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Yvette Rickards (Traducteur)
EAN : 9782253016021
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1977)
3.44/5   42 notes
Résumé :
"Ilium, Etat de New-York, est divisé en trois parties: au nord-ouest résident les administrateurs, les ingénieurs, les fonctionnaires et quelques membres des professions libérales; au nord-est, il y a les machines; et au sud, de l'autre côté de l'Iroquois, s'étend la zone connue là-bas sous le nom de Homestead, où vivent la plupart des gens..."

Et maintenant , voici les premières notes de " Halte à la société industrielle " , une composition célèbre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Hardiviller
  30 septembre 2017
Paru en 1975 en langue française mais en 1952 en américain sous le titre de " Player piano " , ce roman utilise le filon de la science fiction comme moyen d'analyse d'un probable devenir des humains dans le système capitaliste .
Ce serait le premier roman de Vonnegut , auteur de " Abattoir 5 " ( son texte le plus connu ) .
Le style avoue son age et les dialogues sonnent souvent faux , les redites alourdissent le texte mais la vision est crédible en même temps que visionnaire : le chômage est irréversible quoique nos élites prétendent avoir la solution pour le réduire , comment vivront alors les sans emploi de demain ? Aussi effrayante que soit la démonstration de l'auteur , elle est envisageable et peut-être bien envisagée ( salaire universel , par exemple )
" 1984 " d'Orwell expose cette catégorie de la population formant une classe ne servant qu'à produire et se taire , sans prise sur leur avenir , mais du temps d'Orwell le chômage de masse était moins prononcé .
Le livre m'a paru plus attrayant que " Abattoir 5 " , moins délirant , il est peut-être plus accessible . Si vous êtes chômeur de longue durée , sa lecture ne vous remontera pas le moral , mais , un homme prévenu en vaut deux !
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Philemont
  01 juillet 2010
Au sortir de la Troisième Guerre Mondiale, la société américaine s'est profondément transformée pour adopter une stricte segmentation. Par exemple, Ilium, Etat de New York, est divisé en trois parties : au nord-ouest résident les administrateurs, les ingénieurs, les fonctionnaires et quelques professionnels libéraux ; au nord-est, il y a les machines ; et au sud s'étend la zone où vit le reste de la population, oisive, si ce n'est qu'elle fait semblant de travailler dans les Brigades de Reconstruction et de Récupération, ou d'appartenir à une armée désormais inutile, pour consommer ce que les machines daignent produire pour elle.
A Ilium, Paul Proteus est un nanti. Administrateur d'Ilium Works, il a été sélectionné, comme tous ceux de sa classe sociale, sur la base de ses diplômes et de son QI par un ordinateur de la quatorzième génération. Il a donc a priori tout pour être heureux, sauf qu'il ne l'est pas, ou plutôt qu'il s'ennuie dans son univers figé. Alors quand son ami d'enfance Ed Finnerty lui rend visite après avoir démissionné de son poste d'administrateur à Washington, c'est l'occasion de faire une virée dans un bar au sud d'Ilium et d'entamer une folle partition sur un vieux piano mécanique...
Tout premier roman de Kurt VONNEGUT, le pianiste déchaîné s'inscrit dans la plus pure tradition des dystopies à la manière du Meilleur des mondes d'Aldous HUXLEY. Mais ce qui est déjà personnel à VONNEGUT, et qui atteindra son apogée dans le berceau du chat et Abattoir 5, c'est son sens de la satire et le cynisme de son propos, toujours plein d'humour en dépit de son pessimisme. Ici c'est à la société américaine du début des années cinquante qu'il s'attaque en la caricaturant à l'extrême ; entièrement régie par les machines, l'homme n'y occupe qu'une place de consommateur passif ; et même lorsque le peuple est amené à se révolter c'est pour retourner tout aussi vite dans les travers qui l'ont conduit à se battre.
L'univers décrit peut certes paraître daté, de même que la structure du récit n'est guère originale comparée à celle des oeuvres majeures de Kurt VONNEGUT. Néanmoins le pianiste déchaîné fourmille d'excellentes idées, souvent hilarantes, et ce d'autant plus aujourd'hui qu'elles sont désormais plus proches de la réalité que de la caricature. Tous les thèmes du débat socio-économique actuel sont en effet abordés, jusqu'à ce fameux séminaire annuel réservé à la classe dirigeante, les participants étant sommés de s'amuser et de nouer des amitiés plus intéressées que sincères. Aujourd'hui, nous avons le Forum économique mondial, plus connu sous le nom de Forum de Davos, et qui semble remplir peu ou prou la même fonction que dans le roman.
Pour toutes ces raisons le pianiste déchaîné est un excellent roman et l'on comprend facilement pourquoi Philip K. DICK l'a encensé de son vivant.
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un_Riou
  21 janvier 2021
Troisième guerre mondiale : un effort de guerre sans précédent met en coupe réglée tous les aspects d'une société américaine paroxistiquement productiviste. Les machines s'automatisent, le facteur humain (aléatoire et sous optimal) est supprimé définitivement, à ce prix la victoire est totale. Naissent des Etats-Unis post-capitalistes à la (sur)consommation planifiée, dopée par le travail gratuit des machines.
Une dystopie certaine bien qu'anticipation vieillissante.
En entrapercevant la disparition probable des tâches répétitives et sans réelle valeur ajoutée qui constituent pourtant le socle du travail salarié, Vonnegut a eu le nez creux, c'est sûr. le sujet n'est-il pas des plus prégnants de nos jours ?
La question de l'utilité humaine devient implacable et calculée. Les masses inutiles sont bercées d'une aide publique totale qui pourvoie à tous leurs besoins avec largesse. N'ont de valeur que ceux qui ne peuvent être remplacés par les machines, les ingénieurs, les administrateurs, ceux-là même qui s'efforcent avec ferveur d'améliorer un système dont la réalisation suprême vise à leur propre obsolescence.
Mais si un ingénieur parmi les plus doués sortait du dogme et commençait à douter, la machine se défendrait-elle ?
Peur existentielle du déclassement, de l'annihilation de l'ego par l'impossibilité du choix et des opportunités, d'un libre arbitre castré par un système mécaniquement paternaliste qui se veut idéal, moral et définitif... le Pianiste Déchaîné est une oeuvre qui résonne sans peine avec les classiques du genre (1984, le Meilleur des mondes). S'il n'en a pas la même aura, nombre de ses thèmes sont pourtant insidieusement plus actuels et réalistes.
Premier roman de l'auteur il manque peut-être du mordant et du détachement singulier qui fera sa force par la suite, mais frappe juste et fort dans ce qui doit nous interpeller en tant qu'humains qui font société, et non l'inverse.
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DamienR
  20 septembre 2013
Uchronie et dystopie, voilà deux termes un peu techniques mais qui caractérisent bien ce roman.
Uchronie : L Histoire ne se passe pas comme elle s'est réellement passée. Imaginez ici les États-Unis "soviétiques", plannifiés rationnellement par les administrateurs et les ingénieurs, dopés au machinisme...
Dystopie : contre-utopie, ou ici utopie qui ne vise pas le bonheur des gens. Pourtant il n'y a pas de chômage, non : les bons à rien sont embrigadés dans les Corps de Reconstruction et Récupération (sorte de corvée médiévale) ou dans l'Armée...
Bref un roman effectivement dans la veine du Meilleur des Mondes, de 1984. La critique de la société américaine est féroce, et toujours d'actualité.
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MorganeSB
  14 octobre 2013
T'as envie de te dire qu'il s'est quand même un peu planté dans son analyse des évolution de sa société industrielle contemporaine, mais y'a cette peur du vide pascalienne en plus complexe qui court comme un doigt sur ton échine alors tu lis.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   06 août 2017
Paul enviait l’esprit de Finnerty car Finnerty pouvait être tout ce qu’il désirait, et toujours brillamment. Quoi que les temps eussent réclamé, Finnerty aurait été parmi les meilleurs. Si l’on s’était trouvé dans l’âge de la musique, Finnerty aurait été – et, en fait, était – un grand virtuose du piano… ou il aurait pu être architecte, médecin ou écrivain. Avec une intuition inhumaine, Finnerty était à même de comprendre les principes de base et le fonctionnement de pratiquement toute œuvre humaine, sans s’en tenir au seul art de l’ingénieur.
Paul, lui, n’aurait pu être autre chose que ce qu’il était, pensait-il. En remplissant à nouveau son verre, il supposa qu’il n’aurait pu agir autrement que d’arriver à cet instant, dans ce living-room, sous le regard d’Anita.
C’était une pensée terrifiante que de se sentir à ce point intégré dans les rouages de la société et de l’histoire et d’être ainsi capable de se mouvoir sur un seul plan et sur une seule ligne. L’arrivée de Finnerty était perturbante, car elle ramenait à la surface le doute : la vie devait-elle être ainsi ? Paul avait songé à recourir aux services d’un psychiatre qui l’aurait rendu docile, satisfait de son sort, aimable envers tous. Mais à présent Finnerty était là, le poussant dans l’autre direction. Finnerty avait, semblait-t-il, vu quelque chose en Paul qu’il n’avait pas vu chez les autres, quelque chose qui lui avait plu… peut-être bien cette trace de révolte que Paul commençait seulement maintenant à soupçonner. Pour une certaine raison, Finnerty avait fait de Paul son seul ami.
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Charybde2Charybde2   06 août 2017
Certaines personnes, y compris le célèbre père de Paul, avaient, en des temps anciens, parlé des ingénieurs, des administrateurs et des savants comme s’il s’était agi d’une élite. Lorsque les choses commencèrent à s’acheminer vers la guerre, on avait admis que la seule réponse à donner à l’écrasante supériorité numérique de l’ennemi était le savoir-faire américain, et il avait été question de construire des abris plus profonds et plus épais pour les détenteurs de ce savoir-faire et de retenir cette élite de la population loin des premières lignes du front. Mais bien peu de gens avaient à cœur l’idée d’une telle élite. Lorsque Paul, Finnerty et Shepherd avaient obtenu leurs diplômes universitaires, ils s’étaient sentis mal à l’aise de ne pas aller combattre et humiliés à l’idée de ceux qui y allaient effectivement. Mais, à présent, la notion d’élite, la certitude de leur supériorité, le sens du bien-fondé d’une hiérarchie que couronnaient les directeurs et les ingénieurs, tout cela était ancré dans l’esprit de tous les diplômés de l’université et ne leur posait aucun problème.
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Charybde2Charybde2   06 août 2017
Il existait quelques hommes à Homestead – comme ce barman, les policiers et les pompiers, les athlètes professionnels, les chauffeurs de taxis, des artisans particulièrement habiles – que les machines n’avaient pas remplacés. Ils vivaient parmi ceux qui avaient été évincés, mais ils se montraient distants et quelquefois brutaux, voire arrogants avec la masse. Ils éprouvaient de la camaraderie pour les ingénieurs et les administrateurs de l’autre rive du fleuve, sentiment qui, soit dit en passant, n’était nullement partagé. On pensait généralement, sur l’autre rive, que ces personnes n’étaient pas assez brillantes pour être remplacées par des machines ; elles exerçaient simplement leurs activités là où les machines ne s’avéraient pas économiques. En bref, leur sentiment de supériorité était injustifié.
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Charybde2Charybde2   06 août 2017
Paul se sentit mieux lorsqu’il pénétra dans le bâtiment 58, un édifice long et étroit qui s’étendait sur la longueur de quatre pâtés de maisons. C’était son préféré. On lui avait dit qu’il fallait abattre et remplacer l’extrémité nord du bâtiment, et il en avait dissuadé le Siège général. Le bâtiment de l’extrémité nord était le plus ancien de l’usine et Paul l’avait sauvé… en raison de son intérêt historique pour les visiteurs, avait-il dit au Siège général. Mais il détestait et décourageait les visiteurs, car en réalité il avait sauvé l’extrémité nord du bâtiment 58 pour lui seul. C’était l’atelier primitif construit par Edison en 1886, l’année même où il en ouvrait un autre à Schenectady, et le fait de le visiter atténuait les débuts des crises dépressives de Paul. C’était, pensait-il, un vote de confiance venu du passé, où le passé reconnaissait à quel point il avait été humble et médiocre, où l’on pouvait du regard aller d’hier à aujourd’hui et voir que l’humanité avait véritablement parcouru un long chemin. Paul éprouvait de temps en temps le besoin de s’en assurer.
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oliviersavignatoliviersavignat   12 août 2020
-- Bourbon à l'eau"
Le barman prépara la mixture, la mit devant Paul, et tourna le dos à son interlocuteur.
Paul but à la santé des compagnons hostiles ou apathiques qu'il rencontrerait au cours de la nouvelle vie qu'il s'était choisie, toussa, se lécha sagement les lèvres, en essayant de déterminer ce qu'il y avait d'un peu bizarre dans son verre, puis tomba inanimé du tabouret.
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Videos de Kurt Vonnegut Jr (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kurt Vonnegut Jr
Le nouveau roman de l'écrivain américain, CHINATOWN, INTERIEUR (éditions Aux forges de Vulcain) est en librairie, traduit par Aurélie Thiria-Meulemans.
C'est l'histoire d'un Américain d'origine asiatique qui essaie de trouver sa place dans la société américaine. Et, comme on est dans la patrie d'Hollywood, Yu raconte cette épopée sous la forme d'une quête du rôle idéal. Car le rêve de toujours du héros c'est de devenir Mister Kung Ku : il a vu la série à la télé quand il était petit, et c'est son but dans la vie. Sauf que plus il monte les échelons, plus il comprend que Mister Kung Fu n'est qu'un autre rôle qu'on veut lui coller parce qu'il est asiatique. C'est un roman high-concept écrit sous la forme d'un scénario : le héros n'est ni « je » ni « il » mais il est désigné par un « tu ». Lé héros suit le script qui peint sa vie comm eune série télé en mélangeant les genres : la bonne vieille série policière, avec un flic noir et une flic blanche et une grande tension amoureuse entre les deux, des scènes de kung fu, et on finit sur une superbe scène de court drama où l'Amérique se retrouve jugée pour son traitement de la communauté asiatique. Un roman virtuose, drôle et attachant : un Lala Land sauce aigre-douce.
Avis de la presse américaine :
« Charles Yu, habite à Irvine près de Los Angeles, et a déjà écrit pour la série Westworld (HBO) ainsi que pour d'autres séries sur FX et AMC, raconte que l'histoire a été en partie inspirée de sa propre expérience de fils d'immigrés taïwanais ayant grandi en Californie. « J'avais en quelque sorte toujours l'impression que je ne savais pas vraiment où était ma place », nous confie-t-il en parlant de son enfance à Los Angeles. « Je n'ai jamais eu la sensation d'être au milieu de l'action. Et j'ai senti que c'était peut-être non seulement une façon de penser à ce que vivent les américains d'origine asiatique, mais que ça pourrait aussi être un prisme à travers lequel observer les dynamiques raciales dans un sens plus large. » (LA TIMES)
« Interior Chinatown […] m'a rappelé le mélange d'humour et de sincérité que l'on trouve dans les nouvelles de George Saunders, dans les jeux métafictifs de Mark Leyner ou dans des films comme The Truman Show. » (The New York Times)
« Ce roman examine la réalité quotidienne des Américains d'origine asiatique, cette impression d'être à jamais des étrangers dans ce pays, une minorité qui ne sera jamais actrice d'une nation blanche et noire. » (The New Yorker)
« Ce roman est génial. Non seulement l'intelligence de sa structure et de ses métaphores est impressionnante, mais le message implicite derrière l'histoire de Willis Wu témoigne avec précision de ce que signifie non pas uniquement être asiatique aux États-Unis, mais plus largement, ne pas être blanc aux États-Unis. Quiconque voulant tenir une conversation critique et engagée sur les races aux États-Unis se doit de lire Interior Chinatown, qu'il soit américain d'origine asiatique ou non. le message de Charles Yu sur notre propre emprisonnement dans des rôles raciaux spécifiques est un message radical qui mérite d'être entendu. » (The Crimson)
« Il y a quelque chose, chez Yu, un côté ludique et cérébral comme de Jonathan Lethem, un côté triste et résigné, comme chez Kurt Vonnegut, un côté très “dickien” dans son refus paranoïaque de la société de consommation. Mais il y a aussi chez lui une sensibilité unique, originale, notamment quand il parvient à mêler, sous l'apparence de la simplicité, et au travers de personnages apparemment passifs, l'humour au plus profond pathos. » (The San Francisco Chronicle)
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