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ISBN : 2757841491
Éditeur : Points (17/04/2014)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 16 notes)
Résumé :

Quand l'être de douceur laisse place à une tueuse sanguinaire, les femmes serial killers n'ont rien à envier à leurs homologues masculins. Peter Vronsky, journaliste d'investigation, a rassemblé pour ce livre des documents de police inédits, des archives judiciaires et des témoignages exclusifs. Il dresse un portrait de ces redoutables prédatrices, veuves noires, mères infanticides ou baby-sitters désax&#x... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Woland
  09 janvier 2015
Female Serial Killers : How & Why Women Become Monsters
Traduction : Patricia Barbe-Girault, avec la collaboration de Peter Vronsky
ISBN : 9782757841495

Ben non, il n'y a pas que les hommes qui tuent : les femmes trucident aussi - et elles le font depuis la nuit des temps. Cela a probablement commencé dans les cavernes préhistoriques mais Vronsky n'a évidemment pas pu recenser ces cas-là. Pour autant, le lecteur ne sort pas frustré de son étude sur les "tueuses en série", qu'il répertorie surtout chez les Anglo-Saxonnes, Britanniques et essentiellement Américaines. Dans le tableau en fin de livre, on trouve cependant Hélène Jégado mais je ne me rappelle pas Marie Besnard quoique Simone Weber soit également citée. En un premier temps, dans une espèce de "prologue", l'auteur évoque les tueuses pré-modernes, d'Agrippine la Jeune, mère de Néron, jusqu'à la marquise de Brinvilliers. Il faut dire que, à ses yeux, le "moderne", en cette matière très contestée et tout aussi contestable, commence avec l'apparition, en 1888, de Jack l'Eventreur dont, rappelons-le une fois encore pour les rares personnes qui l'ignoreraient, l'identité ne fut jamais prouvée de manière irréfutable.
La question principale que se pose Vronsky est la suivante : pourquoi les femmes tuent-elles ? En effet, chez les tueurs en série (est tenu pour un ou une tueur (tueuse) en série toute personne ayant à son actif au moins trois assassinats, en général étalés dans le temps, à la différence du tueur dit "de masse", qui monte au haut d'un clocher pour abattre un maximum de personnes en un temps record et que l'on retrouve, avec des variantes, dans l'incarnation du criminel de guerre), le goût du pouvoir et la satisfaction sexuelle sont les deux moteurs qui importent. le tueur en série mâle est manifestement "accro" - si l'on ose le terme - à un rituel impliquant l'enlèvement, la torture et parfois la nécrophilie, rituel dont les tueuses femelles - à condition qu'elles agissent seules, sans aucun complice "dominant" masculin - considèrent, avec un certain mépris, comme une perte de temps - et probablement une preuve supplémentaire de l'imbécillité masculine . Si la satisfaction sexuelle, avec pénétration, compte énormément pour le tueur, la tueuse, elle, "prend son pied" au moment de la mort seule. Ce plaisir, en apparence plus subtil bien que tout aussi pervers, est-il d'ordre sexuel ? Au vu de ce qu'ont raconté quelques tueuses en série du XIXème, parlant, avec cette pudeur unique des victoriens, de "sensation voluptueuse" en voyant étouffer ou s'empoisonner leurs victimes, on peut y discerner en effet un indéniable côté sexuel. Mais ce n'est pas toujours le cas. En revanche, la soif de dominer, la soif de pouvoir sont, elles, toujours au rendez-vous, comme chez le tueur.
Chez les "modernes", peut-on par exemple trouver une quelconque satisfaction sexuelle dans la manière dont Aileen Wuornos abattit ses victimes ? le cas ici, est atypique : Wuornos était fille d'un schizophrène dangereux, elle eut - comme tant de tueurs et de tueuses en série - une enfance très chaotique avec, sinon viols, en tous cas divers sévices sexuels, elle en vint à considérer son corps à la fois comme un capital et comme une charogne (les deux sont parfaitement compatibles), elle s'adonna à l'alcool et aux drogues et, après avoir manifesté sa recherche éperdue du père dans une première partie de sa vie exclusivement hétérosexuelle (elle s'est même mariée, à un homme évidemment beaucoup plus âgé qu'elle), elle glissa vers le lesbianisme après un séjour en prison. Mais, à bien lire le récit de sa vie par Vronsky, on a plutôt l'impression que Wuornos ne se "trouva" jamais sur le plan sexuel. L'affectif dominait chez elle : elle voulait qu'on l'aime, telle qu'elle était. C'est un rêve que nous faisons tous. Certains ont la chance de le connaître, d'autres en font leur deuil et certains ne s'en consolent jamais. Wuornos fut de ceux-là et les sept crimes qu'on lui impute - rien que des hommes, ni femme, ni enfant - sont avant tout des meurtres de colère devant ce rejet qu'elle ne comprenait pas - on ne le comprend jamais mais, bien qu'intelligente, Wuornos avait un Quotient Emotionnel qui, c'est certain, l'a handicapée toute sa vie et a fini par la conduire droit dans le Couloir de la Mort.
Vronsky n'oublie pas les "Anges de la Mort", ces femmes, mères, infirmières ou appartenant à un personnel de santé, qui rendent à dessein malades leurs enfants, leurs proches, leurs patients, souvent des bébés, voire des nourrissons. (Rien par contre sur ces femmes qui "nieraient" leur grossesse avant de conserver précieusement le petit corps du nouveau-né dans leur congélateur : mais là aussi, on est en présence, semble-t-il, de cas atypiques, surtout quand ces femmes se sont révélées, dans le passé, excellentes mères et épouses.) Les "Veuves Noires", quant à elles, tuent avant tout pour l'argent et constituent par conséquent la catégorie la plus commune - et il faut bien dire la plus méprisée - des tueuses en série. Très impressionnantes parfois comme l'incontournable Dorothea Puente, qui finit par rédiger en prison un livre de recettes de cuisine toutes adorées par celles et ceux qu'elle avait occis, elles possèdent tout de même une sorte de vulgarité qui provient de leur motif principal : non, assurément, s'il existe une "aristocratie" chez les tueuses en série, les "Veuves Noires" n'en font pas partie.
Autre catégorie abordée par l'auteur : les femmes qui se comportent normalement jusqu'au jour où elles ont le coup de foudre pour un homme qui, lui, se révèle un tueur dans l'âme. Il semble - attention ! il semble, seulement - que ces femmes tombent sous la coupe du mâle, par définition dominant, et qu'elles le suivent dans le crime. Mais en étudiant bien les couples ici exposés, on se rend compte que l'apparence est souvent trompeuse : dans le couple des "Tueurs de la Lune de Miel", Vronsky désigne clairement la femme, Martha Beck, comme la meneuse ; pour le couple britannique des "Tueurs de la Lande", il est plus prudent mais insiste sur la nature déviante de Myra Hindley tout en reconnaissant qu'elle eut une enfance normale et que c'était même une très gentille petite fille. Dans le cas Karla Homolka / Paul Bernardo, à notre avis, les deux sont aussi responsables l'un que l'autre : il est en tous cas très difficile de démêler chez eux le dominant du soumis.
Pour achever ce petit panorama d'un vaste et terrible problème humain, Vronsky évoque certaines SS de sexe féminin dont la fameuse Ilse Koch. Chapitre discret qui pointe aussi du doigt la psychopathie de masse induite par certains régimes totalitaires, non pour excuser ceux qui s'y sont laissés prendre mais pour essayer de trouver quelques pistes supplémentaires.
Dans l'ensemble, un ouvrage intéressant mais peu recommandé aux âmes sensibles. Un seul regret : pour l'instant, l'étude de Vronsky sur les tueurs en série de sexe masculin n'a pas encore été traduite. ;o)
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benleb
  02 décembre 2014
"Femmes serial killers : Pourqoi les femmes tuent ?" est une étude des tueuses en série.

La première partie est une description de leurs carastéristiques spécifiques par rapport aux tueurs masculins. D'abord le fantasme sexuel est beaucoup moins important; les femmes prennant plus plaisir à l'acte même de tuer. D'autre part, les serial killeuses tuent plus dans leur entourage proche, familial ou professionel, ce qui fait qu'on met beaucoup plus de temps à les arrêter.

Ensuite l'auteur propose des portraits des différentes tueuses, d'abord de façon chronologique puis méthodologiques.

La présentation des serial killeuses historiques, Messaline, Agripinne, la comtesse Báthory me semble plutôt être destinée à attirer le client. Puis l'étude semble plus sérieuse. le chapitre suivant, consacré au XIXème siècle, est plus détaillé.

L'auteur organise alors les chapitres suivant les types de tueuses : veuves noires, anges noirs, complices et amantes de tueurs en série..., en faisant à chaque fois le portrait de différentes criminelles. Des constantes apparaissent : le carractère abominable de leurs crimes, la stupidité des tueuses (dans leurs motifs comme dans leurs actes) et l'indifférence d'un entourage ou des autorités qui ont permis ces horreurs.

Pour moi, il ya deux figures qui m'ont marqué. Aileen Wuornos, inspiratrice du film Monster, qui a tué sept hommes. Son destin de petite fille détruite dés ses onze ans, et ses meurtres, causés par la peur de perdre son unique véritable amour, provoquent la pitié. Quand à Margie Velma Barfield, elle m'a beaucoup fait rire par la mauvaise foi (involontaire ?) de ses justifications : "Je les ai empisonnés, mais je voulais juste les rendre malades, pourqu'ils sentent comment je souffre. Ce n'est pas de ma faute si ils sont morts".

Un coté vraiment déplaisant : l'auteur fait une fixette contre les féministes qu'il estime extrémistes, fixette qui parfois devient nauséabonde.


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ChtiteEmilie
  06 juin 2017
Etude bien documentée qui fait froid dans le dos.
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chris311830
  10 juin 2016
un livre bien écris qui fait froid dans le dos. on se demande si les personnes citées ne sont pas un poil dérangé et comment elles font pur être a ce point dépourvu de sens morale. Mais c'est passionnant et on tourne vite les pages
Lien : http://chris311830.blogspot...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
WolandWoland   10 janvier 2015
[...] ... Des années plus tard, alors qu'elle attendait dans le Couloir de la Mort, Aileen confesserait : "Ca m'a pris dix-sept ans pour tuer quelqu'un, en fin de compte ... pour avoir le cran de le faire ... violeur ou pas. Mais j'ai fini par devenir dure comme la pierre et me dire : "Vous savez, quoi, ça suffit comme ça."

Il y a une certaine logique mélancolique à cet aveu d'Aileen, si l'on songe à ce que pouvait engendrer la confrontation entre la paranoïa de Mallory [= première victime de Wuornos], et la colère d'Aileen, sa compagne depuis si longtemps. D'innombrables récits remontant à son enfance racontent comment l'humeur d'Aileen changeait tout à coup, passant de l'aimable au menaçant. Même si elle n'avait pas fait vraiment de mal à quelqu'un pendant des années, elle avait effrayé des tas de personnes avec ses soudains accès de colère, de sa propre demi-soeur à ses amis, amants et connaissances. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne fasse du mal à quelqu'un.

Une fois qu'elle eut tué en revanche, elle franchit une limite qui la mena sur un tout nouveau territoire, celui de la catharsis, et, en un sens, celui de sa renaissance sous la forme d'un monstre. Qu'elle ait volontairement décidé de s'adonner au meurtre, soit ; mais il ne faut pas oublier qu'Aileen subissait aussi des sévices, sexuels ou non, depuis l'âge de onze ans - c'est un fait indiscutable. Tous ces fantasmes de violence qu'elle avait réfrénés pendant ses accès de colère se déchaînaient finalement dans la réalité, et il n'y avait pas de retour en arrière possible. Elle était une meurtrière à présent, et un meurtre de plus ou de moins ne changerait rien à cet état de fait. Ce qui l'avait retenue jusqu'à présent de prendre la vie d'autrui n'avait plus de sens. ... [...]
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WolandWoland   10 janvier 2015
[...] ... Les affaires qui éclataient à la campagne semblaient plus inquiétantes, car il y avait fort à parier que les voisins non seulement connaissaient les empoisonneused, mais utilisaient également leurs services. Le Times déclara en 1851 que, dans une certaine région, "l'utilisation d'arsenic était devenu une sorte de secret de famille, une arme mise entre les mains des plus faibles et grâce à laquelle un mari déplaisant ou une famille pénible peuvent être aisément éliminés.[b]"[/b] Au centre de ces accusations, se trouvait Sarah Chesham, trente-cinq ans, accusée d'avoir empoisonné un bébé illégitime dans le village de Clavering, sur l'ordre du père. La mère de l'enfant expliqua que Chesham était venue la voir par deux fois, pour donner du "sucre" au bébé et que, curieusement, celui-ci était tombé malade après. Selon le Times, les villageois savaient que Chesham avait tué ses propres enfants en les empoisonnant et qu'elle était quelqu'un qui :

"... pouvait éliminer toute chose désagréable ou coûteuse. Pour le village, le fait que la prisonnière avait empoisonné ses enfants semblait être une évidence, et pourtant, ils ne veulent pas en dire beaucoup plus à ce sujet que si elle avait tué ses cochons. A n'en pas douter, cette meurtrière reconnue et réputée pouvait se promener dans le village sans être inquiétée, ni contestée et tous les habitants avaient vu ses enfants être enterrés sans que cela ne soulève même une remarque de leur part ..."

Rien ne put être prouvé concernant la mort du bébé, mais la police exhuma les corps de deux de ses fils, morts dans des circonstances suspectes, à quelques jours d'intervalle. Le docteur présent lors du décès du premier fils se souvient fort à propos que Chesham avait refusé de commander un cercueil juste pour lui, faisant remarquer qu'on pouvait aisément y faire tenir deux corps. Quelques jours plus tard, effectivement, le second fils était mort et les deux frères avaient été enterrés ensemble dans le même cercueil ; ... [...]
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benlebbenleb   29 novembre 2014
Tout le monde eut un morceau d'Aileen - des jeunes puceaux qui la baisèrent contre un cigarette aux réalisateurs de films à petit budget et de documentaires voyeurs, aux écrivaillons d'histoire à sensation, aux avocats, aux producteurs télé, aux féministes radicales, aux lesbiennes militantes, aux grenouilles de bénitier, aux activistes anti- comme pro-peine de mort, et au système système judiciaire de Floride qui, en s'occupant si peu d'elle, la laissa se condamner.

Lors de ses derniers procès "sans appel", Aileen ne prit même pas la peine d'être présente, préférant rester dans sa cellule. Tout ce qu'elle voulait, c'était que cela cesse.
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benlebbenleb   29 novembre 2014
Les cinq certificats de décès étaient étalés sur le bureau de Joe Britt, le procureur du comté de Robeson, en Caroline du Nord. Plus tard, il déclarerait : "On aurait dit une quinte flush, bon sang : gastroentérite, gastroentérite, gastroentérite...". Ces certificats concernaient l'actuel fiancé de Velma Barfield, la maman de Velma, un couple de personnes âgées, et un autre homme âgé, qui avaient tous trois engagé Velma comme auxiliaire de vie.
"Gentlemen, nous avons une tueuse en série sur les bras", fut obligé d'en conclure Britt à l'époque.
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