurs, dans cet ouvrage de vulgarisation scientifique. Cela implique une confrontation entre des valeurs, une confrontation qui peut être violente, électrique, sous la plume de Voltaire. « C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, c'est à celui qui connaît l'univers, non à ceux qui la défigurent, que nous devons nos respects ». Il s'attaque au dogmatisme. Il dénonce les abus de pouvoir, mais il recourt lui aussi à la force, au service de la vérité, au détriment de la liberté (de penser). Voltaire est un saboteur de génie. Voltaire, lorsqu'il s'attaque à Pascal, dans la dernière lettre, n'est pas sincère lorsqu'il avance qu'il a « choisi avec discrétion quelques pensées de Pascal ». Il sort en fait les lettres de leur contexte, pour les détourner, les utiliser à ses fins. Il tente de détruire l'argumentation de Pascal en interprétant ses Pensées. Mais Voltaire rend l'entreprise légitime, se réclamant du parti de l'humanité contre le « misanthrope sublime ». Il se présente comme un sauveur, alors même qu'il attaque. L'ironie est une poétique de l'écart. Cela explique pourquoi elle est si efficace pour convaincre, et pourquoi elle crée de l'ambiguïté, étant donné qu'elle permet de prendre en compte malgré ce qu'elle affirme explicitement, l'implicite.
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chartel
  19 mars 2009
Ma découverte de l'oeuvre foisonnante et impertinente de Voltaire se poursuit avec les "Lettres Philosophiques". Après un séjour en Angleterre, le philosophe décide de faire éditer une série de réflexions sur la grande nation d'outre-Manche. Comme de coutume, la présentation des moeurs et tendances anglaises du XVIIe siècle sert de prétexte à un objectif moins avouable et plus périlleux, celui de critiquer les pratiques barbares, iniques et injustes d'une France dépassée et rétrograde.
Nul guide de voyage dans ces lettres, elles sont bien philosophiques avant d'être anglaises. Voltaire y défend ce qui lui est cher, la tolérance, qu'elle soit religieuse, à travers la multiplicité des croyances et la variété des préceptes, qu'elle soit politique, qu'elle soit économique ou intellectuelle et artistique, avec notamment une référence à Newton et ses études sur les lois de l'attraction. Voltaire nous offre donc un panorama très subjectif (pour notre plus grand bonheur) d'une Angleterre en plein envol, mais il nous dresse en creux le portrait d'un grand érudit à l'oeil aiguisé, prêt à en découdre avec les représentants d'une l'Eglise catholique présomptueuse, opulente, injuste et irresponsable… Il est quelque peu décourageant de penser que, si Voltaire était encore parmi nous, il aurait encore fort à faire avec un certain Benoît XVI
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Henri-l-oiseleur
  29 octobre 2015
Le recueil de Voltaire qu'on appelle aussi "Lettres anglaises" a son importance dans l'histoire des idées, puisqu'il promeut des valeurs par lesquelles le pouvoir bourgeois va justifier sa présence au siècle suivant : éloge du marché libre, éloge de l'enrichissement, éloge de l'argent. Cette liberté d'entreprendre est pour l'auteur la clé de toutes les autres : liberté religieuse (appelée aussi "tolérance"), puisqu'il n'est plus question que du poids et de l'utilité économiques de l'homme, non de ses convictions ; liberté politique, relative, dans un système où le collège des riches, appelé Parlement, dirige la société pour le plus grand bien de tous ; liberté intellectuelle enfin, mesurée à l'aune de l'utilité du créateur pour la société. Interviennent ensuite des lettres sur Shakespeare et Newton, qui font de ce recueil, au moins au plan littéraire, l'oeuvre d'un pionnier.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   08 janvier 2020
Il est aisé de voir par quelle fatalité presque tous ces discours académiques ont fait si peu d’honneur à ce corps [...]. L’usage s’est insensiblement établi que tout académicien répéterait ces éloges à sa réception. On s’est imposé une espèce de loi d’ennuyer le public. Si on cherche ensuite pourquoi les plus grands génies qui sont entrés dans ce corps on fait quelquefois les plus mauvaises harangues, la raison en est encore bien aisée : c’est qu’ils ont voulu briller, c’est qu’ils ont voulu traiter nouvellement une matière tout usée. La nécessité de parler, l’embarras de n’avoir rien à dire, et l’envie d’avoir de l’esprit, sont trois choses capables de rendre ridicule même le plus grand homme. Ne pouvant trouver des pensées nouvelles, ils ont cherché des tours nouveaux, et ont parlé sans penser, comme des gens qui mâcheraient à vide, et feraient semblant de manger en périssant d’inanition. Au lieu que c’est une loi dans l’Académie française de faire imprimer tous ces discours, par lesquels seuls elle est connue, ce devrait être une loi de ne les imprimer pas.
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genougenou   04 novembre 2016
« À mesure qu’on a plus d’esprit, on trouve qu’il y a plus d’hommes originaux. Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes. »
Il y a très peu d’hommes vraiment originaux : presque tous se gouvernent, pensent et sentent par l’influence de la coutume et de l’éducation : rien n’est si rare qu’un esprit qui marche dans une route nouvelle ; mais parmi cette foule d’hommes qui vont de compagnie, chacun a de petites différences dans la dé-marche, que les vues fines aperçoivent.
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genougenou   04 novembre 2016
Ce n’est ni Montaigne, ni Locke, ni Bayle, ni Spinosa, ni Hobbes, ni milord Shaftesbury, ni M. Collins, ni M. Toland, etc. qui ont porté le flambeau de la discorde dans leur patrie ; ce sont pour la plupart des théologiens, qui ayant eu d’abord l’ambition d’être chefs de secte ont eu bientôt celle d’être chefs de parti. Que dis-je,
tous les livres des philosophes modernes mis ensemble ne feront jamais dans le monde autant de bruit seulement qu’en a fait autrefois la dispute des cordeliers sur la forme de leur manche et de leur capuchon.
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genougenou   04 novembre 2016
« La mort est plus aisée à supporter sans y penser, que la pensée de la mort sans péril. »
On ne peut pas dire qu’un homme supporte la mort aisé-ment ou malaisément, quand il n’y pense point du tout. Qui ne sent rien, ne supporte rien.
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LydiaBLydiaB   23 février 2013
Je ne sais comment le sage et ingénieux M. de Muralt, dont nous avons les lettres sur les Anglais et sur les Français, s’est borné, en parlant de la comédie, à critiquer un comique nommé Shadwell. Cet auteur était assez méprisé de son temps ; il n’était point le poète des honnêtes gens ; ses pièces, goûtées pendant quelques représentations par le peuple, étaient dédaignées par tous les gens de bon goût, et ressemblaient à tant de pièces que j’ai vues, en France, attirer la foule et révolter les lecteurs, et dont on a pu dire :
Tout Paris les condamne, et tout Paris les court.
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