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ISBN : 2330066511
Éditeur : Actes Sud (17/08/2016)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 243 notes)
Résumé :
La prise de la Bastille est l’un des événements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.
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Critiques, Analyses et Avis (92) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  22 août 2017
La prise de la Bastille vue de l'intérieur, cela donne avec Eric Vuillard un récit rythmé, dynamique et enlevé, au vocabulaire d'époque riche sans être pédant. Il y focalise son attention sur le peuple de Paris, quand ce n'est pas la ville elle-même qui est personnifiée : "Paris, c'est une masse de bras et de jambes, un corps plein d'yeux, de bouches, un vacarme donc, soliloque infini, dialogue éternel, avec des hasards innombrables, de la contingence en pagaille, des ventres qui bouffent, des passants qui chient et lâchent leurs eaux, des enfants qui courent, des vendeuses de fleurs, des commerçants qui jacassent, des artisans qui triment et des chômeurs qui chôment."
Ici, ce sont les événements qui dictent la mise en scène des personnages, même s'il n'y en a pas un que l'on suivrait du début à la fin comme dans un roman classique. Il faut dire que de classique il n'y en a pas vraiment tant l'écriture est originale, moderne j'ai envie de dire (même si je sais pas trop ce que c'est, une écriture moderne). En tout cas cela fonctionne du tonnerre, grâce aussi peut-être au ton distancié, l'emploi du "on" en pronom de prédilection quand Eric Vuillard n'évoque pas de personne en particulier, sans oublier l'ironie désenchantée qu'il sait manier habilement, comme si tout cela - malgré le caractère historique, ne relatait finalement que de vies d'humains parmi tant et tant, c'est à dire pas grand chose.
Après avoir beaucoup aimé "L'ordre du jour", du même acabit, j'ai aussi beaucoup aimé ce "14 juillet", sans être pour autant un spécialiste d''histoire.
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Annette55
  13 juillet 2017
Tout a été dit déjà, que puis-je ajouter?
Malgré tout , dans ce récit au présent, mené tambour battant, d'une façon descriptive extraordinaire, nous revivons les heures fiévreuses, le bruit et la fureur au coeur de la tourmente.L'auteur offre un nom, un visage, un métier, une fonction aux "petits", aux " riens du tout", des héros , ces hommes et ces femmes, qui, dans un élan joyeux, la peur au ventre, dans le désordre, la fumée , la mitraille, la poussière , ont fait l'histoire "sans le savoir".
Ces gueux et ces gueuses , sans y croire, allaient faire basculer le destin d'un pays!
Comment s'appelaient t- ils d'ailleurs, ceux qui ont donné un coup de boutoir au régime et ébranlé un régime ô combien archaïque ? Aumassip, marchand de bestiaux, Béchamp le cordonnier, Bizot, charpentier, Bersin, ouvrier du tabac, Mammés Blanchot , dont on ne sait rien, des invisibles, des pauvres filles venues de Sologne et de Picardie, hantées par la misère et le dénuement , amères et révoltées.............
Un exercice mené de main de maître à toute allure, un récit à taille humaine et une multitude d'histoires dans la Grande histoire...cette prise de la Bastille , comme si on y était !
Comme si nous étions auprés de ce peuple en marche pour la révolution !
Bel hommage mérité à ces anonymes , leurs hésitations, leur trouille , leur générosité, le grain de folie qui fit avancer ces ci- devants, ces sans droits !
Lu dans le cadre "du prix historique Jean d'heurs" , spécifique à mon département .


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tynn
  24 octobre 2016
Un diablotin est sorti du décor conventionnel de nos livres d'Histoire de France pour animer les invisibles, ce petit peuple de Paris enragé de misère qui mit à terre une royauté décadente.
Dans un récit baroque et déchaîné de fureur, Eric Vuillard nous invite au jeu de rôle, nous laissant nous attribuer celui qui nous convient. Porté par une frustration de ne pas en avoir été, il en reconstitue minutieusement les minutes à travers les rues de la capitale et nous oblige à imaginer le décor. Il torpille au passage certaines vérités historiques inscrites dans le marbre par ses aînés.
Ca hurle, ça s'excite, ça s'énerve dans tous les patois, ça se bouscule sous une chaleur écrasante, et ça finit par tout casser. Paris est au peuple, le bruit est énorme, fait de tocsin et de hurlements, dans la mitraille et la fumée. C'est à la fois canaille et joyeux, violent et colérique. La foule est monstrueuse et l'assaut final de la vieille Bastille est un tel chaos qu'on finit par se perdre soi même dans la mêlée.
Talentueux exercice d'écriture et bel hommage historique aux anonymes.
À lire d'une traite, le déplacement temporel n'en est que meilleur.
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isabelleisapure
  20 janvier 2017
Tout commence par la révolte dans un atelier de papiers peints, lorsque le patron Jean-Baptiste Révillon veut réduire les salaires de trois cents de ses employés. Nous sommes le 23 avril 1789.
Cinq jours plus tard, la colère gronde, ON envahit la demeure de J.B. Révillon :
« On pilla la belle demeure, on brisa les vitres, on arracha les baldaquins des lits, on griffa les tapisseries des murs. Tout fut cassé, détruit. On abattit les arbres ; on éleva trois immenses bûchers dans le jardin. Des milliers d'hommes et de femmes, d'enfants, saccagèrent le palais »
Peu à peu, au fil de son récit Eric Vuillard donne des noms et des identités à ces « ON ». Ils deviennent Antoine Salomon, cocher, Jean Morin, tailleur de pierres, Charles Glaive, papetier, Jean Robert, allumeur de réverbères et tant d'autres pris dans la masse d'une foule surexcitée par la chaleur exceptionnelle de cet été 1789.
Ils se dirigent vers la Bastille, le symbole qu'il faut abattre. Ils ont chacun leur motivation et quand ils pressent sur le pont-levis, c'est bien plus qu'une armée qui vient tenter de pousser cette porte qui s'interpose entre le peuple et le Roi.
Eric Vuillard nous raconte ce « 14 juillet » comme aucun livre d'histoire ne l'a jamais fait, à travers des personnages inconnus et qui vivent réellement l'événement. Ici, pas de héros ou de personnage principal, nous suivons la foule et les passants lors de la Révolution.
Je ne connaissais absolument pas Eric Vuillard et je ressors totalement convaincu d'avoir lu le texte d'un grand écrivain.
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michfred
  19 novembre 2017
Écrire ce qui n'a jamais été dit, faire rentrer dans la grande histoire les petites gens, redonner la parole à ceux à qui on l'a confisquée en leur donnant ...des porte-parole, écrire l'histoire sans créer des premiers rôles, comme Michelet, écrire L Histoire en campant la frêle silhouette d'un Rousseau qui n'est pas Jean-Jacques, d'un Falaise, d'un Sagault, d'un Rossignol avec la même attention, le même respect, la même émotion qu'on a mise à restituer le coup de gueule formidable de Mirabeau, les bégaiements audacieux de Des moulins.
Voilà le pari -le Paris?- d'Éric Vuillard. Pari(s) réussi!
Ce 14 JUILLET ne ressemble pas à une page de manuel: c'est le poème d'un Rimbaud des barrières, la chanson d'une ribaude du port au Bled, c'est une courte épopée d'un jour dont le peuple de Paris, dont Paris est le héros.
En le lisant, j'ai retrouvé l'enthousiasme, l'émotion, la ferveur éprouvés autrefois, à Vincennes, quand, de tous les petits groupes qui se pressaient autour des comédiens du Soleil, partait , après un passionnant recit, en léger décalage, la même phrase saluée par nos acclamations successives: "Et c'est comme ça qu'on a pris la Bastille!''
J'en ai toujours la chair de poule, quand j'y pense. Et le livre de Vuillard m'a fait le même effet: comme si on m'avait rendu, enfin, après une longue confiscation, un peu de notre mémoire collective, un peu de notre solidarité - un morceau d'espérance.
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critiques presse (6)
LeMonde   14 septembre 2018
Eric Vuillard retrouve le tremblé de ce qui menace de se produire, piste le possible dans l’avéré, saisit l’effarement devant ce qui a lieu. Et il emporte le lecteur, saisi par ce mélange de trivial et de flamboyant qui a fait l’Histoire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   07 novembre 2016
Un petit chef-d'oeuvre à fleur d'âme.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   27 octobre 2016
Son point de vue choisi, le romancier français offre des noms, des métiers, donc une réalité, à la cohorte anonyme et bigarrée qui s’est emparée de la Bastille pour changer le visage de la France.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs   23 septembre 2016
Le livre d’Éric Vuillard nous transporte dans l’éblouissement de ces jours d’émeute, d’«émotion populaire», comme on disait alors.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Telerama   16 septembre 2016
Héros malgré eux, ils ont écrit l'Histoire de la Révolution française. Un bel hommage à ces hommes et femmes anonymes, évincés du mythe.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeFigaro   02 septembre 2016
Du 14 juillet, l'auteur fait un récit épique et incarné, débordant de petites gens convergeant hardiment vers une forteresse à abattre, dont la prise deviendra le symbole de la Révolution.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (112) Voir plus Ajouter une citation
cecilitcecilit   15 novembre 2018
Les soldats, l'ordre qu'ils représentaient, étaient traités de tous les noms : culs-crottés, savates de tripières, pots d'urine, bouches-à-becs, louffes-à-merde, boutanches-à-merde, et toutes les choses-à-merde, et toutes les couleurs-à-merde, merdes rouges, merdes bleues, merdes jaunilles. Et cela fusait avec gouaille.
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cecilitcecilit   12 novembre 2018
Et puis surtout, à Versailles, on joue, on joue insolemment, inlassablement, follement, gaillardement, on joue des sommes considérables, tout Versailles joue. Le roi joue. La reine joue. Il y a des tables de jeu dans toutes les pièces, dans tous les bâtiments. On joue au pharaon, aux dés, à la loterie, à n'importe quoi. Un banquier vient spécialement de la ville afin d'alimenter les tables en argent liquide et de noter les dettes. On mitraille le tapis vert. Tandis que la foule parisienne croûte pour dix sous et crapote au cabaret sa chopine d'eau de vie, tandis que Raffetin bouffe avec Cottin, au cabaret du Grand-Faucheur, qu'on siffle et joue pour quelques ronds, dans un grand boucan enfumé, parmi les débris de poisson et les miettes de pain, tandis qu'une cliente torche ses marmots, à côté d'un ramas de mendiants et de chiffonniers, alors que le royaume frise la banqueroute, le déficit de la pension de la reine s'élève en fin d'année à presque cinq cent mille livres.
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cecilitcecilit   12 novembre 2018
Oui, par les Champs-Elysées, on trimbale tout ce que la France a de mieux. Comme si un énorme gendarme réglait la circulation de nos victuailles, le délectable et le gourmand prennent la direction de Versailles, le fade et le maigre celle des faubourgs. L'exquis, le savoureux cahotent vers l'ouest de la capitale, l'aigre va aux masures. Le moelleux et le succulent galopent à la Cour, l'insipide et le blet s'en vont à Paris
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pierrelionelpierrelionel   11 novembre 2018
La parole ne laisse pas de trace, mais elle fait des ravage dans les cœurs. On se souvient toute une vie, d'un mot, d'une phrase qui nous a touchés.
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hcdahlemhcdahlem   08 octobre 2016
Jean-Armand Pannetier, c’est son nom, laissera une petite relation de sa journée, et retombera aussitôt dans le néant. Mais à ce moment, le mardi 14, il est l’étincelle qui met le feu aux poudres.
Comme il est de grande taille, il se plante contre la muraille et fait la courte échelle. Le charron Tournay monte le premier. Il porte un gilet bleu. Il a vingt ans. Huit à dix autres le suivent. Ils enjambent une échoppe qui sert de remise à un débitant de tabac. La foule les apostrophe, on rigole, on les encourage. Il y a un raffut inouï. Tournay grimpe sur le toit du corps de garde. Des copains le hèlent, le vent fait bouffer son gilet. Je désire, j’imagine, qu’à cet instant, le charron Louis Tournay ait été lui-même, seulement lui-même, vraiment, dans son intimité la plus parfaite, profonde, là, aux yeux de tous. Ce fut pour un court instant. Quelques pas de danse sur un toit de tuiles. Une série de déboulés, la tête libre, haute, puis un chapelet de battements, de piqués, de pirouettes même. Ou plutôt, non, ce furent des pas très lents, de petites glissades, des pas de chat. Soudain, Tournay, sous le grand ciel, dans le jour gris et bleu, oublie tout. Le temps meurt un instant en lui. Il vacille près d’une cheminée. Les gens craignent qu’il tombe. Oh ! Il s’accroupit sur la pente intérieure du toit, les tuiles lui brûlent les mains ; on ne le voit plus. Il est seul. La Cour du Gouvernement est vide, face à lui. Il est alors juste une ombre, une silhouette. Les soldats sur les tours le regardent. Il saute dans la cour.
Là, il est encore plus seul. » (p. 67-68)
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Alexander Kluge Chronique des sentiments Livre II Inquiétance du temps: Où Alexander Kluge de dire de quoi est composé le deuxième volume de "Chronique des sentiments : Inquiétance du temps", et où il est question notamment de Trump et de littérature; de Silicon Valley et de Eric Vuillard, de Kafka et de Kleist, de Büchner et de Berg, de livres et de cinéma, de son père et de la Tosca, d'Ovide et de Ossip Mandelstam, de Lénine et d'un dinosaure, l'occasion de sa parution aux éditions P.O.L, à Paris le 26 septembre 2018, en compagnie de Vincent Pauval avec une traduction de Gabriele Wennemer Alexander Kluge Chronik der Gefühle Buch II Die Angst vor der Zeit: Wo Alexander Kluge von dem sagt, was im zweiten Band der "Chronik der Gefühle: Sorge um die Zeit" komponiert wurde und das Trump und Literatur beinhaltet; Silicon Valley und Eric Vuillard, Kafka und Kleist, Büchner und Berg, Bücher und Filme, sein Vater und Tosca, Ovid und Ossip Mandelstam, Lenin und ein Dinosaurier, anlässlich seiner Veröffentlichung zu den Ausgaben POL, in Paris am 26. September 2018, mit Vincent Pauval mit einer Übersetzung von Gabriele Wennemer
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