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Marie-France de Paloméra (Traducteur)
ISBN : 2213627991
Éditeur : Fayard (15/02/2006)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Et si la psychologie humaine s'inscrivait dans le prolongement de celle des animaux, qu'il s'agisse de la violence, de l'empathie, ou même de la morale ? C'est la thèse que défend Frans de Waal, primatologue de réputation internationale, dans Le Singe en nous : il s'oppose aux théories de l'exception humaine, qu'elles fassent de l'homme une espèce destinée à dépasser une animalité mauvaise ou qu'elles le présentent comme une aberration de la nature, dont les progrès... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Tom_Otium
  21 octobre 2014
Voilà un livre qui m'a passionné, un livre important à lire pour comprendre la nature humaine et nous remettre à notre place dans le règne animal. Frans de Waal semble avoir été influencé par Desmond Morris, dont il est le digne héritier. En tout cas ce grand scientifique donne du crédit à la psychologie évolutionniste. Il nous livre un agréable mélange d'observations, de réfléxions, d'explications d'expériences, de théories, d'anecdotes professionnelles ou personnelles sur les singes (la plupart du temps) ou sur les être humains (pas assez souvent). Il opère une synthèse de différentes idées reçues et travaux qui sont cités et parfois critiqués ; mais il raconte aussi ses propres découvertes en tant que primatologue. Ce document est très abordable, il n'y a quasiment pas de jargon scientifique, cela s'adresse vraiment au grand public, voire aux gouvernants. Car effectivement c'est aussi un livre politique, militant et empreint d'un optimisme un peu forcé et opportuniste, car aujourd'hui l'espoir est plus vendeur que le cynisme des années 80.
Le titre de cet ouvrage aurait dû être « le singe bipolaire ». L'auteur explore en effet toutes les nuances de gris qui font la complexité humaine entre le pôle « bonobo» et le pôle «chimpanzé». Entre bien et mal, amour et guerre, égalitarisme et autoritarisme, intérêts partagés et intérêts particuliers, coopération et compétition, il s'agit de trouver le juste milieu. L'auteur est connu pour un certain optimisme sur la bonne nature des êtres humains. A la fin du livre il avoue exagérer un peu les bons côtés de l'Homme car ce dernier est traditionnellement vu comme un loup.
Ce n'est donc pas un livre très objectif mais l'auteur exprime cependant clairement que la nature est violente, et la compétition (intra et intersexuelle, spermatique, sociale) omniprésente. Mais la coopération est possible si le couple est stable. Frans de Waal défend donc le modèle monogame de la famille nucléaire et suggère de vivre en petites communautés homogènes. Afin d'inciter les gens à plus d'empathie et de générosité, il compte sur les émotions. Je pense qu'il faut faire très attention à l'instrumentalisation des émotions par les médias notamment. On peut pleurer devant la misère du monde devant la télévision mais cela ne changera pas forcément notre vote. Selon moi il est préférable de faire appel à notre raison et se demander dans quelle société voulons-nous vivre : une société de chimpanzés ou une société de bonobos.
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DanielGauthier
  10 mars 2010
Oeuvre d'un primatologue hollandais qui travaille aux Etats-Unis (le genre qui mesure tout, filme tout, etc), ce livre est consacré aux "grands singes" (ici, surtout les chimpanzés et les bonobos) et leur comportement.
Avec, de temps en temps, une incidente sur la proximité avec certains comportements humains.
On ressort de la lecture littéralement bouleversé, et je pèse mes mots.
Non seulement nos "cousins" sont beaucoup moins "animaux" que nous le pensions jusqu'alors (ils font preuve d'altruisme, de compassion, de mémoire affective...), mais ils nous surpassent pour certaines formes d'intelligence (par exemple, la durée de vie d'un homme politique de chez nous, dans une tribu de chimpanzés, serait de trois mois environ selon les primatologues : il finirait forcément par faire une bourde monumentale qui conduirait à son... élimination physique).
Mais en outre, nous-mêmes sommes beaucoup plus "animaux" que nous voulons bien le croire (je vous laisse le soin de découvrir les similitudes entre nos instincts profonds et ceux de nos ancêtres).
Donc, un éclairage très nouveau sur la nature humaine réelle - très éloignée de celle rêvée par la plupart des philosophes, religieux et autres penseurs.
Je vais terminer là, en espérant vous avoir donné envie de lire ce livre magnifique.
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ajc2ht
  28 juin 2018
Dans "Le singe en nous", Frans de Waal, célèbre primatologue, passe notre espèce au crible de sa méthode, la comparant dans ses réactions à nos proches cousins.
Ca marche à 100%.
La démonstration est limpide et prouve que, dans ses réflexes profonds et dans ses réactions, l'espèce humaine réagit bien comme les autres grands singes.
Nous avons cependant notre originalité. Encore une fois, Franz de Waal conclut à contre-courant des psychologues modernes en rappelant tout simplement notre comportement depuis des millénaires.
A lire par tous ceux qui cherchent à comprendre le fonctionnement atavique de notre espèce.
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Le_chat_qui_rit
  17 décembre 2014
Merveille, merveille... Chacun de ses livres est une étoile dans la pensée contemporaine ... et un phare pour l'amateur de philosophie. Oui, cet homme de terrain et d'expérience est bien de plus un philosophe, et un bon... P.S. J'ai foiré la note étoilée, pas grave, il n'y a pas assez d'étoiles ici pour dire ce que je pense du livre, et de l'auteur...
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virgidoc2
  14 mai 2015
Un ouvrage magnifique, passionnant et à mon sens absolument essentiel pour mieux nous comprendre à travers la vie sociale des chimpanzés ( domination des mâles, guerre, stratagèmes politiques et principes de réciprocité ) et celle des bonobos plus centrée sur la sexualité, l'empathie, l'affection et la coopération. Serions-nous au final un singe bipolaire ?
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
virgidoc2virgidoc2   15 mai 2015
Plus méthodiques dans notre brutalité que les chimpanzés et plus empathiques que les bonobos, nous sommes de loin le plus grand singe bipolaire par excellence. Nos sociétés ne sont jamais complètement pacifiques, ou complètement compétitives, jamais gouvernées par le pur égoïsme, jamais non plus parfaitement morales. La nature ignore les états purs. Ce qui vaut pour la société humaine vaut aussi pour la nature humaine. Elle peut allier bonté et cruauté, grandeur et vulgarité – le tout parfois dans la même personne. Nous sommes bourrés de contradictions, mais de contradictions apprivoisées.
(…)Le rôle de l’intelligence vient se superposer à la dualité inhérente de la nature humaine. Même si nous surestimons habituellement notre rationalité, on ne peut nier que le comportement humain soit une combinaison d’énergie vitale et d’intelligence. Nous maîtrisons mal des pulsions anciennes tournées vers le pouvoir, le sexe, la sécurité et la nourriture, mais en général nous soupesons les avantages et les inconvénients de nos décisions avant de passer à l’acte. L’expérience infléchit considérablement le comportement humain.


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Tom_OtiumTom_Otium   21 octobre 2014
La différence fondamentale entre nos deux plus proches cousins est que l'un résoud les problèmes de sexe grâce au pouvoir, tandis que l'autre résoud les problèmes de pouvoir grâce au sexe.
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virgidoc2virgidoc2   15 mai 2015
Dans toutes ces études, l’explication est à chercher non pas dans le souci du bien-être d’autrui, mais dans la détresse causée par celle d’autrui. Ce type de réaction a une énorme valeur de survie. Si les autres manifestent de la peur et de la détresse, vous avez tout lieu d’être inquiet aussi. Si des oiseaux se posent au sol et que l’un d’entre eux s’envole brusquement, tous les autres l’imiteront, avant même de savoir ce qui se passe. Le retardataire peut devenir une proie. C’est pourquoi la panique se propage si vite chez les humains aussi.
Nous avons été programmés pour ne pas supporter de voir et d’entendre la souffrance des autres. Par exemple, de jeunes enfants ont souvent les larmes aux yeux et sont bouleversés – et courent vers leur mère pour être rassurés – quand ils assistent à la chute et aux pleurs d’un autre. Ils ne se font pas de souci pour cet enfant, mais sont submergés par les émotions qu’il exprime. C’est seulement à un stade ultérieur de leur développement, quand ils instaurent la distinction moi-eux, que les enfants dissocient les émotions par identification à autrui et leurs propres émotions. C’est cette dissociation qui est à l’origine de l’empathie (…)
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virgidoc2virgidoc2   15 mai 2015
Un scientifique de l'assistance fit valoir (...)que la réconciliation est infiniment plus complexe chez les humains que chez les singes, parce que influencée par l'éducation et la culture. Chez les autres primates, déclara-t-il, il s'agit seulement d'instinct.
Le mot "instinct"me resta en tête. C'est à peine si je sais encore ce que l'on entend par là, pour la bonne raison qu'il est impossible de rencontrer une conduite purement innée. Comme les humains, les autres primates se développent lentement ; ils sont influencés des années durant par l'environnement dans lequel ils grandissent, notamment par leur tissu social. Nous savons que les primates apprennent les uns des autres toutes sortes de comportements et de compétences, en vertu de quoi des groupes de même espèce agiront de manière très différente. C'est pourquoi les primatologues parlent de plus en plus de variabilité " culturelle", celle-ci portant essentiellement sur l'utilisation d'outils et sur les habitudes alimentaires, à l'image de ces chimpanzés qui écrasent des noix avec des pierres (...). Or, la culture sociale présente la même diversité.
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virgidoc2virgidoc2   15 mai 2015
Lors de moments chargés d’intense émotion, les grands singes peuvent se mettre dans la peau d’autrui. Peu d’animaux ont cette capacité. (…) C’est ce trait qui rend les singes anthropoïdes tellement plus semblables aux humains. Qu’est-ce qui distingue alors ces deux espèces des autres ? Une part de la réponse réside peut-être dans une plus grande conscience de soi, car il existe une autre distinction, connue depuis plus longtemps même que la consolation. Les grands singes sont les seuls primates, nous exceptés, à reconnaître leur image.
(…)
La conscience que nous avons de nous-mêmes modifie nos rapports avec les autres. A peu près au moment où ils se reconnaissent dans un miroir - entre dix-huit et vingt-quatre mois – les enfants mettent aussi en place une capacité d’aide tournée vers les besoins des autres. Leur développement correspond à la transformation qui s’est opérée au cours de notre évolution : la reconnaissance de soi et les formes supérieures d’empathie sont apparues ensemble dans la branche conduisant aux humains et aux grands singes.

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Videos de Frans de Waal (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frans de Waal
28.11.2018 - INTEGRALE - F. Lenoir, S. Joncour, C. Poulain, C. Meurisse, F. de Waal, R. Powers.
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