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EAN : 9782330048563
368 pages
Éditeur : Actes Sud (01/04/2015)
4.21/5   24 notes
Résumé :
Le célèbre primatologue et biologiste américano-néerlandais, auteur de L'âge de l'empathie (Éditions LLL, 2010), nous revient avec un essai passionnant sur les origines de la morale humaine. Tissant son texte de récits saisissant issus de l'observation du règne animal et d'analyses philosophiques judicieuses, de Waal cherche à expliquer la morale par un processus venu d'en bas, en insistant sur ce qui nous lie aux animaux.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  20 octobre 2018
J'ai eu la chance, il y a quelques années, d'avoir la possibilité d'observer les chimpanzés dans la forêt de Kibale et les gorilles dans la réserve de Bwindi, en Ouganda, puis de l'autre côté de la frontière au Rwanda. Ce fut une expérience inoubliable. Surtout pour les gorilles en Ouganda. Les chimpanzés, restant plus facilement perchés en haut des arbres et difficilement observables. Mais, se retrouver « accueillis » dans une famille de gorilles, dans leur territoire, les mamans s'occupant de leurs petits, faisant confiance aux guides qui nous accompagnaient, était quasiment comme d'être accueillis dans une famille « humaine ». Ce regard, dont parle de Waals, regard presque humain, qui nous renvoie à notre propre condition de faire partie d'une espèce voisine de la leur a quelque chose d'extrêmement troublant et impose un certain respect.
Je comprends d'autant mieux ce que cherche à établir Franz de Waals en essayant de prouver que nous n'avons pas le monopole de la morale, qui, certainement, pré-existait à nos religions et en était la base. Commençant son livre par une explication du célèbre tableau de Jérome Bosch « Le jardin des délices », il essaie de voir en quoi la religion chrétienne a imposé sa conception du bien et du mal, que met en scène le peintre, en prenant toutefois, quelques licences. le rationalisme issu de la Renaissance commençait en effet, à faire son oeuvre. Mais, la religion, selon de Waals, n'est que la conséquence ou l'aboutissement de la morale, qui semblait exister bien avant Sapiens, enfouie au fin fond de notre processus évolutif pour permettre une meilleure entente entre mammifères, aidant, en cela, la cohésion des groupes à venir. Les bonobos, eux aussi agissent sous l'emprise d'une certaine morale, et tout n'est pas permis dans le groupe. Il y a des choses qui ne se font pas, comme dans les groupes humains.
A l'aide de très nombreux exemples puisés au fils de ses multiples expériences, l'auteur nous démontre, ni plus ni moins, que les bonobos et chimpanzés ont la même façon de réagir, dans beaucoup de domaines, que nous, les humains. le texte est clair, agrémenté de dessins de l'auteur et de photos à l'appui.
Ce genre d'ouvrage me confortera toujours dans le fait que les animaux n'ont absolument rien à nous envier. Comment faire comprendre aux « irréductibles » qui mettent l'humain au-dessus de tout, que nous vivons sur la même planète, partageons les mêmes ressources et que le fait d'avoir inventé l'ordinateur et d'avoir été sur la lune ne nous autorise absolument pas à se sentir supérieurs. Eux (les animaux), au moins, ne détruisent pas la planète !
C'est un ouvrage salutaire, accessible, que je recommande à tous ceux que le sujet intéresse.
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Luniver
  19 septembre 2020
Frans de Waal est un primatologue et un éthologiste néerlandais. J'apprécie toujours ses essais, qui mettent l'accent sur notre forte proximité avec les grands singes, et qui soulignent nos efforts un peu dérisoires pour nous affirmer différents. Il montre ainsi que les animaux ont de la mémoire, tissent des liens sociaux complexes avec des amitiés durables et des alliances politiques opportunistes, sont capables d'empathie et ressentent l'injustice.
Cet essai-ci s'écarte un peu des précédents : l'éthologie est régulièrement accusée (ou moquée) d'anthropomorphisme, et on sentait que l'auteur restait très factuel, faisait attention à la moindre affirmation en se retranchant derrière des études scientifiques solides. Ici, Frans de Wall se livre plus personnellement, en donnant régulièrement des opinions personnelles qui ne sont pas (encore) vérifiées, comme la possibilité d'une superstition ou d'une proto-religion chez les singes, ou sur l'origine de la morale.
Le livre est donc moins organisé, et ne traite pas que d'un thème précis. L'auteur parlera autant de la place de la religion dans notre société et sur les courants athées modernes, que sur les comportements observés chez les chimpanzés et les bonobos. de fait, il y a des passages qui ne m'ont pas vraiment intéressés (le mouvement athée moderne aux États-Unis ne me concerne pas). Pas vraiment l'essai le plus indispensable de la bibliographie de l'auteur donc, mais je continuerai à lire ses futurs écrits, toujours très riches d'enseignements.
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Ogusta
  27 mai 2015
Acheté pour la couverture, par sympathie pour nos "ancêtres" les bêtes de poils, primates ou même poissons. Ouvert par curiosité, envie de répondre à une question qui me taraude ces derniers temps : comment peut-on, sous prétexte de se nourrir, traiter avec violence et mépris d'autres êtres vivants ? Comment l'animal est-il devenu un produit de consommation, d'expériences, un "meuble" ? Bref, petite crise de conscience, j'avais le goût d'en savoir plus.
Je n'ai pas été déçue car de Walls ré-affirme, observations scientifiques à l'appui, notre profonde ressemblance avec les autres mammifères, il voit sous un jour nouveau l'apparition de la morales chez les primates (bonobos, chimpanzés), reprend, encore une fois, la théorie de l'évolution en l'éclairant sous cet angle de la morale et de l'empathie. Selon lui, les humains n'ont pas, par l'intermédiaire de la religion, l'exclusivité de la distinction entre bien et mal. Par de nombreux exemples puisés dans le monde animal, l'auteur nous démontre que l'empathie, la gratitude, le sentiment de justice, le lien social, l'appartenance à un clan et même la conscience de la mort sont communément présents chez les autres espèces. de Walls ne condamne pas la spiritualité, il semble presque défendre sa nécessité, mais il considère qu'elle est juste l'affirmation d'un état d'esprit, d'une naturelle propension à faire le bien pour maintenir la vie dans sa durée et pour être heureux.
J'ai appris beaucoup de choses dans ce livre un brin trop scientifique pour moi et pourtant l'écriture est mise à la portée de chacun. J'aurais aimé bien sûr tout comprendre. Or, les thèses reprises et soutenues ou réfutées de multiples scientifiques et le débat entre les différentes théories de l'évolution m'ont parus légèrement complexes. J'avoue être restée un peu hermétique à ses grandes discussions basées surtout sur la science et la démonstration. C'était malgré tout intéressant de les connaitre.
Il s'agit, à mes yeux, d'un texte très utile et éminemment positif sur la nature humaine. Un texte à mettre entre les mains de ceux qui voient l'animal comme un vulgaire morceau de viande, un trophée de chasse ou un pantin de zoo... Personnellement, je crains de ne pas pouvoir nous considérer (nous humains avec ou sans dieux) comme naturellement bons, altruistes et empathiques. Ce que nous faisons subir à d'autres humains et aux autres espèces ne va pas dans le sens de cette belle théorie. Si la morale est innée en nous, elle est bien enfouie et mieux vaut faire partie du bon clan puisqu'il semblerait que nous éprouvions surtout ces nobles sentiments pour ceux qui nous ressemblent.
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Tounet
  06 septembre 2015
Pour battre en brèche, les théories tant de la morale venue "d'en haut " que le mince vernis de civilisation recouvrant une nature humaine odieuse profondément égoïste et violente; le primatologue et ethologue Franz De Waal s'appuie sur ses observations directes des grands singes mais aussi sur les dernières découvertes de ses confrères biologistes concernant les animaux sociaux tels que les bonobos, les chiens ou les éléphants. Pour lui, la morale préexiste à la religion et à la civilisation qui ne font qu'encourager nos Tendances "animales " à l'empathie, l'équité et le souci de la communauté ainsi que les inévitables deux "A": aider et ne pas agresser ... Et il y réussit très bien, dans un style simple et accessible, illustré de nombreuses anecdotes émouvantes, nous démontrant que nous ne sommes pas les seuls animaux intelligents et compatissants...
L'occasion de réfléchir à la valeur de la religion (que l'auteur ne nie pas ), de s'interroger sur ce par quoi nous la remplacerions, et bien sûr l'occasion de regarder nos amies les bêtes d'un autre oeil.
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Haulle
  21 novembre 2019
En lisant les différents livres de Frans de Waal, primatologue, et en particulier celui-ci, on appréhende peu à peu que toutes les soit-disant frontières entre les humains et les animaux (et en particulier, nos proches cousins), sont bien plus ténues que l'on veut bien le croire voire inexistantes. Car ces grands singes (comme beaucoup d'autres animaux) ont bien des sentiments et des émotions, ils pensent, utilisent des outils, sont créatifs et ont des cultures, des langages, des dialectes et peuvent rire et s'amuser. Ils créent des familles et des communautés. Et la dernière barrière tombe quant on (re)découvre que certains individus peuvent être en proie à des troubles psychologiques et peuvent être violents, même inutilement. On en vient à se demander ce que ces infimes variations génétiques qui nous séparent contiennent ? Alors oui, nous ne sommes guère différents et en tous les cas si ces différences existent, elles ne nous confèrent aucun droit de dominance et d'exploitation particulier. C'est une belle expérience de remise en cause de nos idées reçues.
Ayant l'occasion de me déplacer parfois en Afrique, j'espère avoir la chance un jour de croiser ces grands singes dans leur habitats. Une première expérience de petits singes croisés en forêt guyanaise m'avait déjà beaucoup ému.
On retrouve tous le sens de ce que disait Théodore Monod, "L'origine de la haine ? C'est la haine de l'origine". Tout est dit ! Bonne lecture.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
UnhomosapiensUnhomosapiens   16 octobre 2018
Si nous regardons notre espèce sans nous laisser aveugler par les progrès techniques des derniers millénaires, nous voyons un être de chair et de sang avec un cerveau qui, bien que trois fois plus gros que celui d'un chimpanzé, ne contient aucune composante nouvelle. Même notre cortex préfrontal tant vanté s'avère d'une taille assez ordinaire, comparé à ceux des autres primates. Nul ne doute de la supériorité de notre intellect, mais il n'est aucun besoin et désirs fondamentaux qui ne soient aussi présents chez nos proches parents. Tout comme nous, les singes luttent pour le pouvoir, jouissent du sexe, veulent la sécurité et l'affection, tuent pour le territoire valorisent la confiance et la coopération. Nous avons, certes, des ordinateurs et des avions, mais notre constitution psychologique reste celle d'un primate social.
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UnhomosapiensUnhomosapiens   20 octobre 2018
J'en reviens à la morale "venue d'en bas". La loi morale n'est ni imposée d'en haut, ni déduite de principes soigneusement raisonnés ; elle naît de valeurs bien ancrées, qui sont là depuis des temps immémoriaux. La plus fondamentale dérive de la valeur de la vie collective pour la survie. Le désir d'appartenance, l'envie de s'entendre, d'aimer et d'être aimé nous pousse à faire tout ce que nous pouvons pour rester en bons termes avec ceux dont nous dépendons. D'autres primates sociaux partagent cette valeur et s'appuient sur le même filtre entre émotion et action pour parvenir à un modus vivendi mutuellement agréable.
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fanfanouche24fanfanouche24   05 mai 2014
Ces observations s'inscrivent dans le champ émergent de l'empathie animale, qui traite non seulement des primates, mais aussi des canidés, des éléphants et même des rongeurs. Les chimpanzés qui consolent les affligés en les prenant dans les bras, en leur faisant des baisers, en donnent une illustration typique, et si fréquente que des milliers de cas- littéralement des milliers-sont attestés. Les mammifères sont sensibles à leurs émotions mutuelles et réagissent en voyant l'un des leurs en difficulté. Si les gens remplissent leurs maisons de carnivores à fourrure et non d'iguanes et de tortues, c'est parce que les mammifères offrent quelque chose qu'aucun reptile n'apportera jamais. Ils donnent de l'affection, ils veulent de l'affection, et ils réagissent à nos émotions comme nous réagissons aux leurs. (p.14)
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UnhomosapiensUnhomosapiens   19 octobre 2018
La recherche sur le cerveau a réussi à trancher le nœud gordien du scepticisme sur les émotions animales. Par exemple, l'amygdale du cerveau humain s'active quand nous regardons des images sanglantes. En stimulant électriquement la même amygdale dans le cerveau des rats, on les fait fuir, déféquer et s'accroupir dans un coin. Conclusion incontournable : les rats et les humains partagent les mêmes états émotionnels - la peur - dans la même partie du cerveau. En appliquant cette logique à l'amour, à la joie, à la colère, etc., les neurosciences modernes explorent librement la vie émotionnelle des animaux.
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fanfanouche24fanfanouche24   05 mai 2014
Qui pense sérieusement que nos ancêtres n'avaient aucune norme sociale avant d'avoir une religion ? N'aidaient-ils jamais leurs semblables en difficulté, ne protestaient-ils jamais contre une injustice ? Les humains se sont forcément préoccupés du fonctionnement de leurs communautés bien avant la naissance des religions actuelles, qui ne datent que de deux ou trois millénaires. (p.11)
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Vidéo de Frans de Waal
Le primatologue Frans de Waal dont les travaux font autorité dans le monde entier, nous explique que les animaux sont aussi capables d?éprouver de multiples émotions. Et si le rire, la peur, la colère, le désir n?étaient pas le propre de l?homme ? Il publie « La dernière étreinte » aux éditions Les Liens qui Libèrent.
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