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Critique de Relax67


Relax67
11 décembre 2014
Une fois de plus la collection Folio 2€ me permet de satisfaire ma curiosité tout en m'évitant pour cela de lire un énorme pavé. Cette fois-ci il s'agit de l'oeuvre hagiographique du XIIIème siècle « la Légende Dorée » du dominicain Jacques de Voragine, qui compile la vie et la mort des Saints de l'Eglise Catholique. le petit extrait Folio se concentre sur les Saintes illustres.

Eh bien ma curiosité est satisfaite et je ne me vois pas attaquer le pavé original. La littérature religieuse et moi ne devons pas nous rencontrer trop souvent ; l'alchimie ne fonctionne pas et je ne suis pas réceptif. J'essaie cependant de temps à autre, avec mon approche rationnelle qui ne convient pas vraiment au sujet, pour gratter des miettes de compréhension de ci de là.

Les récits sur les Saintes sont très courts, quinze pages maximum, et sont presque toujours construits de la même manière. Nous sommes à l'époque romaine tardive. Une jeune fille, souvent belle, se donne à Dieu. Un infâme païen, souvent investi d'un pouvoir comme un préfet ou un gouverneur, souhaite l'épouser, ou la faire épouser. La fille s'y refuse, déclarant son appartenance à Dieu. le païen la torture, exige d'elle qu'elle fasse des offrandes aux « idoles ». La fille supporte tout sans broncher. Rien ne l'atteint. le païen en est pour ses frais. La fille gagne, récompense suprême, la couronne du martyr, meurt et prend une place privilégiée au côté de Jésus-Christ.

Bien entendu nous sommes dans une apologie de la religion chrétienne, que l'on pourrait qualifier de propagande s'il avait été lu par des païens (l'introduction la qualifie de manuel de culture générale religieuse utile aux prédicateurs). Les non-croyants sont des caricatures d'êtres humains cruels, vicieux et souvent laids. Ils occupent la plupart du temps des postes à responsabilité dans l'Empire. Les Saintes sont des merveilles possédant toutes les qualités, en particulier l'absence d'attirance pour le sexe (horreur, ce mot !). Les démons et le Diable lui-même les harcèlent de tentation. Ils échouent lamentablement et leur déconfiture donne parfois un récit plutôt comique (sainte Julienne). Les Anges, et Dieu lui-même, les protègent des conséquences des tortures : les « roues entourées de scies de fer » (sainte Catherine) sont brisées et les flammes déviées (sainte Christine) tuant des milliers de personnes par ricochet (des païens bien entendu). J'imagine que si je voyais de tels miracles je n'aurais aucune difficulté pour croire. Vous voyez je recommence ! J'évoque la raison, la réalité du miracle, là où la religion réclame la foi, la croyance sans questionnement.

J'ai du mal à imaginer que de nos jours l'on puisse lire cela au premier degré (mais mon imagination a des limites souvent dépassées par la réalité). En tant que témoignage d'une époque – le XIIIème siècle - et d'un milieu – celui des serviteurs de l'Eglise - en revanche c'est intéressant. Je pense en particulier aux dialogues mis en scène entre la vierge et le païen qui copient ce que l'on imagine être les « disputatio » dans les universités, où les arguments sont échangés en forme de sophismes et de syllogismes.

Intéressant à petite dose seulement en ce qui me concerne.
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