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ISBN : 2266284703
Éditeur : Pocket (14/03/2019)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Voyage au plus noir de l’âme humaine...

Qu’a-t-il bien pu arriver à l’inspecteur Auer ?
Un tueur à gages abat un politicien à l’opéra de Berlin, en plein milieu d’une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon.
Gryon où Andreas Auer, qui vient d’être suspendu par le commandant de la police, décide d’aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr…... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  30 mars 2019
Je viens de tourner la dernière page de ce roman et , sans entrer dans trop de détails , je dirai que cette découverte fut rapide , débutée hier seulement .Cela me semble constituer un premier élément à porter au crédit de l'auteur , non ? Pour ma part c'est certain , voilà un ouvrage qui se dévore.
La seconde remarque est que je n'avais pas lu le premier volume de cet auteur , " le dragon du Murevan" et je le regrette un peu . D'abord parce qu'il est sûrement très agréable à lire , s'il présente les mêmes qualités et , d'autre part , certaines allusions , certaines actions , sans faire interférence , ne peuvent pas être saisies ...Pas indispensable , certes , mais quand même...
Je disais que le " rythme " était soutenu...oui . Et pourtant , ceux qui vont commencer leur lecture vont se demander si mon âge avancé ne me joue pas certains tours .Je m'explique : les 100 premières pages sont ....lentes , lentes ...Certes , on assiste à Berlin , à l'assassinat de 4 personnes dans un théâtre, par un agent secret russe , mais , aussitôt après , nous voici transportés dans les Alpes vaudoises, dans le charmant ( pour l'instant ...) petit village de Gryon . Pour vous représenter ce cadre édénique , imaginez le bel emballage mauve du chocolat Milka ou Suchard , je ne sais plus et ce n'est pas important , j'aime les deux ......Et bien la vache de l'emballage, imaginez - la , souriante ( mais si...) paissant tranquillement dans les alpages fleuris , au son des clarines...Image de carte postale , fierté des éleveurs du coin , un soupçon de jalousie aussi lorsqu'il faut désigner la " vache victorieuse " du concours...Rien de bien méchant , croit - on, c'est un sentiment bien légitime qui se réglera gentiment devant un " petit canon " . C'est ici , à Gryon que réside temporairement Andréas, un jeune policier , venu expier une trop grande nervosité....Cure de repos au pays de " la vache qui rit.." Oui , certes ,mais le problème , c'est que la fameuse" vache qui rit" , elle ne va pas rire bien longtemps et , nous , lecteurs , il va falloir nous sortir de la délicieuse torpeur dans laquelle nous nous " vautrons " avec délice. Fini le farniente , place aux " gladiateurs " , entrée des artistes , ces braves ruraux à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession si , si , c'est même marqué sur certains chalets " Béni soit le Seigneur chaque jour..."...La jalousie , oui , et le reste...
Ajoutez à " toutes ces rancoeurs " cachées l'arrivée du russe .Mais si , voyons , Berlin , le théâtre , les 4 cadavres . le voilà , à Gryon .Pour une vache ? Qui sait ?
Les chapitres sont courts , vifs , il se passe plein de choses , parfaitement bien écrites et orchestrées, on ne s'ennuie pas une seule seconde même si certaines scènes sont prévisibles ou parfois exagérées. Ce serait pour moi un mélange de polar rural et de roman noir , une histoire assez palpitante et bien menée .Si nous ne savons pas toujours où nous allons , il faut se " laisser faire" , se laisser mener par le bout du nez par un auteur qui sait d'où il vient et surtout où il va , suffisamment habile , de surcroît, pour laisser " une fin ouverte " pour un troisième volume.
Allez , un petit carreau de chocolat ? Si , regardez , là , la tablette avec une vache dessus.....Du bon chocolat ...suisse . Pour un livre " vachement " sympa.
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monromannoir
  16 septembre 2017
En préambule, je souhaitais tout d'abord vous présenter Hans Rosenfeldt, un scénariste suédois que Marc Voltenauer n'a jamais cité comme référence lorsqu'il parle des auteurs nordiques qui l'ont inspiré. En parcourant l'impressionnante revue de presse, que notre roi du polar suisse affiche fièrement sur son site, Camilla Läckberg, Stieg Larsson et Jo Nesbø trônent en bonne place, mais nulle trace de ce concepteur qui n'est autre que le créateur de Broen (Le Pont), la célèbre série suédo-danoise qui a été adaptée en France et aux Etats-Unis. Mais outre ses activités de scénariste, Hans Rosenfeldt écrit également des thrillers en collaboration avec Michael Hjorth, un autre écrivain suédois. Publié en 2010, leur premier volume, intitulé Dark Secrets (éditions Prisma 2013 pour la version française), relate les aventures d'un profileur qui travaille pour la police suédoise en traquant un serial killer que l'on désigne comme « l'homme qui n'était pas un meurtrier » une phrase plutôt atypique que l'on retrouve, au mot près, dans le Dragon du Muveran (Plaisir de lire 2015) et qui avait charmé de nombreux critiques louant la créativité et l'originalité de Marc Voltenauer. La coïncidence est d'autant plus troublante que cette expression originale est utilisée, dans les deux ouvrages, comme formule d'introduction pour tous les chapitres relatifs au point de vue du meurtrier. Peut-on parler de plagiat, d'un hommage trop discret ou tout simplement d'une succession de coïncidences malencontreuses ? Chacun se fera une opinion, mais en tout état de cause on décèle avec Qui A Tué Heidi ? nouvel épisode des aventures de l'inspecteur Auer, le manque de créativité d'un auteur qui peine également à se renouveler.
A l'Opéra de Berlin, alors qu'il assiste à une représentation de la Walkirie, un couple est froidement exécuté par un mystérieux tueur à gage déterminé. Une fois son forfait accompli, l'assassin apprend qu'il doit se rendre en Suisse afin de poursuivre sa mission. Tout d'abord Genève, puis un petit village vaudois dont il n'a jamais entendu parler : Gryon où l'inspecteur Auer à fort à faire suite à un règlement de compte rural qui vire au drame. Et puis il y a cet individu étrange, l'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère, qui doit accomplir des actes terribles pour assouvir ses phantasmes. Des femmes qui disparaissent, des cadavres qui s'amoncellent et le temps qui presse pour démêler ce terrible imbroglio d'événements sanguinolents. Tourmenté et acculé dans ses derniers retranchements, Andreas Auer devra compter sur son compagnon Mickaël et sur son équipe d'enquêteurs chevronnés qui l'aideront à surmonter les terribles épreuves qui l'attendent. Mais au coeur du mal et de la folie rien ne lui sera épargné.
Avec ce second roman, Marc Voltenauer a donc tenté de se renouveler en opérant une révolution puisque de l'homme qui n'était pas un meurtrier du Dragon du Muveran, nous passons à l'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère. Une variation « audacieuse » que les auteurs suédois de la série Dark Secrets n'ont pas osé commettre, sachant que ce type d'artifice ne fait que souligner la faible capacité d'un auteur à se réinventer. Ainsi, sur fond de magouilles immobilières et de rivalités entre éleveurs, Marc Voltenauer déroule, avec toute la maladresse dont il est capable, un récit cousu de fil blanc qui reprend les principes éculés de la traque d'un serial killer, qui a la particularité de porter un superbe prénom, conjuguée à celle d'un tueur à gage qui cumule tous les poncifs du genre.
Quand il est bien maîtrisé, un page-turner peut se révéler efficace. Mais à force de vouloir surprendre le lecteur à tout prix avec des artifices narratifs qu'il ne maîtrise pas, Marc Voltenauer se perd dans une intrigue bancale en passant complètement à côté des thèmes abordés. On regrettera par exemple le côté idyllique du milieu rural alors que l'actualité ne cesse d'évoquer une profession en crise, avec des fermetures d'exploitations et des paysans à bout de force mettant fin à leurs jours. Pareil pour les scandales immobiliers que l'auteur développe dans de longues explications laborieuses qui donnent l'impression de lire les notes du conseiller technique qu'il a sollicité. L'ensemble se décline sur un décor helvétique aux allures de carte postale ultra kitsch et sur une somme de clichés qui, même s'ils sont très sympathiques, nous éloignent de la véritable identité d'un pays qui ne saurait se résumer à une série de "name dropping" et quelques expressions typiques.
Au niveau du style, on oscille entre le guide de voyage et la plaquette publicitaire avec cette propension à s'égarer dans une foule d'explications répétitives et de longues digressions ennuyeuses qui cassent le rythme du récit. Ne reculant devant aucun sacrifice pour étayer mes propos, je vous livre un exemple parmi d'autres, extrait du chapitre 67 :
« Andreas prit dans sa cave à cigares un modèle nommé the five.sixty – 5.60 – de la marque El Sueno, que son marchand habituel lui avait conseillé. Bien qu'il se fut mis en tête de ne fumer que des havanes, il s'était laissé persuader qu'il serait déçu en bien, comme on dit dans le canton de Vaud. Il lui avait expliqué que les feuilles de tabac provenaient des endroits les plus reculés de Saint Domingue et du Nicaragua, là où – sous entendu, contrairement à Cuba – les traditions étaient restées fidèles aux méthodes issues d'une culture ancestrale. le 5.60 était un modèle trapu. le cinq indiquant sa taille, 12,7 cm et le soixante son cepo, son diamètre, 60/64 de pouces, soit 2,4 cm. Il était donc plus épais que le module Robusto qu'il affectionnait particulièrement. Une grosse cylindrée …
Andréas laissa de côté ces considérations techniques et observa la vitole tout en coupant la tête. Ce qui frappait en premier lieu était sa bague inhabituellement large qui présentait, sous la partie avec le logo et le nom, un damier en noir et blanc. Décidément ce cigare détonnait. Il sortit sur la terrasse. Malgré la fraîcheur de l'air, les quelques rayons de soleil avait déjà réchauffé les dalles. Il s'installa confortablement dans son fauteuil. Il observa à nouveau la vitole. La cape du cigare était Colorado, foncée, dans les tons bruns moyens à rouge. Au toucher, elle était bien grasse, comme il l'aimait. Il l'alluma en espérant que cela soit un rêve – comme son nom l'indiquait -, et pas une chimère …
Son démarrage facile et sa fumée généreuse n'étaient pas pour déplaire. Peu à peu, les arômes s'immiscèrent subtilement. Des fruits secs et une touche de boisé. du cèdre. le cigare évoluait doucement, mais dès le deuxième tiers, la palette gustative devint plus complexe. Des saveurs fongiques de sous-bois ainsi que des notes animales se développèrent sans une once de brutalité malgré la puissance finale. Il était conquis. »
Et tout y passe : rhum, opéra, cuisine suédoise et autres interludes culinaires ; Marc Voltenauer est capable de vous imposer ses digressions sur les deux tiers d'un chapitre au détriment de l'élément important de l'intrigue qu'il doit développer, ce qui provoque une sensation de déséquilibre plutôt désagréable. Et il en va de même pour l'ensemble de personnages stéréotypés, plutôt superficiels, qui font l'objet de descriptifs sans intérêt, tantôt mièvres, tantôt grotesques, comme on peut le constater avec cet extrait du chapitre 81 qui a la particularité de concentrer bon nombre des défauts que j'ai évoqués et qui débute ainsi :
"Les yeux cernés de fatigue, Karine se concentrait tant bien que mal sur les virages en épingles qui s'enchaînaient. Son portable avait sonné alors qu'elle faisait l'amour, pour la troisième fois de la nuit, avec son amant, chez lui.
Depuis sa rupture, elle ne sortait jamais et consacrait tout son temps à son travail et à son art martial, le jiu-jitsu. Elle s'était donc résolue à s'inscrire sur un site de rencontres. Elle s'était vite rendue compte qu'elle avait l'embarras du choix. Elle préféra éviter swissinfidelity et adultery. Elle avait eu son lot de déceptions par le passé, et avait plutôt opté pour parship.ch. Un site qui affichait des photos de personnes aux sourires bienveillants et faisait miroiter des promesses avec son slogan : Pour vivre votre vie à deux. Une vie à deux ? Elle ne voulait rien précipiter, mais après plusieurs mois de rencontres d'un soir, elle avait à nouveau envie de séduction et de romantisme. Elle avait reçu de nombreux messages, mais le bilan avait été plutôt négatif. Un premier rendez-vous avait avorté avant même d'avoir lieu. Elle avait aperçu l'individu à travers la vitre, l'avait reconnu grâce au signe qu'ils avaient convenu, le dernier polar de Camilla Läckberg, repérable de loin à sa couverture rouge et noire. Immédiatement rebutée par le physique de son propriétaire, elle avait fait demi-tour sans demander son reste. Un deuxième rendez-vous, avec un beau ténébreux, avait tourné court quand il s'était avéré être d'un machisme d'un autre âge. Cet échec sonna le glas de son expérience en ligne. Au bout du compte la bonne vieille méthode avait fonctionné. Son amant était le sosie aux yeux de braise du docteur Mamour, celui qui l'avait troublée à l'hôpital. Elle avait pris le semi-prétexte de chercher à avoir des nouvelles de la santé de Séverine Pellet pour le recontacter. Ils s'étaient retrouvés à la fin de sa journée de travail et ils avaient passé la soirée à discuter, sans que cela ne se soit terminé au lit. Elle avait été un peu frustrée sur le moment, mais elle avait passé une agréable soirée et la deuxième, le lendemain avait été encore plus extraordinaire. Une invitation chez lui. Un repas succulent. du vin. Et pour finir, du sexe. Ce ne fut pas la partie de jambe en l'air la plus excitante qu'elle ait connue, mais, au moment de s'endormir dans ses bras, elle s'était sentie bien. Elle n'avait pas l'habitude des hommes plus jeunes qu'elle, mais il était intelligent, charmant et terriblement séduisant. Si de cette aventure naissait une histoire, elle ne manquerait pas de lui donner des conseils avisés pour combler son manque d'expérience qu'elle mettait sur le compte d'un travail très prenant. Elle espérait néanmoins, pour le bien de ses patients, qu'il était meilleur médecin qu'amant.
Au moment où elle avait entendu son téléphone, elle n'avait pas eu d'autre choix que de répondre et laisser Luca sur sa faim.
Un corps avait été retrouvé à Gryon.
Une femme
.… »
Ce n'est qu'au dernier tiers du chapitre que l'auteur daigne enfin évoquer la scène de crime. Mais il paraît que ces parenthèses superflues plaisent aux lecteurs et il faut admettre que Marc Voltenauer ne ménage pas sa peine pour ratisser le plus large possible. Pour ce qui est des dialogues, on passe de la morne inconsistance d'échanges convenus à l'éclat de rire avec quelques répliques déconcertantes à l'instar de ce tueur à gage pointant une arme à feu sur sa victime tout en tentant de la rassurer en lui demandant : Détends-toi cher ami. Tu veux que je te mette la chaîne des films pornos ? Et si les réparties pertinentes viennent à manquer, cela n'a pas d'importance car Marc Voltenauer, en génie inspiré, dupliquera une réplique d'un film, comme L'inspecteur Harry, pour pimenter un échange entre son héros et un collègue raciste. C'est d'ailleurs l'une des marques de fabrique de l'auteur qui, sous forme d'hommages déguisés, utilise le travail des autres pour l'adapter à son récit. Ainsi nous aurons droit à de multiples références du Silence des Agneaux qui permettront à l'inspecteur Auer de progresser dans son enquête tout en comblant le déficit d'imagination de l'écrivain. Au moins a-t-il la correction de citer ses sources pour éviter toute ambiguïté. Mais n'est pas Thomas Harris ou Jonathan Demme qui veut et malgré l'appui de ces illustres modèles, les incohérences qui jalonnent le récit restent nombreuses à l'exemple de ce tueur professionnel russe qui prend le risque insensé de voyager en avion en transportant armes et munitions dissimulées dans sa valise ou qui estime, lorsqu'il parvient à s'enfuir de l'aéroport de Genève, qu'il est plus judicieux de revenir à Gryon pour prendre une voiture plutôt que de franchir la frontière pourtant si proche ce qui permet à Marc Voltenauer de mettre en place une confrontation finale qui se déroule au terme d'une succession de hasards circonstanciés plutôt douteux. Il faut dire que l'intrigue fourmille de ces coïncidences salutaires, comme ces conversations surprises au bon moment dans les cafés en permettant de relancer l'enquête ou de mettre en oeuvre de machiavéliques projets. Difficile donc d'extraire un élément positif de ce texte fade et boiteux qui donne l'impression d'avoir été rédigé par une personne atteinte de schyzophrénie au vu des variations du style en fonction de l'intervention des nombreux contributeurs qui ont tenté de sauver ce roman du naufrage. Un défi de taille, il faut bien l'admettre, qui était voué à l'échec.
Mais finalement peu importe la qualité du texte. Ce qui compte c'est la vente. Et dans ce domaine il n'y a rien à redire car Marc Voltenauer possède des capacités exceptionnelles dans le domaine, ce qui lui a permis de mettre en place un plan marketing d'une redoutable efficacité. Ainsi, pour la promotion de Qui A Tué Heidi ? tout le petit monde du livre a répondu présent et l'on a rarement vu un tel battage médiatique avec une presse unanime louant le talent de Marc Voltenauer tout comme les animateurs radio et chroniqueurs pour la télévision. Comme quoi la diversité des médias romands, en matière de critiques littéraires, est un concept un peu surfait. Reste à déterminer si les journalistes ont salué les bonnes dispositions du vendeur ou le talent de l'écrivain car, comme pour l'ouvrage précédent, la plupart des articles ne font que mentionner les particularités helvétiques du roman, le parcours de l'écrivain et ce fameux chiffre de vente vertigineux que l'on dit un peu surfait. Tout juste si l'on relève, dans ce beau concert de louanges, quelques petites notes discordantes avec Isabelle Falconnier qui parle d'une légère déception au niveau du style (Bon pour la tête 19.08.2017) tandis que Mireille Descombes signale quelques pêchés de jeunesse (Le Temps 19.08.2017). Mais rien de bien méchant. Et qu'à cela ne tienne, Marc Voltenauer pourra toujours compter sur son réseau de blogueurs passionnés qu'il a patiemment constitué et qui est désormais totalement acquis à sa cause à grand coup de SP dédicacés et autres opérations visant à séduire son lectorat.
On le voit, le concept promotionnel de ce manager avisé est parfaitement rôdé et les écrivains aigris par leurs faibles chiffres de vente devraient s'inspirer du modèle. Bien sûr il ne faudra pas être trop rebuté par les aspects narcissiques et égocentriques de cette démarche plutôt simple qui consiste à utiliser les réseaux sociaux à outrance en nous abreuvant, au quotidien, de messages évoquant le classement du livre, les dates de dédicaces, les articles des médias et autres photos et concours ainsi que le sacro-saint et opaque chiffre de vente. Et pas d'inquiétude pour un éventuel effet de lassitude, au contraire les fans adorent ça. Marc Voltenauer l'a bien compris, la littérature c'est avant tout un business, une affaire de communication et un réseau qu'il convient d'exploiter à fond afin, par exemple, de pouvoir être sélectionné pour la première édition du prix du polar romand à l'occasion du festival Lausan'noir, ceci deux mois avant la sortie officielle de son chef-d'oeuvre. On dit que l'encre n'était pas encore sèche quand les jurés ont reçu l'ouvrage.

Tragique événement littéraire de la rentrée romande, Qui A Tué Heidi ? peut devenir une agréable lecture si l'on a envie de se payer une bonne tranche de rigolade entre copains en lisant à voix haute quelques extraits de cette tartufferie du polar helvétique qui fera l'objet d'une suite puisque notre manager avisé a pris soin de laisser quelques éléments de l'intrigue en suspens afin de pouvoir écouler un troisième roman en cours d'élaboration (au secours !). Peut-être y décélera-t-on une once d'amélioration lorsque Marc Voltenauer daignera enfin prendre la peine de nous raconter une histoire originale plutôt que de concevoir un produit destiné à être vendu au plus grand nombre (Les deux concepts n'étant pas forcément incompatibles). On peut toujours rêver.

Marc Voltenauer : Qui A Tué Heidi. Editions Slatkine 2016.
Hans Rosenfeldt & Michael Hjorth : Dark Secrets (Det Fördolda). Editions Prisma 2013. Traduit du suédois par Max Stadler.
A lire en écoutant : Crime of Century de Supertramp. Album : Crime of Century. A&M 1974.
Lien : http://monromannoiretbienser..
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Stelphique
  23 septembre 2017
Ce que j'ai ressenti:…Voyage en Alpes Vaudoises.
Je ne vous dirai jamais, Qui a tué Heidi?, mais Heidi est bien la pierre angulaire de ce thriller rural aux rebondissements multiples! Marc Voltenauer maîtrise son histoire jusque dans les moindres détails pour en faire un policier qui déménage et met quelques coups de pieds dans certaines fourmilières…Si on pensait que les petits villages suisses sont calmes et reposants, force est de constater que l'auteur bouscule les codes et les moeurs en mettant en scène ses personnages. J'ai beaucoup aimé ses prises de risques, cette originalité et ce choix particulier de personnages.
Et en attendant, vivre. Vivre et aimer. Pour tenir la mort à distance. Aimer intensément.
Trois personnages-clefs, trois univers différents qui donnent une intrigue complexe qui trouve finalement son lieu de perdition dans la ville de Gryon. En ayant ses trois points de vues, on rentre dans de multiples jeux de trahisons, faux-semblants et autres réjouissances mesquines qui font tout le quotidien de ses agriculteurs. Nous avons une forte imprégnation de ce milieu rural qui vit au rythme des bêtes, une incursion dans la tête d'un homme bien dérangé (et il a d'ailleurs ma préférence: L'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère…) , ainsi que les petites habitudes d'un espion russe. Un cocktail bien vitaminé dans plus de 400 pages d'actions!
Pour autant, même si j'ai aimé tous les points énumérés plus hauts, je reste mitigée sur mon appréciation finale. Il y avait beaucoup de bons ingrédients, mais après, je crois que, pour ma part, je suis un peu passée à côté. Sans doute que ça s'est joué avec la dynamique de l'écriture. Il m'a manqué un soupçon de nervosité car, même en ayant la bonne forme des chapitres courts, il manquait de pep's dans ses pages. Finalement, au fur et à mesure de la lecture, l'effet page-turner est allé decrescendo…
En conclusion, ce livre reste une jolie découverte, pour son cadre, pour son originalité, la maîtrise de ses fils conducteurs, mais pour la lectrice de thriller accro aux émotions fortes, il m'a manqué du rythme et quelques frissons pour rester totalement scotchée. le mieux est encore de vous faire votre propre avis car de nombreux lecteurs ont adoré Marc Voltenauer et son premier tome: le dragon de Muveran.
Ma note Plaisir de Lecture 7/10.

Lien : https://fairystelphique.word..
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Franckync
  15 novembre 2017
Titre : Qui a tué Heidi ?
Année : 2017
Editeur : Slatkine
Auteur : Marc Voltenauer
Résumé : Qu'on donc en commun le meurtre d'un paysan, un impitoyable tueur à gages russe et l'enlèvement de jeunes femmes dans le petit village suisse de Gryon ? C'est la question qui taraude Andreas Auer, enquêteur dans les alpes Vaudoises. Aidé de son ami journaliste Mikaël, le flic helvète va devoir démêler l'écheveau d'une histoire aux multiples ramifications.
Mon humble avis : Votre humble serviteur continue ses pérégrinations au coeur des polars francophones. Aujourd'hui une petite incartade dans les alpes vaudoises avec un auteur suisse nommé Marc Voltenauer. Qui a tué Heidi ? est le deuxième volet des aventures d'Auer, héros récurrent de l'auteur helvète. Bon soyons franc l'idée d'une enquête au sein des alpages suisses avait de quoi me rendre un peu dubitatif. Plus habitué aux larges avenues de Los Angeles, aux trottoirs de New-York ou plus récemment à la grisaille parisienne je me demandais bien ce qu'un tel décor pouvait apporter au polar contemporain. Au bout de quelques pages je tenais enfin ma réponse : un grand bol d'air frais ! Mais commençons par la forme, le bouquin de Voltenauer est composé de courts chapitres nerveux et secs. La construction est classique avec une tension qui s'accroit au fur et à mesure de la lecture. Si l'auteur n'évite pas une certaine forme de verbiage son écriture reste néanmoins fluide et agréable. Jusque là rien de transcendant me direz-vous, du polar classique, des meurtres, des disparitions…Je vous l'accorde et je rajouterais même des personnages à peine ébauchés ( Mikaël le compagnon d'Andreas) et d'autres complètement stéréotypés ( Litso Ice tueur à gages russe de son état ). Voilà pour le négatif maintenant passons à ce qui fait la force et l'originalité du roman de Voltenauer. Tout d'abord le cadre : les alpes vaudoises, les chalets de montagne, les petits bars de campagne. Visiblement l'auteur se régale à l'évocation de ce qui fait peut-être son quotidien. Et son plaisir est communicatif tant l'évocation de ce petit monde et ses paysages grandioses participe au plaisir de lecture. Ensuite son personnage principal : Auer est un flic gay, amateur de concours bovin et de bons cigares. Exit ces personnages d'enquêteurs interchangeables, ces hommes marqués par leur passé, ces inspecteurs célibataires aux fêlures profondes etc,etc. J'avoue que ce type de personnage a fini par me lasser et Andreas Auer, s'il n'est pas exempt de blessures, n'en fait pas l'étalage tout au long du roman. C'est bien, c'est rafraichissant et ça change de ce que les auteurs de polars proposent en général. Un vrai bol d'air frais vous dis-je… Mais qui a tué Heidi est aussi un bon polar dans le sens où l'enquête est addictive et jamais mièvre. Si les ficelles sont parfois quelque peu visibles et les coïncidences heureuses, le lecteur ne perd jamais le fil de l'intrigue grâce à une grande précision dans le récit mais aussi un vrai talent de conteur de l'auteur. Effets réussis, attractivité de l'intrigue, originalité du cadre, que demander de plus à un bon polar ? Pas grand chose pour ma part et je ne peux que recommander vivement la lecture des aventures d'Andreas Auer.
J'achète ? : Définitivement oui. Une enquête qui tient la route, des rebondissements, de l'action et un personnage principal en tout point sympathique. Tout cela me semble parfait pour envisager de longues heures de plaisir !
Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Ogrimoire
  11 mars 2018
La lecture du premier tome – qui était aussi le premier roman de Marc Voltenauer – avait été une excellente surprise. Scénario solide, suspense bien ficelé, rebondissements malins, et, surtout, des personnages attachants, avec Andreas, Mikael, Karine… avaient fait le travail. du coup, j'attendais avec curiosité et impatience ce deuxième opus. L'essai allait-il être transformé ?
Disons le tout de suite, la réponse à cette question est indéniablement oui. La lecture est toujours aussi agréable et fluide, le scénario est toujours bien ficelé. Un temps, j'ai craint que l'intervention dans les affaires internes de Gryon d'un espion russe ne soit un petit peu artificielle, mais Marc Voltenauer parvient à relier les fils des différentes intrigues de façon très maline.
Il y a quelque chose qui ressemble à un « tic » de l'auteur : nous faire, très tôt dans le roman, découvrir l'auteur des faits de l'intérieur – le coupable à venir est le narrateur de certains chapitres -, mais sans nous indiquer de qui il s'agit en le dissimulant sous une appellation floue. Ainsi, « l'homme qui s'enivrait du parfum de sa mère » prend, dans ce deuxième tome, la place de « l'homme qui n'était pas un meurtrier ». Mais Marc Voltenauer le joue toujours aussi finement, et entretient vraiment le suspense jusqu'au bout. Il s'amuse à nous tendre des perches, à multiplier les fausses pistes, pour mieux nous surprendre… et même en se doutant que l'on est un pantin entre les mains de l'auteur, on se fait encore avoir !
On apprend à mieux connaître nos personnages, notamment avec l'arrivée de Jessica, la soeur d'Andreas, dont on découvre qu'elle a encore un rôle à jouer dans les épisodes à venir. Et, sans vouloir spoiler, il faut cependant signaler à ceux qui aiment que tout soit en ordre quand ils referment un livre, ici l'auteur nous laisse en plan avec un suspense insoutenable, qui ne trouvera sa réponse que dans le troisième épisode de la série. La parution, c'est quand, Monsieur Voltenauer ? Ne nous tenez pas en haleine trop longtemps, tout de même… vous allez finir par avoir des morts sur la conscience, à nous laisser en apnée !
Lien : https://ogrimoire.wordpress...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
SangpagesSangpages   18 août 2017
"Doc ôta ses gants en plastique maculés de sang. Il tendit un masque à Karine. Il connaissait son intolérance aux effluves diffusées par les cadavres saturés de produits chimiques. Contrairement à un parfumeur, un œnologue ou un fleuriste qui emploient un lexique précis pour décrire les senteurs et les arômes, les médecins légistes sont confrontés à des émanations singulières, mais qui n'ont pas de nom. Elles sont définies comme caractéristiques, particulières ou encore pénétrantes. On en fait l'expérience, on les identifie. Mais on ne le nomme pas. Doc résumait ces fragrances: "C'est l'odeur de la mort." Les effluves varient selon les cas ou l'âge de la victime, voire son stade de décomposition. L'exhalaison est différente si la personne a été malade ou en bonne santé, si elle a été empoisonnée, retrouvée baignant dans son sang, pendue ou éviscérée, ou encore si elle a eu le temps de trembler de peur ou si la mort l'a prise par surprise.
Doc avait appris à identifier et à apprivoiser les odeurs, mais elles restaient pour lui innommables et taboues. Présentes, réelles et pourtant indicibles. Ce n'était pas tant l'odeur elle-même, mais la charge émotionnelle qu'elle véhiculait qui provoquait des réactions de nausées chez les visiteurs."
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OgrimoireOgrimoire   11 mars 2018
Il appuya sur la détente. On n’entendit que le bruit du cliquetis du marteau sur le percuteur et celui du mouvement de la culasse, suivi d’un son sourd et bref. La balle avait touché le cerbère en plein cœur. Des éclaboussures rouges maculèrent son costume noir et il s’affala. Le premier garde n’eut même pas le temps de comprendre.
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silencejelissilencejelis   13 septembre 2017
Un chassé-croisé infernal « Andreas fonçait au volant de sa vieille BMW. Il enchaînait les virages et jouait avec les limites qu'imposait la route sinueuse. Les haut-parleurs diffusaient encore la chanson. Le refrain lancinant résonnait au fond de lui comme un écho de son état intérieur. » Qu'a-t-il bien pu arriver à l'inspecteur Auer ? Un tueur à gages abat un politicien à l'opéra de Berlin, en plein milieu d'une représentation. Sa prochaine destination : Genève. Et puis, Gryon. Gryon où Andreas Auer, qui vient d'être suspendu par le commandant de la police, décide d aider un ami paysan à la ferme pour sortir de sa déprime. Gryon, ce petit village si paisible. Paisible ? Pas si sûr... Dans la chambre de sa mère, un homme rumine ses fantasmes les plus fous. Il est prêt à passer à l'acte. Un chassé-croisé infernal se profile, et va tout balayer sur son passage. Andreas et les siens en sortiront-ils indemnes ?
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FauraFaura   30 mars 2019
Andreas s’était placé au centre, comme on le lui avait demandé. Il regarda les autres autres concurrents se ranger à côté de lui, un à un, avec sa vache. Le juge avait-t-il cette fois commencé par la fin ? Serait-elle classée dernière ? Lorsque toutes les vaches eurent rejoint le centre, le juge se dirigea vers Yodeleuze et mit sa main sur son dos. C’est à ce moment qu’il comprit.
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StelphiqueStelphique   01 septembre 2017
Et en attendant, vivre. Vivre et aimer. Pour tenir la mort à distance. Aimer intensément.
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Vidéo de Marc Voltenauer
De passage en France, Marc Voltenauer a accepté de répondre à nos questions !
Un petit village, un meurtre sanglant, un inspecteur charismatique... Dans le Dragon du Muveran, Marc Voltenauer s?approprie les codes du genre, les utilise et les modernise avec une aisance qui l?a vite propulsé en tête des ventes en Suisse, d?où il est originaire. Comment l?auteur en est-il arrivé là, quels sont ses rituels d?écriture et quel destin attend Andreas Auer, son inspecteur ? Il nous raconte.
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