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ISBN : 2709628139
Éditeur : J.-C. Lattès (26/12/2005)

Note moyenne : 3.16/5 (sur 22 notes)
Résumé :
La Fédération des États-Unis d'Afrique prospère avec ses centres boursiers, ses mégalopoles, ses savants et ses artistes réputés, indifférente au sort des millions de réfugiés de la sanglante et désolée Euramérique qui se pressent à ses frontières ou viennent s'échouer sur les plages d'Alger et de Djerba. Le chemin vers cette terre promise africaine, Maya l'a déjà emprunté, il y a bien longtemps. Elle a été arrachée à la misère et à la faim par un homme providentiel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  22 septembre 2015
C'est l'idée à la base de ce livre qui m'a poussée à le lire. Imaginez un peu : le monde contemporain dominé non par la superpuissance américaine et sa petite soeur européenne, mais par une fédération réunissant tous les états d'Afrique, regroupés sous la bannière du Grand Capital, tandis que les autres continents sont frappés par la misère et des guerres sans fin. Imaginez des vagues de réfugiés, non pas syriens, afghans ou somaliens, mais français, belges, canadiens ou suisses, à l'assaut de la Méditerranée, espérant accoster, non à Lampedusa ou à Kos, mais à Tripoli, Tanger ou Alexandrie. Voilà un postulat de départ qui promettait, me semblait-il, une analyse originale (et donc intéressante) et peut-être même amusante de nos liens avec le continent noir.
Par la technique de l'inversion, l'auteur a donc tenté de donner corps à une fable sur les rapports Sud-Nord, riches-pauvres. Je dis « tenté », parce qu'au final, j'ai trouvé tout cela assez inabouti, un canevas peu étoffé dans lequel l'auteur semble se contenter, purement mais trop simplement, de renverser les rôles, sans autre originalité que quelques références à l'élite culturelle et politique africaine, et quelques « traductions » de marques populaires dans nos contrées (McDiop, Néguscafé, Papesy,…), et sans faire passer de message compréhensible (en tout cas pour moi). Et, comme pour donner un peu de densité à un récit plutôt décharné, l'auteur y greffe une quête des origines : Maya, jeune fille française adoptée des années auparavant par un riche médecin africain, la sauvant ainsi d'une vie d'indigence, sait que sa mère biologique est toujours vivante, et part à sa recherche dans un Paris dévasté. Mais la sauce ne prend pas, le mélange entre d'une part, poésie et onirisme, et d'autre part un humour un peu forcé qui finit par en perdre son comique, n'est pas harmonieux. le tout donne une impression de confusion, on ne sait pas où on va, ni ce que l'auteur a voulu dire : portrait acide du capitalisme sans doute, célébration de la culture africaine, mais veut-il critiquer l'Euramérique et s'en « venger » en lui infligeant le sort actuel de beaucoup de pays d'Afrique ? ou se moque-t-il des dirigeants africains qui finissent par tomber dans les mêmes excès que leurs homologues occidentaux ? Je n'y ai pas vu très clair, et je me suis beaucoup ennuyée, ce qui est difficile à pardonner à un livre… Décevant.

Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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carre
  10 mai 2012
En partant du postulat que le monde est dominé par les Etats-Unis d'Afrique, Waberi livre une fiction politique qui vaut avant tout par le style poétique et original de son auteur. La jeune Maya (originaire de Normandie) a été adopté par un médecin humanitaire qui l'a sortie de la misère, élevée dans les grandes écoles, elle est devenue une brillante jeune femme. Mais tandis que de nombreux migrants tente de rejoindre l'Eldorado africain, Maya décide de repartir vers ces racines.
Waberi nous livre une fable qui ne convint qu à moitié, certe l'écriture est alerte et très imagée mais le livre pêche à mon avis, dans le traitement de son sujet (Waberi s'amusant à détourner par exemple les marques de grandes sociétés), il hésite constamment entre farce et gravité. Et au final ce grand écart m'a plus dérouté qu'emballé. Intéressant mais avec quelques réserves.
Commenter  J’apprécie          190
Parthenia
  03 juin 2013
Dans ce livre, le monde est inversé : les populations de l'euramérique vivent dans une pauvreté extrême et ne doivent leur survie qu'aux aides humanitaires provenant de l'opulente Afrique. L'auteur africanise nos références économiques, consuméristes et culturelles : McDo devient le McDiop, Nescafé le Neguscafé, la carte AmericanExpress la Carte Fricafric; L'origine du monde est désormais peinte par Gustavio Mbembé, et le sourire de Mona Lisa est remplacé par celui de Mouna Sylla...
Si les rôles se sont inversés, l'égoïsme et le nombrilisme, eux, règnent toujours parmi les pays dominants, "monde perdu dans la contemplation du dieu Guinée, voué au spectacle et à la consommation" (page 219).
Je m'attendais à une espèce d'uchronie mais il n'en est rien; l'auteur s'est apparemment beaucoup amusé à rebaptiser les marques, les rues, les oeuvres artistiques mais on a l'impression qu'il ne va pas jusqu'au bout de son idée initiale... Je pensais qu'il allait davantage décrire ce monde ré-inventé !
De plus, le mode de narration m'a assez déstabilisée au début. Waberi en alterne les types selon le point de vue qu'il adopte :
Au 1er chapitre, l'auteur s'exprime à la deuxième personne du pluriel (le "vous" de politesse"); on devine que c'est un journaliste africain qui s'adresse à nous pour nous présenter un tableau négatif de l'immigration; ce narrateur, qui paraît un peu bas-du-front, porte sur les réfugiés européens un regard méprisant et rempli de clichés.
Puis, l'auteur alterne les passages avec la jeune Africaine Maya où il utilse la deuxième personne du singulier et ceux avec "Yacouba" l'immigré helvète, écrits à la troisième personne.
On pense donc que l'auteur va nous raconter l'histoire de ces deux personnages. Eh bien, non ! Enfin, pas tout à fait...
Les informations que l'on peut glaner çà et là sur eux sont parcellaires. On sait que "Yacouba" est un surnom qui lui est attribué parce que son nom est imprononçable. Mais on apprend au détour d'une page qu'il s'appelle en réalité Maximilien Geoffrroy de Saint Hilaire ! On ne connaît rien de son passé ni de ses pensées, on le retrouve parfois au coin de la rue où il mendie, on le reconnaît à son bonnet, mais c'est un immigré, un damné de la terre, un fantôme famélique, un être qui passe inaperçu, pourquoi en connaître davantage sur lui ?
Quant à Maya, on apprend au début que, suite, à la maladie de sa mère, elle se retrouve livrée à elle-même, qu'elle aime peindre et dessiner. A la page 114, on apprend qu'elle est née en Normandie, puis que son ex petit ami Adama Traoré n'accepte pas leur rupture et la harcèle de lettres toutes plus belles les unes que les autres; à partir de la page 181, Maya part à la recherche de ses origines et de sa mère biologique...
Il n'y a pas d'histoire à proprement parler.
C'est un peu décousu, fragmenté comme si on suivait les errances de la pensée du narrateur.
Et pourtant, la lecture passe rapidement, sans ennui, tant la plume de Waberi connaît par moment des fulgurances poétiques !
Lien : http://parthenia01.eklablog...
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mimilivre
  23 octobre 2017
Que dire de ce roman? J'ai dû le lire pour mes cours en fac, et honnêtement je ne suis pas déçue. eLes chapitres étant courts, il est facile de lire cet ouvrage, d'autant plus que la narration est attractive et que la composition du livre est nette.
L'auteur nous transporte dans un voyage totalement inversé. Que feriez-vous si habitant dans un pays développé, tout d'un coup, votre pays devenait un pays en sous-développement? J'ai aimé lire ce livre car il nous transporte, nous mène à réfléchir. L'Europe, les Etats-Unis et l'Asie sont dorénavant des pays pauvres tandis que l'Afrique est la première puissance mondiale et économique. le personnage principal part à la recherche de sa maman, en France, que nous découvrons complètement ruinée.
Je vous recommande fortement ce livre!
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ChezLo
  14 novembre 2010
Avec des si on mettrait Paris en bouteille, Abdourahman Waberi met, lui, l'Afrique souveraine en roman.
Le récit paraît tout d'abord un peu décousu, donnant l'impression d'être surtout l'occasion pour l'auteur de placer ses idées d'un modèle africain capitaliste basé sur le modèle actuel occidental, d'abreuver ses personnages de PapeSy ou de NegusCafé, ou encore de les faire manger au MacDiop... Abdourahman Waberi en profite également pour donner un rayonnement mondial à de grands artistes africains parfois méconnus. Mais si l'on ne voit que cela, on se trompe grandement, Aux Etats-Unis d'Afrique n'a pas cette seule ambition du pamphlet qui fait sourire et flatte, c'est aussi un roman extrêmement bien écrit. le narrateur s'adresse à la jeune Maya et tente de lui faire prendre conscience de ce déséquilibre mondial et de l'hégémonie africaine regrettable. Cette Maya est un espoir, un espoir de compassion, de tolérance, d'ouverture et de compréhension, l'espoir de faire naître des vocations chez les jeunes immigrés. Elle sculpte et revisite l'art statuaire oublié. (...)
Lien : http://chezlorraine.blogspot..
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critiques presse (1)
Chatelaine   06 août 2018
Le roman inverse brillamment les puissances mondiales et fait du continent noir le centre intellectuel et économique de l’avenir.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou1108   11 septembre 2013
Les enfants, d'où qu'ils viennent, n'appartiennent pas à leurs géniteurs, à leurs parents. Ils s'appartiennent, c'est tout. Ils enchantent nos âmes lasses. Ils naissent, glissent sur des parquets d'acajou ou se vautrent dans la poussière, grandissent, partent, font à leur tour des enfants qui ne leur appartiennent pas, puis meurent. Qu'ils dorment sous les dalles mauresques, dans des palaces dahoméens ou à la belle étoile ne change rien à l'affaire. Le lieu de naissance n'est qu'un accident; la vraie patrie, on se la choisit avec son corps et son coeur. On l'aime toute sa vie ou on la quitte tout de suite.
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Charybde2Charybde2   20 juin 2014
Il est là, fourbu. Silencieux. La lueur mouvante d’une bougie éclaire chichement la chambre du charpentier, dans ce foyer pour travailleurs immigrés. Ce Caucasien d’ethnie suisse parle un patois allemand et prétend qu’il a fui la violence et la famine à l’ère du jet et du net. Il garde pourtant intacte l’aura qui fascina nos infirmières et nos humanitaires.
Appelons-le Yacouba, primo pour préserver son identité, deusio parce qu’il a un patronyme à coucher dehors. Il est né dans une insalubre favela des environs de Zurich, où la mortalité infantile et le taux de prévalence du virus du sida – un mal apparu, il y a bientôt deux décennies, dans les milieux interlopes de la prostitution, de la drogue et du stupre en Grèce, et devenu une endémie universelle aux dires des grands prêtres de la science mondiale réunie à Mascate, dans le preux royaume d’Oman – restent parmi les plus élevés selon les études de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), installée, comme chacun le sait, chez nous, dans la bonne et paisible ville de Banjul. Elle accueille également la crème de la diplomatie internationale censée décider du sort des millions de réfugiés caucasiens d’ethnies diverses et variées (autrichienne, canadienne, américaine, norvégienne, belge, bulgare, britannique, islandaise, portugaise, hongroise, suédoise,…), sans mot dire des boat people squelettiques de la Méditerranée septentrionale qui n’en peuvent plus de zigzaguer devant les mortiers et les missiles enténébrant les infortunées terres d’Euramérique. D’aucuns détalent, errent et s’épuisent, puis se rendent tout de go en attendant que le néant ne les fauche. Des prostitués de tout sexe, monégasques et vaticanesques mais pas seulement, s’échouent sur les plages de Djerba et dans la baie bleu cobalt d’Alger. Ces pauvres diables sont en quête du pain, du lait, du riz ou de la farine distribués par les organisations caritatives afghanes, haïtiennes, laotiennes ou sahéliennes. Des petits écoliers français, espagnols, bataves ou luxembourgeois malmenés par le kwashiorkor, la lèpre, le glaucome et la poliomyélite ne survivent qu’avec les surplus alimentaires des fermiers vietnamiens, nord-coréens ou éthiopiens depuis que notre monde est monde. Ces peuplades aux moeurs guerrières, aux coutumes barbares, aux gestes fourbes et incontrôlables ne cessent de razzier les terres calcinées d’Auvergne, de Toscane ou de Flandre quand elles ne versent pas le sang de leurs ennemis ataviques, Teutons, Gascons et autres Ibères arriérés, pour un oui ou pour un non ; parce qu’on reconnaît un prisonnier ou qu’on ne le reconnaît pas. Tous attendent une paix qui n’est pas de ce jour.
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carrecarre   28 octobre 2012
Aucune analyse politique , aussi "juste" soit-elle, ne peut rendre compte du millième de ce que vivent les individus. Cela est vrai dans toute l'Europe occidentale. Mais ici, ce décalage devient proprement tragique. D'ou des secours, des remèdes, des solutions d'urgence.
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PartheniaParthenia   03 juin 2013
Seul l'oiseau vit de sa plume, pas les hommes dépourvus de plumage et surtout pas l'artiste qui fait son miel avec des bouts de chandelle et des bouts de ficelle. A quel prix estimer le regard d'un Cameron Quenum peignant au plus près le mystère de la vie, l'oeil à la racine des choses, cumulant les détails les plus intimes pour les brûler ensuite dans le feu sacré de son imagination ? Contre quoi troquer le verbe tonitruant du prêtre vaudou Papa Legba ou la magie compassionnelle du rabbin Haïm Melki s'extasiant devant la plus minuscule créature, la prenant dans ses bras, la choyant tout en marchant d'un pas hardi, faisant sonner sur les dalles ses légers brodequins ? Tu as toujours été du côté du pauvre, du fou, de l'ange, de l'enfant, du bègue, de l'exclu et de l'étranger au costume rayé. Observatrice boulimique, tu fais feu de tout bois et tires ton nectar de toutes les fleurs.
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PartheniaParthenia   03 juin 2013
La sonnerie du téléphone le tirera de sa somnolence. Il se lèvera, poussera la chaise de côté, ramènera l'eau bouillante sur la table, se servira en jetant un premier coup d'oeil par la fenêtre. Il portera à ses lèvres cette boisson amère, ses yeux glisseront sur la première page, s'arrêteront une poignée de secondes sur l'éditorial toujours mesuré d'Abel Mvondo. C'est à ce moment que tu feras ton apparition. Tu poseras un bisou sonore sur son front dégarni. Il soupirera d'aise, se plaindra aussi un peu.
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Videos de Abdourahman A. Waberi (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Abdourahman A. Waberi
Abdourahman A. Waberi - Pourquoi tu danses quand tu marches ?
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