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ISBN : 2253071870
Éditeur : Le Livre de Poche (01/07/1997)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 70 notes)
Résumé :
La stupidité des hommes a jadis ruiné la planète Terre. La sensibilité des femmes permettra-t-elle de la réparer, ou plutôt de la laisser se réparer ? C'est la question que se pose Lisbeï au cours d'une longue vie aventureuse qui va la mener du Pays des Mères, où les sexes vivent séparés, vers un avenir encore incertain où ils parviendront peut-être à se retrouver. Ce beau roman, qui a reçu plusieurs prix (dont, pour sa traduction américaine, le prix spécial Philip ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
OumG
  30 mars 2017
Renverser les perceptions. Pousser les convictions hors de leurs fauteuils douillets. Tout en faisant tournicoter l'imagination. Voilà le rôle sacré de la science-fiction. Ces chroniques remplissent toutes les conditions. J'ai adoré. Et comment ai-je pu ignorer Elisabeth Vonarburg jusqu'alors ?
« La bonne science-fiction, c'est comme un coucher de soleil dans les yeux d'un platiste. » (anonyme)
La langue d'abord. Ici la langue pousse en dehors des ornières. Quand un homme et une femme - une femme et un homme - se regardent, on dit qu' « elles se dévisagent ». Un exemple dans tout un renversement grammatical. C'est un roman féministe, oui, mais. Surprise. Toute chose poussée assez loin - quand c'est fait avec sincérité – doit forcément contenir son contraire...
Ce monde de femmes. Je ne vous dirai pas s'il est sur un autre globe. Un autre temps. Ailleurs, maintenant, etc. J'ai trop peur de gâcher. Gâcher la découverte. Qui se fait par le biais d'une enfante. Les premiers souvenirs d'une « mosta » de cinq ans. Qui ouvre ses yeux naïfs sur le monde. Et les nôtres aussi. Presque aussi naïfs que les siens.
Cette enfante et cette femme dont dont nous suivons la vie. Dans ce monde et cette société. Une vie d'absolu, de curiosité. Une vie qui croise de nombreuses personnages. Une vie faite de beaucoup de relations, de passions, et d'interrogations. Une vie un peu longue et bavarde parfois aussi. Presque trop intime le journal. Mais l'organisation des sexes, l'eugénisme, l'écologie, la foi, l'histoire, la politique, la tradition et le changement, les règles et la transgression, le bien commun et le coût du sacrifice.
Pour moi les Chroniques est surtout un roman éthique. Les questions éthiques le traversent tout du long. Leur éthique ? Ou la nôtre.
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Sionnach
  16 juin 2013
Un livre vraiment dense, sur le plan du fond comme de la forme... Je vais essayer de décrire mes impressions de lecture mais elles ne seront sûrement pas à la hauteur de cette petite merveille...
La narration est très particulière. On a le récit de Lisbeï à la troisième personne, intercalé de lettres et d'extraits de journal personnel. Cela nous permet d'apprendre beaucoup de choses en parallèle du récit, puisqu'il permet de revenir sur des évènements passés, sur les impressions et le réflexions que Lisbeï ne confie qu'à son journal. Toute la narration est d'ailleurs dans le même style, dans un va-et-vient de passé et de futur. On connaît donc parfois des éléments avant même qu'ils ne se soient passés, et nous donnent ainsi un éclairage nouveau. C'est un peu perturbant au début, mais quand on arrive à s'y faire, c'est au final un style agréable à lire (même s'il m'arrivait de retourner en arrière pour vérifier les dates ^^). L'autre particularité est que le féminin domine également dans les accords : on dit chevale, enfante, ... et on dit "elles" pour un groupe même si un homme est présent. Cela renforce cette impression d'être immergé dans un monde féminin.
De nombreux thèmes sont développés dans ce livre. le premier et le plus marquant est la hiérarchisation. Seules les Mères des familles sont autorisées à procréer directement avec les hommes. Les autres femmes sont tributaires de l'insémination artificielle. La perpétuation de l'espèce humaine est au centre de toutes les préoccupations, et organise même la vie de tous. Les femmes sont des Vertes de leur enfance à leur adolescence, des Rouges lorsqu'elles sont en âge de porter des enfants, et des Bleues lorsqu'elles ne sont plus fertiles (c'est également la couleur des femmes stériles, comme Lisbeï). Les Rouges doivent porter des enfants tous les deux ans. Les hommes quant à eux sont mis à l'écart au début de leur adolescence, pour les préparer à leur vie de reproducteur. Lorsqu'ils sont des Rouges, ils sont en période de Service, et vont de famille en famille afin de faire des enfants avec la Mère. Ils ne sont pas libres de leurs choix, ils sont Choisis par une famille en fonction de leur lignée, de leur ascendance. Ils sont considérés un peu comme du bétail...
On découvre petit à petit l'histoire du Pays des Mères, et ce qui a mené à l'organisation présente. Au lendemain du cataclysme qui a bouleversé le monde, celle-ci a été prétexte pour les hommes à asservir les femmes : c'était le temps des Harems. Puis les femmes se sont révoltées, et les rôles se sont inversés, et ce fut le temps des Ruches. Celles-ci ont également disparu au profit du Pays des Mères, beaucoup moins violent et équitable que son prédécesseur. On découvre donc ce passé avec lequel doivent vivre les familles aujourd'hui, avec quelques résurgences. Certaines femmes ont également choisi comme "carrière" de faire des fouilles archéologiques, afin de retrouver des lieux préservés du cataclysme. On retrouve ainsi des lieux, des salles enfouies, dont elles ne savent plus à quoi ils servent, mais également des objets, des oeuvres d'art et des livres. Car avec le cataclysme, beaucoup de choses ont disparu, comme le savoir acquis il y a longtemps dans tous les domaines : technique, médical,.. qu'elles cherchent à recouvrer. Cela donne lieu a beaucoup de situations de découvertes que l'on vit; nous lecteurs, en spectateurs. On reconnaît certains objets et leurs utilités, alors que les protagonistes elles n'en ont pas la moindre idée. C'est assez sympathique !
L'aspect historique se double d'un aspect religieux très fort. La figure divine que vénère le Pays des Mères, Elli, régit le quotidien de toutes et tous. Les familles suivent Sa Parole en toutes choses. Mais comme on le découvrira avec Lisbeï, des découvertes vont remettre en cause certains aspects de la religion. On découvre en effet le personnage de Garde, une femme qui a amené au soulèvement au temps des Ruches, et qui est considérée comme la fille d'Elli, celle qui a amené Sa Parole . On ne peut pas s'empêcher de faire le rapprochement avec la religion chrétienne, avec Dieu d'une part (Elli) et Jésus (Garde) qui a porté sa parole et la foi aux hommes. Version féminisée là encore ! Mais je ne vous en dévoile pas trop sur ce sujet, c'est un des éléments clé de l'histoire.
Je me rend compte que j'ai beaucoup parlé de ce que contient ce livre, excepté une chose très importante : le personnage principal. On s'attache énormément à Lisbeï. On s'identifie pratiquement à elle, puisque nous partageons ses pensées, ses doutes, ses découvertes... On suit toute son évolution psychologique, de son enfance à sa vie d'adulte, ses progrès dans la compréhension du monde et des relations sociales, choses pour lesquelles elle n'était pas prédisposée. Il y a également une foule de personnages secondaires, qui seront également très attachants, et font toute la force de livre. C'est aussi grâce à eux que Lisbeï se construit. Il y a énormément de passages très émouvants dans ce livre, et j'ai souvent eu la larme à l'oeil.
Ça a été une lecture très enrichissante. Cet univers très hiérarchisé nous interroge, on se pose des questions sur les relations entre hommes et femmes, leur statut, et l'égalité. L'aspect religieux/mystique est également très intéressant, surtout quand il est confronté aux recherches archéologiques. On voit les évolutions des croyances, la capacité qu'ont les familles de remettre plus ou moins en question ce qu'elles savaient de leur religion, et en accepter de nouveaux aspects. Et il y a également ces questionnements autour de l'amour et de l'amitié, entre femmes, entre hommes et femmes... Bref, il y a énormément de choses sur lesquelles je me suis arrêtée, sur lesquelles je me suis interrogée. Mais ça va être impossible de parler de tout en un seul article, et puis je pense qu'il vaut mieux en faire l'expérience soi-même, et voir ce que la lecture de ce livre évoque en nous. C'est un livre qui laisse des traces en tout cas.
Je pense que relirais ce livre dans un an ou deux, car je pense que pas mal de choses m'ont échappées. Et maintenant que je me suis habituée au style et à l'orthographe particulière, je pourrais mieux l'apprécier.
Lien : http://revedurenard.online.f..
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Lutin82
  08 février 2019
Lisbeï grandit dans un environnement bien différent du notre. L'auteur fournit peu d'informations sur le lieu dans lequel se déroule cette épopée qui tient aussi bien de la philosophie que de la politique (au sens premier du terme, grec ou romain, pas celui totalement dévoyé de nos jours). Non, non, ne partez pas…. Elisabeth pose son histoire sur des bases vraiment solides et captivantes. Et quand vous dévorez Games of Thrones, vous savez que l'histoire brosse des conflits d'essence philosophiques et politiques!
Ce monde ne nous est pas totalement étranger, et si le flou est volontairement entretenu, ce n'est pas pour autant que nous n'avons pas à faire à une Terre dans un futur relativement proche, après une période dystopique et bien sombre. En effet, nous apprenons qu'il y a eu des guerres particulièrement féroces et meurtrières. La civilisation présente s'est reconstruite sur ces cendres. Les périodes antérieures ont connu la résurgence de la violence, après des ères à peine plus paisibles. Des bandes ont succédé à d'autres bandes, puis aux harems, puis une révolte féminine (les ruches) pour conduire enfin à un temps plus paisible, plus raisonné ou chaque congrégation cherche surtout à vire dans la paix et dans l'espoir d'un futur meilleur.
Des restes archéologiques et historiques – ceux-là même qui vont secouer le cocotier, sont éparpillés dans les sous-sols et exploités comme lieux de mémoires (des vrais, ayant vocation à témoigner de la folie humaine). Les vestiges technologiques de civilisations bien plus avancées sont également enfouis dans des ruines souterraines, ce qui contribue à maintenir l'incertitude quant à l'époque et le lieu.
Ainsi, après une catastrophe gargantuesque, les survivants se sont regroupés. Comme souvent, les hommes se sont montrés dignes de hyènes en chaleur, tombant sur le râble des plus faibles, tuant, exploitant, violant asservissants les proies plus intéressants. Les femmes se sont retrouvées comme souvent sous de tel joug, à n'être de plus que des objets sexuels pour ces messieurs. Elle se sont rebellées, se sont retournées contre leurs anciens maîtres et ont pris le pouvoir, émasculant la gente masculine au sens propre comme au figuré.
Cette crise puis libération est à l'origine du pays du mères et explique le paysage qui attend le lecteur.
Le chromosome Y semble bien fragile dans cette période, la testostérone ne suffit pas à garantir la survie de l'espèce humaine, et la société actuelle a ainsi vue le nombre de naissances mâles en très nette diminution. A cela s'ajoute l'effet de balancier postérieur à un abus, et vous avez les ingrédients et le catalyseur rêvé pour provoquer un changement de société radical. Adieu, les harem, les chef de bande et les messieurs au pouvoir, faites place nette pour une structure matriarcale plus juste et plus digne (ironie)!
Mais plusieurs courant coexistent dans cette société, des pensées très rigoureuses, très conservatrices et observant pieusement les directives édictées en un autre temps, notamment celle de leur libératrice.
D'autres sont plus ouvertes d'esprit, et accueillent avec joie quelques challenges intellectuels. Enfin il y a la grande famille de Lisbeï, dont la Mère est à la fois ferme, prudente et diplomate. Elle est bien plus sensible aux nouveaux courants que son aspect sec laisse penser.
Chaque congrégation est dirigée par une Mère, la mère de toutes les petites enfantes sous la protection de leur grande famille. Biologiquement, elle n'est pas la maman de chaque femme (et des quelques mâles) qui sont nés. Dès les premières heures, les petits êtres sont séparés de leur génitrice pour être élevés en crèche par la communauté. Et comme une étrange maladie peut les frapper, l'attachement et l'affection sont réduits au minimum… C'est bon pour l'épanouissement. Une fois, l'âge critique passé, les enfantes sont intégrées à l'école et la communauté.
Et les mâles me demanderez-vous, et bien, ils servent de reproducteur… et sont considérés à l'aune de leur utilité, D'ailleurs, les termes masculins ont été pas mal rayés du dictionnaires. Ainsi, le terme général est enfante et non enfant, nous parlons des chevales, des animales, ect…
Présenter la féminisation des mots ainsi pourrait freiner quelques lecteurs, mais c'est loin d'être une gêne à la lecture.
Habituellement, je ne suis pas une grande fan de la modification aussi poussée du langage. Ce n'est pas une « résistance » à la con de ma part, les raisons sont essentiellement de deux ordres : j'aime le français bien écrit et chatoyant (j'aime la poésie, en général, les phrases qui parlent « beau », ou encore les textes savoureux de Colette), je déteste les partis pris sémantiques qui ne sont là que pour suivre la mode ou uniquement un courant, sans réelle construction dans le background de l'histoire.
Dans Chroniques du pays des mères, même si, j'ai quand même tiqué pour quelques petits mots (deux ou trois, comme chevale alors que jument existe), le choix sémantique porté par l'auteur est réussi; il étaye le récit tout en s'appuyant sur le background développé par Elisabeth Vonarburg. C'est un super travail qui donne une cohérence et un fond à faire rougir de jalousie ou applaudir béatement. Bravo!
critique plus complète sur mon blog
Lien : https://albdoblog.com/2019/0..
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BlackWolf
  26 décembre 2018
En Résumé : J'ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre qui nous fait découvrir le destin Lisbeï dans un monde futuriste Post-Apocalyptique. On plonge dans un récit plutôt lent, humain, initiatique qui nous fait suivre la vie et l'évolution de l'héroïne. La construction est rapidement captivante que ce soit dans son travail complexe, mais aussi à travers une plume sensible, soignée, riche et envoutante. Je me suis rapidement retrouvé captivé par la vie de Lisbeï et les changements qu'elle va connaitre. L'univers ne manque pas non plus de se révéler travaillé et fascinant à découvrir que ce soit dans sa vision politique, sociale, mais aussi humaine, offrant quelque-chose qui ne laisse pas indifférent. Je regretterai par contre un côté religion un peu convenu. le gros point fort du récit vient clairement des réflexions qu'il propose. Ainsi que ce soit sur la position de la femme, les relations humaines, la construction politique, l'Histoire, la notion de vérité et bien d'autres encore, on brasse de nombreuses thématiques de façon intelligente et terriblement efficace. C'est le genre de roman qui, je trouve, ne laisse pas indifférent et fait réfléchir le tout porté par des protagonistes soignées, complexes, attachantes et humaines. Je regretterai tout de même une ou deux grosses facilités ainsi qu'un aspect naïf de certains qui m'a paru un peu simpliste. J'ai aussi senti quelques longueurs dans le dernier tiers du livre. Enfin j'ai trouvé que l'élément final de surprises était un peu trop facilement devinable, même si là, vu que ce n'est nullement le point central du récit, ce n'est pas trop gênant. Au final j'ai passé un très bon moment avec ce livre et je lirai sans soucis d'autres écrit d'Elisabeth Vonarburg .

Retrouvez la chronique complète sur le blog.
Lien : http://www.blog-o-livre.com/..
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Beatson
  19 mars 2016
Comme d'autres, j'ai également trouvé ce livre un peu long.
Ce qui est paradoxal, c'est que mettre en scène d'une civilisation de femmes me parait assez une situation assez intéressante et ce livre comporte pas mal d'idées assez judicieuses et même originales sur les plans humain, sociologique, éducatif et politique.
Par contre cela est un peu noyé dans un contexte de mystique religieuse assez pauvre (remplacer JC par une femme, ça ne va pas loin). Certains concept yogiques transparaissent de temps en temps et le développement là dessus m'aurait bien plus intéressé.
Le personnage principal se pose beaucoup de questions à tel point que je l'ai trouvée assez "immature".
Et sur le plan sexuel, alors là, on est dans de la vraie guimauve. Tout est tellement sous la forme d'allusion et de non-dit que je pense être passé à côté de certains détails de l'histoire. Je n'aurai jamais pensé que nos descendantes puissent être aussi prudes.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
OumGOumG   05 avril 2017
Y a-t-il en chacune seulement une réserve limitée de souplesse, une capacité limitée de croire plusieurs choses en même temps sans qu’elles se détruisent les unes les autres ? L’ai-je usée sans m’en rendre compte ? Parce que je me suis racontée trop d’histoires, contrariées par trop de réalités ensuite, ou terminées d’une façon trop différente de celle que j’avais imaginée ?
Peut-être franchit-on plusieurs seuils, et chaque fois on retrouve une sorte d’équilibre, mais au bout d’un certain temps, après trop de transformations, on ne peut plus.
C’est peut-être cela, vieillir ?
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OumGOumG   08 avril 2017
Elles regardaient se coucher le soleil. Elles attendaient l’instant parfait, si bref, où l’on peut croire sans effort que la nappe en fusion dans le ciel est un lac, une mer intérieure, un golfe, et les masses écarlates ou déjà bleu-violet des nuages, une côte lointaine face à des archipels inconnus baignés d’une eau d’or ou de cuivre liquide, de la lave même mais qui ne brûle pas dans ces contrées aux détails imprécis mais aux contours d’une netteté presque douloureuse. Il suffirait d’avancer, semble-t-il, on escaladerait plateaux et contreforts du ciel, et tout à coup ce serait la beauté, pour toujours.
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BeatsonBeatson   19 mars 2016
Il y a des moments où, de la présence simultanée d’éléments disparates, jaillit soudain une étincelle qui se propage aussitôt. Tous ces éléments portent à notre insu une parcelle identique de sens inflammable. Et elles se combinent en nous, une chimie invisible les cristallise tout d’un coup en une illumination, comme on dit, « fulgurante ». Une intuition irrésistible. Après, on reconstruit, on se dit que « c’était évident » mais on se trompe : c’est devenu évident. Les conséquences de cet éclair sont allées modifier notre conscience en amont, comme en aval la réalité que nous percevons : notre futur, mais aussi notre passé. Et il faut tout un travail pour reconstituer cette intuition dans ses détails, retrouver dans la linéarité des mots cette certitude globale qui a en quelque sorte court-circuité langage et la durée : il faut essayer, péniblement, de revenir, de se souvenir de ce qu’on a su.
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OumGOumG   28 mars 2017
Antoné n'a jamais été très douée pour donner des explications simples ; elle a trop de respect pour l'exactitude scientifique ; entre une bonne histoire et de vilains faits, elle choisira toujours les faits ; elle n'a jamais pu admettre qu'une bonne histoire vaut parfois mieux - en attendant de pouvoir digérer les faits.
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VALENTYNEVALENTYNE   09 août 2015
La gardienne bleue s’appelait Antoné et c’était une Médecine. Elle avait vingt années. Elle aurait dû être une Rouge, mais elle n’avait jamais pu faire d’enfantes. Aussi était-elle une Bleue. C’était aussi une « pérégrine », une Bleue qui ne restait pas chez elle mais se promenait de Famille en Famille. Lisbeï était une Verte, ou une « dotta ». Les Mosta aussi étaient des Vertes, mais ce n’étaient pas des dotta. Il faudrait un certain temps à Lisbeï pour comprendre la nuance.
Les Bleues normales étaient celles qui ne pouvaient plus faire d’enfantes parce que leurs graines étaient épuisées, après 35 années, en général. Les Rouges seules étaient les » mères », celles qui faisaient les enfantes. On les appelait aussi « génitrices ». Mots, catégories, hiérarchies, les réponses se multipliaient de façon vertigineuse de l’autre côté du mur de la garderie. La plupart du temps, Lisbeï ne savait même pas à quelles questions correspondaient ces réponses qu’on laissait tomber en passant, comme si elles allaient de soi.On croyait donner des explications : on lui révélait surtout la profondeur de son ignorance.
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