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EAN : 9782924519776
Éditeur : La Peuplade (19/03/2018)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Microrécits

Prendre corps n’est pas un livre comme les autres, c’est un livre-corps dans lequel la matière apparaît déprogrammée, morcelée. L’anatomie n’a ni ordre ni norme ; convoquée au moindre instant, elle a un vécu. Entre intimité et mémoire, larmes et désirs, ce projet d’écriture fragmentaire fait la confidence d’une expérience corporelle féminine et contemporaine. Des muscles aux sangs, des engourdissements à la douleur préhistorique qui s’iri... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
EvlyneLeraut
  03 février 2020
Solaire, aérien, « Prendre corps » est de glaise et d'éveil. Lire ces éclats, surtout à voix haute, c'est prendre acte avec respect et chance du magnétisme pressenti dans ces lignes salvatrices. Catherine Voyer-Léger modèle la littérature de sens et d'authenticité. La force des mots est créatrice. le corps n'est plus une chape de plomb. Il s'évapore dans un filigrane où la gestuelle, le ressenti vont oeuvrer et créer les cinq sens en joyau grammatical. « Prendre corps ». Laisser les courants s'échapper. Engendrer les cascades d'une mise à nue qui s'exprime en diapason avec l'anatomie qui se déshabille subrepticement. La traversée du miroir s'allie au microcosme d'un charnel vivifiant. En pleine mutation, le corps est poésie, parchemin féminin qu'on déroule, et dont on prend à plein corps, les déliés, les boucles, les dires de Catherine Voyer-Léger. Les chemins ne sont plus de traverse. Il se passe au travers des textes cette rencontre avec le parcellaire. Chaque partie, mouvement du corps n'est pas fortuite. Les textes engendrent la raison, l'indéniable. La vérité criante d'une alliance avec l'intuition spontanée. « Nous ne nous étions jamais vus. Nous nous connaissions pourtant si bien. Je n'ai pas su s'il fallait l'embrasser ou lui tendre la main. Dans le doute, j'ai choisi d'être polie. Il a pris ma main entre les siennes comme si c'était un objet précieux. Il a pris ma main entre les siennes et il m'arrive de croire, après toutes ces années, qu'il l'a gardée. » le style est déesse. Mature, formidablement sincère, il devient chair qui s'épanche, émois. La cartographie d'un corps féminin en transmutation sensorielle. « En jouant avec un ongle, j'ai vu dans mes doigts, l'ombre de ma grand-mère. » « Prendre corps » est une évasion fabuleuse. « le poids d'une entaille enterre dix mille mots d'amour. » Lire, retenir, ne pas retourner ce sablier qui octroie le miracle d'une littérature régénératrice, puissamment femme. Publié par les majeures Editions La Peuplade qui nous prouvent une nouvelle fois leur haute qualité éditoriale. A lire d'urgence.
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soleil
  17 novembre 2019
Ce mois-ci sur Instagram, le challenge #varionsleseditions nous invitait à lire un auteur des éditions @editionslapeuplade . En furetant sur internet, le titre m'a tout de suite attirée et le graphisme de la couverture également. J'ai donc choisi ce livre en ne sachant ce que j'allais trouver puisque ma lecture de la couverture n'a pas intégré le dernier mot du bas de cette page.
L'auteur nous propose des microrécits c'est-à-dire des textes composés de 2 à 22 lignes environ. Ces mots s'articulent autour d'une thématique : le corps. L'auteur n'exploite pas uniquement les parties du corps mais aussi les maladies, les caractéristiques spécifiques et ce qui ne se voit pas forcément. Aussi, s'attache-t-'elle à mettre des mots sur la folie, l'ampoule, la narine, l'allaitement, le désir, la toux etc
🖍️ J'ai aimé la capacité de l'auteur à réussir à mettre en mots certains états liés à notre corps. Certains passages sont tout à fait justes, poétiques et font écho à ce que l'on a vécu/fait/pensé. Il y a une belle acuité de la part de l'auteur. L'inconvénient de tels livres est que je n'en garde jamais de souvenirs. Ce sont juste des parenthèses dans ma vie de lectrice. Quoi qu'il en soit, cette parenthèse fut jolie.
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Virginie_Vertigo
  07 janvier 2019
Le corps. Nous parlons de notre enveloppe charnelle au singulier. Systématiquement. Pourtant, nous pourrions utiliser le pluriel. Parce que le corps prend des formes diverses et variées selon le temps, l'âge. Il est protéiforme. Mais surtout, il est une mécanique composée de plusieurs pièces qui ont chacune leur fonction, leur vie, leurs problèmes. Nous abritons un immense puzzle que nous avons parfois du mal à assembler, à faire nous ressembler.
Catherine Voyer-Léger nous propose dans cet ouvrage de partir à la découverte du corps et de ses composants à travers ses propres réflexions sur le sien. Loin d'être un livre linéaire, Prendre corps est un recueil de fragments de corps, de fragments de vie. Chaque page évoque une partie du corps ou une émotion : pilosité, honte, bronzage, larmes, colère, sourire, pleurs, bras, nuque… Peu importe l'ordre de lecture, ce qui compte c'est comment l'auteure parvient à poser des mots sur son physique, ses ressentis, ses doutes.
En dévoilant sa plastique morcelée avec pudeur mais sans concession, elle révèle son âme, ce qui en fait sa profondeur.
En dévoilant son corps, elle nous invite à réfléchir sur le nôtre.
Si le rapport au corps est différent selon les êtres, nous avons tous un regard critique sur celui-ci qui nous empêche parfois de se sentir soi-même. Pourtant, la somme de nos complexes et de nos beautés n'est-elle pas ce qui permet de prendre corps, de l'habiter pleinement avec lucidité et bienveillance ?
Catherine Voyer-Léger réussit le pari de faire du physique la clé d'accès à la richesse intérieure.
Lien : http://www.leslecturesdumout..
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julielitaulit
  03 octobre 2018
Prendre corps est un recueil de microrécits poétiques sur le corps et sur ce qu'il contient. C'est une lecture qui fait du bien parce que Catherine Voyer-Léger met des mots sur des choses qu'on peut ressentir alors que nous ne sommes pas toujours en mesure de mettre des mots dessus.
Prendre corps est constitué d'un peu moins de 250 textes. Les pages ne sont pas numérotées. Et il n'y a ni introduction ni conclusion. À mon avis, il n'y a pas d'ordre (mais j'imagine qu'il y en a un puisqu'il y a 4 sections). On peut piger des textes au hasard.
Lien : https://julielitaulit.com/20..
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
julielitaulitjulielitaulit   03 octobre 2018
CUIR CHEVELU
Je détestais ce moment particulier où, entre le savon qui pique les yeux et la friction du cuir chevelu, ma mère tentait de me laver les cheveux. On disait laver la tête et c’était de ça qu’il était question, comme s’il restait au sommet de mon crâne une zone molle où on aurait pu nuire à mes pensées à force de la presser. Ça se terminait en larmes chaque fois.
Et elle n’avait pas tenté de peigner le tout encore.
La coupe au bol chez moi n’avait rien à voir avec René Simard. Juste avec son ras à elle. Son bol.
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julielitaulitjulielitaulit   03 octobre 2018
EMPATHIE
Toute description du corps souffrant me fait souffrir. Lisant Le corps lesbien de Monique Wittig, je me tordais de douleur devant l’évocation fantaisiste des organes humains. Écoutant Catherine Robbe-Grillet sur France Culture raconter quelques cérémonies sadomasochistes, je pressais le pas comme si en marchant plus vite j’éloignerais le supplice déversé dans mes écouteurs. Et c’est vraiment au bout de quelques minutes de tortures de Theon Greyjoy que j’ai abandonné Game of Thrones comme si ma propre intégrité physique en dépendait. N’importe qui me racontant un accident ou une opération produit chez moi le même effet, même quand sont mis en scène des organes que je n’ai pas.
On pourrait en conclure que je suis une gamine un peu trop fragile. Mais il s’agit surtout d’une absence de bouclier, d’une étrange et dévorante empathie, d’une forme d’hypersensibilité. D’un si grand besoin de douceur. Le corps de l’autre est un peu le mien aussi.
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julielitaulitjulielitaulit   03 octobre 2018
TOUCHER
Je choisis toujours la machine. C’est peut-être par curiosité ou par inattention. Ou en raison d’un stress de langue seconde. Cette fois-là, j’ai opté pour l’examen manuel. Elle faisait le contour de mes seins avec ses mains, je suppose qu’on peut transporter certaines choses dans le pli d’un soutien-gorge. J’étais sympathique. Elle a tâté mes jambes sur la longueur. Au moment de me retourner, j’ai fait une blague. Je ne sais plus laquelle. Elle a rigolé. Quand elle a tâté mes bras, je me suis dit qu’on me touchait rarement. Rarement ainsi, dans l’intention si précise de me toucher. Sauf pour les massothérapeutes. Le toucher de l’amitié est quelque chose de souvent très léger. On se bise ou on s’étreint dans un geste souple qui part aussi vite qu’il vient. On n’insiste pas. La sympathique agente de sécurité insistait pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec l’amour ou l’envie. Le détecteur m’avait choisie.
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julielitaulitjulielitaulit   03 octobre 2018
PIQÛRES
Elles sont cinq. Quand, au contact du drap ou de ma main endormie, l’une s’éveille, on croirait que les autres y répondent. Comme rien n’indique qu’il existe un réseau sous-cutané de communication entre les piqûres, je ne peux condamner que les mémoires du corps allergique ; mémoire d’un mollet qui se réveille quand le coude s’enflamme ; du majeur qui enfle quand le bras lui parle. Dans un demi-sommeil, je les compte alors – un, deux, trois, quatre, cinq – comme d’autres compteraient les moutons, refusant que cinq piqûres suffisent à mettre fin à ma nuit.
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julielitaulitjulielitaulit   03 octobre 2018
SERREMENT
Depuis toujours, on me dit que la peine que je ressens n’existe pas. Simulacre, caprice, hypocrisie, théâtre, paranoïa, stratégie, politique. Quand un insecte grimpe et me serre l’aorte, on me jure que je fais semblant. Depuis toujours, on me dit que la peine que je ressens est un leurre. Je ne crois pas assez à la vérité pour me battre contre de telles prétentions. Mais je ne sais pas non plus faire cesser cette lente marche qui serre toujours de la même façon. Je ne sais pas comment la baptiser autrement.
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Video de Catherine Voyer-Léger (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Catherine Voyer-Léger
Catherine Voyer-Léger à propos des Rencontres québécoises en Haïti, qui se tiendront du 1er au 8 mai 2013 dans le cadre du 10e anniversaire de Mémoire d'encrier.
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