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EAN : 9782330035990
176 pages
Éditeur : Actes Sud (23/08/2014)
3.64/5   408 notes
Résumé :
On pense que le reality show est l'ultime avatar du spectacle de masse. Qu'on se détrompe. Il en est l'origine. Son créateur fut Buffalo Bill, le metteur en scène du fameux Wild West Show. Tristesse de la terre, d'une écriture acérée et rigoureusement inventive, raconte cette histoire.
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Critiques, Analyses et Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
3,64

sur 408 notes

Sando
  03 septembre 2014
Figure mythique de la conquête de l'Ouest, Buffalo Bill a entretenu sa propre légende par le biais de représentations dans lesquelles il se mettait en scène avec de vrais indiens et rejouait les scènes de batailles qui avaient fait sa renommée. Son spectacle, le Wild West Show, créé en 1882, dix ans avant l'exposition universelle de Chicago, fait le tour des Etats-Unis et de l'Europe, mêlant la réalité au mythe et provoquant un véritable engouement chez les spectateurs. Buffalo Bill est à l'origine du concept de show-business, pionnier de ce qui deviendra une marque de fabrique américaine.

Mais derrière ce décor en carton-pâte se cache une réalité beaucoup moins attirante, celle d'un peuple martyrisé, avili, humilié, condamné à rejouer sa propre destruction par ceux-là même qui en sont à l'origine. Un peuple exploité, exhibé comme un trophée et qui, plutôt que de susciter la compassion, alimente la peur et la haine.

Dans « Tristesse de la terre », Eric Vuillard dresse le portrait d'un homme dépossédé de lui-même, réduit à jouer toute sa vie son propre rôle, mais il dépeint également l'image d'une nation qui s'est construite dans le sang, sans se soucier de la dignité humaine. Sans être moralisateur, l'auteur nous place face à la réalité des évènements, il nous invite à réfléchir au sens de nos actes ainsi qu'à leurs conséquences. L'écriture est d'autant plus forte qu'elle est belle, éloquente. Les mots, leur sonorité, nous frappent et nous heurtent profondément, jusqu'à nous bouleverser… « Tristesse de la terre » est un texte percutant, riche en émotions et qui donne à réfléchir.
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Under_the_Moon
  14 février 2015
D'abord intriguée par l'interview qu'Eric Vuillard avait eu avec François Busnel dans La Grande Librairie, j'ai eu quand même beaucoup de mal à rentrer dans ce livre.
De par mes études, mais pas seulement, je m'étais intéressée au sort des Indiens d'Amérique, alors le voir du point de vue de Buffalo Bill - devenu aussi emblématique pour les Etats-Unis et leur identité que Ronald McDonald - pourquoi pas !
La lecture des 100 premières pages a été laborieuse car je le lisais comme un roman, or Tristesse de la terre, malgré ce que ce titre poétique suggère tient plus de l'essai que du roman. Et, l'écriture de l'auteur n'est pas toujours très digeste non plus. Souvent j'avais l'impression de lire Nelson Monfort… Un style qui convient difficilement à la lecture. Pourtant, c'est dans les 60 dernières pages que le livre tient toute sa force.
L'auteur nous montre bien sûr le cynisme dont les Américains ont fait preuve vis-à-vis de ce peuple qui avait aidé leurs ancêtres à survivre sur cette terre qu'ils ne connaissaient pas. Eric Vuillard prend surtout comme exemple le tragique épisode de Wounded Knee qui contient à lui seul dans ces deux pauvres mots une grande partie de ce qu'a été ce génocide toujours pas reconnu par le gouvernement américain à ce jour.
Enfin, ce n'est pas réellement le sujet. le Wild West Show ! Un spectacle folklorique qui est certes tombé aux oubliettes depuis bien longtemps mais qui illustre parfaitement un certain nombres des fondements de la société américaine : le spectacle ! le spectacle et tout son rapport ambiguë au réel qu'il remanie et finit par imposé comme vrai à coup de tours de passe-passe plus impressionnant pour un public en attente de sensations.
Une fois passé la partie un peu pénible de ce court récit, un seul sentiment s'impose une fois le livre fermé : l’écœurement. Se dire que ce décor en carton pâte qui a servi des fables pseudo-historiques (limite révisionnistes) ait pu ériger en héros quelqu'un que l'on considérerait aujourd'hui comme un raté… C'est tout simplement hallucinant. Comme quoi le paraître a un pouvoir bien plus grand qu'on ne l'imaginerait, et sur du long terme en plus. Heureusement, les livres aident à lutter contre ce reformatage de la mémoire.
Eric Vuillard n'apporte certes rien de nouveau à tout le travail fait par les historiens ou des Amérindiens qui se font gardiens de leur très fragile passé, mais il a le mérite d'amener le public (plus ou moins averti) à se poser des questions sur notre propre rapport au spectacle.
Et j'imagine que pour ceux qui ne sont pas familiers de cette partie de l'histoire américaine, Tristesse de la terre leur fera découvrir l'envers du décor. Et pas seulement du Wild West Show.
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gonewiththegreen
  10 décembre 2020
Qu'est ce qui peut bien se cacher dans ce court roman derrière ce titre ?
Honnêtement, aucune idée avant de l'ouvrir et surement aucune raison de penser croiser Big Foot, Buffalo Bill et Sitting Bull .
Et pourtant, ce tristesse de la terre nous narre le destin de Buffalo Bill et bien plus que cela.
Qui est pour vous Buffalo Bill ?
Pour moi, un cow boy, tout sauf un pied tendre , un mateur de peaux rouges , un gars qui aveugle l'adversité avec un sourire ultra brite . Une légende de la ruée vers l'Ouest .
Mouais , j'avais tout faux.
William Cody de son vrai nom a bien fréquenté les vastes plaines de l'ouest dès son jeune âge, il a bien servi de guide à la cavalerie , mais c'était une tanche en tant que militaire .
Par contre, c'était un "dégommeur" hors pair de bisons (d'où son surnom) et entre deux beuveries , il raconta son histoire qui allait être enjolivée par un peu scrupuleux scribouillard qui allait le pousser vers la légende . Et William y crut à sa légende et monta le premier grand show avec quelques autres escrocs. Un show mondial, le Wild West Show , qui s'est produit en France et qui est cité au pied du Bataclan. Des millions de spectateurs .
Et quand comme moi, tu n'en savais rien , tu prends ton pied à lire un truc pareil, l'écriture de Vuillard faisant le reste.
Parce que tout est surprise . Bill était une escroc mais un très bon "faiseur" de spectacles. Il alla chercher Sitting Bull (c'est un peu con pour un nom de chef indien je trouve pourquoi pas Sleeping Bull non plus ?) pour le faire jouer, traversa l'Atlantique pour enrôler des survivants du massacre de Wounded Knee . Il réécrit l'histoire aussi , transformant les massacres en batailles, fonda sa ville.. Quel génie !!!
Mais derrière le personnage , il y a la persécution d'un peuple, le génocide pourrions nous dire et le rôle de "l'entertainment" dans l'écriture de l'histoire. Des thèmes abordés avec finesse, intelligence .
Buffalo Bill le chainon entre les spectacles de proximité et la mondialisation du divertissement.
Un livre extraordinaire.
Mais j'ai un doute. Il y a dernier chapitre sur un Wilson Bentley. Je me suis dit, putain , tu vas voir que Buffalo Bill lui a inspiré ses futures bagnoles ...
Ben non , rien , je n'ai pas vu le lien .Que vient faire ce chapitre ? Un peu comme quand je devais faire des rédactions de 200 lignes que c'était plié en 150 et que je parlais de mon chien les 50 dernières :). Dommage.
Mais sinon , je tire mon stetson à l'auteur.
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kuroineko
  24 janvier 2018
Tristesse de la terre possède une force inversement proportionnelle à sa taille. Ni roman ni essai mais navigant entre les deux, le livre raconte la folle équipée du Wild West Show mis en scène par le célébrissime Buffalo Bill, à la fin du XIXème siècle.
William Cody est entré dans la légende en tant qu'un des pères fondateurs de l'American Way of Showbiz. Ses spectacles grandioses en taille et nombre d'acteurs et figurants faisaient revivre les grands moments de la conquête de l'Ouest sauvage, les guerres indiennes et les figures mythiques telles que Kit Carson, Anny Oackley et autres. Quitte à édulcorer la véracité historique. Ou à la violer purement et simplement (un Little Big Horn où Custer est sauvé in extremis... par le grand Bill lui-même...).
Si je n'ai pas vraiment apprécié le style particulier d'Éric Vuillard, j'en reconnais son efficacité sur ce court récit. Pas sûr qu'un pavé n'aurait pas fini par devenir irritant à lire.
On ressent dans cet ouvrage tout le cynisme et l'amertume de la vision des vainqueurs américains et des hommes qui mettent ces "victoires" en scène. L'auteur ne nous apprend rien de nouveau sur le traitement des populations indiennes, humiliées, déportées, massacrées. Annihilées au nom de la Civilisation, du Progrès. du pouvoir blanc... Rien de nouveau certes mais ça n'en est pas moins douloureux pour autant.
Quant à l'histrion Buffalo Bill, ses excès, ses succès phénomenaux en Amérique et en Europe ne l'empêcheront pas d'être mis au rencart. Adulé, choyé par le public et la presse, il tombe peu à peu dans la ringardise, has been voué au néant par des masses avides de toujours plus de show, plus de nouveautés, plus de variétés.
Exit Grand Bill, le spectacle doit continuer...
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Ambages
  18 février 2019
Un petit peu déçue car j'ai trouvé que l'auteur déroulait trop facilement, que les idées étaient belles et en plus il roulait sur du velours avec moi et cela m'a agacé. J'ai toujours du mal avec le noir et le blanc. Alors quand de surcroit on me caresse dans le sens du poil de bout en bout sans jamais m'amener à me questionner sur mes idées, je surnage et ne plonge pas. L'écriture est belle, le tempo bien mené et l'idée des photos dans le livre bien venue, mais c'était trop unilatéral. Il me reste une acquisition de connaissances toujours nécessaire et éclairante sur le wild west show.
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critiques presse (5)
LeFigaro   07 novembre 2014
Étrange livre que ce court récit tendu et nerveux comme l'appaloosa des plaines, dans lequel le lecteur est constamment pris à témoin, interpellé, chahuté par ce portrait féroce de la star en veste à franges et cette évocation en creux du calvaire indien.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Chro   28 octobre 2014
Le Wild West Show inaugure selon lui l’ère de l’entertainment de masse, fonde un certain mythe de l’Amérique et change les vaincus en figurants, falsifiant ainsi leur propre drame. Éric Vuillard offre à cette falsification le contrechamp de la littérature, sa compassion supérieure et sa vérité, à la fois plus profonde et plus mélancolique.
Lire la critique sur le site : Chro
LesEchos   01 octobre 2014
Dans un style élégant, où il mêle le grotesque et le pathétique, le poignant et le sordide, Eric Vuillard nous entraîne dans les coulisses du mythe dévoilant « l'autre versant de la fable. La haine ». Carton plein.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Bibliobs   12 septembre 2014
Cette glaçante puissance du simulacre est au centre du bref chef-d'oeuvre de Vuillard. Il n'empêchera pas les enfants de faire les Indiens. Lui n'a que son écriture pour lézarder la légende. Mais elle a l'extraordinaire précision d'un cow-boy d'élite.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   25 août 2014
Une fois de plus, Eric Vuillard déploie sa maîtrise du récit et de l'emploi du futur pour raconter les choses du passé. Et la tristesse du monde.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (135) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou08   30 novembre 2014
Les baïonnettes déchiraient les bras, ripaient sur les crânes. On braillait des ordres impossibles à entendre. Les canons tiraient sur les tentes, au hasard. Les châlits s’écroulaient, carbonisés. On courait de toutes parts. Des chariots s’effondraient sous le poids des corps. Puis les canons se mirent à tirer en direction de la plaine afin d’atteindre les fuyards.
Soudain, il n’y eut plus un bruit. Ça faisait comme un drap dans le vent. Les soldats baissèrent leurs fusils. Que se passait-il ? Le silence avait quelque chose d’effarant. Les soldats se regardaient, interdits.
En contrebas, les Indiens étaient presque tous morts. Une fois réarmés les canons, il y eut encore deux, trois déflagrations. Puis des cris ; certains soldats suppliaient qu’on arrête. Il y eut même un hurlement, on ne sait pas de qui.
Ce fut tout.
Et il se leva une violente tempête. La neige tomba du ciel comme une injonction de Dieu. Les flocons tourbillonnaient autour des morts, légers, sereins. Ils se posaient sur les cheveux, sur les lèvres. Les paupières étaient toutes constellées de givre. Que c’est délicat un flocon ! On dirait un petit secret fatigué, une douceur perdue, inconsolable.
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ZakuroZakuro   25 octobre 2014
Que le bonhomme du Dakota nous pardonne. Qu'il nous ramène de son prétérit, s'il le peut, sa besace de soucis, là où les fragments d'Histoire s'emboîtent comme des mâchoires. Regardons-le une dernière fois.

Aimons sa tristesse, son incompréhension, nous la partageons, ses enfants sont les nôtres, son petit chapeau nous irait peut-être ! Regardons-le. La nuit est blanche. Souffle-moi ce qu'il faut écrire. S'il te plaît, ne me montre plus ton visage, ne me regarde pas. La terre est triste, le corps est seul. Je ne vois plus rien. Et toi, tu es là, roi pauvre, ayant pioché la mauvaise carte.
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MelleFifiMelleFifi   05 septembre 2014
Soudain, Buffalo Bill entre dans l'arène. Il fait un tour de piste à cheval et vient saluer. Les applaudissements retentissent. Des femmes se tiennent debout sur les chaises, dans une odeur de créosote et de crottin. Le présentateur annonce alors un épisode extraordianire : "La mort de Sitting Bull, avec son véritable cheval et sa vraie cabane, recueillis par les soins de Buffalo Bill lui-même." C'était donc çà ! Rien n'arrête le démon de la mise en scène. Rien ne remplit assez le tiroir-caisse. Et aussitôt les curieux se pressent, la foule veut mieux voir. On ne voit jamais assez. il ya quelque chose de grand et de beau, ou peut-être de très affreux et de très vulgaire, qui nous échappe toujours... (p. 80)
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Charybde2Charybde2   25 septembre 2014
Une fois que le Wild West Show eut rempli sa mission civilisatrice et qu’il eut avantageusement remplacé dans la conscience des hommes les Indiens de Chateaubriand, puisqu’on voulait en même temps les privilèges de l’élection et la cohue grisante, ce mélange d’ancien et de nouveau que Buffalo Bill avait incarné, que ce mélange était devenu à la fois odieux et indispensable, chaque nouvelle génération crut soudain lire, dans sa propre nostalgie, le signe d’une irréparable perte. Et Buffalo Bill lui-même avait senti derrière les murs de sa petite maison de brique, entre les vieux meubles en acajou et une estampe de Naples, je ne sais quel avilissement de la réalité. Alors qu’il trottinait vers Madison Square, lors d’un de ses séjours à New York, parcourant les fondations sublimes de la Ve Avenue, s’égayant ou se renfrognant en jetant un oeil aux vitrines des boutiques, se délectant parmi les premiers abonnés du shopping et dégoûté dans le même temps par leur invincible appétit, il devint brutalement évident à Buffalo Bill que la nostalgie n’était pas seulement une résistance vaine contre la nouveauté déchaînée, mais qu’elle était elle-même devenue à présent une forme de notre savoir. La civilisation était devenue cela : un alliage impossible de nouveautés et de regrets. Et pour cette raison sans doute, et pas une autre, Buffalo Bill Cody – lui qui avait inauguré une forme nouvelle, le divertissement de masse – tomba à son tour dans le grand langage oublié.
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chartelchartel   20 septembre 2014
Dans chaque cimetière, il y a une division pour les pauvres, un petit carré mal entretenu, recouvert d’une lourde trappe, sans croix, sans nom, sans rien. Quelquefois un galet est posé par terre, un bouquet sec, un prénom est tracé à la craie sur le sol, une date. C’est tout. Il n’y a rien de plus émouvant que ces tombes. Ce sont peut-être les tombes de l’humanité. Il faut les aimer beaucoup.
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Vidéo de Éric Vuillard
Éric Vuillard : L’Ordre du jour (2018 / France Culture). Diffusion sur France Culture les 10, 11, 12, 13 et 14 septembre 2018. Photographie : Éric Vuillard • Crédits : © Melania Avanzato. Réalisation : Laurence Courtois. Séquençage et montage du texte : Maya Boquet. Conseillère littéraire: Emmanuelle Chevrière. Lecture par Grégoire Oestermann. Avec les voix de Sonia Masson, Dorli Lamar, Aurélie Youlia, Clémentine Verdier, Lison Pinet, Xavier Gallais, Werner Kolk, Joannes Hamm, Vincent Domenach et Pierre Mignard. Bruitage et création sonore : Patrick Martinache et Benoît Faivre. Prise de son et mixage : Claire Levasseur. Assistance technique et montage : Dali Yaha. Assistante à la réalisation : Laure-Hélène Planchet. "L’Ordre du jour", d’Éric Vuillard, est publié aux éditions Actes Sud.
00:00 : Épisode 1 : Une réunion secrète : Le 20 février 1933, vingt-quatre puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens…), sont convoqués par Hermann Göring et Adolf Hitler, devenu chancelier un mois plus tôt.
24:55 : Épisode 2 : Comment ne pas décider : Nous sommes en 1938, quelques jours avant l’Anschluss : Hitler demande à voir le chancelier autrichien, Kurt von Schuschnigg.
49:57 : Épisode 3 : Une tentative désespérée : Face au chancelier autrichien Schuschnigg, Hitler est inflexible. Il lui donne trois jours pour capituler.
1:14:29 : Épisode 4 : Blitzkrieg : Le 11 mars 1938, Hitler organise son coup d'état, et les troupes allemandes envahissent l’Autriche.
1:39:27 : Épisode 5 : L’Europe aveugle : En 1938, au moment de l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, l’Europe ferme les yeux et sombre dans l’abîme.
« "L’Ordre du jour d'Éric Vuillard, dernier prix Goncourt, est un livre d’une puissance sidérante dans sa simplicité. En 160 (petites) pages, il montre comment “les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petit pas” et “soulève les haillons hideux de l’histoire” pour raconter la marche vers l’abîme de l’Europe à travers deux moments. Le premier, c’est une réunion du 20 février 1933, où vingt-quatre puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens…), reçus par Hermann Göring et Adolf Hitler, devenu chancelier un mois plus tôt, sont exhortés à financer la campagne du parti nazi pour les législatives, et s’exécutent. “Ce moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens, qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir bien des partis à proportion de leur performance”, écrit, grinçant, l’auteur. Le deuxième moment, celui auquel il se consacre le plus longuement, c’est l’Anschluss, l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, le 12 mars 1938. Il remonte en réalité un mois plus tôt, à la rencontre entre Adolf Hitler et le chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg ; le 12 février, à Vienne, note Vuillard, “c’est carnaval : les dates les plus joyeuses chevauchent ainsi les rendez-vous sinistres de l’histoire”. Se faufiler dans les coulisses d’événements historiques, et donner à voir l’envers du décor, révéler la part secrète de grotesque, de bêtise, de contingence, d’ennui et/ou de lâcheté, qui y menèrent… Telle est la méthode Vuillard. Né à Lyon en 1968, l’écrivain, également cinéaste (“L’homme qui marche”, 2006, “Matteo Falcone”, 2008), est convaincu que “l’histoire est un spectacle”, comme il l’écrit dans "L’Ordre du jour", ou, comme l’annonçait l’incipit du superbe "Tristesse de la terre" (Actes Sud, 2014), que “le spectacle est l’origine du monde”. » Raphaëlle Leyris pour "Le Monde".
Source : France Culture
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